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Wall Street : les indices se redressent après la Fed !

Wall Street : les indices se redressent après la Fed !
Wall Street : les indices se redressent après la Fed !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street a inversé sa tendance baissière, mercredi, dans les minutes suivant les annonces de la Fed, qui a signalé qu'elle ne relèverait pas du tout ses taux directeurs cette année, et a révisé en baisse ses prévisions de croissance aux Etats-Unis. Les investisseurs espéraient cette pause prolongée dans le cycle de de hausse des taux. Sur le front commercial, les marchés craignent que les négociations se durcissent à mesure que les Etats-Unis et la Chine entrent dans les détails d'un accord dont la date ne cesse d'être repoussée. Le pétrole poursuivait son ascension, tandis que sur le marché des changes, l'imbroglio autour de la date du Brexit faisait chuter la livre sterling.

Un quart d'heure après la décision de la Fed, tombée à 19h00 à Paris, l'indice Dow Jones était stable à 25.880 points, tandis que l'indice large S&P 500 gagnait 0,18% à 2.837 pts et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, progressait de 0,5% à 7.762 pts. Juste avant les annonces de la Fed, les trois indices reculaient respectivement de 0,6%, 0,27% et 0,47%.

La Fed ne prévoit plus de hausses de taux cette année

Sur le marché des changes, le dollar gagnait 0,1% avant la décision de la Fed, mais il a chuté après les annonces. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de devises de référence, cédait 0,35% à 96,05 points, tandis que l'euro prenait 0,54% à 1,1410$. La livre sterling reculait de 0,41% à 1,3214$, alors que Theresa May tente d'obtenir un report du Brexit du 29 mars au 30 juin. Donald Tusk, le président du Conseil européen a affirmé mercredi qu'un court report du Brexit était "possible", mais à condition que les députés britanniques votent enfin pour l'accord de retrait de l'UE, qu'ils ont déjà rejeté par deux fois...

Sur le marché obligataire américain, le rendement du T-Bond à 10 ans, qui cédait 2 points de base à 2,59% avant la Fed, accentuait son recul à 2,55% après la décision.

La banque centrale américaine a maintenu comme prévu ses taux directeurs à 2,25%-2,50% mercredi soir. Mais surtout, dans ses nouvelles projections, elle a révisé à la baisse son objectif de taux des "fed funds" pour la fin 2019, de 2,9% à 2,4%, ce qui signifie qu'elle ne prévoit désormais plus aucune hausse de taux cette année, ce qu'espéraient les marchés financiers compte-tenu du ralentissement de la croissance mondiale.

Par ailleurs, les prévisions de croissance du PIB pour 2019 aux Etats-Unis ont été revues à la baisse à 2,1% contre 2,3% en décembre. Enfin, la Fed a indiqué qu'elle mettra fin en septembre à son programme de réduction du bilan, ce qui revient à assouplir encore sa politique monétaire.

Donald Trump maintient la pression sur la Chine

Dans le dossier commercial, les marchés s'inquiètent d'informations faisant état d'un regain de tension dans les négociations entre les Etats-Unis et la Chine. Cette dernière serait revenue en arrière ces derniers jours sur des concessions qu'elle avait faites, notamment en matière de respect de la propriété intellectuelle. Pékin réclame désormais, comme préalable à sa signature d'un accord, une levée des droits de douane sur les biens chinois exportés vers les Etats-Unis. En outre, Pékin chercherait à faire inclure dans le texte que les éléments de l'accord devront être compatibles avec les lois chinoises.

Or, Donald Trump ne semble pas prêt à de telles concessions, et compte bien maintenir la pression sur la Chine grâce aux droits douaniers imposés à quelque 250 milliards de dollars de marchandises chinoises depuis 2018. Le président américain, a ainsi affirmé mercredi qu'il maintiendra les droits de douane sur les importations chinoises jusqu'à ce qu'il soit sûr que Pékin respecte le futur accord. Il a donc exclu que les deux pays intègrent dans l'accord la suppression des barrières douanières qu'ils ont tous deux instaurées en 2018.

"Nous ne parlons pas de les lever, nous parlons de les maintenir pendant une période de temps considérable, parce que nous devons nous assurer que si nous concluons un accord avec la Chine, cette dernière s'y conformera", a indiqué Donald Trump à des journalistes depuis la Maison Blanche. "Ils ont eu beaucoup de problèmes à respecter certains engagements" par le passé, a-t-il ajouté, à propos des autorités chinoises.

Le pétrole reprend son "rally"

Malgré cela, Donald Trump s'est montré optimiste, indiquant que "le deal avance bien" et confirmant que les hauts négociateurs américains se rendront en Chine le week-end prochain pour travailler sur la conclusion d'un accord. Le 'Wall Street Journal' indiquait mardi que le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin se rendraient à nouveau à Pékin dans la semaine du 25 mars pour aplanir les derniers différends, ajoutant qu'un nouveau voyage du vice-premier ministre chinois Liu He à Washington était prévu pour la semaine suivante.

Les cours du pétrole sont repartis en hausse mercredi, de retour autour de leurs plus hauts niveaux depuis 4 mois. Le contrat à terme d'avril sur le brut léger américain WTI gagnait mercredi en début de soirée 1,24% à 59,76$ le baril sur le Nymex, et l'échéance de mai sur le Brent progressait de 0,6% à 68$ le baril à la clôture du Nymex.

Les cours restent soutenus par la décision, le week-end dernier par l'Opep et ses alliés, dont la Russie, de prolonger au moins jusqu'en juin leurs coupes de production. La réunion prévue en avril sur le sujet a été annulée, et les pays producteurs en reparleront lors d'une réunion prévue les 25 et 26 juin.

VALEURS A SUIVRE

FedEx (-4,8%) corrige nettement après la publication de ses comptes trimestriels. Le groupe américain de transport de colis, considéré comme un bon indicateur de la conjoncture mondiale, a émis un nouvel avertissement sur ses ventes, qui a refroidi les investisseurs. Sur le trimestre écoulé, le bénéfice bénéfice ajusté des éléments non récurrents est ressorti à 797 millions de dollars soit 3,03 dollars par titre, en ligne avec le consensus, contre 3,72$ par action un an plus tôt. Les revenus ont été inférieurs aux attentes, à 17 milliards de dollars contre 16,5 milliards sur la même période de l'année précédente.

Pour l'ensemble de l'exercice 2019, FedEx table sur un bénéfice par action ajusté compris entre 15,10 et 15,90 dollars, largement inférieur au consensus des analystes. C'est la deuxième fois en trois mois que FedEx abaisse son objectif de bénéfice annuel. En décembre, le groupe évoquait une croissance faible en Europe, ainsi que le ralentissement économique de la Chine en plein conflit commercial avec les Etats-Unis. FedEx explique par ailleurs ces résultats décevants par les coûts liés au lancement d'une nouvelle grille horaire chez FedEx Ground aux Etats-Unis, mais aussi par la faiblesse persistante de sa filiale internationale Express - dont fait partie TNT Express. Le groupe de messagerie et de logistique avait acheté la société néerlandaise en 2016.

Il semble donc que le nouvel avertissement de FedEx ne reflète pas forcément - ou du moins pas seulement - un ralentissement économique global profond. Des éléments propres au groupe, comme les difficultés de l'unité Express ou les coûts accrus de FedEx Ground, pèsent sur la performance.

Boeing (+1,4%) poursuit son rebond après un gain de 0,9% mardi. Malgré les déboires du B-737 MAX, le courtier Berenberg a publié mercredi une étude encourageante, confirmant sa recommandantion d'achat sur Boeing, et estimant que le 737 MAX est "trop gros pour échouer" ("too big to fail") pour la compagnie mais aussi pour l'industrie.

Berenberg parie sur le fait que le système de contrôle de vol du 737 MAX est le principal facteur à l'origine des deux crashs mortels de l'appareil en moins de 6 mois. Il estime qu'une correction du logiciel devrait rapidement permettre de régler le problème. L'analyste s'attend ainsi à ce que l'impact pour Boeing soit temporaire et que la flotte au sol soit remise en service au troisième trimestre.

Google (Alphabet / +1,9%) a annoncé mardi le lancement d'un service de jeux vidéo en streaming, avec lequel il espère capitaliser sur sa technologie cloud et son réseau mondial de centres de données. Cette plateforme, baptisée Stadia, permettra de jouer à des jeux sophistiqués sur un navigateur internet et sur tout type d'appareils, sans avoir à les télécharger. Le prix de l'abonnement à Stadia n'a en revanche pas été communiqué à ce stade.

Google vient par ailleurs d'écoper comme attendu d'une troisième lourde amende de la Commission européenne. Le géant américain va devoir cette fois verser 1,49 milliards d'euros pour abus illégal de position dominante sur le marché du courtage publicitaire lié aux recherches en ligne. Bruxelles avait ouvert en 2016 une enquête contre la filiale d'Alphabet, l'accusant de restreindre sur AdSense la capacité de certains sites web tiers d'afficher les publicités contextuelles émanant de ses concurrents. L'amende, qui représente 1,29% du chiffre d'affaires de Google en 2018, tient compte de la durée et de la gravité de l'infraction.

Apple (+1,25%) a décidé d'innover en matière de communication... Au lieu de regrouper ses annonces produits lors de sa grande conférence annuelle, la firme à la pomme a choisi d'égrener ces annonces au jour le jour, avant la fameuse "keynote", prévue le lundi 25 mars. Une stratégie de "teasing" destinée à mettre le marché en appétit pour le clou du spectacle, à savoir la présentation de son futur service de vidéo en streaming, attendu de pied ferme par les marchés financiers et par les consommateurs. La "keynote", qui se déroulera au siège du groupe à Cupertino, en Californie, a été intitulée "It's show time", ce qui laisse penser qu'il s'agira bien d'annonces relatives à des contenus.

En attendant, l'inventeur de l'iPhone a présenté lundi deux nouvelles tablettes iPad (un iPad Air et un iPad mini), puis a enchaîné mardi en présentant des nouveaux modèles d'ordinateurs iMac, dotés de processeurs plus puissants et aux capacités graphiques améliorées.

Netflix (+4%) a confirmé mardi qu'il ne ferait pas figurer ses films et séries sur la future plateforme de vidéo d'Apple. Le leader de la vidéo en streaming souhaite poursuivre sa stratégie en tant que fournisseur indépendant. "Nous préférons laisser nos clients regarder nos contenus sur notre service", a indiqué le directeur général de Netflix, Reed Hastings. "Nous avons fait le choix de ne pas être intégrés à leur service", a-t-il ajouté.

Walt Disney (-1,3%) a finalisé officiellement ce mercredi l'acquisition des actifs cinématographiques et télévisuels de la 21st Century Fox, opération majeure qui renforce de manière très significative le portefeuille de contenus du groupe avant son offensive dans le streaming vidéo - un marché décidément prisé puisque même Apple devrait se laisser prochainement tenter. Disney+, le nouveau service de streaming sur abonnement de Disney, sera disponible dès la fin de l'année. Le rachat des actifs de 21st Century Fox représente un montant de plus de 70 milliards de dollars (85 Mds$ dette comprise).

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