Cotation du 14/11/2019 à 22h47 Dow Jones Industrial -0,01% 27 781,96
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Wall Street : les doutes sur la croissance sont de retour

Wall Street : les doutes sur la croissance sont de retour
Wall Street : les doutes sur la croissance sont de retour
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street termine la semaine en baisse, ce vendredi, plombé par les valeurs technologiques et industrielles, qui accusent le coup après la publication d'indicateurs économiques moroses aux Etats-Unis et en Chine. Malgré un début de saison des résultats plutôt encourageant pour les entreprises américaines (dont Coca-Cola ce vendredi), les investisseurs s'interrogent sur l'ampleur du ralentissement économique observé un peu partout dans le monde. Le dollar recule depuis plusieurs jours, revenant près de son plus bas niveau depuis juillet, et la livre sterling fluctue face aux incertitudes sur l'issue du vote, samedi, du parlement britannique sur le nouvel accord de Brexit.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones cède 0,56% à 26.874 points, tandis que l'indice large S&P 500 recule de 0,19% à 2.992 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, fléchit de 0,69% à 8.101 pts.

En Europe, les Bourses ont aussi fini en baisse ce vendredi : -0,26% pour l'EuroStoxx 50 et -0,65% pour le CAC 40 à Paris.

La croissance chinoise au plus bas depuis près de 30 ans

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, recule de 0,19% à 97,42 points, après l'annonce d'un dégradation de l'indice des indicateurs avancés du Conference Board. L'euro progresse de 0,35% à 1,1160$ et la livre gagne 0,4% à 1,2945$.

Sur les marchés obligataires américains, le rendement du T-Bond à 10 ans cède 1 point de base vendredi à 1,74%. L'outil Fedwatch du CME faisait de son côté état en soirée d'une très forte probabilité, de 89,3%, pour une baisse des taux de la Fed lors de sa prochaine réunion des 29 et 30 octobre. Le principal taux directeur de la Fed serait ainsi ramené entre 1,50% et 1,75%, après deux baisses d'un quart de point déjà effectuées en juillet et en septembre

Les marchés ont été affectés vendredi par l'annonce d'un nouveau ralentissement de la croissance en Chine sur fond de guerre commerciale avec les Etats-Unis. Le PIB de la Chine a ainsi progressé de 6% sur un an au 3e trimestre, après 6,2% au 2e trimestre, son rythme le plus faible depuis 27 ans. Les économistes s'attendaient à une progression de 6,1%, selon le consensus compilé par 'Reuters'.

En cause bien sûr, la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, mais aussi des problèmes intérieurs, avec un tassement observé de la demande intérieure chinoise.

L'économie américaine à la peine en septembre

Aux Etats-Unis aussi, les signes de ralentissement se multiplient même si l'économie reste en croissance. Publié vendredi, l'indice composite des indicateurs avancés du Conference Board a reculé de 0,1% en septembre, alors que les économistes tablaient sur une progression de 0,1%. Cet indicateur est utilisé par les économistes pour anticiper l'évolution de l'activité dans les trois à six prochains mois. L'indice avait déjà reculé de 0,2% en août après une hausse de 0,4% en juillet.

Sa dégradation intervient alors que plusieurs autre statistiques, dont la production industrielle et des ventes de détail, ont reculé aux Etats-Unis en septembre.

Le Conference Board explique le recul de l'indice par "l'incertitude sur l'avenir et une baisse des prévisions des entreprises, elles-mêmes provoquées par un retournement à la baisse dans le secteur industriel et par les querelles commerciales".

Dans un communiqué, le directeur de la recherche économique du Conference Board Ataman Ozyildirim, ajoute que l'indicateur avancé reflète une "économie toujours en croissance bien que plus lente, en fin d'année et début 2020".

Suspense sur les négociations commerciales et le Brexit

Dans ce contexte, l'optimisme des marchés s'est quelque peu émoussé, une semaine après la conclusion d'un accord commercial partiel entre les Etats-Unis et la Chine, dont les détails restent cependant à définir. Washington a reporté la hausse des droits de douane prévue le 15 octobre mais menace toujours de procéder à de nouvelles hausses en décembre, ce que Pékin cherche à éviter.

Les marchés observent avec inquiétude une montée des tensions politiques autour de Hong Kong, qui pourrait faire dérailler l'accord commercial. Pékin a toutefois indiqué jeudi que ses responsables continuaient de travailler à la rédaction de l'accord de "Phase 1" esquissé vendredi dernier. Dans le même temps, la Chine a exprimé son "extrême indignation" après le vote, mardi, de la Chambre des représentants du Congrès américain d'un texte en faveur des libertés civiles à Hong Kong, qui menace de suspendre le statut économique spécial accordé par Washington à l'ancienne colonie britannique...

Par ailleurs, le suspense se poursuit au sujet de l'accord sur le Brexit conclu in extremis jeudi entre l'Union européenne et le Premier ministre britannique. Mais pour être définitivement adopté avant la date-butoir du 31 octobre, le texte doit maintenant être approuvé par le Parlement britannique, qui se prononcera dès samedi.

Boris Johnson s'est dit confiant d'obtenir la majorité d'au moins 318 voix nécessaire, ce qui ne semble cependant pas gagné. L'opposition travailliste et surtout le petit parti unioniste nord-irlandais DUP, soutien du gouvernement, ont déjà fait part de leur intention de rejeter le texte. Boris Johnson va devoir non seulement convaincre tous les députés de son parti, dont certains pourraient être tentés de suivre le DUP, mais aussi débaucher quelques travaillistes.

Les marchés pétroliers sont restés volatils jeudi. Le baril de brut WTI reculait vendredi soir de 0,76% à 53,52$ sur le Nymex (contrat à terme de novembre), tandis que le Brent cédait 1,19% à 59,21$ (contrat à terme de décembre).

L'or cédait lui aussi du terrain, en recul de 0,19% à 1.495,50$ l'once pour le contrat à terme de décembre sur le marché Comex.

VALEURS A SUIVRE

Coca-Cola progresse de 2% après avoir dévoilé de solides résultats trimestriels. Porté par la forte demande pour ses boissons gazeuses sans sucre et son Coca-Cola Plus Coffee, le groupe basé à Atlanta a vu ses revenus nets progresser de 8% à 9,5 milliards de dollars tandis que la croissance organique s'est établie à 5% contre 4,1% attendu par les analystes. Le profit net a atteint 2,59 Mds$ soit un bpa de 60 cents contre un bénéfice de 1,88 Md$ ou un bpa de 44 cents un an plus tôt. Le bpa ajusté est ressorti à 56 cents, en ligne avec les attentes du marché.
Coca-Cola s'attend maintenant à ce que sa croissance organique annuelle, hors effets de change, acquisitions et cessions, soit d'au moins 5% contre une prévision précédente de 5%...

Le titre Boeing perd plus de 4% après des accusation portées contre l'avionneur américain par l'agence fédérale de l'aviation. La FAA affirme que le groupe lui a caché des documents importants liés à la certification du 737 MAX, cloué au sol depuis le mois de mars après deux accidents ayant fait 346 morts.

Le régulateur affirme que "tard hier soir (jeudi), Boeing a alerté le département des Transports de l'existence de messages instantanés entre deux employés de Boeing, discutant de certains éléments de communication avec la FAA lors de la certification initiale du 737 MAX en 2016". "Boeing a expliqué au département qu'il a découvert ces documents il y a plusieurs mois", mais n'en a pas fait part à la FAA.

D'après des sources proche du dossier, les deux employés évoquaient le fait que des informations trompeuses avaient été communiquées à la FAA sur un important logiciel du 737 MAX. Il pourrait s'agir du système anti-décrochage de l'appareil (mis en cause dans les deux accidents), même si cela n'est pas confirmé à ce stade.

Boeing souffre aussi de déclarations venues d'Europe dans le cadre du litige transatlantique sur les subventions à Airbus et Boeing. L'Union européenne imposera "en temps voulu" de nouvelles taxes sur des produits importés des Etats-Unis, a ainsi averti vendredi la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström. Ce vendredi, Washington a mis en oeuvre la taxation de 7,5 Md$ de produits européens importés.

"Nous regrettons le choix des Etats-Unis d'appliquer ces tarifs. Cette mesure ne nous laisse pas d'autre choix que de faire de même en temps voulu avec nos propres droits de douane dans le dossier Boeing, où les Etats-Unis ont été jugés en infraction avec les règles de l'OMC", a déclaré Cecilia Malmström.

Schlumberger (+1,47%) a publié une charge de 12,7 milliards de dollars au T3 en raison des conditions de marché. La perte nette ressort ainsi à 11,38 milliards de dollars sur la période. 8,8 milliards proviennent de dépréciations d'écarts d'acquisition. Ces ajustements comptables interviennent alors que le groupe a changé de direction l'été dernier. Le groupe a malgré tout annoncé un résultat trimestriel supérieur aux attentes, la forte demande à l'international pour ses équipements et services parapétroliers ayant compensé la baisse des revenus tirés de ses activités en Amérique du Nord.

Snap cède 1,5% malgré un relèvement de recommandation de BAML à "acheter" contre "neutre" précédemment.

Caterpillar perd 0,1% en raison de l'abaissement de la recommandation de Morgan Stanley à "pondération en ligne" sur le dossier.

Macy's (-3,5%) et L Brands (-8,6%). Le Credit Suisse a dégradé les deux titres à "sous-performance" contre "neutre" auparavant...

Johnson & Johnson (-5,7%) a annoncé le rappel d'un lot de talc pour bébé aux Etats-Unis alors que la Food and Drug Administration américaine a découvert des traces d'amiante dans des échantillons prélevés dans une bouteille achetée en ligne.

American Express (-1,2%) a publié des résultats trimestriels marqués par un bénéfice net de 1,75 milliard de dollars, en progression de 6,1%. Le chiffre d'affaires grimpe de 8,3% à 10,99 Mds$ et dépasse légèrement le consensus de place. Le groupe a réitéré ses objectifs pour 2019, ce qui passe par un bpa situé dans une fourchette comprise entre 7,85$ et 8,35$ et par une croissance de 8 à 10% du CA.

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