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Wall Street : le rebond se poursuit, les obligations recherchées

Wall Street : le rebond se poursuit, les obligations recherchées
Wall Street : le rebond se poursuit, les obligations recherchées

(Boursier.com) — Après un début de séance dans le rouge, la Bourse de New York s'est hissée dans le vert ce mercredi, les investisseurs semblant quelque peu rassurés par la détermination affichée par Jerome Powell de juguler l'inflation, un danger bien plus important aux yeux de la Fed que le risque de récession. Les obligations sont également recherchées, les gérants de fonds profitant de la hausse des rendements pour se replacer sur des titres qui ont beaucoup souffert ces derniers mois. Les cours du pétrole perdent environ 2%, allégeant un peu les pressions inflationnistes.

A deux heures de la clôture, le Dow Jones progresse de 0,78% à 30.768 points, après un rebond de 2,1% mardi, tandis que l'indice large S&P 500 gagne 0,95% à 3.800 pts (après +2,45% mardi) et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, grimpe encore de 1% à 11.185 pts (après +2,5% la veille).

Une récession est "possible", reconnaît Jerome Powell

Les investisseurs ont suivi avec attention l'audition de Jerome Powell, le président de la Fed devant le Sénat américain, qui a confirmé la priorité donnée par la Fed à la lutte contre l'inflation, malgré le risque, assumé, de causer une récession aux Etats-Unis. La Fed demeure ainsi "fortement déterminée" à faire reculer l'inflation, a déclaré M. Powell, ajoutant que le rythme des prochaines hausses de taux dépendra des indicateurs et de l'évolution des perspectives économiques. "Nous prendrons nos décisions réunion après réunion", a-t-il expliqué.

Pressé par les questions des sénateurs, le patron de la Fed a admis qu'il est "possible" que la hausse des taux entraîne une récession "Ce n'est pas du tout l'effet recherché, mais c'est certainement une possibilité", a-t-il ajouté, admettant qu'un atterrissage en douceur allait être "très difficile".

Pour autant, il a assuré qu'il y avait encore "des voies pour faire tomber l'inflation à 2% sans provoquer de conséquences aussi problématiques", et s'est montré confiant concernant la résistance de l'économie américaine, alimentant les espoirs "d'atterrissage maîtrisé".

Jerome Powell, qui sera à nouveau auditionné jeudi, cette fois devant la Chambre des représentants, a ainsi estimé que "l'économie américaine est solide et bien positionnée pour gérer des hausses de taux supplémentaires". Ila qualifié l'économie de "très forte" malgré ce début de durcissement monétaire et l'inflation pesante.

Les marchés obligataires rebondissent, le rendements plus élevés attirent les investisseurs

Rappelons que la Fed a procédé à une hausse de taux de 75 points de base la semaine dernière (la plus forte hausse depuis 1994), ce qui a porté son taux des fonds fédéraux entre 1,5 et 1,75%, afin de contrer l'inflation, qui a atteint 8,6% sur un an en mai, au plus haut depuis 41 ans. Jerome Powell et d'autres responsables de la banque centrale ont indiqué qu'ils procéderaient à une nouvelle hausse, de 50 ou de 75 pb, à la prochaine réunion de juillet. Les nouvelles projections économiques publiées le 15 juin ont montré que la Fed s'attend à ce que le taux des "fed funds" atteigne 3,4% à la fin de 2022, ce qui serait le niveau le plus élevé depuis 2008, puis 3,8% fin 2023.

Sur les marchés obligataires, les cours remontent, mercredi, entraînant un net recul des rendements (qui évoluent en sens inverse des prix). Le rendement du T-Bond à 10 ans perd 13 points de base à 3,15% et celui du "2 ans" plonge aussi de 13 pb à 3,06%. Le rendement du Bund allemand à 10 ans a rechuté de 14 pb à 1,62%, après avoir atteint la veille son plus haut depuis 8 ans et demi, en décembre 2013.

"La flambée des rendements depuis le début de 2022 - le rendement du Trésor américain à 10 ans est passé d'environ 1,63 % à environ 3,25 % - a infligé des pertes de prix sans précédent aux obligations existantes. Mais elle a également créé un meilleur point de départ pour de nouveaux investissements en termes de revenu potentiel et de diversification - deux des raisons fondamentales de posséder des obligations", a souligné Marc Seidner, CIO Stratégies Non-Traditionnelles chez PIMCO dans une note publiée mercredi.

Vers une exonération des taxes sur l'essence aux Etats-Unis ?

Le pétrole rechute mercredi, le baril de brut léger américain WTI cédant 2,3% à 107$ sur le Nymex (contrat à terme d'août), tandis que le Brent de la mer du Nord d'échéance août reculait de 2% à 112,29$ sur l'ICE.

Les cours ont été freinés par le projet du Congrès américain de supprimer les taxes fédérales sur les carburants afin de réduire les pressions inflationnistes. La secrétaire au Trésor Janet Yellen a souligné mercredi que les impacts des prix de l'énergie "représentent en réalité la moitié de l'inflation". Elle s'est dite ouverte aux appels au Congrès en faveur d'exonérations de la taxe sur l'essence, en vue d'alléger le fardeau des ménages, en estimant que c'est une idée "à considérer".

Dans une interview accordée à la chaîne 'ABC', la secrétaire au Trésor a par ailleurs estimé que la récession n'était donc "pas du tout inévitable", même si elle s'attend à ce que la croissance américaine ralentisse dans une transition naturelle vers une croissance régulière et stable. L'inflation est à un niveau "inacceptablement élevée", a jugé Mme Yellen, ajoutant que la priorité absolue du président Biden est de la faire baisser. Elle a aussi déclaré que l'administration continue d'envisager de lever certains droits de douane de l'ère Donald Trump sur les produits chinois...

L'inflation a dépassé 9% aux Royaume-Uni en mai

L'or a gagné 0,13% à 1.841,10$ l'once sur le Comex, et le bitcoin hésite dans la zone des 20.000 à 21.000$, pointant en soirée autour de 20.285$, en baisse de 2,6% sur 24h. L'indice du dollar cédait mercredi soir 0,3% à 104,09$ points face à un panier de devises de référence, après avoir atteint la semaine dernière son plus haut niveau depuis 20 ans. L'euro avançait de 0,55% à 1,0583$.

En Europe, notons que l'inflation britannique annoncée ce matin a accéléré en mai pour atteindre 9,1%, son niveau le plus élevé depuis mars 1982, avec la flambée des prix alimentaires. Le ministre des Finances Rishi Sunak a déclaré que le gouvernement britannique faisait tout son possible pour lutter contre cette envolée des prix. La Banque d'Angleterre, qui a relevé plusieurs fois ses taux directeurs ces derniers mois, a estimé la semaine dernière que la hausse des prix devrait rester supérieure à 9% ces prochains mois avant de culminer à plus de 11% en octobre !

VALEURS A SUIVRE

Revlon (+46%!), le concepteur de cosmétiques qui vient de se placer sous protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, a vu son cours de bourse flamber de près de 350% sur une semaine et de plus de 500% depuis les planchers du 13 juin ! Le titre bénéficie toujours d'une folle spéculation. Le groupe massivement endetté attire visiblement les petits porteurs américains, qui se rappellent du précédent Hertz Global, vedette boursière de la pandémie il y a deux ans malgré une situation financière alors également déplorable et une mise sous protection de la loi sur les faillites. Rappelons que de tels mouvements sont totalement irrationnels, puisqu'en règle générale, les actionnaires ne récupèrent rien en cas de chapitre 11. La flambée toute récente du cours de Revlon a aussi été alimentée par des rumeurs d'offre potentielle de Reliance Industries.

Amazon (+1,6%). Audible d'Amazon a conclu un accord de production exclusif avec Higher Ground, dont les termes n'ont pas été divulgués. Audible a annoncé un accord de production exclusif, mondial, multi-projets et pluriannuel avec Higher Ground, la société de médias du président Barack Obama et de Michelle Obama. Ce nouveau partenariat renforce l'engagement de Higher Ground envers l'audio. La liste des émissions Audible reflétera la mission commune des entreprises "de raconter des histoires significatives et divertissantes qui élèvent diverses voix et expériences". Rappelons que Spotify avait décidé de ne pas renouveler son partenariat exclusif avec Higher Ground lorsque leur accord avait pris fin plus tôt cette année.

Boeing (+1%) ne se montre pas très optimiste concernant la chaîne de production de l'industrie aéronautique à court terme. A Doha, son directeur général a indiqué s'attendre à ce que les difficultés d'approvisionnement persistent jusqu'à la fin 2023 en raison des problèmes de main-d'oeuvre chez les sous-traitants et les petits fournisseurs, confrontés à une reprise plus rapide qu'attendu de la demande. "Le basculement des difficultés de demande aux difficultés d'approvisionnement (...) est remarquable par sa vitesse", a déclaré David Calhoun, lors du Qatar Economic Forum organisé par Bloomberg à Doha. Il a ajouté que le groupe restait confronté à d'importantes difficultés et retards d'approvisionnement. "C'est un vrai problème pour les industriels et cela le restera sans doute pratiquement jusqu'à la fin de l'an prochain". "Et la plus importante contrainte pour les fournisseurs intermédiaires et les petits fournisseurs, c'est la disponibilité de la main-d'oeuvre".

Twitter (+0,5%). Le conseil d'administration du groupe a unanimement recommandé aux actionnaires un vote en faveur de l'offre de reprise d'Elon Musk pour 44 milliards de dollars. Le seul problème, c'est que ce dernier reconsidère désormais sa proposition et entend éclaircir d'abord la situation au sujet du phénomène des comptes 'bots' et fake...

Altria (-9%) et Philip Morris International (-0,6%) cèdent du terrain. La FDA (Food & Drug Administration), autorité américaine de santé, prévoit une proposition de règle pour réduire la dépendance vis-à-vis des cigarettes et autres produits du tabac brûlés. Les plans de la FDA pour développer une proposition de norme de produit établiraient un niveau maximal de nicotine dans les cigarettes et autres produits du tabac.

Alibaba (stable), le géant chinois du commerce en ligne, et sa filiale Ant Group, mettent fin à leurs opérations de collaboration dans le cadre de la répression réglementaire en Chine, indique Reuters. Citant des sources proches du dossier, l'article rapporte que les deux sociétés ont commencé à restreindre l'accès aux services de l'autre, à se concurrencer pour des clients et à conclure des partenariats avec des rivaux, alors qu'Ant tente de renforcer son indépendance vis-à-vis d'Alibaba, tandis qu'Alibaba construit un outil de transaction transfrontalier qui pourrait concurrencer Ant. Les sources ajoutent qu'Ant ne veut pas être considéré uniquement comme une filiale d'Alibaba par des partenaires existants ou potentiels, un initié d'Ant disant qu'Alibaba ne serait plus "un grand arbre" auquel Ant doit s'accrocher, en particulier pour les marchés étrangers.

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