Cotation du 27/03/2020 à 22h12 Dow Jones Industrial -4,06% 21 636,78
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Wall Street : le rebond se poursuit, accord sur le plan de soutien US

Wall Street : le rebond se poursuit, accord sur le plan de soutien US
Wall Street : le rebond se poursuit, accord sur le plan de soutien US
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après une flambée de plus de 11% mardi pour le DJIA, la Bourse de New York continue de rebondir mercredi, à l'approche du vote par le Congrès américain du plan de soutien de 2.000 milliards de dollars proposé par l'administration Trump pour lutter contre le coronavirus. Un accord de principe a été conclu plus tôt dans la journée entre la Maison Blanche et les élus des deux partis, républicain et démocrate.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones gagne 4,4% à 21.625 points , après avoir flambé la veille de 11,37%, sa plus forte hausse quotidienne depuis mars 1933 !). L'indice large S&P 500 grimpe de 3,13% à 2.523 pts (après +9,38% mardi), et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, progresse de 1,78% à 7.545 pts (+8,12% mardi).

Retour à un calme relatif sur les marchés

Quant à l'indice Vix de la volatilité, aussi appelé "indice de la peur", il reste stable autour de 61 points, après avoir atteint la semaine passée des niveaux records supérieurs à 85.

Plus tôt dans la journée, les marchés européens ont eux aussi progressé, l'EuroStoxx 50 prenant 3,13% (après +6,5% mardi) et le CAC 40 grimpant de 4,47% (après +8,4% mardi).

Sur le marché des changes, le dollar recule pour la 3e séance consécutive, après plus d'une semaine d'ascension liée à une fuite vers la sécurité des investisseurs ayant quitté précipitamment les marchés émergents pour se réfugier vers le "Roi dollar". L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à 6 devises de référence (euro, livre sterling, franc suisse, dollar canadien, yen et couronne suédoise) cède mercredi 0,87% à 101,15 points. L'euro gagne 0,7% à 1,0860$.

Les taux continuent de détendre sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans cédant 5 points de base à 0,80%.

Les cours du pétrole poursuivent leur rebond, saluant le plan de relance aux Etats-Unis. Le cours du brut léger américain WTI progresse de 2,37% à 24,68$ (contrat à terme de mai sur le Nymex), tandis que le Brent de mer du Nord gagne 1% à 27,42$.

Enfin, l'or reste très volatil, rechutant de 1,7% à 1.634,50$ l'once, après un rebond de l'ordre de 12% sur les deux précédentes séances.

Accord bipartisan à Washington sur le plan de soutien de 2.000 Mds$

Aux Etats-Unis, les sénateurs s'apprêtent donc à voter ce mercredi soir le plan de soutien à l'économie américaine de 2.000 milliards de dollars (1.842 milliards d'euros). Républicains et démocrates ont réussi à s'entendre sur un compromis sur le texte proposé par la Maison Blanche après cinq jours de négociations marathon. Après l'annonce du compromis, dans la nuit de mardi à mercredi, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a précisé que Donald Trump signerait "évidemment" ce texte s'il est adopté par le Congrès.

Le conseiller économique de la Maison blanche, Larry Kudlow, avait précisé mardi que ce projet de plan de soutien fonctionnerait en tandem avec les 4.000 milliards de dollars de capacités supplémentaires de prêts dégagées par les mesures de soutien de la Réserve fédérale.

Au Sénat, le président de la majorité républicaine, Mitch McConnell, a affirmé mercredi que "nous allons adopter ce projet de loi dans la journée". Le plan sera ensuite transmis à la Chambre des représentants, à majorité démocrate. Sa présidente, Nancy Pelosi, a laissé entendre mercredi que la chambre adopterait le texte malgré quelques réserves. Elle a jugé que ce compromis n'allait pas aussi loin que la proposition qu'avait avancée la Chambre des représentants, mais elle a ajouté que "grâce à l'unité et l'insistance des démocrates du Sénat et de la Chambre, il s'était largement rapproché des salariés américains".

500 Mds$ pour les secteurs en difficulté, 500 Mds$ pour les ménages

Le chef de file de la minorité démocrate au Sénat Chuck Schumer a quant à lui décrit ce plan comme "le plus important plan de sauvetage de l'histoire américaine". Il l'a comparé à un "plan Marshall" pour les hôpitaux et la santé, en référence au programme d'aide financé par les Etats-Unis et qui avait permis de reconstruire l'Europe après la Seconde Guerre mondiale.

Dans le détail, ce plan prévoit notamment 500 milliards de dollars pour soutenir les entreprises industrielles les plus affectées via des prêts ou des subventions. Le secteur du transport aérien, frappé de plein fouet par la crise, bénéficiera de 25 Mds$ de subventions aux compagnies transportant des passagers et 8 Mds$ pour le fret aérien et les prestataires de service en aéroport, dont les services de restauration. Les aéroports eux-mêmes bénéficieront de 10 Mds$. En outre, les compagnies aériennes devraient avoir accès à 29 Mds$ de crédit.

Par ailleurs, 500 Mds$ seront affectés aux aides directes pour les Américains, qui pourront aller jusqu'à 3.000 dollars par foyer sous forme de chèques envoyés à des millions de ménages.

En outre, 350 Mds$ seront consacrés à des prêts aux petites entreprises, 250 Mds$ pour les mesures d'aides aux chômeurs, au moins 100 Mds$ pour les hôpitaux et le système de santé, ainsi que des fonds supplémentaires pour les autres besoins de santé et près de 150 Mds$ pour aider les Etats et les autorités locales à combattre l'épidémie.

Donald Trump s'alarme de la récession à venir

De son côté, le président américain Donald Trump s'est montré pressé, mardi, de remettre les Etats-Unis sur pied et au travail, en affirmant qu'il "adorerait" lever pour Pâques, le 12 avril prochain, les mesures de restriction de déplacements et de réunions prises pour lutter contre le coronavirus.

Dans une interview avec la chaîne américaine 'Fox News', Donald Trump a affirmé qu'un confinement trop prolongé pourrait "détruire" l'économie de la première puissance mondiale. "On peut détruire un pays en le fermant de cette façon", a-t-il expliqué, estimant qu'une "grave récession" pourrait faire plus de victimes que le nouveau coronavirus.

Les économistes tentent d'évaluer les conséquences de la pandémie sur l'économie américaine. Ceux de la banque JP Morgan Chase estiment que le PIB des Etats-Unis pourrait fondre de 14% au 2e trimestre, tandis que Goldman Sachs entrevoit une chute de 24% sur la même période.

Explosion du nombre de cas de Covid-19 dans l'Etat de New York

A la date de mercredi aux Etats-Unis, le Covid-19 a entraîné la mort de 827 personnes (contre 696 mardi), avec plus de 60.000 cas (contre 53.268 cas mardi), selon le comptage de l'université américaine John Hopkins.

L'Etat de New York est de loin le plus touché avec 192 décès et plus de la moitié des cas du pays (avec environ 30.800 cas...) Le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, a indiqué mercredi que le plan fédéral prévoyait 3,8 Mds$ d'aide pour cet Etat mais a estimé que cela n'étant pas suffisant, et que les besoins s'élevaient à "au moins 15 Mds$".

VALEURS A SUIVRE

* Boeing (+30%!) Une lueur d'espoir chez le concurrent d'Airbus. Alors que l'avionneur américain traverse l'une des plus graves crises de son histoire depuis le double accident mortel du 737 MAX, la pandémie de Covid-19 est venue assombrir un peu plus le ciel au-dessus de Seattle. Le transport aérien mondial est à l'arrêt ou presque, les compagnies luttent pour leur survie et les reports et annulations de commandes devraient suivre rapidement. Dans ce contexte, une bonne nouvelle pourrait sonner à la porte du géant de l'aéronautique.

Selon les sources de 'Reuters', Boeing prévoit en effet de redémarrer la production de son 737 MAX d'ici le mois de mai. Le calendrier dépend encore de l'ampleur des perturbations dues au coronavirus et du feu vert des autorités américaines pour la remise en service de l'appareil, toujours attendu à la mi-2020. Une source industrielle de l'agence a précisé que Boeing avait demandé à certains fournisseurs d'être prêts à livrer des pièces destinées au MAX en avril.

* American Airlines (+13,3%). Les principales compagnies aériennes américaines bondissent après l'accord trouvé au Congrès sur un plan de relance massif de l'économie américaine. Un programme dont une partie devrait profiter au secteur aéronautique, qui subit la plus grave crise de son histoire.

* Nike (+12,2%) bondit, le marché saluant des résultats trimestriels plutôt solides de la firme basée dans l'Oregon. Le groupe a réalisé au cours de son troisième trimestre fiscal (clos fin février) un bénéfice net de 847 millions de dollars ou un bpa de 53 cents contre un profit de 1,1 Md$ ou 68 cents par titre un an plus tôt. Les revenus ont atteint 10,1 Mds$ (+5%) contre 9,55 Mds$ de consensus grâce à une croissance de 13% de Nike Direct, et à une progression des ventes en ligne de 36%. Les belles performances sur plusieurs marchés clefs de Nike, dont l'Amérique du Nord, ont permis de compenser l'impact de la pandémie de Covid-19 sur l'activité en Chine. La marge brute s'est par ailleurs établie à 44,3%. Compte tenu des incertitudes liées à l'épidémie, l'équipementier sportif n'a pas fourni de prévisions pour l'exercice.

* Target (-5%) suspend ses prévisions financières et son programme de rachat d'actions et réduit ses investissements prévus pour se concentrer sur la satisfaction de ses clients à court terme. Face à la pandémie de coronavirus, le détaillant ne prévoit plus de rénover qu'environ 130 magasins en 2020 contre 300 espérés auparavant. Le groupe va également ouvrir moins de magasins de petit format qu'il ne l'avait prévu précédemment. "Il est devenu très clair que nous devons être disciplinés pour nous assurer que nos magasins et notre chaîne d'approvisionnement se concentrent sur le service à nos clients sans distractions inutiles", a déclaré le directeur général Brian Cornell. "Nous devrons donner la priorité au flux de nourriture, de médicaments et d'autres produits essentiels dans un avenir prévisible".

* Facebook (-0,6%) a annoncé que l'épidémie de coronavirus pesait sur ses recettes publicitaires, qui représentent la quasi-totalité de ses revenus, même si de plus en plus d'utilisateurs confinés à domicile passent beaucoup de temps sur le réseau social.

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