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Wall Street : le rebond se confirme, Banques centrales et gouvernements en renfort

Wall Street : le rebond se confirme, Banques centrales et gouvernements en renfort
Wall Street : le rebond se confirme, Banques centrales et gouvernements en renfort
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street, dont le rebond avait été timide hier soir, tente d'enchaîner une deuxième séance de progression. Malgré la forte hausse des places asiatiques et européennes, les trois grands indices luttent pour se maintenir dans le vert alors que la séance est marquée par les quatre sorcières, soit l'expiration simultanée des options et contrats à terme sur actions et sur indices. L'indice Dow Jones prend actuellement 1,81% à 20.450 points, tandis que l'indice large S&P 500 grimpe de 1,52% à 2.446 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, avance de 2,60% à 7.336 pts.

Les opérateurs continuent à digérer les mesures exceptionnelles mises en oeuvre en urgence par les grandes Banques centrales pour tenter d'apaiser les tensions sur les marchés et de limiter l'impact économique de la pandémie de coronavirus, dont le bilan croît heure après heure.

Des mesures qui ne devraient toutefois pas empêcher de voir la première économie mondiale entrer en récession. Alors que les derniers indicateurs économiques portent déjà les traces de la pandémie de coronavirus (vive hausse des inscriptions hebdomadaire au chômage et fort repli des indices de l'activité manufacturière de la Fed de Philadelphie et de la Fed de New York), les économistes de la Bank of America estiment que l'économie américaine pourrait perdre jusqu'à 3,5 millions d'emplois, alors que le PIB pourrait s'effondrer sur un rythme de 12% au deuxième trimestre.

Outre les baisses de taux et les plans de rachat d'actifs d'envergure dévoilées ces derniers jours par la Fed, la BCE, la BoE ou encore la RBA, les opérateurs apprécient aussi l'engagement budgétaire quasi sans limite des différents gouvernements pour faire face à une situation sans précédent. Alors que l'administration Trump travaille à un plan de soutien à l'économie américaine de 1.300 milliards de dollars, le gouvernement allemand envisagerait de créer un fonds de soutien aux entreprises en difficulté d'environ 500 milliards d'euros et Pékin serait sur le point de dévoiler un plan de relance budgétaire de 1.000 milliards de yuans.

Jeudi, le président Donald Trump a par ailleurs indiqué qu'il était favorable à une prise de participation de l'Etat dans "certaines entreprises". Lors d'un point presse à la Maison Blanche, il a aussi affirmé qu'il soutiendraitune interdiction pour les entreprises d'utiliser les aides de l'Etat pour racheter leurs propres actions.

La Banque du Canada, la Banque d'Angleterre, la Banque du Japon, la Banque centrale européenne, la Réserve fédérale et la Banque nationale suisse ont également annoncé ce vendredi une action coordonnée visant à renforcer davantage l'apport de liquidités par le biais d'accords permanents d'échange de liquidités en dollars américains. Afin d'améliorer l'efficacité des lignes de swap dans la fourniture de financement en dollars américains, ces Banques centrales ont convenu d'augmenter la fréquence des opérations à échéance 7 jours, qui passera d'hebdomadaire à quotidienne.

Après une incroyable chute de 24% mercredi, le baril de brut léger américain s'est envolé hier de près de 24%, effaçant ainsi ses pertes de la veille et enregistrant surtout la plus forte hausse quotidienne de son histoire. En nette hausse en matinée, les cours de l'or reculent noir désormais à l'image du WTI qui lâche plus de 4%. Face à la chute du baril, l'administration Trump envisagerait une manoeuvre diplomatique pour amener l'Arabie Saoudite à fermer ses robinets et utilise la menace de sanctions sur la Russie pour les forcer à réduire leur production, a rapporté hier soir le 'Wall Street Journal'.

Le président américain a de son côté affirmé : "c'est très dévastateur pour la Russie, car l'ensemble de l'économie est basée sur le pétrole, et ils font face au plus bas prix depuis des décennies. Je dirais que c'est très mauvais pour l'Arabie Saoudite également. Mais ils se battent, ils se battent sur le prix, ils se battent sur la production. Au moment opportun, je vais m'impliquer".

Signe de la moindre nervosité sur les marchés, l'indice Vix de la volatilité, aussi appelé "l'indice de la peur", continue à reculer, en repli de 13 points à 58. Mercredi, il avait dépassé les 85 en séance, un niveau supérieur à celui de la fin 2008, dans le sillage de la faillite de la banque Lehman Brothers, qui avait entraîné la crise financière mondiale. Les rendements obligataires poursuivent également leur repli avec l'intervention musclée des Banques centrales.

VALEURS A SUIVRE

* Delta Air Lines (+14%), United Airlines (+28%) et American Airlines (8,6%) rebondissent fortement. Une proposition républicaine présentée au Sénat jeudi prévoit d'accorder 58 milliards de dollars de prêts garantis aux compagnies aériennes mises en difficulté par la pandémie de coronavirus.

* Hertz (+30%) et Avis (+20%) ont demandé au département du Trésor d'être inclus dans toute aide à l'industrie du voyage. Le PDG de Hertz, Kathy Marinello, a déclaré à 'Bloomberg' que le secteur de la location de voitures a été frappé aussi durement que celui des compagnies aériennes par la crise qui secoue le secteur du tourisme.

* Tesla (+7%). Le constructeur de voitures électriques a annoncé la suspension à partir du 24 mars de la production de l'usine de Fremont, en Californie, mettant fin aux dissensions avec les autorités californiennes, préoccupées par la propagation du coronavirus. En outre, les immatriculations de véhicules du constructeur américain en Chine ont chuté de 35% sur un mois en février, selon les données du cabinet de conseil LMC Automotive.

* Apple (+3%) aurait limité les achats d'iPhone en ligne à deux unités par personnes dans de nombreux pays, dont les Etats-Unis et la Chine, afin, semble-t-il, d'éviter les reventes alors que le groupe a fermé l'ensemble de ses magasins en hors de Chine en raison du coronavirus.

* Alphabet (+1%). YouTube va réduire la qualité des vidéos en ligne dans l'Union européenne pour éviter une saturation du réseau alors que des millions de personnes sont passées au télétravail pour limiter la propagation du coronavirus.

* Walmart (-1,8%) va embaucher 150.000 travailleurs intérimaires supplémentaires pour faire face à l'augmentation du nombre d'acheteurs dans ses magasins. Le distributeur a par ailleurs annoncé le versement d'une prime de 550 millions de dollars pour récompenser ses salariés dans le contexte de pandémie de coronavirus.

* Boeing (-0,5%) envisage sérieusement une suspension temporaire de la production de ses gros porteurs, selon des personnes proches du géant américain citées par Reuters. La compagnie n'a cependant pas encore pris de décision finale sur le calendrier. Le groupe, qui cherche à obtenir le soutien de l'Etat face à la crise actuelle, envisagerait de réduire son dividende et de licencier un certain nombre de personnes.

* Tiffany & Co (-0,3%). Le joailler américain vient de dévoiler des résultats trimestriels inférieurs aux attentes des analystes même si les ventes à périmètre comptables ont dépassé le consensus. Sur les trois mois clos fin janvier, le groupe a réalisé un profit net de 201,1 millions de dollars ou 1,66$ par titre contre un bénéfice de 204,5 M$ ou un bpa de 1,67$ un an plus tôt. Les revenus ont augmenté de 2,8% à 1,36 Md$ (+3% en comparable). La société a déclaré qu'elle ne fournira pas de perspectives pour l'ensemble de l'année étant donné qu'elle attend la finalisation de sa fusion avec LVMH. Elle a toutefois indiqué que ses comptes avaient été fortement affectés cette année par la fermeture temporaire de magasins dans le monde entier.

Par ailleurs, LVMH pourrait profiter de la chute du groupe américain en bourse pour racheter directement des titres sur le marché. Selon les sources de 'Bloomberg', LVMH a discuté de ses intentions avec le conseil d'administration de Tiffany qui pourrait lui donner le feu vert après la publication des résultats trimestriels du groupe américain vendredi. Tiffany cotait environ 118$ hier à Wall Street avant que Bloomberg ne dévoile cette information, contre un prix de 135$ offert par LVMH fin 2019.

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