Cotation du 24/05/2019 à 22h49 Dow Jones Industrial +0,37% 25 585,69
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Wall Street : le Nasdaq sur ses records, le DJIA à la traîne

Wall Street : le Nasdaq sur ses records, le DJIA à la traîne
Wall Street : le Nasdaq sur ses records, le DJIA à la traîne

(Boursier.com) — Les indices boursiers américains évoluent jeudi en ordre dispersé, le Nasdaq composite grimpant en séance à de nouveaux records, grâce aux résultats trimestriels supérieurs aux attentes de Facebook (+6,1%) et de Microsoft (+3,4%). Le Dow Jones a en revanche été pénalisé par les valeurs industrielles après que le conglomérat 3M a dégringolé plus de 13% sur des comptes décevants et l'annonce de la suppression de plus de 2.000 postes. Les investisseurs sont en outre restés prudents après de nombreux signes de faiblesse de l'économie mondiale, venus de Corée du Sud, d'Espagne, de Suède et du Japon... Vendredi, les marchés prendront connaissance des chiffres du PIB des Etats-Unis au premier trimestre 2019.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones cédait jeudi 0,25% à 26.530 points, tandis que l'indice large S&P 500 gagnait 0,19% à 2.932 pts et que le Nasdaq composite progressait de 0,38% à 8.133 pts, ce qui constituerait un nouveau record si le chiffre est confirmé en clôture.

Les marchés continuent de réagir aux publications des comptes des sociétés, qui ont été accueillis de façon contrastée. Si Facebook (+6,1%) et Microsoft (+3,4%) ont flambé suite à des comptes supérieurs aux attentes, 3M a plongé de plus de 13%. La capitalisation boursière de Microsoft est passée en séance au-dessus du seuil symbolique des 1.000 milliards de dollars, et a dépassé celle d'Apple (-0,6%) sur la première marche du podium mondial. Les comptes d'Amazon, Intel et Ford Motor étaient notamment attendus jeudi après la clôture.

L'humeur des investisseurs a en outre pâti de l'échec de deux opérations de fusion-acquisition en Europe. En Allemagne, Deutsche Bank a ainsi mis un terme aux négociations de rachat de Commerzbank, tandis qu'au Royaume-Uni, le projet de de rachat d'Asda (filiale de Walmart) par Sainsbury's a été bloqué par les autorités de la concurrence.

Recul du PIB en Corée du Sud, baisse des prévisions au Japon, hausse du chômage en Espagne...

Ailleurs dans le monde, l'annonce d'une contraction surprise de l'économie sud-coréenne au 1er trimestre pèse également sur le moral des investisseurs. Le PIB de la Corée du Sud a ainsi reculé de 0,3% par rapport au 4ème trimestre 2018, notamment en raison d'une chute des exportations. Séoul n'avait pas connu une croissance aussi décevante depuis la crise financière de 2008. Cette annonce a fait chuter le won sud-coréen de 0,9% face au dollar.

L'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) est resté soutenu jeudi à 98,14 points (+0,03%), au plus haut depuis plus de 6 semaines. L'euro a continué de reculer (-0,15% à 1,1136$), au plus bas depuis 2017 face au billet vert. La devise européenne fait les frais ces derniers jours de la publication d'indicateurs européens décevants, en particulier l'indice Ifo annoncé mercredi. Cet indice de confiance des milieux d'affaires allemands est tombé à 99,2 points en avril, contre 99,9 attendus par le consensus et après 99,6 points en mars. Jeudi, les chiffres de l'emploi en Espagne ont aussi inquiété, le taux de chômage remontant à 14,7% au 1er trimestre, contre 14,5% de consensus.

Parmi les autres devises, le yen a gagné 0,5% face au dollar malgré l'annonce par la Banque du Japon d'une révision en baisse de ses prévisions de croissance et de son intention de maintenir ses taux d'intérêts très bas au moins jusqu'au printemps 2020. La couronne suédoise a elle aussi perdu 1% face au dollar après que la banque centrale suédoise a indiqué que ses taux resteraient bas pour une période prolongée.

Sur les marchés obligataires américains, le rendement de l'emprunt d'Etat de référence, le T-Bond à 10 ans, est remonté jeudi de 2 points de base à 2,55%.

Des "stats" US solides, mais une hausse des demandes d'emploi la semaine dernière

Le pétrole se montrait hésitant, toujours proche de ses plus hauts depuis près de 6 mois. Le contrat à terme de juin sur le brut léger américain WTI reculait jeudi 0,27%, à 65,71$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance juin progressait de 0,44% à 74,83$. Le Brent a franchi en début de séance le seuil des 75$ pour la première fois depuis 6 mois. En début de semaine, les cours du brut ont reçu un nouveau coup de pouce, après la décision américaine de renforcer les sanctions contre l'Iran. Donald Trump a annoncé lundi que les Etats-Unis ne renouvelleront pas le 2 mai les exemptions qu'ils avaient accordées l'an dernier à 8 pays importateurs de pétrole iranien, dont ses deux plus gros clients, la Chine et l'Inde.

Dans ce contexte incertain, les derniers indicateurs américains sont ressortis assez solides, même si les inscriptions hebdomadaires nouvelles au chômage ont bondi de 37.000 la semaine passée à 230.000, alors que le consensus tablait sur 200.000. Il s'agit de leur plus forte hausse depuis septembre 2017.

Les commandes de biens durables sont en revanche ressorties supérieures aux attentes en mars, en croissance de 2,7% sur un mois, contre un consensus de +0,7%, et après une lecture révisée à -1,1% en février. Hors transport cette fois, les commandes se sont affichées en hausse de 0,4%, contre +0,2% de consensus et -0,2% un mois avant.

VALEURS A SUIVRE

Tesla (-4,1%), le leader californien de l'automobile électrique, a annoncé hier soir une perte de 702 millions de dollars pour le premier trimestre. Le groupe n'est pas plus optimiste concernant le trimestre en cours, qui devrait rester dans le rouge. En revanche, le constructeur prévoit un retour aux profits au troisième trimestre, une fois réglés les soucis de livraison. Musk, CEO du groupe, acceptant la dure réalité financière, a estimé qu'une levée de fonds pourrait bien se produire sous peu. Le fantasque patron de Tesla a jugé en effet qu'il s'agissait 'probablement du bon moment'. Tesla a terminé le trimestre avec 2,2 Mds$ de cash. Les revenus trimestriels du groupe ont totalisé 4,5 milliards de dollars, contre 3,4 milliards de dollars un an avant.

Facebook (+6,1%) réagit positivement en bourse aux résultats financiers du premier trimestre, même si le groupe a dit s'attendre à une amende pouvant atteindre 5 milliards de dollars ces prochains mois. Les revenus sont ressortis meilleurs que prévu au 1er trimestre, en hausse de 26% sur un an, à 15,08 Mds$, dépassant l'estimation moyenne des analystes qui était à 14,98 milliards. Les facturations ont progressé grâce à la croissance de l'application Instagram et à un bond des revenus publicitaires. Le nombre d'utilisateurs actifs mensuels a atteint 2,38 milliards, au-dessus du consensus. Le bénéfice net a en revanche reculé à 2,43 Mds$, soit 85 cents par action, contre 4,99 Mds$ un an plus tôt, alors que les analystes tablaient sur un bpa de 1,63$.

Facebook a expliqué que ce résultat tenait compte d'une charge exceptionnelle pour frais légaux de 3 Mds$, en lien avec l'enquête de la Federal Trade Commission (FTC) sur l'affaire Cambridge Analytica. "Nous estimons que les pertes liées à cette affaire se situeront entre 3 et 5 Mds$", a précisé le groupe dirigé par Mark Zuckerberg. En excluant cette charge de 3 Mds$, le bénéfice par action de Facebook est ressorti à 1,89$, dépassant largement les attentes des analystes.

Microsoft (+3,4%). Les bénéfices et les ventes du groupe ont dépassé les attentes. Pour le premier trimestre 2019 (qui est le 3ème trimestre fiscal), Microsoft a fait état d'un bénéfice net de 8,81 milliards de dollars, en hausse de 18% par rapport à la même période de 2018. Le bénéfice net par action, ajusté des éléments exceptionnels, s'est établi à 1,14$ (contre 0,95$ en 2018), supérieur aux attentes de Wall Street, qui étaient logées à 1$. Le chiffre d'affaires du géant américain de l'informatique et d'internet a atteint 30,57 Mds$ contre 26,82 Mds$ un an plus tôt (+14%), ressortant bien au-dessus du consensus de marché, qui était de 29,88 Mds$.

Les ventes des solutions cloud ont bondi de 41% sur un an pour atteindre 9,6 Mds$ au 1er trimestre, a précisé Amy Hood, la directrice financière de Microsoft... La hausse du titre Microsoft a permis au géant de l'informatique de reprendre la place de première capitalisation boursière mondiale à Apple (-0,6%). La capitalisation de Microsoft a même franchi pour la première fois la barre symbolique des 1.000 milliards de dollars en début de séance. Apple et Amazon étaient jusqu'ici les seuls à avoir atteint brièvement ce seuil l'été dernier avant de céder du terrain.

3M (-13,3%) a dévissé, signant la plus forte baisse du Dow Jones. Le conglomérat industriel américain a annoncé pour le trimestre clos des profits inférieurs aux attentes, et revoit en baisse ses estimations annuelles du fait de la détérioration de ses marchés. Le groupe aux marques Scotch ou Post-it table maintenant sur un bénéfice ajusté par action 2019 allant de 9,25 à 9,75$, contre une guidance antérieure allant de 10,45 à 10,90$. Pour le premier trimestre fiscal, le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 2,23$, en déclin de 11%, alors que le consensus envisageait une stabilité. Les revenus ont chuté de 5% à 7,9 milliards de dollars, contre 8 Mds$ de consensus.

Le groupe va supprimer par ailleurs 2.000 postes dans le monde, et se restructurer en quatre unités opérationnelles contre cinq. Les économies annuelles avant imposition sont attendues entre 225 et 250 millions de dollars. L'évolution organique des ventes, auparavant attendue entre +1 et +4%, est maintenant estimée entre -1% et +2%.

UPS (-7,8%) n'a pas 'délivré' au 1er trimestre. Le groupe a affiché des bénéfices et des ventes sans relief. Le bénéfice net s'est élevé à 1,11 milliard de dollars soit 1,28$ par action, contre 1,35 milliard et 1,55$ par titre un an auparavant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 1,39$, alors que le consensus de place était de 1,42$. Les revenus ont totalisé 17,2 milliards de dollars, contre 17,1 Mds$ un an plus tôt et 17,8 Mds$ de consensus. Le groupe évoque un impact de 7 cents par action sur le bénéfice du fait des conditions climatiques aux USA. Le groupe vise toujours un bénéfice ajusté annuel par action allant de 7,45 à 7,75$, contre un consensus de 7,52$.

PayPal (+2,4%) gagne du terrain à Wall Street ce jour. Le service de paiement en ligne basé à San Jose a annoncé pour son premier trimestre fiscal 2019 un bénéfice net de 667 millions de dollars soit 56 cents par titre, pour un bpa ajusté de 78 cents à comparer à un consensus de place de 67 cents et à un niveau de 57 cents un an plus tôt. Un an avant, le bénéfice net ressortait à 511 M$. Les revenus trimestriels ont totalisé quant à eux 4,1 milliards de dollars, en ligne avec les attentes de marché, contre 3,7 milliards au premier trimestre 2018.

AbbVie (-0,3%), le laboratoire pharmaceutique de l'Illinois, a annoncé pour son premier trimestre fiscal des profits et des revenus supérieurs aux attentes de marché, dopant dans la foulée des prévisions annuelles. Le bénéfice trimestriel est ressorti à 2,46 milliards de dollars et 1,65$ par action, contre 2,78 milliards un an auparavant, 1,74$ par titre. Le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 2,14$, alors que le consensus s'élevait à 2,06$. Les revenus ont représenté 7,83 milliards de dollars, contre 7,93 Mds$ un an avant et 7,77 Mds$ de consensus.

Altria (-7%) trébuche à Wall Street, le fabricant des cigarettes Marlboro ayant dévoilé des comptes trimestriels inférieurs aux attentes. Sur le premier trimestre, le bénéfice net est ressorti à 1,12 milliard de dollars et 60 cents par action, contre 1,89 milliard de dollars et 1$ par titre un an auparavant. Le bénéfice ajusté par action a reculé de 5% à 90 cents, alors que le consensus se situait à 92 cents. Les revenus ont régressé quant à eux de 8% en glissement annuel à 5,63 milliards de dollars, contre un consensus de place plus proche des 6 milliards de dollars.

Comcast (+3,3%) a battu le consensus de profit mais manqué celui de revenus pour le trimestre clos. Sur le premier trimestre 2019, le bénéfice net a totalisé 3,55 milliards de dollars et 77 cents par titre, alors que le bpa ajusté a représenté 76 cents. Le consensus était de 66 cents de bénéfice ajusté par action. La câblo-opérateur de Philadelphie a réalisé des revenus de 26,9 milliards sur la période, alors que le consensus se situait à 27,3 Mds$.

International Paper (+3,6%) n'a pas démérité au 1er trimestre. Le groupe de Memphis a dégagé un bénéfice net de 424 millions de dollars et 1,05$ par titre, contre 729 millions de dollars un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action a atteint 1,11$, largement supérieur au consensus qui n'était que de 91 cents. Les revenus ont progressé à 5,64 milliards de dollars, contre 5,62 milliards un an avant. Le consensus était toutefois un cran plus élevé, à 5,73 milliards de dollars.

Southwest Airlines (+0,47%), le transporteur aérien américain à bas prix, a dépassé le consensus de profit sur le trimestre clos. Pour le premier trimestre, le groupe de Dallas, affecté par les déboires de Boeing et du 737 MAX (dont il est le premier opérateur avec 34 appareils), a dégagé tout de même un bénéfice de 387 M$ et 70 cents par action, contre 463 M$ et 79 cents par titre un an avant. Le consensus de place était de 61 cents de bénéfice par action. Les revenus opérationnels ont atteint 5,15 Mds$, en croissance de 4%.

Marsh & McLennan (stable) a dépassé les attentes en matière de profits au premier trimestre. Le groupe new-yorkais de services professionnels a affiché sur la période close un bénéfice net de 716 millions de dollars et 1,40$ par action, pour un bénéfice ajusté de 1,52$ à comparer à un consensus de 1,45$. Les revenus se sont élevés à 4,1 milliards de dollars, légèrement inférieurs au consensus.

Bristol-Myers Squibb (+1,9%), le groupe pharmaceutique américain qui doit racheter la firme biotechnologique Celgene (+0,8%) dans le cadre d'une opération de 74 milliards de dollars, a annoncé pour le premier trimestre un bénéfice net de 1,71 milliard de dollars et 1,04$ par titre, contre 1,49 Md$ un an avant. Le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 1,10$, contre 1,09$ de consensus. Les revenus ont totalisé 5,92 Mds$, contre 5,75 Mds$ un an avant. Le bpa ajusté annuel est toujours attendu entre 4,1 et 4,2$.

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