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Wall Street : le Nasdaq corrige, craintes pesantes sur l'inflation

Wall Street : le Nasdaq corrige, craintes pesantes sur l'inflation
Wall Street : le Nasdaq corrige, craintes pesantes sur l'inflation
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine consolide ce lundi, le DJIA abandonnant 0,04% à 31.483 pts et le S&P 500 0,55% à 3.885 pts, contre un recul prononcé de 1,52% à 13.664 pts sur le Nasdaq. Le baril de brut WTI prend près de 3% sur les 61$ sur le Nymex, alors que le Brent de la mer du Nord s'adjuge 2,4%. L'once d'or gagne 1,8% à 1.809$. L'indice dollar cède 0,2% face à un panier de devises de référence. Le bitcoin retombe de 7% sur 24 heures à 53.400$ environ sur Bitfinex, après son récent rallye.

Sur les places européennes, c'est également la prudence qui domine, sur des craintes concernant la persistance des mesures restrictives sur fond de déploiement des vaccins. Les opérateurs redoutent par ailleurs un retour de l'inflation qui obligerait alors les banques centrales à agir de manière prématurée en resserrant leurs politiques monétaires. La progression récente et prononcée des prix des matières premières constitue ainsi un élément préoccupant.

Certes, le Premier ministre britannique Boris Johnson pourrait laisser entrevoir un assouplissement du confinement local après l'atteinte de l'objectif de 15 millions de vaccinations à mi-février. Néanmoins, cet assouplissement devrait être lent.

Notons par ailleurs que la présidente de la BCE, Christine Lagarde, s'est exprimée lors d'une conférence organisée par le Parlement européen. La Banque centrale européenne surveille attentivement les rendements nominaux des emprunts d'Etat, selon Lagarde, alors que les responsables politiques sont de plus en plus vigilants face à la hausse des rendements obligataires. Les rendements obligataires européens et ceux des Treasuries progressent depuis le début de l'année du fait des espoirs de reprise économique. Jusqu'à présent, la BCE avait relativisé, estimant que les conditions de financement restaient favorables et que les rendements nominaux n'étaient pas nécessairement un repère. Cependant, les rendements réels, ou corrigés de l'inflation, ont aussi progressé ces derniers jours.

"La BCE suit de près l'évolution des rendements des obligations nominales à long terme", a insisté Lagarde, qui a aussi confirmé l'engagement de la BCE à préserver un financement favorable pendant la pandémie.

Sur le front économique en Europe, l'indice Ifo allemand du climat des affaires a augmenté plus que prévu en février, à 92,4 contre 90,5 de consensus.

Aux États-Unis, l'indice d'activité nationale américaine de la Fed de Chicago est ressorti à 0,66, contre un consensus de marché de 0,40 et un niveau révisé (en baisse) à 0,41 pour le mois antérieur. Un indicateur positif signale une croissance supérieure à la normale.

L'indice des indicateurs économiques avancés du Conference Board pour le mois de janvier 2021 est ressorti en augmentation de 0,5% en comparaison du mois antérieur, contre 0,3% de consensus et 0,4% pour la lecture révisée du mois précédent.

L'indice manufacturier de la Fed de Dallas pour le mois de février s'est établi à haut niveau, à 17,2, contre un consensus de 6,7 et une lecture de 7 pour le mois antérieur.

Wall Street limite quelque peu sa correction ce lundi, suite aux commentaires de Janet Yellen, la secrétaire au Trésor de l'administration Biden. L'ex-présidente de la Fed a estimé que les paiements actuels d'intérêt des USA en part du PIB se situaient actuellement aux niveaux de 2007. Selon elle, les Etats-Unis disposeraient de plus de marge d'action que d'ordinaire en matière fiscale, le coût de la dette étant beaucoup moins élevé qu'historiquement. Yellen encourage donc une action budgétaire forte de relance, avec notamment des distributions larges de 1.400$ plutôt qu'une action ciblée.

De manière plus surprenante, en pleine euphorie - malgré la consolidation du jour - sur les cryptomonnaies, Yellen a jugé qu'il faisait sens pour la Fed d'étudier une devise en dollar digital... En revanche, elle indique que le bitcoin serait "extrêmement inefficient" pour conduire des transactions et ne serait qu'"un actif hautement spéculatif".

Parmi les autres commentaires de la dirigeante du Trésor américain, cette dernière estime qu'une hausse de l'imposition des taxes sur les plus-values pourrait valoir la peine d'être considérée.

Les marchés attendent demain mardi l'audition au Sénat, à Washington, de Jerome Powell, le président de la Fed, qui devrait tout de même réaffirmer l'engagement durable de la banque centrale à maintenir une politique monétaire ultra-accommodante, aussi longtemps que cela sera nécessaire.

Dans l'actualité des entreprises cotées à Wall Street, Sina, Discovery, DISH, KBR, Transocean ou Ingersoll Rand annoncent aujourd'hui leurs derniers résultats financiers.

Les valeurs

Riot Blockchain (-5%), MicroStrategy (-7%), Overstock (-4%), Marathon Patent (-7%), Silvergate (-6%) et les autres valeurs cotées à Wall Street du domaine des cryptomonnaies, subissent des prises de bénéfices suite aux envolées récentes dans le sillage du bitcoin.

Johnson & Johnson (-1%). Le Français Sanofi a annoncé qu'un de ses sites allait produire le vaccin contre le nouveau coronavirus développé par l'Américain avec un objectif mensuel voisin de 12 millions de doses.

Kohl's (+8%) devrait bénéficier de spéculations, alors qu'un groupement d'investisseurs activistes détenant 9,5% de son capital a proposé neuf candidats à des sièges au conseil d'administration de la chaîne américaine de grands magasins, qui compte 12 membres.

Principal Financial (+9%). Elliott Management a pris une participation au capital du groupe d'assurance et pourrait conclure un accord lui assurant des sièges au conseil d'administration et le lancement d'une revue stratégique, précise l'agence Bloomberg, citant des sources proches du sujet.

M&T Bank (+2%). D'après le Wall Street Journal, qui cite des sources proches de la question, M&T serait sur le point de sceller un accord de fusion avec People'S United Financial dans le cadre d'une opération donnant naissance à une entité affichant plus de 200 milliards de dollars d'actifs.

Boeing (+1%), le géant aéronautique américain, demande aux firmes aériennes d'immobiliser les 777 équipés de réacteur P&W4000 de Pratt & Whitney, filiale de Raytheon (-1%), suite à l'incident survenu sur un appareil d'United Airlines dont l'un des réacteurs a perdu des pièces à Denver ce week-end.

American Airlines (+12%), United Airlines (+7%) ou Southwest (+4%) profitent ce jour de l'avis sectoriel favorable de la Deutsche Bank, qui estime qu'il est temps de revenir sur le compartiment, alors que les cas de covid, les hospitalisations et les taux de vaccination vont dans la bonne direction. Neuf compagnies aériennes américaines ont été 'upgradées' de 'conserver' à 'achat' par le broker.

Goodyear (+16% !), le colosse américain des pneumatiques, a annoncé l'acquisition programmée de son rival Cooper Tire & Rubber (+28%) pour 2,8 milliards de dollars. L'opération permettrait à Goodyear de doubler sa présence en Amérique du Nord et en Chine. Les actionnaires de Cooper recevront 41,75$ en cash par titre et 0,907 titre de la firme d'Akron, soit au total 54,36$ par action sur la base des cours de vendredi soir. Goodyear renforcera ainsi son offre et étendra ses chaînes de distribution.

Discovery (+9%), le groupe de divertissement, a annoncé des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, approchant par ailleurs des 12 millions d'abonnés. Le bénéfice net du quatrième trimestre est ressorti à 271 millions de dollars et 42 cents par titre, contre 476 millions un an avant. Le bpa ajusté a représenté 76 cents, contre 71 cents de consensus. Les revenus ont totalisé 2,89 milliards, contre 2,87 milliards sur la période comparable de l'an dernier.

Dish Network (-1%) a affiché des comptes supérieurs aux attentes, mais un repli de ses abonnements. Le groupe de TV-satellite a réalisé au quatrième trimestre un bénéfice net de 733 millions de dollars et 1,24$ par titre, contre 389 millions de dollars soit 69 cents par titre un an auparavant. Les revenus sont également ressortis supérieurs aux anticipations de marché, malgré le retrait des abonnements TV et wireless.

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