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Wall Street : le chômage explose, mais les indices grimpent encore

Wall Street : le chômage explose, mais les indices grimpent encore
Wall Street : le chômage explose, mais les indices grimpent encore
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street va tenter de finir la semaine en beauté. Les futures sur les trois grands indices américains pointent vers une ouverture dans le vert alors que le Nasdaq a désormais effacé toutes ses pertes depuis le début de l'année, après avoir perdu près de 25% en mars dernier... Dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Pékin concernant l'origine de la pandémie de Covid-19, l'annonce d'une reprise prochaine des négociations commerciales entre les deux premières puissances mondiales favorise le retour de l'appétit pour le risque dans les salles de marché.

Les principaux négociateurs chinois et américains sur le commerce ont eu vendredi un entretien téléphonique lors duquel ils sont convenus de collaborer pour faciliter la mise en application de l'accord commercial de "phase 1" signé en janvier entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales.

Un taux de chômage record

Sur le front macroéconomique, tous les regards étaient tournés vers les chiffres de l'emploi américain du mois d'avril. Et ils sont, comme prévu, ressortis catastrophiques! D'après le Département américain au Travail, les suppressions de postes non-agricoles ont atteint 20,5 millions le mois dernier, du jamais vu depuis la création de la statistique en 1939. Le précédent 'record' datait de la dernière crise financière avec 800.000 emplois éliminés en mars 2009. Maigre consolation, le consensus de place tablait sur un nombre encore plus important de destructions de postes, à près de 22 millions.

Une mesure plus globale qui inclut les personnes qui ne cherchent pas de travail ainsi que celles qui occupent un emploi à temps partiel pour des raisons économiques a également atteint un niveau record de 22,8%. L'emploi a fortement diminué dans tous les grands secteurs industriels, avec des pertes d'emplois particulièrement importantes dans les loisirs et l'hôtellerie, précise le Département. Les créations de postes sur le mois de mars ont par ailleurs été revues à la hausse à 870.000.

En avril, le taux de chômage a bondi sur un mois de 10,3 points à 14,7%, un niveau sans précédent. Le marché tablait néanmoins sur un taux encore plus important à 16%. Les suppressions d'emploi dans le privé sont ressorties au nombre de 19,52 millions, contre -22 millions de consensus. Le taux de participation à la force de travail s'est établi à 60,2%, en repli de 2,5 points. Enfin, le salaire horaire moyen a augmenté de 7,9% en glissement annuel et de 4,7% par rapport au mois antérieur. Un signe supplémentaire sur le fait que ce sont principalement les emplois les plus précaires qui sont touchés par ce début de crise.

25% de gains hebdomadaires pour le WTI !

La bonne tenue des cours de l'or noir soutient également la tendance en ce 8 mai. Sur le Nymex, le baril de brut léger américain (WTI) pour livraison juin grimpe de 2,3% à 24,1$, portant ses gains sur la semaine à près de 25% ! Le WTI est également sur le point d'enregistrer sa deuxième semaine consécutive de hausse, ce qui constituerait une première depuis février. Le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet progresse pour sa part de 1,7% à 29,9$.

La multiplication des mesures de déconfinement à travers le monde laisse espérer une reprise de la consommation de brut alors que du côté de l'offre, les compagnies pétrolières nord-américaines réduisent leur production plus rapidement que ne le prévoyaient les responsables de l'OPEP et les analystes.

"Le pétrole est en train bondir sur des attentes amélioration de la demande. Il y a des pousses vertes, mais je pense que le marché devra les voir s'élargir et se prolonger pour soutenir la reprise", affirme Lachlan Shaw, responsable de la recherche sur les matières premières à la National Australia Bank à Melbourne. "Les réductions de l'offre annoncées, en particulier en Amérique du Nord, donnent également confiance au marché".

Dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Pékin concernant l'origine de la pandémie de Covid-19, l'annonce d'une reprise prochaine des négociations commerciales entre les deux premières puissances mondiales soutient également le baril de brut. "L'apparente désescalade des hostilités commerciales potentielles qui a suivi l'appel téléphonique de ce matin entre les États-Unis et la Chine a vu un retour du sentiment haussier", souligne ainsi Jeffrey Halley, analyste de marché chez OANDA.

VALEURS A SUIVRE

* Uber Technologies a publié jeudi soir après la clôture de Wall Street une perte nette de 2,94 milliards de dollars (1,7$ par action) au premier trimestre, liée en grande partie à une charge de dépréciation de 2,1 Mds$ suite à ses acquisitions en Asie, dont le chinois Didi et le singapourien Grab. Au 1er trimestre 2019, le groupe de VTC avait subi une perte de 1,01 Md$. Les ventes ont en revanche augmenté de 14%, pour atteindre 3,54 Mds$ pour le trimestre achevé fin mars. Ces résultats sont en-deçà des attentes des analystes : le consensus du cabinet Factset tablait sur une perte nette de 0,84$ par action, et sur un revenu un peu supérieur, de 3,55 Mds$.

Uber a précisé que la crise du coronavirus avait fait plonger les réservations de courses de VTC de 80% en avril, mais "une reprise a été constatée récemment à San Francisco, Los Angeles, Chicago et ailleurs", a indiqué le directeur général d'Uber, Dara Khosrowshahi, lors d'une conférence téléphonique. Contrairement à l'activité VTC, la branche de livraison de repas, Uber Eats, a connu une forte hausse des réservations de 52% pour atteindre 4,7 Mds$ au 1er trimestre. Le chiffre d'affaires d'Uber Eats a ainsi bondi de 50% pour atteindre 819 M$ sur la période, contre 536 M$ un an plus tôt.

"Bien que notre métier de VTC ait été durement frappé par la pandémie actuelle, nous avons pris des mesures rapides pour préserver la solidité de notre bilan, et avons alloué des ressources supplémentaires à Uber Eats et nous nous préparons à tout type de scénario de reprise", a ajouté le CEO. Mercredi, le groupe avant annoncé la suppression de 3.700 postes, soit 14% de ses effectifs.

* Peloton Interactive, le spécialiste américain des vélos d'appartement et des cours de fitness en ligne, a vu son cours de Bourse flamber de 16% jeudi après avoir publié ses comptes du trimestre achevé fin mars. Ces derniers ont été dopés par les mesures de confinement liées au coronavirus qui ont fait exploser la pratique de l'exercice à domicile. Pour le 3e trimestre fiscal (achevé fin mars), le chiffre d'affaires de Peloton a flambé de 66% par rapport à la même période de 2019 pour atteindre 524,6 millions de dollars, alors que les analystes tablaient sur 488,5 M$. En revanche, le résultat net s'est soldé par une perte nette de 55,6 M$ sur le trimestre (20 cent par action) alors que les marchés s'attendaient à -17 cents par action.

* Tesla prévoit de rouvrir dès ce vendredi sa principale usine de fabrication de véhicule à Fremont en Californie, rapporte l'agence Bloomberg en évoquant un e-mail adressé au personnel.

* Walt Disney a vendu tous les billets pour la réouverture du parc Disneyland de Shanghai lundi. Le gouvernement chinois avait néanmoins demandé à Disney de plafonner la fréquentation à 30% de la capacité maximale.

* Ford espère redémarrer ses opérations en Amérique du Nord le 18 mai. Le constructeur automobile a déclaré qu'il reprendrait la production avec des mesures de sécurité renforcées pour les travailleurs.

* Booking Holdings recule en pré-séance à Wall Street. L'opérateur de sites de réservation de voyages et d'hébergement a dévoilé des comptes inférieurs aux attentes pour son premier trimestre. Sur la période, la société durement touchée par la pandémie de coronavirus, a essuyé une perte nette de 699 millions de dollars ou 17,01$ par titre contre un profit de 765 M$ ou un bpa de 16,85$ un an plus tôt. Le bpa ajusté ressort à 3,77$ contre 5,61$ de consensus alors que les revenus ont reculé de 19% à 2,29 Md$. Le groupe a vu le nombre de nuits d'hôtels réservées au premier trimestre fondre de 43%, la chute atteignant 85% en avril !

"La pandémie COVID-19 a eu un impact profond sur notre entreprise et sur l'ensemble de l'industrie du voyage. Nous avons pris des mesures immédiates pour stabiliser l'entreprise en réduisant les coûts et en renforçant notre position de liquidité", a déclaré Glenn Fogel, directeur général de Booking. "Pour l'avenir, grâce à la valeur de notre plateforme, à notre structure de coûts très variable et à notre forte liquidité, je suis convaincu que nous sortirons de cette crise dans une position de force qui nous permettra d'étendre notre rôle de leader dans l'industrie".

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