Cotation du 16/11/2018 à 23h18 Dow Jones Industrial +0,49% 25 413,22
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Wall Street : la résistance s'organise, après la purge

Wall Street : la résistance s'organise, après la purge
Wall Street : la résistance s'organise, après la purge
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street tente de reprendre ses appuis ce jeudi, après la chute de la veille. Le DJIA fléchit de 0,43% à 25.488 pts, alors que le Nasdaq cède 0,21% à 7.407 pts. Le S&P500 perd 0,36% à 2.775 pts. La cote américaine avait plongé hier soir dans des proportions assez impressionnantes, minée par les tensions sur les rendements obligataires, les craintes de ralentissement économique, le durcissement monétaire de la Fed, ou encore les inquiétudes persistantes relatives à la guerre commerciale.

Le rendement obligataire du '10 ans' américain se stabilise désormais à 3,17% ce jour, après avoir touché plus tôt cette semaine un plus haut depuis le mois de mai 2011. Les ventes ont pesé lourdement ces derniers jours sur les bons au Trésor US. La progression parallèle des rendements traduisait l'anticipation d'une poursuite de la hausse des taux, dans le cadre d'une politique de normalisation monétaire de la Fed... Sur le marché des changes ce jour, l'euro prend 0,4% à 1,157$. Sur le Nymex, le baril de brut WTI (contrat de novembre) reperd 1,9% à 71,8$. Le baril de Brent cède pour sa part 2% à 81,4$.

Raison garder ?

Après une chute de plus de 800 points de l'indice Dow Jones hier soir et un plongeon des valeurs technologiques, la tendance demeure fébrile. Pourtant, à en croire Donald Trump, il ne s'agirait là que d'une simple 'correction' des marchés financiers et non pas d'un krach. "En fait, c'est une correction que nous attendions depuis longtemps, mais je suis vraiment en désaccord avec ce que fait la Fed", a indiqué Trump devant les reporters en Pennsylvanie... Wall Street a accusé hier sa plus forte 'correction' en plus de huit mois. Le DJIA est retombé hier soir de 3,15%, soit 832 points, de retour à 25.599 pts, tandis que le S&P500 a dévissé de 3,29% à 2.786 pts. Le Nasdaq Composite s'est effondré de 4,08% à 7.422 pts.

Incertitude à court terme

Les spécialistes sont relativement partagés concernant les prochaines séances. Certains évoquent une poursuite du mouvement baissier, d'autres une stabilisation ou un léger sursaut compte tenu de l'ampleur de la sanction. Le terme de correction employé par Trump traduit généralement un recul de plus de 10% en comparaison d'un plus haut. Néanmoins, on peut douter du fait que Trump ait utilisé l'expression dans ce sens.

Trump pense que la Fed a perdu la raison

Le Président américain s'en est encore pris à la Fed, qui relève les taux trop rapidement à son goût. "Je pense que la Fed fait une erreur. Ils sont tellement durs. Je pense que la Fed est devenue folle", a même lancé Trump devant les journalistes, alors que la Banque centrale américaine, désormais dirigée par Jerome Powell, s'apprête à remonter ses taux pour la quatrième fois de l'année le 19 décembre. Il était extrêmement rare, jusqu'à l'élection de Trump, qu'un président américain critique ouvertement la Fed, supposée être indépendante.

Le leader américain avait précédemment confirmé sa position, avant-hier devant les journalistes, à la Maison Blanche, affirmant que la Banque centrale irait trop vite. "Je n'aime pas cela", avait insisté Trump. "Je pense que nous n'avons pas à procéder aussi vite", expliquait le Président américain. "J'aime les taux d'intérêt bas", avait-t-il résumé, peu préoccupé par l'inflation.

Trump conserve tout de même son optimisme ce jour, dans une interview accordée à Fox News : "Nous allons très bien. Nous établissons des records avec notre économie. Nous établissons des records avec l'emploi", a assuré le Président Trump.

Christine Lagarde défend la Fed

En revanche, Christine Lagarde, directrice du Fonds Monétaire International (FMI), a tenu de son côté à défendre la Fed américaine. Lagarde juge que le relèvement des taux est un développement nécessaire compte tenu de la forte croissance de l'économie aux États-Unis. Ainsi, la dirigeante du FMI a jugé les décisions de la Banque centrale américaine légitimes, nécessaires et inévitables.

La Fed devrait poursuivre la hausse des taux

Pour l'heure, le taux des fonds fédéraux est logé entre 2 et 2,25%. Un statu quo monétaire est attendu le 8 novembre, à l'issue de la prochaine réunion. La Fed procèderait ensuite à un tour de vis d'un quart de point le 19 décembre (probabilité de 78,1% d'un taux logé entre 2,25 et 2,50% selon FedWatch - CME Group). La hausse de taux suivante pourrait intervenir le 20 mars 2019 (probabilité de 48,7% d'un taux allant de 2,50 à 2,75%).

La Fed et son double mandat

D'un strict point de vue factuel, on ne peut pas dire que la Fed ne fasse pas son travail ou qu'elle soit devenue 'folle' comme l'affirme Trump. Son double mandat est en effet de veiller à une inflation contenue (stabilité des prix) et un chômage bas (haut niveau d'emploi / plein emploi). Pour l'heure, l'inflation est très proche de son objectif de 2% et le taux de chômage américain est au plus bas d'une quarantaine d'années - Trump s'attribuant toutefois le mérite de cette dernière statistique.

Escalade de la guerre commerciale

Rappelons par ailleurs que Donald Trump avait balayé mardi les espoirs d'un accord commercial à court terme avec la Chine. Ainsi, Trump juge que Pékin n'est toujours pas prêt à conclure un accord. S'exprimant à la Maison Blanche, devant les journalistes, le Président américain a confirmé sa menace antérieure de taxer la quasi-totalité des importations chinoises. Le leader américain envisage donc des taxes douanières additionnelles portant sur 267 milliards de dollars d'importations chinoises ! "La Chine veut conclure un accord, mais je dis qu'ils ne sont pas encore prêts", a lancé Trump, qui dit avoir annulé plusieurs rencontres.

Rappelons que les USA avaient imposé le mois dernier des prélèvements douaniers supplémentaires portant sur 200 milliards de dollars de produits chinois importés. Ces nouveaux droits de douane seront de 10% dans un premier temps pour monter ensuite à 25% d'ici la fin de l'année, avait indiqué en septembre l'administration Trump. La Chine avait riposté, à son échelle, en dévoilant des taxes additionnelles sur 60 Mds$ de produits américains importés. Les deux pays s'étaient auparavant infligés des taxes réciproques sur 50 autres milliards de produits.

Programme économique chargé

L'indice américain des prix à la consommation pour le mois de septembre 2018 est ressorti en progression de 0,1% en comparaison du mois antérieur et en hausse de 2,3% en glissement annuel. Le 'CPI' hors alimentaire et énergie a pour sa part progressé de 0,1% par rapport au mois d'août et de 2,2% en comparaison de l'an dernier.

Le Département US au Travail vient d'annoncer pour sa part des inscriptions hebdomadaires nouvelles au chômage, sur un rythme ajusté des variations saisonnières, en hausse de 7.000 la semaine passée à 214.000. Le consensus tablait sur un niveau de 207.000.

D'après le dernier rapport hebdomadaire dévoilé par le Département à l'Energie américain, les stocks commerciaux de brut, hors réserve stratégique, ont bondi de 6 millions de barils sur la semaine close au 5 octobre, à 410 millions de barils. Le consensus tablait sur une hausse de seulement 2,8 millions de barils. Les stocks d'essence ont eux progressé de 1 million de barils, alors que les stocks de produits distillés (gazole et fioul de chauffage) ont diminué de 2,7 millions de barils.

Enfin, la balance budgétaire américain pour le mois de septembre 2018 sera révélée à 20h (consensus +62 milliards de dollars d'excédent).

La saison des résultats approche

Delta Air Lines et Walgreens Boots Alliance ont annoncé leurs comptes trimestriels avant bourse ce jour à Wall Street. Citigroup, JP Morgan Chase, PNC Financial et Wells Fargo publieront demain vendredi, ce qui marquera le début officiel de la saison des résultats trimestriels.

Delta Air Lines (+4%) a dévoilé ses comptes du troisième trimestre. Les revenus sont de 11,95 Mds$, en hausse de 8,1% en glissement annuel. Les revenus ajustés s'affichent à 11,85 Mds$, en progression de 8,3%. Les bénéfices s'élèvent à 1,31 Md$ (1,91$ par action), contre 1,16 Md$ (1,61$ par action) un an plus tôt. Le bpa ajusté ressort à 1,80$, contre 1,54$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,74$, pour des revenus de 11,9 Mds$. Sur le quatrième trimestre, le groupe vise un bpa compris entre 1,10 et 1,30$, pour des revenus en croissance d'environ 8%.

Walgreens Boots Alliance (+1%) a publié ses résultats du quatrième trimestre fiscal. Les profits sont de 1,51 Md$ (1,55$ par action), contre 802 M$ (0,76$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 1,48$, en progression de 13%. Les ventes s'élèvent à 33,44 Mds$, contre 30,15 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,45$, pour des ventes de 33,8 Mds$. Sur le nouvel exercice, le groupe vise un bpa compris entre 6,40 et 6,70$, contre 6,02$ sur l'exercice fiscal 2018.

Apple (stable), le colosse californien de Cupertino, a accepté l'acquisition d'actifs du fabricant de 'puces' anglo-allemand Dialog Semiconductor dans le cadre d'une opération de 600 millions de dollars, ont annoncé aujourd'hui les deux groupes. Par cette opération, le groupe à la pomme renforce ses activités européennes. Dans le cadre de la transaction, Apple reprend des brevets de Dialog, ainsi qu'une équipe de 300 ingénieurs généralement habitués aux produits destinés au groupe de Cupertino. Des bureaux de Dialog en Allemagne, en Italie ou au Royaume-Uni, font également partie du 'deal'. L'opération n'a pas de conséquence à court terme sur les livraisons des produits existants de Dialog à Apple.

L'accord comprend 300 millions de dollars de cash (pour récupérer ingénieurs et bureaux) et 300 autres millions de prépaiement pour la fourniture de 'puces'. Les effectifs récupérés par Apple représentent 16% du personnel de Dialog. La finalisation de l'opération est attendue au premier semestre 2019, sous réserve des conditions usuelles.

Tesla (-2%). Qui va bien pouvoir remplacer Elon Musk en tant que Président du Conseil d'administration ? Des administrateurs du groupe auraient proposé que leur collègue James Murdoch, directeur général de la 21st Century Fox, succède à Musk. "Le directeur général sortant de Fox a signalé son désir d'accepter le poste après l'accord avec la SEC", croit savoir de son côté le 'Financial Times'. Ainsi, James Murdoch serait devenu favori pour succéder à Elon Musk en tant que 'chairman' de Tesla. Musk, qui avait initialement refusé de répondre au FT, a toutefois tranché sur Twitter, rebondissant sur la publication de l'article par un péremptoire : "C'est incorrect". Le CEO de Tesla n'a toutefois pas donné plus d'explications.

Le Financial Times précise qu'Elon Musk soutiendrait Antonio Gracias, principal administrateur indépendant de Tesla. Gracias pourrait cependant ne pas être 'assez indépendant' pour la SEC, compte tenu de son implication dans les affaires et les compagnies de Musk. Sa firme, Valor Equity Partners, avait investi dans Tesla en 2005, avant de revendre ses actions de la compagnie lors de l'introduction en bourse de 2010. La firme de Gracias a aussi investi dans SpaceX, société aérospatiale de Musk.

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