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Wall Street : la pression reste de mise...

Wall Street : la pression reste de mise...
Wall Street : la pression reste de mise...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York reste sur la défensive ce jeudi, toujours sous le poids des inquiétudes concernant le bras de fer commercial entre les Etats-Unis et la Chine.
Donald Trump envisagerait désormais d'inscrire 5 autres entreprises chinoises sur sa fameuse liste noire, où le géant des télécoms Huawei a déjà été placé la semaine dernière...
La Chine de son côté a protesté officiellement auprès des Etats-Unis après le placement du géant des équipements de télécommunications sur cette liste noire, ce qui l'empêche de se fournir auprès d'industriels américains.
"Concernant les mesures américaines, la Chine a transmis des déclarations solennelles", a déclaré Gao Feng, porte-parole du ministère du Commerce chinois, lors d'un point de presse hebdomadaire à Pékin. "La meilleure réponse au harcèlement américain consiste, pour les entreprises chinoises, à continuer de croître fortement..." Le porte-parole a ajouté que les Etats-Unis devaient corriger leurs erreurs s'ils souhaitaient reprendre les négociations commerciales avec la Chine et que les pourparlers devaient être fondés sur un respect mutuel. Gao Feng a aussi estimé que l'escalade déclenchée par Washington accroissait le risque d'une récession économique mondiale. Il a assuré que Pékin prendrait les mesures nécessaires pour préserver "les intérêts légitimes des entreprises chinoises".
L'administration Trump avait fait un début de concession en début de semaine en autorisant Huawei à continuer de se fournir en produits américains jusqu'au 19 août...
Le groupe chinois assure de son côté qu'il peut maintenir le bon fonctionnement de sa chaîne d'approvisionnement sans les Etats-Unis.

ECO ET DEVISES

La publication des "Minutes" de la dernière réunion de la Fed a confirmé que la banque centrale américaine se montrera "patiente" dans sa politique monétaire. Le pétrole WTI a perdu près de 3%, dans la crainte d'une guerre commerciale de grande ampleur qui pèserait sur la croissance et donc, sur la demande de brut.
Sur le marché des changes, l'euro campe sous les 1,1150$.
Les tensions commerciales profitent aux devises jugées les moins risquées, notamment le yen (+0,2%) et le franc suisse (+0,15%). L'"indice dollar", qui mesure ses fluctuations face à un panier de devises de référence, est en hausse de 0,15%, au plus haut depuis près d'un mois, et l'euro recule à 1,1135$. La Livre sterling a touché un point bas depuis janvier face au dollar, à 1,26, en raison des interrogations sur le sort de la Première ministre britannique qui pourrait rapidement démissionner...

Du côté de la Fed, dans le compte-rendu de sa réunion des 30 avril et 1er mai, la banque centrale américaine a signalé mercredi soir qu'elle continuerait à être "patiente" en matière de politique monétaire "pendant un certain temps", laissant planer le suspense sur une possible baisse des taux, à laquelle les marchés croient dur comme fer...
Le 1er mai dernier, la Fed n'avait pas modifié ses taux directeurs, et les marchés cherchent à sonder la banque centrale américaine sur ses intentions face au ralentissement conjoncturel et aux conséquences la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis. L'outil FedWatch du CME estimait mercredi soir à 68,1% les probabilités que le taux directeur soit en dessous de son niveau actuel de 2,25% à 2,50% en décembre 2019. Il a y 20,5% de chances pour qu'il soit ramené à 1,75%-2% (ce qui impliquerait deux baisses) et 43% de chances pour qu'il soit à 2%-2,25% (une seule baisse).

Le pétrole reste sous pression avec un contrat à terme de juillet sur le brut léger américain WTI de retour sur les 60$ à la suite de la hausse inattendue des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière, venue s'ajouter aux craintes de baisse de la demande dans un contexte de guerre commerciale globale. Le Brent repasse sous la barre symbolique des 70 dollars.

Sur le front commercial, le 'New York Times' a révélé mercredi que la Maison Blanche envisageait d'ajouter à la liste noire, qui exclut Huawei du marché américain, le nom de 5 autres entreprises chinoises, spécialisées dans la vidéo-surveillance. La Chine est le leader mondial de ce secteur avec des groupes comme Hangzhou Hikvision Digital Technology et Zhejiang Dahua Technology, dont les cours de Bourse ont plongé respectivement de 5,5% et de 5,9% mercredi à la Bourse de Shenzhen après ces informations.
L'administration Trump soupçonnerait les réseaux de vidéo-surveillance, notamment ceux équipés de la reconnaissance faciale, d'être utilisés à des fins d'espionnage. Les Etats-Unis réprouvent aussi le rôle de ces groupes technologiques dans la répression que mène le régime chinois contre la minorité musulmane ouïghoure du Xinjiang, selon le 'NYT'...

Après l'échec des dernières négociations commerciales entre Pékin et Washington, le 10 mai, les Etats-Unis ont relevé immédiatement de 10% à 25% les taxes d'importations sur 200 milliards de dollars de produits chinois, tandis que la Chine a prévu de taxer au 1er juin 60 Mds$ de biens américains importés. Washington menace aussi désormais de taxer la totalité des biens chinois importés (soit environ 540 Mds$).
Dans le même temps, l'administration Trump a entamé une bataille contre la technologie chinoise, en bannissant Huawei des marchés américains et en lui interdisant d'acheter des composants américains, sauf autorisation expresse des autorités américaines. Si la liste noire s'allonge à d'autres entreprises chinoises, les marchés craignent que Washington ne déclenche une véritable "guerre froide technologique" avec Pékin, qui pourrait avoir des effets dévastateurs sur le secteur dans les deux pays, et au-delà.

L'aversion pour les actifs risqués attire les investisseurs sur le marché obligataire où les rendements d'Etat sont en repli. Le 10 allemand perd 3 points de base, sous -0,1%, un plus bas d'une semaine après les indices PMI "flash" européens et l'indice Ifo. Le rendement des Treasuries à 10 ans cède 4 points de base à 2,35% contre 2,39% la veille.

VALEURS A SUIVRE

Technos : la séance s'annonce encore difficile sur les dossiers Apple, Google, Amazon, Micron, ou NVidia dans la crainte de représailles chinoises dans le cadre du bras de fer actuel avec les Etats-Unis.

Best Buy gagne 3% dans les transactions de pré-séance après l'annonce d'une hausse de 1,1%, supérieure au consensus, des ventes du groupe à données comparables sur le trimestre clos le 4 mai...

L BRANDS grimpe de 15% en avant Bourse après la publication d'un bénéfice et d'un chiffre d'affaires trimestriels supérieurs aux anticipations et le relèvement de sa prévision de bénéfice annuel.

Qualcomm : Goldman Sachs a débuté la couverture du dossier avec une opinion "neutre" et un objectif de cours de 73 dollars.

Target : JP Morgan a réhaussé sa recommandation de "neutre" à "surpondérer" avec un objectif de cours de 100$, jugeant le titre sous-évalué et voyant des marges pour une révision à la hausse du consensus de place...

Avon grimpe encore de plus de 15% en pré-séance ! La rumeur était la bonne hier puisque l'annonce de son rachat par le Brésilien Natura est désormais officielle. Selon l'accord conclu entre les deux groupes, Natura détiendra 76% de la nouvelle entité dont le chiffre d'affaires annuel avoisinera 10 Mds$.

Tesla reste sous pression en avant-pourse (-4%). Le broker Citigroup a ramené son objectif de cours de 238$ à 191$ sur le dossier. Dans une note à ses clients, Citi justifie sa décision par une demande molle pour les voitures électriques de Tesla, ainsi que des inquiétude sur la situation financière du groupe, malgré la levée récente de 2,4 Mds$ sur le marché.

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