Cotation du 18/06/2021 à 23h09 Dow Jones Industrial -1,58% 33 290,08
  • DJIND - US2605661048

Wall Street : la correction s'étend à l'ensemble de la cote

Wall Street : la correction s'étend à l'ensemble de la cote
Wall Street : la correction s'étend à l'ensemble de la cote
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après le coup de tabac sur les valeurs technologiques, lundi, la correction boursière s'est généralisée mardi, les investisseurs préférant alléger leurs positions dans l'attente des derniers chiffres de l'inflation aux Etats-Unis, qui pourraient réserver mercredi de mauvaises surprises... Les taux d'intérêts continuent de se tendre, tandis que le dollar fléchit encore. Le pétrole résiste aux incertitudes, le baril de brut WTI évoluant au dessus de 65$ (+0,6%).

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones perd 1,35% à 34.273 points, alors qu'il avait bien résisté lundi, franchissant même en séance les 35.000 pts pour la 1ère fois. L'indice large S&P 500 perd 0,83% à 4.153 pts (après -1,04% lundi), et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, est moins affecté, en recul de seulement 0,07% à 13.392 points, après avoir abandonné 2,55% lundi, sa pire journée depuis le mois de mars. Le Nasdaq a désormais perdu 5,3% par rapport à son précédent record du 26 avril, à 14.138 pts.

Le manque d'appétit pour le risque frappe la totalité des onze indices sectoriels du S&P 500, qui sont tous dans le rouge, à commencer par l'énergie (-2,3%), les industrielles (-1,7%) et les financières (-1,6%). Les technologiques (-0,3%) et les services de communication (-0,6%) sont en recul moins prononcé que la veille.

Le Dow Jones est plombé notamment par les chutes de Home Depot (-3,3%), Travelers (-2,7%), American Express (-2,5%) et Chevron (-2,5%). Les grandes "techs" poursuivent leur repli, sans montrer pour autant de signes de panique, à l'image d'Alphabet (-0,7% après -2,5% lundi), Apple (-0,9% après -2,6%), Facebook (stable après -4,1%), Microsoft (-0,6% après -2%) et Tesla (-1,3% après -6,4%). Amazon reprend même 0,8% après -3% lundi. L'indice des semi-conducteurs, le SOX de Philadelphie, reprend 0,2% après une chute de 4,6% lundi, et flirte avec le seuil de 10% de pertes depuis son sommet historique du 5 avril dernier, signifiant une entrée technique en zone de correction.

L'inflation US attendue en progression en avril

Malgré la persistance d'un environnement plutôt favorable aux actions (reprise conjoncturelle, bons résultats d'entreprises, soutiens monétaire et budgétaire massifs), les valorisations élevées rendent les marchés nerveux et vulnérables à toute mauvaise nouvelle. Ainsi, les investisseurs sont prudents à la veille de la publication de l'indicateur macro-économique clé de la semaine, à savoir l'indice des prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis en avril (mercredi à 14h30), qui devrait montrer une accélération des prix, d'autant que l'effet de base jouera en ce sens, les prix ayant été déprimés en avril 2020 par les restrictions liées à la crise du Covid-19. Le consensus table sur une hausse du CPI de +0,2% sur un mois et de 3,6% en glissement annuel (+0,3% hors alimentaire et énergie sur un mois). Jeudi, ce sera au tour de l'indice des prix à la production (PPI) aux Etat-Unis d'être publié.

Dès ce mardi, les chiffres de l'inflation en Chine (CPI et PPI) ont montré une accélération de la hausse des prix dans la 2e économie mondiale. Les prix de gros ont ainsi bondi de 6,8% sur un an, après +4,4% en mars, au plus haut depuis octobre 2017. Le consensus attendait une hausse de 6,5%. Les prix à la consommation ont de leur côté augmenté de 0,9% sur un an, après +0,4% en mars, mais moins qu'attendu par les économistes (+1%).

Malgré les déclarations quasi-unanimes de la Fed sur le caractère temporaire de l'inflation et sur la nécessité d'un soutien monétaire prolongé jusqu'à la fin 2023, un certain nombre d'experts sont convaincus que la banque centrale américaine sous-estime le risque inflationniste, et qu'elle sera forcée de commencer à réduire son soutien bien avant la fin 2023, pour juguler la hausse des prix engendrée par la reprise mondiale et l'envolée des cours des matières premières.

La Fed continue de prôner son soutien à long terme

De nombreux responsable de la Fed s'expriment cette semaine, dont le patron de la branche de Chicago, Charles Evans, qui a répété lundi que la Fed poursuivrait longtemps sa politique actuelle. Il a ajouté qu'une hausse temporaire de l'inflation annuelle à 2,5% ne l'inquiéterait pas si elle menait à un chiffre à long terme de l'ordre de 2% (l'objectif de la Fed).

Mardi, la gouverneure de la Fed Lael Brainard a aussi prôné la "patience", en estimant que les mauvais chiffres de l'emploi en avril, dévoilés vendredi dernier (seulement 2660.000 créations de postes contre 1 million attendus) prouvaient que la Fed avait eu raison d'afficher sa volonté de ne pas réduire son soutien trop tôt à l'économie. Mary Daly, la présidente de la Fed San Francisco, a renchéri mardi lors d'une intervention séparée, affirmant qu'il n'était pas encore temps de parler de réduire le soutien de la banque centrale... Elle s'est dite "optimiste" sur la sortie de la crise du Covid-19 d'ici à 2022, et a estimé que les hausses des prix et des salaires observées actuellement sont la conséquence de "goulets d'étranglements" et sont "sans doute transitoires". Même schéma de réflexion pour le patron de la Fed de Philadelphie, Patrick Harker, qui a jugé mardi "prématuré" de parler de "tapering" (réduire les montant des achats d'actifs). Il a dit s'attendre à ce que l'inflation grimpe cette année à 2,3% en glissement annuel, et l'inflation sous-jacente à 2%.

La reste de la semaine sera encore riche en déclarations de la Fed, avec le vice-président de la Fed Richard Clarida, mercredi, puis jeudi, ce sera au tour de James Bullard (Fed de St-Louis) suivi vendredi du patron de la Fed de Dallas, Robert Kaplan. Ce dernier est le seul à s'être prononcé ouvertement ces derniers jours pour l'ouverture dès à présent d'un débat sur la diminution du programme massif de rachat d'actifs de la Fed.

Mardi, sur le front de l'emploi américain, le rapport JOLTS a fait ressortir un nombre record d'ouvertures de postes en mars à 8,123 millions, contre 7,45 millions de consensus de place et 7,53 millions environ pour la lecture révisée (en hausse) du mois antérieur... Vendredi, les créations de postes aux USA pour le mois d'avril avaient largement déçu, avec seulement 266.000 créations non-agricoles contre près d'un million espéré. Joe Biden en a profité pour effectuer un petit rappel à l'ordre et affirmer que les Américains à qui il était proposé un emploi correct devaient l'accepter sous peine de perdre leurs allocations. La Maison blanche va travailler avec les Etats pour s'assurer que les chômeurs ne refusent pas d'emplois convenables.

Tensions sur les taux, le dollar au plus bas depuis deux mois et demi

Sur les marchés obligataires, les taux se sont tendus à nouveau mardi, anticipant une hausse de l'inflation en avril. Le rendement du T-Bond américain à 10 ans pointait en soirée à 1,62% (+2 points de base) et le taux du "30 ans" remontait à 2,34% contre 2,31% lundi soir.

Du côté des changes, l'indice du dollar cédait 0,12% à 90,11 points face à un panier de devises de référence, au plus bas depuis la fin février. L'euro regagnait 0,20% face au billet vert, à 1,2152$ dans les échanges interbancaires à New York.

Le pétrole fluctue sur fond de paralysie des pipelines américains de Colonial Pipeline suite à une cyber-attaque vendredi dernier. Le baril de brut léger américain WTI gagne 0,6% à 65,30$ sur le Nymex pour le contrat à terme de juin, tandis que le Brent avance de 0,4% à 68,60$ (contrat de juillet).
Les deux variétés de brut ont gagné plus de 30% depuis le début de l'année, les investisseurs anticipant une accélération de la demande au second semestre 2021 à mesure que les effets de la pandémie de coronavirus s'estomperont dans les principales zones économiques mondiales. Colonial Pipeline a été contraint vendredi de fermer son immense réseau d'oléoducs après la cyberattaque. Le groupe a cependant a indiqué lundi qu'il avait commencé à rouvrir ses lignes de distribution "par étape" avec pour objectif de rétablir l'essentiel des opérations "d'ici la fin de la semaine".

Enfin, sur le marché des "cryptos", le bitcoin cède mardi soir 0,7% sur 24h, revenu autour de 56.630$ sur la plateforme Bitfinex, alors que l'Ether recule de 1,8% à 4.086$.

VALEURS A SUIVRE

Apple (-0,9%). La production d'iPhone de l'usine indienne de Foxconn aurait baissé de plus de moitié du fait de la flambée locale de l'épidémie de coronavirus.

Virgin Galactic (-0,5%) tente de résister après une chute de 8,5% lundi, suite à sa publication financière du premier trimestre. Le groupe de tourisme spatial de Richard Branson a précisé hier qu'il évaluait le timing de son prochain vol d'essai, ce qui n'offre donc pas de perspective immédiate aux marchés, qui commencent à se lasser de patienter sur le dossier. Suite à une inspection récente d'Eve, le vaisseau-mère, le groupe a même identifié un possible problème qui nécessite une évaluation supplémentaire et une analyse afin de déterminer si une action additionnelle est nécessaire, selon Michael Moses, qui dirige les missions spatiales et la sécurité chez Virgin Galactic.

Pour le trimestre clos, le groupe a affiché une perte nette de 130 millions de dollars, contre 377 millions un an avant. Le groupe ne génère pas encore de revenus. Les ventes récentes d'actions d'insiders avaient déjà plombé le dossier à Wall Street.

Tesla (-1,3%). Elon Musk a demandé par un sondage à ses fans sur Twitter s'ils désiraient que Tesla accepte la cryptomonnaie dogecoin comme mode de paiement. Évidemment, les followers du fantasque patron ont majoritairement voté pour.

Dans un autre registre, Reuters rapporte, citant des sources familières de la question, que Tesla aurait, du fait des tensions sino-américaines accrues, suspendu en mars ses plans d'achat de terrains qui devaient servir à étendre son usine de Shanghai. Le groupe envisagerait de restreindre la part globale de sa production provenant de Chine.

Yum! Brands (-2%), la chaîne américaine de restauration rapide, a annoncé un plan de rachat d'actions d'un montant de 2 milliards de dollars.

Roblox (+18%!), qui vient d'arriver en mars à Wall Street et dont l'introduction avait été un franc succès, a confirmé la tendance favorable avec un niveau de recettes supérieur aux attentes de marché sur le trimestre. Le mois d'avril est aussi ressorti robuste.

Pfizer (-1,2%) / BioNTech (-1,8%). La Food and Drug Administration américaine a donc autorisé l'utilisation de leur vaccin contre le covid chez les enfants de 12 à 15 ans. L'Agence européenne des médicaments (EMA) pourrait faire de même dès la fin du mois, estime l'agence Reuters.

Novavax (-15%) souffre, après avoir annoncé un décalage du calendrier de production de son vaccin contre le Covid. Le groupe entend désormais soumettre une demande d'autorisation aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et dans l'UE au troisième trimestre, alors que la demande était auparavant attendue au deuxième trimestre.

L Brands (-3,1%) a publié des comptes supérieurs aux attentes et annoncé par ailleurs son intention de scinder sa marque de lingerie Victoria's Secret. Andrew Meslow sera CEO de L Brands et dirigera Bath & Body Works. Martin Waters restera à la tête de Victoria's Secret et Pink. L Brands a annoncé aussi ce mardi s'attendre à un bpa trimestriel de 97 cents, contre 99 cents de perte par action un an avant. Le bpa ajusté est estimé à 1,25$, supérieur à la guidance et au consensus (93 cents selon FactSet). Les revenus ont été de 3,02 milliards de dollars pour le trimestre clos début mai, contre 2,83 milliards de consensus. Le groupe a bénéficié des efforts budgétaires de relance aux USA et de l'assouplissement des restrictions sanitaires.

Palantir (+8%) a annoncé une très forte croissance du CA trimestriel de près de 50%, ce qui dépasse les attentes du consensus. Le groupe annonce qu'il va accepter le bitcoin en tant que moyen de paiement et qu'il pourrait aussi y investir... Occidental Petroleum (-8%) a dévoilé aussi des trimestriels supérieurs aux attentes, avec la chimie et les exports de brut.

©2021,

Nombre de caractères autorisés : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !