Cotation du 18/04/2019 à 22h50 Dow Jones Industrial +0,42% 26 559,54
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Wall Street : la chute s'amplifie, inquiétudes sur la croissance

Wall Street : la chute s'amplifie, inquiétudes sur la croissance
Wall Street : la chute s'amplifie, inquiétudes sur la croissance
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les marchés américains creusaient leurs pertes vendredi soir, après la publication d'indicateurs d'activité très décevants en Europe et fragiles aux Etats-Unis, qui font craindre un ralentissement économique plus prolongé que prévu. L'action Nike (-6%) pesait sur la cote, malgré des résultats trimestriels meilleurs que prévu, mais des ventes en deçà des attentes aux Etats-Unis.

Deux heures avant la clôture, l'indice Dow Jones perdait 1,5% à 25.574 pts, alors que l'indice large S&P 500 régressait de 1,64% à 2.808 pts et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, abandonnait 2,14% à 7.671 pts. Rappelons que S&P et Nasdaq étaient revenus jeudi sur leurs plus hauts niveaux en 5 mois, après une vive hausse (+0,84% sur le DJIA et +1,42% sur le Nasdaq), en signe de satisfaction face à la souplesse monétaire affichée mercredi par la Fed.

L'activité manufacturière s'effondre en Allemagne au plus bas depuis 2012

L'humeur est tout à fait différente ce vendredi, les craintes étant de retour concernant le ralentissement économique mondial, en particulier en Europe où les indicateurs PMI manufacturiers ont particulièrement déçu, faisant chuter les marchés boursiers européens (-1,8% pour l'Euro Stoxx 50). Aux Etats-Unis, le PMI composite est aussi ressorti inférieur aux attentes, mais il reste fermement dans la zone d'expansion, alors que les chiffres des reventes de logements s'affichent robustes aux Etats-Unis.

Dans la zone euro, l'activité manufacturière s'est en revanche enfoncée en zone de contraction, l'indice "flash" PMI manufacturier ressortant à 47,6 en mars, contre 49,3 en février, au plus bas depuis avril 2013. Le plongeon est dû notamment àl'Allemagne, où l'indice à chuté de 47,6 en février à 44,7 en mars, un point bas inédit depuis l'été 2012. Une lecture inférieure à 50 signale une contraction de l'activité.

Ces statistiques ont entraîné une ruée des investisseurs vers les valeurs refuge, à savoir les obligations, le dollar et l'or. Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de devises de référence, gagnait vendredi soir 0,2% à 96,67 points, tandis que l'euro trébuchait de 0,7% à 1,1293$. Lalivre sterling reculait de 0,7% à 1,3201$ alors que le Conseil européen a donné jusqu'au 12 avril à Londres pour approuver l'accord sur le Brexit, faute de quoi, le risque de "hard Brexit" reste élevé.

Les rendements obligataires et le pétrole en berne, le dollar et l'or progressent

Sur le marché obligataire, la hausse des cours a entraîné une baisse des rendements. Celui de l'emprunt d'Etat allemand (Bund) à 10 ans est ainsi tombé en terrain négatif pour la première fois depuis 2016, à -0,02% (-6 points de base). Aux Etats-Unis, le taux du T-Bond (bon du Trésor américain) à 10 ans est revenu à 2,46% (-8 points de base), au plus bas depuis un an. Ce taux avait dépassé les 3% à l'automne 2018 lorsque la Fed envisageait encore de remonter ses taux par trois fois en 2019.

Les cours du pétrole, qui avaient retrouvé ces derniers jours leurs plus hauts niveaux depuis 4 mois, ont corrigé vendredi sur fond de craintes sur la croissance mondiale. Le contrat à terme de mai sur le brut léger américain WTI cédait en soirée 2,27% à 58,62$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent cédait 2,17% à 66,39$.

L'or gagnait 0,4% à 1.318,80$ l'once pour le contrat à terme de juin sur le Comex, portant sa progression à 1,2% sur la semaine.

Donald Trump veut nommer un de ses proches à un siège de la Fed

Jeudi, les marchés s'étaient hissés au plus haut depuis 5 mois dans le sillage des annonces plus "colombes" que prévu de la Fed à l'issue de sa réunion de mardi et mercredi. La banque centrale américaine n'a ainsi plus l'intention de relever ses taux directeurs en 2019, et n'envisage plus qu'un seul tour de vis en 2020. En outre, la Fed a indiqué mercredi qu'elle mettrait fin en septembre à son programme de réduction du bilan, ce qui revient indirectement à assouplir sa politique monétaire.

Donald Trump, qui critique régulièrement la Fed pour avoir relevé les taux trop vite, selon lui, a une nouvelle fois enfoncé le clou vendredi. Lors d'une interview sur la chaîne 'Fox Business, le président américain a ainsi estimé que l'économie américaine aurait pu progresser de 4% au lieu de 3,1% en 2018, si la Fed n'avait pas relevé 4 fois les taux durant l'année...

Le leader de la Maison Blanche déclaré : "Vous avez raison, le monde ralentit mais nous ne ralentissons pas, et franchement si nous n'avions pas eu quelqu'un qui relève les taux d'intérêt et procède à du resserrement quantitatif, nous aurions été à plus de 4 (% de croissance) au lieu de 3,1 (%)".

Lors d'une autre déclaration à la presse, Donald Trump a en outre annoncé qu'il avait l'intention de nommer un de ses proches, Stephen Moore, pour un siège au Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale (où deux sièges sont actuellement vacants). M. Moore, un commentateur économique affilié à un groupe de réflexion conservateur, la Heritage Foundation, faisait partie des conseillers de Donald Trump lors de sa campagne présidentielle.

Lenteurs des négociations commerciales

Sur le front commercial, malgré les tensions évoquées ces derniers jours, les négociations se poursuivent entre Washington et Pékin. Le ministère chinois du commerce a indiqué jeudi que la délégation américaine menée par Robert Lighthizer, le représentant au commerce, et Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, se rendrait à nouveau en Chine les 28 et 29 mars pour une nouvelle série de pourparlers. Le vice-Premier ministre Liu He, responsable des négociations côté chinois, se rendra aux Etats-Unis début avril, a précisé Pékin.

Les discussions ont patiné ces derniers jours en raison de la volonté de Pékin d'obtenir une levée des droits de douane sur ses exportations dès la signature de l'accord, ce que refuse Washington. L'administration Trump désire en effet s'assurer que la Chine mettra bien en oeuvre les dispositions, notamment concernant le respect de la propriété intellectuelle. Trump a ainsi affirmé mercredi que les droits de douane sur environ 250 milliards de dollars de produits chinois pourraient être maintenus pour une durée "considérable"... "Ils ont eu beaucoup de problèmes à respecter certains engagements" par le passé, a indiqué le président américain à la presse à propos des autorités chinoises.

Statistiques mitigées aux Etats-Unis

L'indice flash PMI composite américain du mois de mars 2019 est certes encore loin de la contraction, mais il déçoit amplement ce vendredi. Ainsi, l'indicateur composite ressort à 54,3, contre 55,2 de consensus de place et 55,8 pour sa lecture antérieure. L'indice manufacturier se monte à 52,5, contre 53,5 de consensus et 53,7 pour la précédente lecture. Enfin, l'indice des services manque également le consensus, à 54,8 contre 56.

Les reventes de logements existants pour le mois de février 2019, quant à elles, se sont établies sur un rythme de 5,51 millions d'unités, contre 5,1 millions de consensus et 4,93 millions un mois avant. Ces reventes de logements ont donc grimpé de 11,8% en comparaison du mois antérieur, même si elles se tassent encore de 1,8% en glissement annuel.

Les stocks de grossistes du mois de janvier 2019, qui viennent aussi d'être dévoilés, se sont établis en vive progression de 1,2% en comparaison du mois précédent, contre un consensus de place logé à +0,1%.

VALEURS A SUIVRE

Nike perd 6% après une déceptions sur ses comptes publiés jeudi soir après la clôture. Pourtant, au troisième trimestre fiscal, le bénéfice du géant américain des équipements sportifs a atteint 1,1 milliard de dollars, soit 68 cents par action, supérieur au consensus qui était placé à 64 cents. Pendant la même période 2018, le groupe avait enregistré une perte de 921 millions de dollars (57 cents par action). Les revenus ont totalisé 9,6 milliards de dollars sur le trimestre, conformes aux attentes, et en hausse de 7% par rapport à la même période l'an passé (9 Mds$).

Les ventes du groupe aux Etats-Unis ont quelque peu déçu, avec une hausse de 7% hors effets de change, là où les analystes attendaient plutôt 10% de croissance par rapport à l'an passé. Dans la zone Europe-Moyen-Orient-Afrique, les ventes de Nike ont monté de 12% hors variations de change et en Chine, elles ont bondi de 24%. En Asie-Pacifique et en Amérique Latine, elles ont aussi fortement progressé, de l'ordre de 14%.

Levi Strauss cède 1,3%, après son envol de 32% jeudi pour son introduction sur le New York Stock Exchange. Rappelons que le prix d'introduction était fixé au-dessus du haut de la fourchette indicative, à 17$ pièce. Le fabricant de jeans a annoncé mercredi avoir placé pour 623 millions de dollars de titres dans le cadre de son 'IPO' (introduction en bourse). Ainsi, la valorisation de l'affaire s'établissait sur ces bases à 6,6 milliards de dollars. Compte-tenu de la hausse du cours, la valorisation approche désormais des 9 milliards de dollars.

Sur le montant total de la levée de fonds, 161 millions de dollars concernent l'émission d'actions nouvelles, tandis que 462 millions de dollars correspondent à des cessions d'actionnaires historiques. Les produits de l'opération doivent servir notamment au développement de la gamme, a affirmé le groupe contrôlé par la famille héritière (Haas). Levi Strauss était sorti de la cote en 1985 à l'initiative des héritiers du groupe. La marque légendaire de blue-jeans avait donc quitté le marché boursier américain il y a plus de trois décennies.

Boeing (-1,95%). Les deux catastrophes ayant impliqué un B737 MAX en moins de six mois risquent de peser lourd dans le carnet de commandes. Alors que Lion Air, un des principaux clients du best-seller de Boeing et client de lancement du 737 Max9, a déjà suspendu la livraison de 4 avions prévue cette année et pourrait annuler plusieurs milliards de dollars de contrats, Garuda Indonesia a indiqué avoir demandé l'annulation de sa commande de 49 avions 737 MAX. La compagnie aérienne nationale indonésienne a toutefois précisé qu'elle pourrait acquérir à la place d'autres modèles de Boeing. Les livraisons de 737 MAX sont bloquées alors que l'avion est interdit de vol dans tous les pays où il opère normalement. Boeing poursuit néanmoins la production de l'appareil...

Tiffany prend 3,6% à Wall Street. Le joaillier new-yorkais a pourtant publié des comptes marqués par des ventes inférieures aux attentes pour la période des fêtes. Sur le trimestre clos fin janvier 2019, le bénéfice net est ressorti à 205 millions de dollars soit 1,67$ par titre, contre 62 millions de dollars et 50 cents par action un an avant. Le bénéfice ajusté par action de ce quatrième trimestre s'est élevé à 1,60$, conforme au consensus de place. Les revenus ont en revanche quelque peu déçu, à 1,32 milliard de dollars contre 1,33 milliard de consensus. L'activité à comparable a reculé quant à elle de 1%.

Le groupe américain de luxe avait déjà prévenu d'une telle faiblesse de la demande il y a deux mois de cela, du fait de la faiblesse économique en Europe et sur le marché domestique.

Cintas (-6,1%) corrige à Wall Street, alors que la société a présenté hier soir ses comptes pour le troisième trimestre de l'exercice 2019. Les revenus de Cintas s'élèvent à 1,68 milliard de dollars, soit une hausse de 5,9% par rapport à l'an dernier, contre un consensus de 1,69 Md$. Le bénéfice net s'est quant à lui élevé à 200,9 millions de dollars sur le trimestre, soit 1,83 dollar par action contre 2,66$ l'année dernière. Le fournisseur d'uniformes basé dans l'Ohio bat donc le consensus de profit (1,71$), mais rate de peu celui de chiffre d'affaires.

Cintas réduit le haut de fourchette de sa guidance de revenus, mais renforce ses estimations annuelles de bénéfices. "Les fermetures chez les clients, causées par les intempéries et le calendrier des vacances au cours du trimestre, ont créé des difficultés pour nos itinéraires. Malgré ces difficultés, nous avons tout de même enregistré une croissance organique solide pour le trimestre", a déclaré la société.

BlackRock (-2,4%), géant de la gestion d'actifs, a confirmé ce jour l'acquisition du Français eFront, spécialiste des logiciels d'investissement, pour 1,3 milliard de dollars en numéraire, auprès du fonds Bridgepoint et des salariés d'eFront. BlackRock entend intégrer eFront à sa plateforme Aladdin, utilisée par de nombreuses institutions pour le contrôle et la surveillance des risques, ainsi que les décisions d'investissement.

Avon Products (+4,1%) grimpe à Wall Street, sur un article du 'Wall Street Journal'. Le WSJ croit donc savoir qu'Avon envisagerait d'être racheté par un concurrent brésilien, Natura & Co, dans le cadre d'une opération où Natura récupèrerait la branche nord-américaine d'Avon scindée il y a trois ans.

Johnson & Johnson (-0,3%), colosse pharmaceutique et médical américain, va comptabiliser une charge de près de 700 millions de dollars au premier trimestre suite à l'arrêt du développement du traitement AL-8176 contre le virus respiratoire syncytial et le métapneumovirus.

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