Cotation du 16/07/2019 à 23h04 Dow Jones Industrial -0,09% 27 335,63
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Wall Street : la baisse continue, Pékin hausse le ton

Wall Street : la baisse continue, Pékin hausse le ton
Wall Street : la baisse continue, Pékin hausse le ton
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse américaine s'apprête à signer une 2è séance de baisse consécutive sur fond d'intensification des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Cette dernière laisse désormais entendre qu'elle pourrait se servir des terres rares comme moyen de pression dans ses négociations avec Washington, qui sont dans l'impasse depuis le 10 mai. Les turbulences se poursuivent sur les marchés obligataires, où la courbe des taux s'est inversée de façon inquiétante, signalant un risque de récession.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones reculait mercredi de 1% à 25.094 points, tandis que l'indice large S&P 500 cédait 0,70% à 2.783 pts, et que le Nasdaq composite lâchait 0,63% à 7.559 pts. En Europe, l'indice Euro Stoxx 50 a fini la journée en chute de 1,52%, tandis que le CAC 40 a fléchi de 1,7% à la clôture.

Sur le marché des changes, le dollar s'est renforcé, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) progressant de 0,22% à 98,18 points, tandis que l'euro enchaînait une 3è séance de baisse, en recul de 0,27% à 1,1130$. Olli Rehn, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a déclaré mercredi que la banque centrale européenne était prête à prendre de nouvelles mesures de soutien monétaire en cas de besoin. Il a aussi rejeté les appels de l'Italie à une garantie par la BCE des obligations émises par les Etats de la zone euro.

Par ailleurs, la BCE a estimé dans sa Revue de stabilité financière semestrielle que la dégradation de la croissance dans la zone euro contribue à la montée des risques pour la stabilité financière. Parmi les sources de vulnérabilité, elle évoque notamment le risque de bulles immobilières, l'endettement des Etats ou encore le Brexit...

La livre sterling cédait mercredi 0,26% 1,2620$, plombée par le retour des craintes d'un Brexit dur après la victoire du parti du Brexit aux élections européennes de dimanche.

L'inversion de la courbe des taux fait craindre une récession aux Etats-Unis

Les obligations souveraines américaines ont été plus que jamais recherchées comme valeurs-refuge, ce qui a entraîné depuis mardi la plus importante inversion de la courbe des taux depuis la crise des "subprimes" de 2007... Le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, a encore perdu 3 points de base mercredi, tombant à 2,24%, au plus bas depuis septembre 2017, alors qu'il avait dépassé les 3,1% en octobre dernier.

Depuis mardi, les taux de toutes les échéances situées entre 2 ans (2,08%) et 10 ans (2,24%) sont désormais inférieures aux taux à court terme, allant d'un mois (2,34%) à 1 an (2,29%). Seul le taux à 30 ans (-3 pdb à 2,67 mercredi) reste très légèrement supérieur aux échéances courtes... Dans une économie en croissance, les taux à long terme sont supérieurs à ceux à court terme. La situation inverse montre que les marchés anticipent une dégradation de la conjoncture. Depuis 1955, les neuf récessions qui se sont produites ont été précédées par une inversion durable de la courbe des taux.

Dans ce contexte anxiogène, les cours du pétrole ont replongé mercredi après deux séances de rebond. Le contrat à terme de juillet sur le brut léger américain cédait 1,1% à 58,49$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance juillet lâchait 1,26% à 69,23$.

La Chine contrôle 80% de la production mondiale de terres rares

La tension est encore montée d'un cran mercredi dans la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Cette dernière a pour la première fois laissé entendre qu'elle pourrait limiter ses ventes de terres rares aux Etats-Unis. A Pékin, les médias officiels et des responsables politiques chinois ont ainsi agité clairement la menace d'une réduction des exportations de terres rares vers les Etats-Unis. Ces minerais, dont la Chine assure 80% de la production mondiale, sont indispensables à de nombreuses industries de pointe, dont les téléphones, la défense, les écrans plasma ou encore les véhicules électriques.

Par ailleurs, Huawei a saisi la justice américaine pour obtenir l'annulation de l'interdiction faite l'an dernier aux agences fédérales d'acheter ses équipements. Le géant chinois des télécoms a demandé à un tribunal fédéral du Texas de déclarer "anticonstitutionnelle" la loi sur la défense nationale adoptée l'an dernier aux Etats-Unis, que Pékin dénonce comme un texte ciblant les activités chinoises...

La veille, Donald Trump, en visite au Japon, avait déclaré que les Etats-Unis n'étaient "pas prêts" à conclure un accord commercial avec la Chine, ajoutant que les droits de douane américains sur les produits chinois "pourraient augmenter très, très substantiellement, très facilement ".

Le 10 mai dernier, les Etats-Unis ont porté de 10% à 25% les taxes d'importation sur 200 milliards de dollars de biens chinois importés, et Pékin va faire de même dès le 1er juin sur 60 Mds$ de produits américains. L'administration Trump a aussi placé le groupe chinois Huawei sur liste noire, et a entamé la procédure en vue de taxer à 25% la totalité des marchandises en provenance de Chine, soit 300 Mds$ supplémentaires...

VALEURS A SUIVRE

La totalité des 11 grands secteurs du S&P 500 reculent ce mercredi soir, à commencer par la Santé, les services de communication et les biens de consommation discrétionnaires, qui perdent chacun environ 1%.

Abercrombie & Fitch s'effondre de près de 25%, lourdement sanctionné après avoir fait état de ventes décevantes au premier trimestre. Le titre du groupe de prêt-à-porter n'avait pas enregistré une telle chute boursière depuis près de 20 ans ! Abercrombie a pourtant réduit ses pertes sur les trois premiers mois de l'année, essuyant un déficit net de 19,2 M$ ou 29 cents par titre, contre une perte de 42,5 M$ ou un bpa de -62 cents un an auparavant. Mais les investisseurs retiennent avant tout la progression limitée à 1% des ventes à magasins comparables, là où le consensus était positionné à 1,3%. Au deuxième trimestre, Abercrombie anticipe une hausse comprise entre 0 et 2% de son chiffre d'affaires net, soit en deçà de la croissance de 2,8% attendue par les analystes. Les ventes à magasins comparables devraient être stables sur la période et en hausse de 1 à 4% sur l'année.
Preuve de la passe difficile que traverse la société, elle a également annoncé la fermeture de trois autres de ses magasins phares - une boutique Hollister dans le quartier SoHo à New York, un commerce Abercrombie à Fukuoka au Japon et un magasin Abercrombie à Milan, portant ainsi à 5 le nombre total de ses points de vente phares fermés depuis 2017.

Allergan (-4,8%) a annoncé le retrait du marché canadien de ses implants mammaires texturés Biocell après la suspension des licences accordées par les autorités nationales de santé publique en raison d'un risque de cancer.

Pfizer (-0,4%), Eli Lilly (-0,35%), Bristol-Myers Squibb (-1,4%) et Johnson & Johnson (-5,7%) reculent malgré une recommandation d'achat de Goldman Sachs, qui a initié la couverture de ces valeurs mercredi.

DowDuPont (+0,75%) résiste bien, alors que le groupe compte passer une charge de 800 M$ à 1,3 milliard de dollars dans ses comptes du deuxième trimestre afin d'intégrer le changement de valorisation de certains actifs à la suite de la baisse des prix de l'éthanol et de la faiblesse de la demande pour ses biomatériaux.

DowDuPont avait déjà souffert au premier trimestre des graves inondations dans le Midwest américain qui avaient perturbé l'activité de sa filiale d'agrochimie en mars dernier... DowDuPont avait publié début mai un bénéfice ajusté au premier trimestre en baisse de 28%, en raison de la vigueur du dollar et d'une baisse des prix et des volumes. Le bénéfice net ajusté est ressorti à 1,89 milliard de dollars, soit 84 cents par action sur les trois premiers mois de l'année, contre 2,63 milliards de dollars un an plus tôt. Les ventes nettes ont quant à elle baissé de 9% à 19,65 milliards de dollars.
Devon Energy (stable) après avoir annoncé la cession de ses actifs canadiens à Canadian Natural Resources pour 2,8 milliards de dollars.

General Mills baisse de 6,1% après l'abaissement de la recommandation de Goldman Sachs qui est passé à "vendre" sur le dossier...

eBay (-0,44%) Scout24 (-1,9% à Francfort) est intéressé par l'acquisition des petites annonces immobilières et automobiles d'eBay, a déclaré le président du directoire du groupe allemand. "Nous opérons dans un marché où les opportunités de rachat sont rares... Mais nous nous concentrerons sur les marchés et les pays où nous sommes déjà présents", a expliqué Tobias Hartmann à l'agence Reuters.

Rappelons que le groupe américain d'enchères en ligne, sous la pression du fonds activiste Elliott, envisage de vendre certains actifs comme 'eBay Classifieds'. "Nous ignorons si, quand et comment le processus de vente sur eBay se déroulera", a poursuivi Hartmann, ajoutant que Scout24 ne s'intéresserait qu'aux entreprises de petites annonces de voitures et de biens immobiliers...
En Allemagne, eBay possède mobile.de, premier site de petites annonces automobiles, tandis qu'AutoScout, filiale de Scout24, est le numéro un du secteur en Europe.

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