Cotation du 24/02/2021 à 23h20 Dow Jones Industrial +1,35% 31 961,86
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Wall Street : l'heure de la pause, craintes sur l'inflation

Wall Street : l'heure de la pause, craintes sur l'inflation
Wall Street : l'heure de la pause, craintes sur l'inflation
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street consolide après avoir terminé en ordre dispersé mardi soir. Le Dow Jones recule actuellement de 0,08% à 31.499 points, alors que l'indice large S&P 500 rend 0,46% à 3.915 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, s'inscrit à 13.893 pts (-1,10%). Une pause à relativiser toutefois alors que les trois indices restent tout proches de leurs plus hauts historiques.

L'annonce d'une consommation des ménages nettement plus solide qu'attendu en début d'année (merci les aides gouvernementales) ainsi que des prix à la production également plus élevés que prévu pèse sur les indices dans la mesure où elle renforce les inquiétudes autour d'une hausse rapide des taux d'intérêts à long terme, qui reflètent les craintes d'une accélération de l'inflation en raison des plans massifs de soutien monétaire et budgétaire à l'économie américaine et mondiale

Le rendement des Treasuries à 10 ans évolue actuellement autour de 1,28% après avoir touché dans la matinée un pic de près d'un an à 1,333%. Bien que ce niveau soit encore modeste, la remontée s'est faite très rapidement, ce taux ne cotant que 0,9% fin 2020, il y a à peine 6 semaines...

Le Bitcoin gagne de son côté encore plus de 4% au-dessus des 51.000$ au plus haut.

Les cours du pétrole restent également bien orientés, toujours soutenus par la vague de froid historique qui s'abat sur le Texas, paralyse le système électrique de l'Etat et perturbe la production de brut. Le contrat à terme de mars sur le baril de pétrole brut WTI progresse de 0,4% à 60,2$ sur le Nymex. L'once d'or recule pour sa part de 1% à 1.776$, alors que l'argent redonne 0,7% à 27$. Sur le marché des changes, l'indice dollar gagne 0,6% face à un panier de devises de référence.

Sur le front macro, les ventes de détail aux États-Unis pour le mois de janvier ont donc bondi de 5,3% en comparaison du mois antérieur, contre une hausse de seulement 1,1% attendue par le consensus et -1% pour la lecture révisée (en baisse) du mois de décembre. Il s'agit de la plus forte augmentation depuis sept mois. Hors automobile et essence, les ventes de détail affichent un gain encore plus prononcé de 6%, alors que le consensus se situait à +0,8%, après une baisse de 2,4% un mois plus tôt.

L'indice des prix à la production pour le mois de janvier affiche par ailleurs une vigoureuse progression de 1,3% par rapport au mois antérieur, contre +0,4% de consensus et +0,3% en décembre. Hors alimentaire et énergie, il s'apprécie de 1,2%, contre 0,2% de consensus.

La production industrielle américaine a augmenté de 0,9% en janvier en comparaison du mois antérieur, contre un consensus logé à +0,4% et après un gain de 1,3% en décembre 2020. La production manufacturière progresse de 1%, contre 0,7% de consensus et +0,9% le mois précédent. Le taux d'utilisation des capacités de production s'est établi à 75,6%, contre 74,8% de consensus et 74,9% un mois plus tôt. Un nouvel indicateur de conjoncture solide qui confirme un peu plus le rebond de la première économie mondiale en ce début 2021.

Le compte rendu de la dernière réunion de la Réserve fédérale (20h00) sera également à suivre un peu plus tard.

Enfin, côté entreprises, plusieurs publications sont encore attendues, dont celles d'Analog Devices, Baidu, Marathon Oil, DISH Network, Herbalife Nutrition ou EQT.

Alors que Wall Street évolue sur des sommets, Citigroup calme le jeu. Le responsable de la stratégie des marchés américains de la banque juge "très plausible" un repli de 10% de Wall Street. "Notre prudence actuelle se justifie par plusieurs facteurs, y compris des lectures de sentiments bouillonnantes, des niveaux de valorisation tendus et une dynamique de révision des bénéfices en baisse", explique Tobias Levkovich. "Avec un potentiel de hausse limité, même par rapport aux objectifs les plus optimistes du consensus, une position neutre est réaliste".

Citigroup a un objectif de fin d'année de 3.800 points pour le S&P 500 et l'équipe de stratégie s'attend à ce que l'indice se négocie dans une fourchette de 3.600 à 4.000 pts. L'indice large a fini en baisse de 0,06% à 3.932 pts hier soir à la clôture, proche de ses plus hauts historiques enregistrés vendredi. "Bien qu'ils puissent reculer de 10 à 20% (ndlr : les indices), nous n'envisageons pas un effondrement de plus de 50%", note toutefois le spécialiste. Selon lui, les actions américaines ne sont en effet pas dans une bulle et les comparaisons avec le début des années 2000 ne sont pas valables car l'économie sort, et non entre, d'une récession et la Réserve fédérale n'augmente pas les taux".

VALEURS A SUIVRE

* American International (+1%). L'assureur a publié mardi soir une perte nette trimestrielle de 60 millions de dollars, creusée entre autres par des pertes sur des produits dérivés financiers, mais son résultat courant a dépassé les attentes.

* Ford Motor (+0,3%) vise le tout électrique en Europe d'ici 2030 alors que le groupe n'a pas vendu un seul véhicule entièrement électrique dans la région l'année dernière. Le constructeur américain va notamment investir un milliard de dollars dans son usine à Cologne, en Allemagne. "Notre annonce aujourd'hui de transformer notre usine de Cologne, où nous opérons en Allemagne depuis 90 ans, est l'une des plus importantes que Ford ait faites depuis plus d'une génération", a déclaré Stuart Rowley, président de Ford Europe. "Cela souligne notre engagement envers l'Europe et un avenir moderne avec des véhicules électriques au coeur de notre stratégie de croissance".

La branche européenne de l'entreprise de Détroit a souligné que l'ensemble de sa gamme de véhicules de tourisme en Europe sera à "émissions zéro, tout électrique ou hybride rechargeable" d'ici le milieu de 2026. Elle souhaite également que son segment des véhicules utilitaires en Europe soit à émissions zéro, hybride rechargeable ou entièrement électrique d'ici 2024.

* Berkshire Hathaway (+0,2%). Le conglomérat dirigé par Warren Buffett a annoncé plusieurs changements au sein de son portefeuille d'investissement. Le groupe a notamment dévoilé deux investissements importants, l'un de 8,6 milliards de dollars dans Verizon, l'autre de 4,1 milliards dans Chevron, mais il a aussi renforcé ses positions dans Merck, Bristol-Myers Squibb, et AbbVie. A l'inverse, il a soldé sa ligne Pfizer. La société du gourou de Wall Street a également continué à réduire sa participation dans Wells Fargo et Apple, et a soldé sa ligne PNC Financial Services. La firme a également diminué ses positions dans Apple même si le fabricant de l'iPhone constitue toujours la plus importante participation de Berkshire, cette dernière étant évaluée à environ 120 milliards de dollars à la fin 2020.

* Hilton Worldwide (+0,3%). Le groupe hôtelier a fait état d'une troisième perte trimestrielle consécutive sur les trois derniers mois de 2020, accompagnée d'une chute de ses revenus et du revenu par chambre disponible. La firme a ainsi essuyé un déficit net de 224 M$ ou 80 cents par titre contre un profit de 175 M$ ou un bpa de 61 cents un an plus tôt. Le bpa ajusté ressort à -10 cents contre un consensus de 3 cents. Les recettes ont fondu de 62,4% à 890 M$ et le RevPAR, mesure très suivie dans le secteur, a sombré de 59,2% à 40,68$, là où les analystes attendaient 44,1$. 97% des hôtels Hilton sont ouverts, tandis qu'environ 220 ont temporairement suspendu leurs activités au 10 février.

* Apple (-2,2%). L'éditeur de jeux vidéo Epic Games, créateur entre autres de Fortnite, a porté devant les autorités européennes de la concurrence son conflit avec le constructeur de l'iPhone au sujet des modalités de fonctionnement et de rémunération de l'App Store.

* Moderna (-1,3%). La Commission européenne a conclu un accord avec la firme américaine pour la fourniture de 150 millions de doses supplémentaires de son vaccin contre le COVID-19 en 2021, soit un quasi-doublement des volumes convenus précédemment avec l'entreprise biotechnologique américaine.

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