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Wall Street : l'embryon d'accord commercial n'a pas convaincu

Wall Street : l'embryon d'accord commercial n'a pas convaincu
Wall Street : l'embryon d'accord commercial n'a pas convaincu
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine reste sans tendance réelle en début de séance ce lundi, le DJIA grappillant 0,11% à 26.847 pts, contre une hausse de 0,06% du Nasdaq à 8.062 pts. Le S&P500 avance de 0,02% à 2.971 pts. Sur le marché des changes, l'indice dollar prend 0,1% à 98,4. Du côté des matières premières, le baril de brut WTI chute de 3% à 53$ sur le Nymex, alors que le Brent de la mer du Nord retombe de 2,8% à 58,8$.

La prudence domine à Wall Street en ce 'Columbus Day' aux Etats-Unis, jour férié qui commémore la date d'arrivée de Christophe Colomb dans le Nouveau Monde en 1492. La cote américaine reste tout de même ouverte ce lundi, mais cette journée est généralement marquée par des volumes plus limités...

Sur le front économique outre-Atlantique, il faudra par ailleurs attendre demain mardi pour prendre connaissance de l'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York pour le mois d'octobre (consensus +0,8), puis mercredi pour les ventes de détail de septembre (consensus +0,3%), l'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta, les stocks et ventes des entreprises, l'indice du marché immobilier américain, ou encore le Livre Beige de la Fed.

Etats-Unis et Chine ont indiqué vendredi soir avoir conclu la 'phase 1' d'un accord devant mettre un terme à leur affrontement commercial. Cette 'phase 1' est marquée par une suspension de la hausse des droits de douane qui devait se produire demain sur certaines importations de produits chinois aux USA, mais elle ne remet pas en question les sanctions commerciales antérieures infligées à Pékin.

En outre, l'accord de 'phase 1' doit encore être écrit, ce qui montre la relative précarité de la situation, qui peut toujours, à tout moment, déraper en quelques tweets... Sur Twitter justement, Trump affirme que "la Chine a déjà débuté ses achats de produits agricoles auprès de nos grands agriculteurs & fermiers patriotes".

"Mon accord avec la Chine est qu'elle commence IMMÉDIATEMENT à acheter de très importantes quantités de nos Produits Agricoles, qu'elle n'attende pas que le deal soit signé d'ici 3 ou 4 semaines. ELLE A DÉJÀ COMMENCÉ! De même, sur les services financiers et d'autres aspects du deal, la préparation commence", explique Trump.

"J'ai accepté de ne pas augmenter les Tarifs de 25% à 30% le 15 octobre. Ils resteront à 25%. La relation avec la Chine est très bonne. Nous conclurons l'importante Phase Un de l'accord, puis nous dirigerons directement vers la Phase Deux. L'Accord de Phase Un peut être finalisé & signé sous peu!", a promis le président américain dans son style si élégant.

L'accord reste toutefois à écrire et ne couvre qu'une partie des points essentiels à l'origine du conflit entre les deux superpuissances. L'impact de cette guerre commerciale, qui dure depuis un an et demi, se fait clairement sentir désormais. Les exportations chinoises ont accusé en septembre une contraction plus importante que prévu, alors que les importations ont décliné pour le cinquième mois.

De plus, la Chine a indiqué qu'elle désirait des discussions supplémentaires dès la fin du mois afin de peaufiner les détails de l'accord avant de le signer. C'est du moins ce que précisent des sources "familières de la question" citées par Bloomberg. Pékin pourrait envoyer une délégation menée par le vice-Premier ministre Liu He, afin de finaliser un accord écrit qui pourrait ensuite être signé par les présidents en marge du sommet de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique qui se tiendra le mois prochain au Chili.

Pékin voudrait par ailleurs que Trump abandonne également la hausse des tarifs douaniers programmée en décembre, ce que l'administration Trump refuserait pour l'heure. Steven Mnuchin, le secrétaire américain au Trésor, agite toujours cette menace des tarifs douaniers du 15 décembre, mais il va s'entretenir dans les jours qui viennent par téléphone avec Liu He. Robert Lighthizer, représentant américain au Commerce, doit aussi prendre part à la conversation la semaine prochaine. "J'espère que nous aurons un deal", a lancé Mnuchin sur CNBC.

Pour l'heure, les détails de l'accord de 'phase 1' demeurent flous. Trump souligne les achats agricoles chinois attendus important, alors que la Chine fait juste état d'efforts communs en vue d'un accord.

En outre, les négociations entre Londres et Bruxelles sur le Brexit inquiètent. Le gouvernement de Boris Johnson a affirmé hier que les derniers échanges étaient constructifs, mais le Royaume-Uni et l'UE semblent loin du compromis à l'approche de l'échéance fatidique.

Boris Johnson devrait s'entretenir d'ici ce lundi soir avec la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Emmanuel Macron et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker afin de plaider sa cause selon le 'Sunday Times'.

Johnson voudrait ainsi offrir deux options à ses interlocuteurs : l'aider à parvenir à un nouvel accord cette semaine ou convenir d'une 'version amicale' d'un Brexit sans accord d'ici au 31 octobre, date à laquelle Boris Johnson veut coûte que coûte quitter l'UE...

Les négociateurs de Londres et de Bruxelles ont intensifié ce week-end les discussions dans l'optique de réaliser une avancée avant le sommet européen prévu en fin de semaine à Bruxelles, alors que la date du divorce approche à grands pas ! Optimiste, le Premier ministre irlandais Leo Varadkar avait estimé à l'issue d'un entretien avec Boris Johnson en fin de semaine dernière que le Royaume-Uni et l'UE étaient capables de sceller un accord avant la fin du mois...

Le sort de l'Irlande reste en effet plus que jamais au coeur des discussions. Les deux camps butent sur la définition d'un dispositif permettant d'éviter le rétablissement d'une frontière physique, susceptible de réveiller les tensions communautaires en Irlande du Nord, alors que cette province n'est plus censée appartenir à l'union douanière au-delà du 31 octobre.

Londres semble désormais exclure le rétablissement d'une frontière douanière à travers l'Irlande et propose de la remplacer par des contrôles douaniers et réglementaires en mer d'Irlande entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni...

Les valeurs

Boeing (+1%). Dennis Muilenburg perd sa double casquette de directeur général et de président chez Boeing. L'avionneur américain a surpris vendredi soir en annonçant la dissociation des deux fonctions quelques heures après les critiques émises par un comité d'experts sur la certification du 737 MAX. Si le patron de Boeing conserve, pour l'heure, son poste de directeur général, la fonction de président non-exécutif est désormais occupée par l'administrateur David Calhoun, cadre de Blackstone Group.

"Cette décision est la dernière d'une série de mesures prises par le conseil d'administration et la haute direction de Boeing pour renforcer les processus de gouvernance et de gestion de la sécurité de l'entreprise", explique le groupe.

Cette annonce intervient alors que les 737 MAX sont cloués au sol depuis la mi-mars après deux accidents qui ont fait 346 morts en Ethiopie et en Indonésie à cinq mois d'écart, plongeant Boeing dans l'une des plus graves crises de son histoire. La prolongation de cette immobilisation pendant encore de longs mois mettrait sans aucun doute encore davantage la pression sur Dennis Muilenburg qui pourrait finir par perdre son poste de dirigeant.

Facebook (stable). Nouveau revers de taille pour le Libra. Le projet de Facebook de créer une nouvelle monnaie numérique a subi un coup dur vendredi avec les défections des géants du paiement Mastercard et Visa. Les deux groupes ont annoncé leur intention de quitter l'association portant le projet, emboîtant le pas d'EBay et du groupe de paiement sud-américain Mercado Pago. PayPal Holdings, a lui quitté le groupement il y a une semaine.

"Visa a décidé de ne pas rejoindre l'association Libra à ce stade", déclare la société dans un communiqué. "Nous allons continuer notre évaluation et notre décision finale sera déterminée par un certain nombre de facteurs, dont la capacité de l'association à satisfaire pleinement aux attentes des régulateurs". Le responsable du projet, l'ancien dirigeant de PayPal David Marcus, a relativisé la portée de cette annonce tout en reconnaissant que "ce n'est pas une bonne nouvelle à court terme".

L'association Libra se trouve désormais dépourvue de spécialistes de premier plan du paiement parmi ses membres, ce qui veut dire qu'elle ne pourra plus compter sur un acteur mondial pour aider les consommateurs à convertir leurs devises en Libra et pour faciliter les transactions. Les autres membres de l'association, parmi lesquels Lyft et Vodafone, sont constitués pour l'essentiel de sociétés de capital investissement, de groupes de télécommunication et de technologies, de spécialistes de la blockchain ou d'associations à but non lucratif.

JP Morgan Chase (stable) consolide quelque peu à Wall Street ce lundi, alors que l'établissement bancaire américain doit publier demain mardi ses comptes du troisième trimestre fiscal. Ces résultats sont les premiers du secteur pour cette saison des trimestriels.

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