Cotation du 27/10/2020 à 22h20 Dow Jones Industrial -0,80% 27 463,19
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Wall Street : l'ambiance retombe déjà...

Wall Street : l'ambiance retombe déjà...
Wall Street : l'ambiance retombe déjà...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après son sursaut de la veille (+0,52% sur le DJIA et +1,71% pour le Nasdaq), la cote américaine retombe déjà ce mercredi. Le Dow Jones reperd 0,9% à 27.032 pts et le S&P500 redonne 1,3% à 3.272 pts, alors que le Nasdaq abandonne 1,9% à 10.750 pts. Le baril de brut WTI retombe lui sous les 40$ et l'indice dollar avance de 0,3% face à un panier de devises de référence avec un euro qui pointe à 1,1680/$.
Le président de la Fed Jerome Powell et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin restent sous le feu des projecteurs, avec trois auditions prévues devant des Commissions de la Chambre et du Sénat - l'objectif étant de faire le point sur les mesures monétaires et politiques prises afin de soutenir à l'économie américaine face à la crise du coronavirus.
Ces auditions interviennent à un moment crucial, à 6 semaines de l'élection présidentielle du 3 novembre, et alors que les discussions sur un nouveau plan de relance sont au point mort au Congrès, et que les tensions partisanes s'accroissent à l'approche de la présidentielle.

ECO ET DEVISES

Hier mardi, Jerome Powell avait ouvert le bal, suivi de Steven Mnuchin, devant la Commission des services financiers de la Chambre des représentants. Le président de la Réserve fédérale s'est montré prudent sur le rythme de la reprise, dans un contexte sanitaire encore incertain. Il a affirmé qu'en cas de dégradation de la conjoncture, la Réserve fédérale se tient prête à en faire davantage si nécessaire.
"Le chemin devant nous reste très incertain", a souligné le patron de la banque centrale américaine, ajoutant que "nous demeurons engagés à utiliser tous nos instruments pour faire ce que nous pouvons, pour aussi longtemps que nécessaire, pour s'assurer que la reprise sera aussi forte que possible et pour limiter les dégâts durables pour l'économie", a-t-il dit. "Il est probable que davantage de soutien budgétaire sera nécessaire", a-t-il poursuivi.
Jerome Powell a aussi rappelé que la reprise dépendra de l'évolution de la crise sanitaire. "Une reprise complète ne sera susceptible de se produire que lorsque les gens auront confiance dans le fait qu'il est sûr de s'engager à nouveau dans une large gamme d'activités".
Steven Mnuchin s'est accordé avec le patron de la Fed pour juger que de nouvelles mesures de soutien budgétaires sont nécessaires. Il a assuré que la Maison Blanche était prête à approuver un accord bipartisan, ajoutant être favorable à un "plan ciblé" sur les secteurs les plus affectés par la crise sanitaire.

Le précédent plan massif de 2.200 milliards de dollars, mis en place en mars, est désormais arrivé à son terme, et de nombreuses mesures d'aide aux entreprises et aux salariés ont pris fin. Les économistes craignent que sans un rapide nouveau coup de pouce budgétaire, l'emploi et la consommation en pâtissent, enrayant la fragile reprise de l'économie américaine.
Il reste que Wall Street n'est pas vraiment convaincu de la capacité du Congrès à s'accorder avant l'élection présidentielle. Ces incertitudes politiques ont contribué au recul de la bourse depuis 3 semaines, alors que les négociations sont au point mort entre Mnuchin, le secrétaire général de la Maison blanche Mark Meadows et la présidente de la chambre, la démocrate Nancy Pelosi.
Les tensions partisanes se sont encore exacerbées le week-end dernier après le décès de Ruth Bader Ginsburg, l'une des neuf membres de la Cour suprême, qui a encore davantage compliqué la recherche d'un compromis sur le nouveau plan de relance...

Sur le front économique aux USA ce mercredi, l'indice de la Federal Housing Finance Agency (FHFA) concernant les ventes de logements pour le mois de juillet est ressorti en hausse de 1% (consensus +0,6% en comparaison du mois antérieur).
L'indice PMI composite américain du mois de septembre 2020 est ressorti à 54,4, contre 54,5 de consensus et 54,7 pour sa lecture antérieure. Il signale donc une nette expansion de l'activité aux USA. L'indice manufacturier s'est établi à 53,5, contre 53,2 de consensus. L'indicateur des services est ressorti à 54,6, contre 54,7 de consensus

Côté situation sanitaire, le bilan mondial de l'épidémie du nouveau coronavirus s'alourdit encore. 31,6 millions de cas confirmés ont été recensés au niveau mondial, dont près de 6,9 millions aux Etats-Unis, 5,65 millions en Inde et 4,59 millions au Brésil. La Russie compte 1,11 million de cas depuis l'apparition du virus, la Colombie 777.537 et le Pérou 768.895, selon l'Université Johns Hopkins.
Le virus a fait près de 972.000 morts dans le monde depuis son émergence, dont 200.893 aux USA, 138.105 au Brésil, 90.020 en Inde et 74.348 au Mexique.

Le baril retombe sous les 40$ le WTI ce soir, à 39,80$. D'après le Département à l'Energie, les stocks domestiques de pétrole pour la semaine close le 18 septembre ont reculé de 1,6 million de barils à 494,4 mb, contre un consensus de -3,3 millions de barils. Les réserves d'essence ont diminué de 4 millions de barils (contre une baisse de 0,9 mb anticipée par le marché), alors que les stocks de produits distillés ont reculé de 3,4 mb par rapport à la précédente semaine, contre une hausse de 1 mb attendue.

Les valeurs

Tesla cède encore 8,5% ce jour suite à la présentation de la soirée d'hier sur les batteries. Le CEO du groupe californien, Elon Musk, avait déjà tempéré les ardeurs des opérateurs avant le fameux 'Battery Day' qui devait exposer la stratégie de Tesla en matière de batteries. Musk, qui avait initialement promis que le Battery Day allait être "dingue", avait admis ensuite sur Twitter que la technologie présentée ne parviendrait pas à la production de masse avant 2022.
La chute boursière s'est poursuivie après bourse, malgré la promesse de Musk de réduire fortement les coûts de production des véhicules électriques. Il faut dire que l'effet de ces actions n'est pas attendu avant au moins trois années, horizon de temps lointain pour certains investisseurs. Le CEO du groupe et le management de Tesla ont donc dévoilé hier soir une nouvelle batterie, ainsi que leur stratégie de production. Les marchés espéraient l'annonce du développement d'une batterie d'une durée de vie de 10 ans ou plus, ainsi qu'un objectif concret de réduction des coûts permettant de réduire le prix des véhicules électriques à un niveau inférieur à celui des voitures à essence.
Musk n'a pas fourni de telles informations, s'engageant en revanche à réduire de moitié les coûts des batteries d'ici plusieurs années grâce à une nouvelle technologie et à fournir ainsi une voiture électrique à un prix abordable. "D'ici trois ans, nous pourrons produire une voiture à 25.000 dollars qui sera fondamentalement comparable, ou peut-être même un peu meilleure, qu'une voiture à essence similaire", a tout de même indiqué le leader de Tesla. Le groupe n'a pas encore finalisé la conception de la nouvelle batterie.

Nike (+9%) a publié mardi soir après la clôture de Wall Street des résultats trimestriels qui ont surpris par leur vigueur, malgré la crise sanitaire. Les ventes en Chine, où la pandémie de coronavirus est désormais sous contrôle, ont rebondi de 6% au premier trimestre fiscal (achevé fin août), tandis que le chiffre d'affaires en Amérique du Nord a reculé de 2%. Les ventes en ligne ont explosé de 82% sur un an !
Au premier trimestre fiscal, le bénéfice net du géant américain des chaussures et accessoires de sport a ainsi atteint 1,52 milliard de dollars, soit 95 cents par action, en hausse de 11% par rapport au 1,37 Md$ (86 cents par action) affiché lors du même trimestre 2019. Malgré les perturbations liées au virus, les ventes mondiales de Nike ont été presque stables (-0,6% sur un an), pour s'inscrire à 10,59 Mds$, contre 10,66 Mds$ un an plus tôt, notamment grâce au rebond de la demande chinoise. Les ventes comme les bénéfices du groupe sont très supérieurs aux attentes.

JPMorgan Chase (stable) va transférer environ 200 milliards d'euros (230 milliards de dollars) d'actifs du Royaume-Uni vers Francfort à la suite de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Selon les sources de 'Bloomberg', la migration des actifs devrait être finalisée d'ici la fin de l'année. À moins de quatre mois de l'expiration de la période de transition, les banques internationales continuent de renforcer leurs opérations dans l'Union européenne afin de s'assurer qu'elles pourront continuer à servir leurs clients une fois le Brexit effectif.

Oracle (-2%) / Walmart (-0,5%). La Chine n'aurait aucune raison d'approuver l'accord "sale et injuste" qu'Oracle et Walmart disent avoir conclu avec ByteDance concernant TikTok, selon le China Daily ce mercredi, qui évoque de la part des USA des pratiques dignes d'un gangster. Les Américains Oracle et Walmart et le Chinois ByteDance avaient précédemment effectué des annonces contradictoires concernant les termes de l'accord relatif à l'application de partage de vidéos TikTok, destiné à lui permettre de poursuivre ses opérations aux Etats-Unis.
ByteDance a indiqué qu'il allait établir une filiale US, TikTok Global, détenue à 80%. Oracle et Walmart ont précisé quant à eux que le contrôle de TikTok Global reviendrait à des investisseurs américains. Le China Daily, qui reflète généralement la position de Pékin, estime que ByteDance risque de perdre non seulement le contrôle de TikTok, mais aussi sa technologie clé. "La Chine n'a aucune raison de donner son feu vert à un tel deal", ajoute le journal. Le Global Times avait précédemment indiqué lui aussi que la Chine ne devrait pas approuver l'accord. Le Global Times qualifie le deal d'"extorsion" et affirme que la Chine ne cèdera pas au "chantage".
Trump a haussé le ton, menaçant d'interdire les services de TikTok aux Etats-Unis à partir de dimanche prochain si la société n'était pas contrôlée par des groupes américains. Si Oracle et Walmart "ne prennent pas le contrôle total, alors nous n'approuverons pas l'accord", a ainsi déclaré dimanche soir le président américain sur 'Fox News'.

General Mills (stable), le groupe alimentaire américain connu pour sa marque Cheerios, a dépassé le consensus sur le trimestre clos et rehaussé son dividende. Pour le premier trimestre fiscal, le bénéfice net est ressorti à 639 millions de dollars, 1,03$ par titre, contre 521 millions de dollars un an avant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 1$ (+28%), contre 87 cents de consensus. Les revenus trimestriels sont ressortis à 4,36 milliards de dollars, contre 4 milliards un an plus tôt et 4,22 milliards de consensus FactSet. Le groupe a déclaré par ailleurs un dividende trimestriel de 51 cents, en hausse de 4% et payable le 2 novembre. Le groupe ne fournit pas d'estimations 2021 du fait de la pandémie.

Johnson & Johnson (+1%), le géant pharmaceutique et médical américain, a lancé les tests sur 60.000 personnes de son vaccin expérimental à injection unique contre le Covid-19. Il s'agit d'une phase III à grande échelle baptisée ENSEMBLE de sa filiale Janssen Pharmaceutical Companies sur le traitement JNJ-78436735.

Costco Wholesale (+0,5%), distributeur d'Issaquah, publie également demain ses résultats financiers du trimestre clos. Le groupe a bénéficié des achats de précaution des consommateurs.

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