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Wall Street : inflation et rotation sectorielle en question

Wall Street : inflation et rotation sectorielle en question
Wall Street : inflation et rotation sectorielle en question
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street évolue sans tendance claire en pré-séance après avoir déjà fini en ordre dispersé mercredi soir. Si le Dow Jones a signé un nouveau record, le Nasdaq a effacé ses gains initiaux avant de terminer dans le rouge pour la quatrième séance consécutive. La rotation vers les titres dits 'value' au détriment des valeurs technologiques et de croissance se poursuit, les valorisations de ces dernières étant souvent considérées comme tendues, d'autant plus que les perspectives de hausse des taux augmentent.

Les indicateurs de conjoncture dévoilés hier ont encore confirmé la vigueur de la première économie mondiale, alimentant les craintes d'un dérapage de l'inflation dans les prochains mois et donc d'un resserrement de la politique monétaire. Cet après-midi, l'étude Challenger concernant les destructions de postes annoncées (13h30) ainsi que les inscriptions hebdomadaires au chômage (14h30) seront particulièrement surveillées à la veille du rapport mensuel sur l'emploi. Selon le consensus, 978.000 créations d'emplois non agricoles sont attendues, contre 916.000 en mars. Certains économistes tablent même sur un million de créations de postes le mois dernier.

Le secteur privé aux Etats-Unis a créé 742.000 postes en avril, un nombre inférieur aux attentes mais le plus élevé enregistré en sept mois, après 565.000 en mars, ont montré mercredi les résultats de l'enquête mensuelle d'ADP.

Concernant l'inflation, les craintes restent latentes, d'autant plus que la plupart des matières premières évoluent sur des niveaux plus observés depuis de longues années. Malgré tout, le président de la Fed de Chicago, Charles Evans a estimé mercredi que le risque de spirale inflationniste était un hypothèse "lointaine", et a ajouté lors d'une conférence que la politique monétaire de la Fed devrait rester inchangée pendant "un certain temps". Le vice-président de la Fed, Richard Clarida, a de son côté réaffirmé qu'il n'était pas encore temps de commencer à parler de réduire le programme de rachat d'actifs de la banque centrale (120 Mds$ par mois actuellement).

Sur les marchés obligataires, la situation continue à rester assez calme malgré les inquiétudes inflationnistes. Le rendement du T-Bond américain à 10 ans se end légèrement à 1,577% (+1,1 point de base), loin de ses plus haut vers 1,76% atteints en mars. Le taux US à 30 ans avance lui de 1,5 point de base à 2,258%.

Du côté des changes, l'indice du dollar recule de 0,2% à 91,1 points face à un panier de devises de référence. L'euro est quasi stable face au billet vert à 1,2034$ dans les échanges interbancaires.

Le pétrole reprend de la hauteur ce matin avec des cours qui restent proches de leur plus haut depuis la mi-mars. L'optimisme sur la croissance de la demande continue de côtoyer les inquiétudes concernant les nouvelles vagues de Covid-19 en Inde, au Japon et au Brésil. Les investisseurs voient en revanche d'un bon oeil les calendriers de levée des restrictions anti-Covid prises par plusieurs pays européens, dont la France, l'Italie et l'Allemagne. Le baril de brut léger américain WTI avance en ce moment de 0,5% à 66$ sur le Nymex pour le contrat à terme de juin, tandis que le Brent gagne 0,6% à 69,4$ (contrat de juillet).

Enfin, sur le marché des "cryptos", le bitcoin s'adjuge 3,4% sur 24h, autour de 57.200$ sur la plateforme Bitfinex, alors que l'Ether gagne encore 2,5% à 3.458$, proche de ses plus hauts historiques.

VALEURS A SUIVRE

* Uber a publié mercredi soir après la clôture une perte nette de 108 millions de dollars au 1er trimestre, le plus faible déficit de sa courte histoire, grâce à la vente d'ATG, sa division de voitures autonomes pendant le trimestre passé, une opération qui a entraîné un gain de 1,6 milliard de dollars. Au premier trimestre 2020, le géant américain des VTC avait encaissé une perte nette de 2,9 Mds$, plombé par les confinements liés au coronavirus, qui avaient fait fondre les courses de ses VTC.

Un an plus tard, l'activité de VTC montre fin de signes de reprise, tandis que l'activité de livraison à domicile (qui a profité de la crise sanitaire) continue d'être très dynamique. Malgré ces signes positifs, l'action Uber cédait 4,4% mercredi soir dans les cotations électroniques après la clôture de Wall Street suite à la publication des trimestriels.

Au 1er trimestre, les ventes d'Uber ont reculé de 11% pour revenir à 2,9 Mds$ contre 3,25 Mds$ au 1er trimestre 2020, alors que les analystes tablaient sur des vente de 3,27 Mds$. Le groupe a expliqué que les ventes ont été réduites par des provisions de 600 M$ faites pour octroyer à ses chauffeurs britanniques le statut de travailleurs salariés, suite à une décision de la Cour Suprême britannique. L'Ebitda ajusté du groupe est ressorti en perte de 359 millions de dollars.

Les réservations brutes de trajets (essentiellement les recettes avant déductions des taxes, péages ou diverses rémunérations des chauffeurs) ont diminué de 38% en un an à 6,8 Mds$, tandis que celles des livraisons ont bondi de 166% à 12,5 Mds$. "Nous voyons enfin de la lumière au bout du tunnel, avec les vaccinations en hausse, la baisse des taux d'infection et la levée des restrictions de déplacement", a indiqué Dara Khosrowshahi, le patron du groupe californien, lors d'une conférence téléphonique avec des analystes.

* Peloton Interactive, l'un des chouchous de Wall Street pendant le confinement, grâce à ses vélos d'appartement et ses tapis de marche connectés, subit une véritable descente aux enfers depuis quelques semaines à Wall Street. Le titre, qui avait été multiplié par 8 entre mars et décembre 2020 (passant de 20$ à plus de 160$), a abandonné la moitié de sa valeur depuis le début de l'année. Mercredi soir, il a terminé à 82,03$, un plongeon de 14,6%, après le rappel d'un de ses tapis de course suite à de nombreux accidents.

Peloton a ainsi annoncé mercredi le rappel de 125.000 tapis de course (Tread+) après le décès d'un enfant et de 29 cas de blessures chez des enfants qui ont été happés par l'appareil. En outre, 1.050 tapis d'un autre modèle (Tread) ont été rappelés préventivement en vue d'être modifiés pour en améliorer la sécurité. Leurs écrans risquaient de se détacher avec un risque de blesser leurs utilisateurs.

La compagnie avait admis le 18 mars dernier qu'un enfant avait été trouvé la mort en lien avec le tapis Tread+, à la suite de quoi, l'agence américaine chargée de la sécurité des produits (la CPSC) avait demandé le 17 avril à la société le retrait de ces tapis de course. Dans un premier temps, Peloton avait résisté à la demande de la CPSC, en jugeant son avis "inexact et trompeur", insistant sur la sécurité de ses produits s'ils sont utilisés dans le respect des consignes. Mais face à la dégradation de l'image de marque du groupe et à la chute du cours de Bourse, le directeur général de Peloton, John Foley, a reconnu mercredi une "erreur", et a présenté ses excuses pour avoir tardé à agir, expliquant que le rappel de ces produits était "la bonne chose à faire" pour ses clients.

* Honest Co. La société de cosmétiques fondée par Jessica Alba s'est envolée de quelque 44% pour ses débuts à Wall Street mercredi, pour terminer à 23$ à la clôture de Wall Street. L'entreprise de produits de beauté et de soins personnels fondée par l'actrice en 2011 a levé 413 millions de dollars lors de cette IPO, en vendant 25,8 millions d'actions à 16$ pièce. De quoi valoriser Honest Co près de 1,5 milliard de dollars au cours d'IPO, et plus de 2 Mds$ au cours de clôture de ce mercredi. Honest est devenue au fil des années une marque reconnue au niveau national et a conclu des partenariats avec des géants du commerce de détail, dont Target et Amazon.com. En forte croissance, la société n'est cependant toujours pas rentable. L'an passé, elle a essuyé une perte de 14,5 M$ pour des revenus de 300,5 M$, en hausse de 28%.

* Pfizer. Les fabricants de vaccins contre le COVID-19 devraient êtres sous pression après la proposition américaine d'une levée des protections de la propriété intellectuelle pour les vaccins anti-COVID. "Il s'agit d'une crise sanitaire mondiale, et les circonstances extraordinaires de la pandémie de Covid-19 appellent à des mesures extraordinaires", a affirmé la représentante américaine au Commerce, Katherine Tai. L'Union européenne est prête à discuter de la proposition américaine, a de son côté déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

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