Cotation du 18/07/2019 à 20h17 Dow Jones Industrial -0,22% 27 159,73
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Wall Street incertain, le ralentissement économique se confirme

Wall Street incertain, le ralentissement économique se confirme
Wall Street incertain, le ralentissement économique se confirme
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine s'affiche désormais en ordre dispersé ce mercredi, hésitante après des statistiques très mitigées. Le DJIA prend actuellement 0,24% à 25.393 pts, alors que le Nasdaq cède 0,26% à 7.508 pts. Le S&P500 avance de 0,15% à 2.807 pts. Les opérateurs prennent connaissance ce jour de très maigres chiffres de l'emploi privé américain publiés par ADP, ainsi que de chiffres contradictoires concernant l'activité américaine dans les services. L'indice dollar, mesurant les fluctuations du billet vert face à un panier de devises, décline de 0,1% désormais à 96,9.

Sur le Nymex, le baril de brut WTI retombe de 4% à 51,4$. D'après le Département américain à l'énergie, les stocks de brut domestiques, hors réserve stratégique, ont bondi de 6,8 millions de barils lors de la semaine close le 31 mai, à 483,3 millions de barils. Le consensus tablait sur un repli de 0,6 mb. Les stocks d'essence ont quant à eux progressé de 3,2 millions de barils, alors que les stocks de produits distillés ont grimpé 4,6 millions de barils. Les cours du brut creusent leurs pertes après la publication de ces données américaines.

La bourse de New York s'était envolée hier de plus de 2%, les marchés spéculant sur une baisse des taux suite aux propos du président de la Fed Jerome Powell. Ce dernier a indiqué mardi que la banque centrale américaine agirait de manière "appropriée" face aux risques nés des tensions commerciales. Une légère détente s'est justement produite sur ces dossiers commerciaux mardi. D'une part, le président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador s'est dit confiant dans la possibilité de parvenir à un accord avec Washington afin d'éviter des taxes à partir du 10 juin... D'autre part, la Chine a légèrement adouci le ton : le ministère du Commerce a appelé à renouer le dialogue en vue de résoudre les différends avec les Etats-Unis... Enfin, Trump a évoqué hier, lors d'une conférence de presse avec Theresa May, la possibilité d'un accord commercial "phénoménal" avec le Royaume-Uni, dès que ce dernier sera sorti de l'UE.

Dans ce contexte d'anxiété sur la croissance, tous les regards se tournent vers la Réserve fédérale, dont les marchés attendent massivement non pas une, mais plusieurs baisses de taux cette année, afin de soutenir une économie fragilisée. Mardi, le président de la Fed, Jerome Powell, a assuré que la Banque centrale allait faire le nécessaire pour soutenir la croissance américaine. Powell affirme que la Fed "surveille de près" les développements liés à la guerre commerciale et leurs implications économiques.

La prochaine réunion de politique monétaire de la Fed se déroulera les 18 et 19 juin prochains. La probabilité de statu quo vient de diminuer fortement à 69% ce jour suite au rapport sur l'emploi d'ADP (contre 82% auparavant pour une fourchette maintenue à 2,25-2,5%), alors que celle d'un assouplissement d'un quart de point (à 2-2,25%) atteint maintenant près de 32% selon l'outil FedWatch du CME Group. Ce même outil, qui reflète l'évolution des contrats à terme sur les 'fed funds', montre que les marchés tablent désormais sur plusieurs baisses de taux cette année. A l'issue de la réunion du 11 décembre, la dernière de l'année, le taux des fonds fédéraux aurait 10% de chances d'évoluer entre 2 et 2,25% (baisse de taux d'un quart de point), 27,9% de s'afficher entre 1,75 et 2% (baisse d'un demi-point), 35,8% de chances de ressortir entre 1,5 et 1,75% (baisse de trois quarts de point) et 20,8% de chances de s'établir entre 1,25 et 1,50% (baisse d'un point en comparaison des niveaux actuels).

Les créations d'emplois dans le secteur privé non-agricole américain pour le mois de mai 2019 sont ressorties extrêmement faibles, au nombre de 27.000, contre un consensus de place de 175.000 et un niveau révisé - en légère baisse - à 271.000 pour le mois d'avril 2019. Il s'agit donc d'une très mauvaise nouvelle sur le front économique aux Etats-Unis. Dans le détail, les petites entreprises américaines ont détruit 52.000 postes en mai, alors que les entreprises de taille moyenne ont créé 11.000 emplois. Les grandes entreprises, enfin, ont généré 68.000 postes. Le secteur de la production de biens a supprimé 43.000 emplois, tandis que le secteur des services a créé 71.000 postes.

L'indice Markit PMI final des services américains pour le mois de mai 2019 est ressorti à 50,9, en ligne avec le consensus des économistes de la place et conforme à sa lecture initiale. L'indice composite américain final du mois de mai est également situé à 50,9, conforme au consensus, contre 53 au mois d'avril. Ces chiffres sont plutôt préoccupants, puisqu'ils traduisent un ralentissement de l'expansion américaine en mai, au plus bas depuis cinq ans et demi si l'on excepte le mois de février 2016.

L'indice ISM des services américains pour le mois de mai 2019 est ressorti quant à lui largement supérieur aux attentes de marché, à 56,9 contre 55,8 de consensus et 55,5 un mois avant. L'ISM montre donc une accélération de la croissance dans les services aux USA en mai 2019, alors que l'indice Markit PMI final des services traduit au contraire un ralentissement de l'expansion de l'activité.

Sur le front commercial, le président mexicain s'est montré optimiste mardi, alors que Donald Trump a prévu de taxer à 5% les produits mexicains importés dès le 10 juin, puis de monter progressivement jusqu'à 25% si Mexico n'agit pas davantage pour contrôler les flux de migrants vers les Etats-Unis. Andrés Manuel Lopez Obrador a déclaré mardi qu'il s'entretiendrait avec Donald Trump "si nécessaire" pour régler ce problème. Mexico a envoyé à Washington une délégation, menée par le ministre des Affaires étrangères Marcelo Ebrard, pour négocier avec les responsables américains. Selon le président Obrador, "les pourparlers se passent bien (...) Je suis optimiste. Je pense que la rencontre de demain (mercredi avec le secrétaire d'Etat Mike Pompeo) va être importante et que nous trouverons un accord avant le 10 juin".

Par ailleurs, la Chine s'est montrée plus souple mardi, après une semaine de rhétorique musclée entre Pékin et Washington... Le ministère chinois du commerce a appelé a un dialogue continu pour résoudre les différends commerciaux. La Chine "continue de penser que les différends et les frictions entre les deux parties devraient à la fin se résoudre via le dialogue et la consultation". Toutefois, "les consultations doivent être basées sur le respect mutuel, l'égalité et le bénéfice mutuel" des parties en présence, a ajouté le ministère.

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin doit s'entretenir avec le gouverneur de la Banque populaire de Chine et aura d'autres entretiens bilatéraux en marge du G20. En revanche, la rencontre au sommet attendue entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping à l'occasion du G20 d'Osaka au Japon demeure incertaine.

Les valeurs

Salesforce.com (+3%) a dépassé les attentes de bénéfices pour le premier trimestre fiscal et dopé ses prévisions pour l'exercice 2020, avec la progression des revenus 'cloud'. Le géant des logiciels CRM a annoncé un bénéfice net trimestriel de 392 M$ soit 49 cents par titre, contre 344 M$ un an avant. Le bpa ajusté, de 93 cents, est à comparer à un consensus de 61 cents.

GameStop (-37% !) s'effondre, affecté par la chute des ventes de consoles, alors que PS4 et Xbox One s'affichent en fin de cycle. Le détaillant a annoncé un bénéfice du premier trimestre de 7 M$ et 7 cents par titre, contre 28 M$ un an avant. Le bpa ajusté est également ressorti à 7 cents, pour de revenus en vif déclin à 1,55 Md$. Le consensus était de 3 cents de perte ajusté par titre et 1,64 Md$ de revenus. Le groupe table, pour 2019, sur une chute des ventes de 5 à 10%. Il a par ailleurs 'coupé' son dividende.

American Eagle (+3%). La chaîne américaine de vêtements a publié des revenus record pour le premier trimestre. Sur le trimestre clos début mai 2019, le bpa s'est élevé à 23 cents, alors que le bpa ajusté a augmenté de 4% à 24 cents. Les revenus totaux se sont appréciés de 8% à 886 millions, alors que la croissance à comparable a représenté 6%.

Campbell Soup (+9%) a relevé ses prévisions annuelles. Le groupe table désormais sur un bénéfice ajusté annuel par action allant de 2,50 à 2,55$. Sur le troisième trimestre fiscal, clos fin avril, le bénéfice net part du groupe a représenté 84 M$ soit 28 cents par titre, contre une perte de 393 M$ et 1,31$ par action un an auparavant. Le bpa ajusté a représenté 56 cents, contre 47 cents de consensus.

Brown-Forman (+2%), connu pour sa marque Jack Daniel's, a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal clos fin avril 2019 un bénéfice net de 159 M$ et 33 cents par titre, contre 110 M$ un an avant. Le consensus était de 30 cents de bpa. Les revenus ont augmenté de 1% à 744 millions, contre 762 millions de consensus. Sur l'exercice 2020, la compagnie envisage un bpa allant de 1,75 à 1,85$.

Ford Motor (-2%). Les autorités chinoises ont infligé une amende de 163 millions de yuans à la coentreprise formée par Ford et Changan Automobile pour infraction au droit de la concurrence.

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