Cotation du 18/12/2018 à 22h56 Dow Jones Industrial +0,35% 23 675,64
  • DJIND - US2605661048

Wall Street incertain, espoirs commerciaux douchés

Wall Street incertain, espoirs commerciaux douchés
Wall Street incertain, espoirs commerciaux douchés
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street, qui rebondissait hier sur des espoirs de discussions productives entre USA et Chine (+0,83% sur le DJIA et +1,72% pour le Nasdaq), se montre nettement plus incertain ce vendredi. Un responsable senior de l'administration Trump, se confiant à Reuters, a tempéré les ardeurs des investisseurs en laissant entendre qu'aucun accord majeur ne serait pour l'heure possible. Le DJIA grappille 0,37% ce vendredi à 25.383 pts, alors que le Nasdaq perd 0,19% à 7.245 pts. Le S&P500 avance de 0,2% à 2.735 pts. Nvidia et Applied Materials pèsent sur les segments technologiques de la cote, après leurs trimestriels respectifs.

L'indice dollar mesurant l'évolution du billet vert face à un panier de 6 devises de référence, reperd désormais 0,4% à 96,4, après avoir abordé en milieu de semaine ses meilleurs niveaux depuis un an et demi (en attendant la quatrième hausse annuelle des taux de la Fed anticipée pour le 19 décembre).

Le conflit avec la Chine perdure

Un responsable de l'administration américaine, cité par l'agence, a affirmé que la réponse écrite de Pékin aux demandes US de réforme commerciale ne devrait pas déclencher d'avancée décisive dans les négociations entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping plus tard ce mois. La Chine a fourni ce document à l'administration Trump plus tôt cette semaine, après des mois de demandes insistantes de la part des responsables américains. Il s'agissait d'obtenir de la part de Pékin des engagements suffisants pour relancer les négociations commerciales au plus haut niveau... Le fait que Pékin réponde constituait une bonne chose. Néanmoins, selon le responsable cité par Reuters, la liste des points non-négociables pour la Chine ne serait pas acceptable pour les USA. De plus, la liste globale fournie par Pékin doit être prise avec des pincettes, selon le responsable, qui rappelle que la Chine s'était précédemment engagée à des réformes économiques et commerciales sans finalement donner suite.

Les plans américains restent inchangés

De son côté, le Représentant américain au commerce Robert Lighthizer a démenti hier les rumeurs selon lesquelles il aurait fait état à certains dirigeants industriels de la suspension - durant les discussions - du nouveau volet de prélèvements douaniers imposés aux importations chinoises. "Les plans concernant les tarifs douaniers n'ont pas évolué du tout. Tous les rapports suggérant le contraire sont incorrects", a tranché Lighthizer.

Rappelons que Trump a imposé des droits de douane de 250 milliards de dollars sur les importations chinoises pour contraindre Pékin à des concessions sur le plan commercial. La Chine a réagi en appliquant des droits d'importation supplémentaires sur des produits américains représentant environ 110 milliards de dollars... Le taux appliqué à 200 milliards de dollars de marchandises chinoises devrait passer de 10% à 25% le 1er janvier. Trump a également menacé d'imposer des droits de douane supplémentaires à toutes les importations chinoises restantes, d'une valeur d'environ 267 milliards de dollars.

Faux espoir

Hier, la cote américaine était pourtant remontée grâce, justement, aux espoirs commerciaux, alors que la Chine et les Etats-Unis ont repris le dialogue, selon le porte-parole du ministère chinois au Commerce Gao Feng. Ce dernier évoquait même des discussions "à haut niveau" sur les questions commerciales, sans fournir plus de détails... Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping doivent se rencontrer à la fin du mois en marge du sommet du G20 en Argentine.

Le 'Wall Street Journal' avait déjà affirmé plus tôt cette semaine que le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin s'était entretenu par téléphone avec le vice-Premier ministre chinois Liu He - sans avancée notable toutefois. Donald Trump et Xi Jinping doivent quant à eux s'entretenir à la fin du mois en marge du G20 en Argentine pour tenter de trouver une issue au conflit commercial. Enfin, le conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, a indiqué cette semaine que les USA et la Chine discutaient 'à tous les niveaux' du gouvernement.

Les prix du pétrole remontent !

L'accalmie se confirme pour les cours du brut, avec les espoirs de coupes dans la production de l'Arabie saoudite et de certains autres pays. Après une chute de l'ordre de 7% des prix du pétrole mardi, la tendance est désormais un peu plus résistante. Le baril de brut WTI (contrat de décembre) se refait de 2,2% ce vendredi à 57,7$, alors que le baril de Brent avance de 2% à 68$. L'Arabie saoudite avait indiqué lundi envisager de réduire de 500.000 barils par jours sa production dès décembre pour tenter d'enrayer le plongeon des cours, et avait précisé que l'Opep et ses alliés étaient d'accord sur le principe d'une baisse totale de 1 million de barils par jour... Selon les sources de Reuters, l'OPEP et ses partenaires discuteraient maintenant d'une coupe allant jusqu'à 1,4 million de barils par jour de leur production pour l'année 2019.

Il s'agit de la troisième séance de progression des prix du pétrole, ce qui devrait permettre de limiter les pertes hebdomadaires. Les rumeurs persistent à propos des plans de l'Arabie et de l'OPEP, la Russie étant également susceptible d'infléchir sa position en accompagnant la baisse de production espérée... De leur côté, les stocks pétroliers domestiques hebdomadaires américains sont ressortis hier en vive hausse de plus de 10 millions de barils, ce qui aurait dû en principe peser sur les prix. Cela n'a pas été le cas. Plusieurs spécialistes ont évoqué une nouvelle déjà 'pricée'.

Powell et Draghi voient un ralentissement (léger ou ponctuel)

Jerome Powell, le Président de la Fed, qui s'exprimait avant-hier soir à Dallas sur différentes questions économiques nationales ou mondiales, a manifesté sa prudence face à la conjoncture actuelle. "Vous voyez toujours une solide croissance, mais vous voyez des signes croissants d'une sorte de ralentissement", a ainsi jugé Powell. Le patron de la Banque centrale américaine et ses équipes étudient attentivement cette légère décélération de croissance. Powell a nuancé toutefois son propos, estimant qu'il ne s'agirait pas là d'un "terrible ralentissement".

Ce contexte économique ne semble pas remettre pour l'heure en question la politique monétaire de la Fed, alors que les spécialistes anticipent très majoritairement une nouvelle hausse des taux d'un quart de point le 19 décembre (probabilité de 72,3% selon FedWatch - CME Group). Il s'agirait de la quatrième et dernière hausse des taux de l'année 2018. Le taux des fonds fédéraux serait alors logé entre 2,25% et 2,50%. Les économistes tablent ensuite sur un statu quo lors de la réunion du 30 janvier 2019. En revanche, la réunion du 20 mars pourrait accoucher d'une hausse d'un quart de point supplémentaire (probabilité de 41% d'un taux de 2,50 à 2,75%)... Powell est resté prudent, comme à son habitude, mais se dit tout de même "très satisfait" de l'état actuel de l'économie. "Notre politique est l'une des raisons pour lesquelles notre économie est dans une aussi bonne situation actuellement", a revendiqué Powell, vivement critiqué par Trump pour sa politique monétaire jugée trop dure.

Powell a évoqué le risque d'un ralentissement de la croissance américaine dans les prochaines années, à mesure que s'amenuiseront les effets des mesures de relance fiscale et de dépenses d'investissement de l'administration en place. Pour l'heure, l'économie américaine est cependant "très forte", selon le dirigeant, qui constate qu'elle reste "plus forte que celles de nombreuses autres puissances majeures". La robustesse des USA peut toutefois peser sur certains marchés émergents victimes du dollar fort... Powell a enfin relevé la récente correction intervenue sur les marchés financiers, sans toutefois s'en alarmer à l'excès. La chute des bourses pourrait avoir un effet sur les conditions financières ralentissant la croissance, admet Powell, qui ne désire toutefois pas pour l'heure modifier ses plans monétaires.

Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, s'exprimant ce jour devant le Congrès bancaire européen, a affirmé pour sa part que le cycle de croissance était solide malgré un creux temporaire. Le patron de la BCE souligne cependant que la reprise de l'inflation pourrait être plus lente que prévu, selon des commentaires relayés par Reuters.

"Si les entreprises commencent à devenir plus incertaines quant aux perspectives de croissance et d'inflation, la compression des marges pourrait s'avérer plus persistante", a dit le dirigeant, cité par l'agence. "Cela affecterait la rapidité de la remontée de l'inflation sous-jacente et donc l'évolution de l'inflation que nous nous attendons à observer au cours des prochains trimestres", a affirmé Draghi, selon lequel les incertitudes ont augmenté concernant les perspectives de moyen terme. Draghi a confirmé anticiper un arrêt en décembre du programme de rachats de 2.600 MdsE d'obligations de la BCE.

Production industrielle en légère hausse

La production industrielle américaine du mois d'octobre 2018 a progressé de 0,1% en comparaison du mois antérieur, selon la Fed ce vendredi. Le consensus des économistes de la place était de +0,2% sur la période. La croissance de la production pour le mois de septembre a pour sa part été révisée en baisse à +0,2%, contre +0,3% auparavant estimé. La production manufacturière américaine a grimpé de 0,3% au mois d'octobre 2018, par rapport au mois précédent, en ligne avec les attentes de marché.

Enfin, le taux d'utilisation des capacités de production pour le mois d'octobre est ressorti à 78,4%, contre 78,2% de consensus de place et 78,5% un mois auparavant. Le taux d'utilisation des capacités pour le mois de septembre avait précédemment été estimé à 78,1%, avant la révision en hausse du jour.

Viacom a publié ce jour ses comptes trimestriels. Applied Materials et Nvidia annonçaient hier soir.

Nvidia (-17%) s'effondre à Wall Street, suite aux derniers résultats financiers. Le groupe a publié pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice net de 1,23 milliard de dollars et 1,97$ par action, contre 838 millions de dollars et 1,33$ par titre un an auparavant. Sur une base ajustée, hors compensations en actions, le bénéfice par action s'est élevé à 1,84$ sur le trimestre clos, contre un consensus de 1,93$. Les revenus trimestriels sont ressortis à 3,18 milliards de dollars, contre 2,64 milliards un an avant et 3,24 milliards de consensus. Pour le quatrième trimestre, les prévisions sont également trop courtes, le chiffre d'affaires étant attendu entre 2,65 et 2,75 milliards de dollars, contre 3,4 Mds$ de consensus.

Les produits de minage de cryptomonnaies de la compagnie ont lourdement souffert, ce qui confirme la tendance déjà observée sur le trimestre antérieur. Ce segment de revenus est directement corrélé au prix des 'cryptos', qui n'a cessé de décliner durant les mois récents. "Nos résultats de court terme reflètent les stocks excédentaires après le boom des crypto-devises", commente le CEO de Nvidia, Jensen Huang. Le dirigeant estime qu'il faudra encore un ou deux trimestres pour digérer ce stock excédentaire.

Applied Materials (-3%) a dévoilé hier soir ses comptes du quatrième trimestre fiscal. Le résultats net ressort à 876 M$ (0,89$ par action), contre 982 M$ (0,91$ par action) un an avant. Le bénéfice par action ajusté ressort à 0,97$, contre 0,93$ sur la même période de l'exercice précédent. Les revenus s'élèvent à 4,01 Mds$, contre 3,99 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,97$, pour des revenus de 4 Mds$. Sur le trimestre actuel, le groupe vise un bpa compris entre 0,75 et 0,83$, pour des revenus entre 3,56 et 3,86 Mds$. Le consensus de place est logé à 0,92$ de bpa, et à près de 3,9 Mds$ de revenus.

Nordstrom (-13%) a présenté ses comptes du troisième trimestre. Les bénéfices sont de 67 M$ (0,39$ par action), contre 114 M$ (0,67$ par action) un an avant. Les revenus s'élèvent à 3,75 Mds$, contre 3,63 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,67$, pour des ventes de 3,7 Mds$. A magasins comparables, les ventes montent de 2,3%, en ligne avec le consensus. Sur l'exercice, le groupe vise des revenus compris entre 15,5 et 15,6 Mds$ (contre une précédente fourchette de 15,4 et 15,5 Mds$, et 15,9 Mds$ de consensus). Le bpa est quant à lui attendu entre 3,55 et 3,65$ (contre une précédente fourchette de 3,50/3,65$).

Williams-Sonoma (-11%) a annoncé ses résultats du troisième trimestre. Les profits sont de 81,5 M$ (1$ par action), contre 71,3 M$ (0,84$ par action) un an avant. En non-GAAP, le bénéfice par action ressort à 0,95$. Les revenus montent de 4,4% à 1,36 Md$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,94$, pour des revenus de 1,37 Md$. Sur l'exercice, le groupe vise des revenus compris entre 5,565 et 5,665 Mds$, pour un bpa logé entre 4,26 et 4,36$.

Intel (+1%) dope de 15 milliards de dollars ses plans de rachat d'actions. Ainsi, le conseil d'administration du géant des processeurs a validé ces nouveaux rachats, qui s'ajoutent aux 4,7 milliards qui restaient dans le cadre de la précédente autorisation. Le groupe rappelle qu'il a restitué 177 milliards de dollars aux actionnaires par dividendes et rachats de titres de 1990 à nos jours.

Viacom (-1%) a publié ses comptes du quatrième trimestre fiscal. Les revenus grimpent de 5% en glissement annuel, à 3,48 Mds$. Le résultat net s'affiche à 394 M$ (0,98$ par action), contre 674 M$ (1,67$ par action) un an plus tôt. Le bpa non-GAAP ressort à 0,99$, contre 0,77$ un an avant. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,96$, pour des revenus de 3,37 Mds$.

Tesla (+2%). Elon Musk a affirmé sur Twitter que Tesla avait acquis de nouvelles capacités de transport par camion afin de s'assurer que les Model 3 puissent être livrés aux Etats-Unis le 31 décembre, pour une commande au 30 novembre. Interrogé par Frederic Lambert du site spécialisé Electrek, à propos de ces "capacités", Musk a ajouté que son groupe avait acquis... "quelques compagnies de transport routier" et sécurisé des contrats avec des transporteurs majeurs afin d'éviter toute pénurie, comme cela avait pu se produire le trimestre passé.

©2018,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com