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Wall Street ignore superbement le risque évident d'inflation

Wall Street ignore superbement le risque évident d'inflation
Wall Street ignore superbement le risque évident d'inflation
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine affiche une incroyable résistance ce mercredi avant bourse, dans le vert après des chiffres alarmants des prix à la production et une intervention passable de Jerome Powell. Le DJIA gagne tout de même 0,3% et le S&P 500 0,4% en pré-séance, alors que le Nasdaq progresse de 0,7% ! Le baril de brut WTI s'adjuge 0,2% sur les 75$, alors qu'un accord semble être en vue au sein de l'OPEP+. Les Émirats arabes unis auraient ainsi trouvé un compromis pour résoudre le conflit qui les oppose aux autres membres du cartel... L'once d'or progresse de 1,1% à 1.830$. L'indice dollar recule de 0,3% face à un panier de devises. Le bitcoin se stabilise à 32.300$ sur CoinMarketCap, sans réelle évolution sur 24 heures. Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond US à 10 ans évolue à 1,37% et le 30 ans à un peu plus de 2%.

Jerome Powell intervient ce jour et demain devant le Congrès à l'occasion de son témoignage semi-annuel de politique monétaire. Le président de la Fed admet une hausse "notable" de l'inflation, qui devrait selon lui rester élevée durant les prochains mois. Il indique que la banque centrale américaine reste prête à ajuster sa politique si l'inflation augmente trop fortement. Néanmoins, il anticipe toujours un retour ultérieur au calme et une stabilisation. D'après son analyse, l'inflation devrait rester élevée cette année puis se modérer.

Le leader de la Fed constate par ailleurs la hausse des valorisations des actifs, mais ne s'alarme pas et évoque "des niveaux généralement solides" de stabilité financière. Les discussions concernant le tapering, la réduction des achats d'actifs de la Fed actuellement logés à 120 milliards de dollars par mois, devraient se poursuivre lors des prochaines réunions. Powell souligne que la banque fournira "un préavis" avant d'annoncer toute décision d'apporter des changements. Le timonier de la Fed juge que la croissance américaine devrait atteindre cette année son plus haut niveau depuis des décennies. Powell souligne bien toutefois que le marché américain du travail est loin du niveau requis pour procéder au tapering. La Fed veut donc observer des progrès supplémentaires de ce point de vue avant d'agir et de réduire son soutien à l'économie. Cela semble rassurer les marchés, qui ne 'pricent' pas pour l'heure l'hypothèse d'une inflation durablement haute.

Pour Powell, il reste beaucoup de chemin à faire sur le marché de l'emploi, qui est à 7,5 millions de postes de son niveau pré-pandémique, les difficultés affectant particulièrement les travailleurs à bas salaires et les minorités. Le taux de participation à la force de travail reste en outre déprimé, note Powell.

Notons par ailleurs que Steve Mnuchin, ancien Secrétaire américain au Trésor, a jugé pour sa part que l'inflation n'était pas transitoire et qu'il fallait que la Fed procède au tapering sans attendre. Le patron de BlackRock a lui aussi jugé que la hausse des prix allait durer.

Les choses se compliquent vraiment concernant l'inflation aux États-Unis, n'en déplaise à Jerome Powell. L'indice des prix à la production pour le mois de juin a progressé de 1% en comparaison du mois antérieur selon le rapport du jour, alors que le consensus des économistes était de 0,5%. En glissement annuel, l'indice des prix à la progression s'envole de 7,3% contre 6,8% de consensus. Hors alimentaire et énergie, le PPI américain s'est apprécié de 1% en comparaison du mois de mai, deux fois plus que prévu. Il augmente de 5,6% en comparaison de l'an dernier, contre 5,1% de consensus.

Les chiffres de l'inflation américaine publiés hier sont ressortis également préoccupants : Ainsi, l'indice US des prix à la consommation du mois de juin a grimpé de 0,9% en comparaison du mois antérieur, bien plus que prévu puisque le consensus était de +0,5%. L'indicateur ajusté, hors alimentaire et énergie, a lui aussi progressé de 0,9% par rapport au mois précédent, contre 0,4% de consensus. Le CPI monte donc de 5,4% en glissement annuel, contre 4,9% de consensus. Le CPI ajusté, hors éléments volatils, augmente de 4,5% par rapport à l'an dernier, contre 4% de consensus... Ainsi, les prix à la consommation aux Etats-Unis ont affiché là leur plus forte hausse en 13 ans !

Les investisseurs prendront aussi connaissance aujourd'hui de l'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta du mois de juillet (3% en juin), du rapport hebdomadaire du Département à l'Energie sur les stocks pétroliers domestiques pour la semaine close au 9 juillet (16h30), ou encore du Livre Beige de la Fed - résumé des conditions économiques récentes par région (20 heures). Neel Kashkari, qui dirige la Fed de Minneapolis, s'exprimera par ailleurs ce jour.

Demain jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage seront à suivre. Les indices manufacturiers régionaux des Fed de Philadelphie et New York pour le mois de juillet seront aussi publiés. Les prix à l'import et à l'export seront annoncés. Les marchés suivront par ailleurs les chiffres de la production industrielle américaine. Powell interviendra pour le deuxième jour consécutif jeudi. Charles Evans aura aussi son mot à dire.

Dans l'actualité des entreprises ce mercredi à Wall Street, Delta Air Lines, Bank of America, BlackRock, Citigroup, Wells Fargo, Charles Schwab et PNC, comptent parmi les publications trimestrielles.

Les valeurs

Bank of America a publié pour le second trimestre fiscal un bénéfice en très forte augmentation de plus de 170% avec la reprise des réserves constituées durant la pandémie. Le bénéfice net applicable aux actionnaires ordinaires a atteint près de 9 milliards de dollars et 1,03$ par action, contre 3,3 milliards de dollars et 37 cents par titre un an avant. Le consensus était de 77 cents de bénéfice par action. La seconde banque américaine par les actifs a repris 2,2 milliards de dollars de réserves durant le trimestre, du fait de l'amélioration de l'économie. Elle avait provisionné 2,7 milliards de dollars sur le trimestre antérieur. Les revenus mondiaux, nets de dépenses d'intérêt, ont régressé toutefois de 4% sur le trimestre à 21,5 milliards de dollars.

Citigroup a dévoilé à son tour ses comptes trimestriels. La banque new-yorkaise a dégagé un bénéfice par action de 2,85$ et des revenus de 17,5 milliards de dollars. Le consensus était de 1,96$ de bénéfice ajusté par action et 17,2 milliards de dollars de revenus. Le groupe a donc largement battu le consensus sur la période. Le ratio Tier 1 common equity se situe à 11,9% contre 11,8% de consensus. La reprise de provisions pour pertes de crédit et autres éléments a été de 1,06 milliard de dollars.

Wells Fargo a retrouvé les bénéfices au second trimestre, aidé par une reprise de provisions de 1,6 milliard de dollars. La banque californienne reste surveillée par les autorités fédérales depuis un scandale remontant à 2016 concernant des millions de comptes fictifs et des pratiques commerciales illégales. La firme a réalisé un bénéfice de 6 milliards de dollars sur le trimestre, 1,38$ par action, contre une perte nette de 3,85 milliards un an plus tôt. Le consensus était de 95 cents de bpa. Les revenus ont augmenté de 11% à 20,27 milliards de dollars.

PNC Financial, le groupe bancaire de Pennsylvanie, a annoncé pour son second trimestre 2021 un bénéfice net de 1,1 milliard de dollars soit 2,43$ par titre. Le groupe évoque notamment la finalisation réussie de l'acquisition de BBVA USA, la forte croissance des revenus de commissions, ainsi que la solide qualité des métriques de crédit. Au second trimestre, les revenus ont été de 4,67 milliards contre 4,08 milliards un an avant. Le bénéfice net des opérations continues a donc dépassé le milliard de dollars, contre une perte de 744 millions de dollars un an avant. Le bpa ajusté a enfin été de 4,5$, contre 3,12$ de consensus. Les revenus étaient attendus à 4,4 milliards de dollars.

BlackRock, le géant américain de la gestion d'actifs, a dépassé les attentes de profits pour son second trimestre et terminé la période avec près de... 9.500 milliards de dollars d'actifs sous gestion. Le résultat trimestriel a grimpé de 28%. Le bénéfice ajusté a représenté 1,55 milliard de dollars soit 10,03$ par titre, contre 1,21 milliard un an avant. Le consensus était de 9,46$ de bpa ajusté. Les revenus ont atteint quant à eux 4,82 milliards de dollars sur le trimestre, en progression de 32%. La collecte nette est ressortie à 81 milliards.

eBay, le géant des enchères en ligne, a signé un accord en vue de la cession d'une participation de 10% dans le spécialiste norvégien des petites annonces Adevinta à Permira. eBay recevra 2,25 milliards de dollars en cash. La finalisation de la cession est attendue d'ici à la fin de l'année, au quatrième trimestre, une fois les approbations usuelles sécurisées.

Broadcom ne discuterait plus du rachat de SAS Institute, indique le Wall Street Journal. Selon le WSJ, les fondateurs de SAS, éditeur software de Caroline du Nord, auraient en effet changé d'avis à propos de la cession potentielle, ce qui aurait mis un terme aux négociations. Une transaction aurait fait ressortir une valeur d'entreprise de 15 à 20 milliards de dollars, d'après le journal.

Amazon, le colosse américain du e-commerce, a racheté un groupe spécialisé dans l'Internet par satellite provenant du leader des réseaux sociaux Facebook. Ainsi, le groupe de Jeff Bezos aurait acquis une équipe de plus d'une douzaine d'experts de l'Internet wireless, dans le cadre d'un effort visant à renforcer ses lancements de satellites et à offrir des services broadband aux États-Unis et dans d'autres pays. 'The Information' cite à ce sujet un porte-parole de Facebook. Les employés auraient rejoint Amazon en avril.

Apple envisage de produire 90 millions d'iPhone cette année, indique Bloomberg, citant des personnes ayant connaissance de la question, selon lesquelles le groupe de Cupertino disposerait des fournisseurs nécessaires pour mener à bien cette augmentation de 20%. Ces chiffres suggèrent qu'Apple anticipe une demande additionnelle pour son premier lancement d'iPhone depuis le déploiement des vaccins contre le Covid-19. Néanmoins, une source précise que malgré cette requête allant jusqu'à 90 millions de smartphones, les chiffres réels pourraient être moins élevés de quelques millions. Une autre source croit savoir qu'Apple aurait renforcé ses commandes aux fournisseurs du fait des sanctions contre les téléphones Huawei.

Nike compterait parmi les compagnies considérant une offre pour l'acquisition de SpringHill, firme de divertissement de la star de la NBA LeBron James. D'après Bloomberg, SpringHill Co. discuterait avec Nike et d'autres acquéreurs potentiels. The Information rapporte pour sa part, citant des personnes familières de la question, que SpringHill explorerait une cession potentielle susceptible d'atteindre les 750 millions de dollars. Néanmoins, les discussions pourraient déboucher sur un investissement plutôt qu'une vente totale.

Delta Air Lines vient de dévoiler une perte moins importante qu'anticipée au deuxième trimestre. Le partenaire d'Air France-KLM prévoit par ailleurs un troisième et un quatrième trimestres rentables grâce à la reprise 'surprenante' des voyages de loisir et au retour du trafic d'affaires. Le retour espéré de la clientèle d'affaires au second semestre est particulièrement important pour Delta, qui a tiré la moitié de ses revenus passagers des voyages d'affaires en 2019. Sur les trois mois clos fin juin, le transporteur a essuyé une perte nette de 652 millions de dollars ou 1,02$ par action contre 1,44 Md$ et 2,21$ par titre un an plus tôt. En base ajustée, la perte par action ressort à 1,07$ contre -1,38$ de consensus. Les revenus ont reculé de 43% à 7,13 Mds$.

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