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Wall Street hésite, Trump veut faire plier Powell

Wall Street hésite, Trump veut faire plier Powell
Wall Street hésite, Trump veut faire plier Powell
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street hésite ce mercredi, assez prudent avant le verdict de la Fed, et suite au rebond de la veille soutenu justement par les espoirs monétaires (+1,35% sur le DJIA et +1,39% sur le Nasdaq). Le patron de la BCE Mario Draghi s'était montré hier ouvert à l'idée d'une baisse des taux, dans un discours prononcé au Portugal. Les commentaires très souples du président de la Banque Centrale Européenne intervenaient à la veille du verdict monétaire de son homologue américaine, la Fed. De son côté, Donald Trump a relancé les spéculations à propos d'un accord commercial... Le DJIA prend 0,17% ce mercredi à 26.512 pts, alors que le Nasdaq recule de 0,09% à 7.947 pts. Le S&P500 se tasse enfin de 0,01% à 2.917 pts.

La réunion qui se tient depuis hier devrait très probablement déboucher ce soir sur un statu quo. Selon l'outil FedWatch du CME Group, la probabilité actuelle que les taux demeurent inchangés entre 2,25 et 2,50% sur les fed funds à l'issue de la réunion est logée à 75,8%, contre 24,2% pour la probabilité d'un assouplissement monétaire d'un quart de point (ramenant donc les taux entre 2 et 2,25%). Le communiqué monétaire de la Fed est attendu à 20h. Les prévisions économiques du FOMC seront annoncées à la même heure. Enfin, la conférence de presse de Jerome Powell se tiendra à 20h30.

Concernant cette fois la réunion du 31 juillet, la probabilité d'une baisse de taux d'un quart de point s'affiche à 64,7%, contre 16,3% de chances d'un statu quo et 19% de probabilités d'un assouplissement d'un demi-point. A l'issue de la dernière réunion monétaire de l'année, celle du 11 décembre, les taux auraient 30,4% de chances de se situer entre 1,5 et 1,75% (ce qui matérialiserait trois baisses sur l'année) selon l'outil FedWatch, contre une probabilité de 36,7% de s'afficher entre 1,75 et 2% (deux baisses de taux).

Afin de mettre un peu plus la pression sur le président de la Fed Jerome Powell à l'approche du verdict monétaire, Donald Trump s'est livré hier à quelques tweets dont il a le secret : "Mario Draghi vient juste d'annoncer la possibilité d'un stimulus supplémentaire à venir, faisant immédiatement chuter l'Euro contre le Dollar, ce qui leur facilite injustement la compétition avec les USA. Ils s'en sont tirés avec cela pendant des années, comme la Chine et d'autres". Trump a pris note par ailleurs de la réaction positive des marchés boursiers européens aux commentaires de Draghi...

Pire encore, la Maison blanche aurait envisagé selon Bloomberg de rétrograder Jerome Powell au rang de simple gouverneur, lui retirant son poste de président de la Fed. Ainsi, des juristes auraient étudié la question plus tôt cette année, alors que Trump critiquait dans le même temps assez férocement la politique monétaire jugée trop dure du timonier de la Fed. Le président américain avait même jugé que la Banque centrale américaine était devenue 'folle'. Rappelons que le mandat actuel de Powell à la direction de la Fed court en principe jusqu'en 2022. C'est à la demande de Trump que ce dernier avait pris la succession de Janet Yellen. Néanmoins, le leader de la Maison blanche a depuis exprimé à maintes reprises son insatisfaction face au travail de Powell, tentant visiblement de peser sur ses décisions.

Le conseiller Larry Kudlow a affirmé pour sa part que l'administration Trump ne souhaitait pas limoger Powell, sans toutefois commenter les rumeurs à propos de l'étude antérieure d'une rétrogradation...

Hier, Trump a également livré un tweet optimiste concernant les relations commerciales avec la Chine. "J'ai eu une très bonne conversation téléphonique avec le Président Xi de Chine. Nous allons avoir une réunion prolongée la semaine prochaine lors du G-20 au Japon. Nos équipes respectives vont commencer les discussions avant notre meeting", promet donc Trump, qui relance ainsi les spéculations concernant un éventuel accord commercial historique entre Washington et Pékin. Les médias chinois ont d'ailleurs confirmé la rencontre au sommet...

Le baril de brut WTI prend 0,6% ce soir à 54,4$ sur le Nymex. Les cours du pétrole évoluent dans le vert après la publication d'une baisse plus marquée que prévu des stocks de pétrole aux Etats-Unis la semaine dernière. D'après le Département américain à l'énergie, les stocks de brut domestiques, hors réserve stratégique, ont reculé de 3,1 millions de barils sur la semaine close le 14 juin, à 482,4 millions de barils. Le consensus tablait sur un repli de 1,1 mb. Les stocks d'essence ont quant à eux diminué de 1,7 million de barils, alors que les stocks de produits distillés ont baissé de 0,6 million de barils.

Les valeurs

Apple (stable) évaluerait l'opportunité et le coût d'une sortie partielle de Chine, dont le groupe dépend grandement pour son approvisionnement. Il s'agirait plus concrètement, pour le groupe à la pomme, de transférer 15 à 30% de la capacité de production actuellement localisée en Chine dans le cadre d'une restructuration de la chaîne d'approvisionnement.

Le groupe californien de Cupertino aurait ainsi demandé à ses fournisseurs majeurs de mesurer les implications d'une telle décision en matière de coût, croit savoir Nikkei Asian Review ce mercredi. Les capacités de production concernées des fournisseurs seraient alors relocalisées en Asie du Sud-Est. Les fournisseurs en question seraient Foxconn, Pegatron, Wistron, Quanta computer, Compal, Inventec, Goertek et Luxshare-ICT, détaille le Nikkei...

Cette demande supposée d'Apple est évidemment une conséquence directe de l'affrontement commercial entre Washington et Pékin, qui dure depuis de longs mois et fait planer une lourde incertitude. Néanmoins, selon le quotidien Nikkei, une résolution du conflit commercial ne modifierait pas la décision ultime d'Apple sur la question.

Adobe (+5%) a publié ses comptes du second trimestre fiscal. Sur la période, le groupe software et de cloud computing a dévoilé des chiffres supérieurs aux attentes de marché, dopant au passage ses prévisions à court terme. Sur le trimestre clos en mai, le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 1,83$, en croissance de 10% en glissement annuel, contre un consensus de 1,78$. Les revenus du groupe se sont appréciés de 25% à 2,74 milliards de dollars, niveau record. Les revenus d'abonnements cloud ont grimpé de 27%. Le bénéfice net trimestriel s'est élevé à 633 M$ soit 1,29$ par titre, contre 663 M$ un an plus tôt.

Les ventes du trimestre entamé sont attendues quant à elles à 2,8 milliards de dollars, pour un bpa ajusté de 1,95$ en augmentation de 13%. Revues en hausse, ces prévisions n'en demeurent pas moins légèrement inférieures au consensus.

Oracle (-1%), le colosse californien des logiciels d'entreprises, publiera après la clôture de Wall Street ce soir ses comptes pour le quatrième trimestre fiscal 2019. Le groupe devra convaincre les opérateurs, alors que certains doutent visiblement de ses capacités. Macquarie s'est même permis de dégrader la valeur de 'surperformance' à 'neutre' hier, ajustant son objectif de cours de 56 à 55$.

L'analyste de la firme s'inquiète surtout des perspectives du groupe software, qui pourrait par ailleurs couper ses rachats d'actions. Le broker juge en effet que le bilan d'Oracle se détériore, ce qui fait courir le risque d'une dégradation de notation de la dette. Pour Macquarie, Oracle a du mal à exécuter sa stratégie et n'affiche pas auprès des clients de réputation comparable à celles de Microsoft Azure ou Amazon Web Services dans les applications cloud...

Boeing (stable). International Airlines Group (IAG), la maison-mère de British Airways et Iberia, a signé une lettre d'intention portant sur l'achat de 200 737 MAX. La lettre est sujette à un accord formel. La commande, qui atteindrait plus de 24 milliards de dollars au prix catalogue, serait partagée entre des B737MAX8 et des B737MAX10. Des appareils qui seraient livrés entre 2023 et 2027 et seraient équipés de moteurs CFM Leap. Les avions devraient être utilisés par un certain nombre de compagnies aériennes du Groupe, notamment Vueling, LEVEL et British Airways à l'aéroport de Londres Gatwick.

CBS (+1%) envisagerait une nouvelle offre pour l'acquisition de Viacom (+3%), d'après les sources bien renseignées du Wall Street Journal. Des échanges préliminaires auraient déjà eu lieu entre les deux groupes concernant l'éventuelle structure d'un rapprochement. Le WSJ ajoute toutefois qu'un accord n'est pas acquis, les discussions pouvant en particulier achopper sur la question cruciale du prix. En cas d'offre effective, il s'agirait de la troisième tentative de combinaison entre les deux groupes.

Jabil (+11%) gagne du terrain à Wall Street. Le sous-traitant de production électronique a annoncé des bénéfices supérieurs aux attentes de marché pour son troisième trimestre fiscal, ainsi que des revenus en croissance. Sur le trimestre, les revenus ont totalisé 6,1 Mds$, pour un bpa GAAP de 28 cents et un bénéfice ajusté par action de 57 cents.

Alphabet (-1%). Certains actionnaires activistes de la maison-mère de Google entendraient la forcer à procéder à une scission pure et simple de ses activités, avant que les autorités ne l'exigent. Une ONG américaine devrait ainsi présenter une motion dans ce sens lors de l'assemblée générale du groupe prévue ce mercredi à Sunnyvale, croit savoir l'agence Reuters.

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