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Wall Street hésite, après une avalanche de 'stats' et de trimestriels

Wall Street hésite, après une avalanche de 'stats' et de trimestriels
Wall Street hésite, après une avalanche de 'stats' et de trimestriels
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street demeure incertain ce jour, au milieu d'un déluge de publications économique et financières, et malgré l'annonce de solides ventes de détail pour le mois de mars aux USA. Le DJIA prend 0,18% actuellement à 26.499 pts, mais le Nasdaq perd 0,33% à 7.969 pts. Le S&P500 régresse de 0,17% à 2.896 pts. Sur le marché des changes, l'indice dollar prend 0,4% à 97,4, après les mauvais indicateurs économiques européens, contrastant avec des chiffres américains assez robustes dans l'ensemble. Sur le Nymex, le baril de brut WTI consolide de 0,2% à 63,7$.

Vive progression de la consommation

Les ventes de détail aux Etats-Unis pour le mois de mars 2019 n'ont pas déçu, bien au contraire. Selon le rapport gouvernemental du jour, elles ont affiché une forte croissance de 1,6% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de +0,9%. Hors automobile, les ventes de détail ont grimpé de 1,2% par rapport au mois de février, contre +0,7% de consensus de place et -0,2% pour la lecture révisée du mois de février. Enfin, hors automobile et essence, les ventes ont augmenté de 0,9% par rapport au mois antérieur, contre +0,4% de consensus et -0,7% pour le mois de février.

Chiffres solides de l'emploi

Le Département US au Travail a pour sa part annoncé des inscriptions hebdomadaires nouvelles au chômage au plus bas depuis 1969, sur un rythme ajusté des variations saisonnières, en baisse de 5.000 sur la semaine passée à 192.000. Le consensus tablait sur 205.000.

PMI composite américain mitigé

L'indice PMI composite flash américain du mois d'avril 2019 est ressorti largement inférieur aux attentes, à 52,8 seulement contre un consensus de place de 54,3. L'indicateur manufacturier s'est élevé à 52,4, contre 52,2 de consensus. L'indice des services est ressorti pour sa part à 52,9 contre 55 de consensus de place. Il explique donc la déception sur l'indice composite.

Indicateurs avancés robustes

L'indice des indicateurs avancés américains pour le mois de mars 2019 est ressorti en croissance de 0,4% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de place de +0,3%, et après une augmentation de 0,1% (lecture révisée) pour le mois de février...

Les stocks des entreprises américaines pour le mois de février, qui viennent également d'être publiés à l'instant, sont ressortis en progression de 0,3% en comparaison du mois précédent, en ligne avec le consensus de place.

Nouvelle série de 'trimestriels'

Les publications trimestrielles se poursuivent quant à elles à Wall Street, après les annonces d'Alcoa hier soir. American Express, BB&T, Blackstone, Danaher, Honeywell, Manpower, Philip Morris, Travelers, SunTrust ou Schlumberger, comptent parmi les nombreuses publications ce jeudi.

Pinterest au-dessus de la fourchette prévisionnelle

La journée sera également marquée par l'introduction en bourse de Pinterest. Le média social de partage de photos avait fixé sa fourchette indicative d'introduction à Wall Street entre 15 et 17$. Le groupe a finalement annoncé hier soir un prix d'introduction de 19$ par titre. Le montant de la levée de fonds pourrait aller de 1,4 à 1,6 milliard de dollars, tandis que la valorisation boursière se situe pour l'heure à 12,7 milliards de dollars. Le groupe fait ses premiers pas sur le NYSE (New York Stock Exchange) ce jour sous le symbole 'PINS'. Le groupe de média social va écouler 75 millions de titres - et 11,3 millions de plus si nécessaire.

Pinterest, basé à San Francisco, revendiquait 250 millions d'utilisateurs actifs en septembre dernier. La société monétise son site via des publicités placées entre les photos. Le groupe a été créé en 2008. Deux tiers de ses utilisateurs sont des femmes. Les revenus 2018 s'établissaient à 756 millions de dollars, en croissance de 60%, pour une perte nette réduite à 63 millions de dollars (contre 130 M$ en 2017)... Après l'échec de l'entrée en bourse de Lyft, l'arrivée de Pinterest est un test majeur pour les IPO à Wall Street.

Zoom Video Communications débarque également ce jour à Wall Street. Le titre du spécialiste de la vidéo-conférence est attendu en forte hausse par rapport à un prix d'introduction de 36$. Zoom a levé 751 millions de dollars sur le marché américain via la vente de 20,9 millions de titres. L'opération place la société technologique parmi les plus importantes IPO de l'année outre-Atlantique aux côtés de Lyft, Tradeweb Markets ou encore Pinterest. L'entreprise était valorisée 9,2 Mds$ sur la base de son cours d'IPO.

Rare licorne rentable, Zoom a dégagé un bénéfice net de 7,6 millions de dollars sur son exercice clos fin janvier pour des revenus de 331 M$, comparativement à une perte de 3,8 M$ et à des revenus de 151 M$ un an auparavant.

Les valeurs

Alcoa (-4%) a déçu hier soir par ses publications financières trimestrielles. Le géant américain de l'aluminium a annoncé pour le premier trimestre fiscal une perte ajustée plus lourde que prévu, ainsi que des revenus inférieurs aux attentes. La perte trimestrielle est ressortie à 199 millions de dollars et 1,07$ par titre, contre 195 millions de dollars et 1,04$ par action un an auparavant. Hors éléments, le déficit représente encore 43 millions de dollars et 23 cents par action, contre un bpa positif de 1,01$ un an plus tôt. Les revenus ont reculé pour leur part à 2,7 milliards de dollars, contre 3,1 milliards de dollars un an avant. Le consensus était de 13 cents de déficit ajusté par action pour 2,8 Mds$ de facturations.

Travelers (+3%) grimpe. L'assureur a publié pour le 1er trimestre des profits supérieurs aux attentes, sur de moindres pertes pour catastrophes. Les primes nettes ont augmenté de 3% à 7,06 milliards de dollars. Le bénéfice net trimestriel a grimpé de 19% à 796 millions de dollars, 2,99$ par titre. Le bénéfice ajusté par action a représenté 2,83$, contre un consensus de 2,74$. Le groupe, qui fait partie de l'indice Dow Jones, a affiché pour finir des revenus trimestriels en progression de 5% à 7,7 Mds$.

Honeywell (+3%), colosse industriel américain basé à Charlotte, a annoncé pour son premier trimestre fiscal un bénéfice par action de 1,92$, contre un consensus de 1,83$. Les revenus du groupe ont corrigé de 15% en glissement annuel à 8,9 Mds$ du fait notamment de l'impact des désinvestissements, alors que le consensus était voisin de 8,6 Mds$. Le groupe explique que ses ventes 'ajustées' ont en fait progressé sur l'ensemble des activités restant dans le périmètre, avec une progression toute particulière de 10% sur le segment aéronautique, plus fort contributeur aux revenus.

Pour l'ensemble de l'exercice 2019, le groupe envisage désormais des revenus allant de 36,5 à 37,2 Mds$, contre une fourchette antérieure située entre 36 et 36,9 Mds$. Le bénéfice par action est quant à lui anticipé entre 7,90 et 8,15$, contre une fourchette antérieure allant de 7,80 à 8,10$. Le groupe dispose d'une enveloppe de capitaux de 14 Mds$ qu'il pourra déployer en 2019, sa préférence allant visiblement aux fusions et acquisitions.

American Express (+1%), l'émetteur américain de cartes de crédit, a annoncé pour son premier trimestre fiscal un bénéfice en recul de 5% en glissement annuel, à 1,55 milliard de dollars et 1,80$ par titre, contre 1,63 milliard de dollars et 1,86$ par action un an auparavant. Les revenus excluant les dépenses d'intérêt ont progressé quant à eux de 7% à 10,4 milliards de dollars. Hors éléments non récurrents cette fois, le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 2,01$ par titre contre 1,86$ un an avant, alors que le consensus était de 1,99$. Les revenus sont en revanche ressortis légèrement inférieurs aux attentes de marché, puisque le consensus était plus proche de 10,5 milliards de dollars.

Le groupe a maintenu ses estimations 2019 de bénéfice par action allant de 7,85 à 8,35$, la croissance des revenus étant quant à elle toujours anticipée entre 8% et 10%.

Blackstone (+7%) est attendu en vive progression de 9% avant bourse à Wall Street ce jour, suite aux annonces trimestrielles du géant new-yorkais de l'investissement. Pour son premier trimestre fiscal, la firme a réalisé un bénéfice net de 481 millions de dollars et 71 cents par action, ainsi qu'un bénéfice ajusté par action situé à 44 cents. Les revenus du groupe ont dépassé les 2 milliards de dollars. Le groupe a décidé par ailleurs d'adopter un statut de 'corporation', abandonnant celui de 'partnership'. Le gestionnaire d'actifs entend ainsi attirer de nouveaux investisseurs, ce qui semble plutôt réussi dans l'immédiat, si l'on se fie à la tendance boursière du jour. Le changement prendra effet en juillet.

Schlumberger (-1%), le colosse des services pétroliers, a annoncé pour son premier trimestre, une chute de 20% des bénéfices en glissement annuel, à 421 millions de dollars soit 30 cents par action, contre 525 millions de dollars un an auparavant. Les revenus ont quant à eux peu évolué, à 7,9 milliards de dollars sur la période. Le consensus de place était justement de 30 cents de bénéfice par action, pour 7,8 milliards de revenus. Le groupe a souffert de la faible activité en Amérique du Nord. Le groupe maintient sa prudence concernant les dépenses des groupes pétroliers dans la région. Il confirme ainsi que les investissements des producteurs pétroliers en Amérique du Nord pourraient décliner de 10% en 2019 sur le segment onshore.

BB&T (-2%) a annoncé des comptes supérieurs aux attentes pour le 1er trimestre, contrairement à SunTrust (-2%). Les deux firmes avaient annoncé en février un projet de fusion de 66 milliards de dollars donnant naissance à l'une des toutes premières banques américaines de détail. Le rapprochement s'opèrerait par échange d'actions, les actionnaires actuels de BB&T détenant au final 57% des parts du nouvel ensemble, contre 43% pour ceux de SunTrust. L'entité combinée afficherait environ 442 milliards de dollars d'actifs, 301 milliards de dollars de prêts et 324 milliards de dollars de dépôts. L'établissement entrerait dans le 'top six' des grandes banques américaines...

Sur le trimestre clos en mars, BB&T, firme de Winston-Salem, a réalisé un bénéfice par action de 97 cents. Le bpa ajusté est ressorti à 1,05$, légèrement supérieur au consensus. Le bénéfice de la firme a augmenté légèrement à 792 M$. Les coûts de fusion ont pesé à hauteur de 9 cents par titre. Le groupe d'Atlanta SunTrust a pour sa part fait état d'un profit de 580 M$, en retrait de 10%, pour un bpa de 1,24$ à comparer à un consensus de 1,30$.

ManpowerGroup (+7%). Pour le premier trimestre, le groupe a réalisé un bénéfice de 54 M$ et 88 cents par action, ainsi qu'un bpa ajusté de 1,39$ à comparer à un consensus de 1,35$. Les revenus ont totalisé 5,04 milliards de dollars, contre un consensus de 4,92 milliards. Ainsi, le bénéfice est pratiquement divisé par deux en comparaison de l'an dernier, alors que les revenus déclinent de 9% en glissement annuel.

Philip Morris (-2%). Le groupe a annoncé un bénéfice net trimestriel de 1,35 Md$ et 87 cents par titre pour le trimestre clos, contre 1,56 Md$ un an avant. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 1,09$, contre 1$ un an avant et 98 cents de consensus. Les revenus ont baissé de 2% à 6,8 Mds$, mais se comparent avantageusement à un consensus de 6,7 Mds$. La guidance est prudente, le groupe envisageant un bpa ajusté 2019 inférieur au consensus.

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