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Wall Street hésite, Apple corrige avant la keynote

Wall Street hésite, Apple corrige avant la keynote
Wall Street hésite, Apple corrige avant la keynote
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street demeure incertain ce mercredi, alors que Donald Trump a affirmé hier encore la 'posture très ferme' des Etats-Unis sur le plan commercial, face à son partenaire chinois. Trump a livré ce commentaire devant les reporters à la Maison Blanche, alors qu'il s'exprimait à propos de l'arrivée de l'ouragan Florence sur la côte est des USA. Le DJIA grappille actuellement 0,03% à 25.979 pts, alors que le Nasdaq perd 0,93% à 7.898 pts. Le S&P500 abandonne 0,18% à 2.883 pts... Sur le marché des changes, l'euro se traite à 1,1625$ (+0,2%).

Apple pèse sur le Nasdaq

Apple fléchit de près de 2% avant sa keynote californienne, qui retiendra toute l'attention des investisseurs à partir de 19h. Le titre s'adjugeait 2,5% hier soir avant les annonces. La capitalisation boursière du groupe à la pomme s'affiche actuellement à environ 1.060 milliards de dollars.

Le conflit sino-américain se confirme

L'affrontement commercial entre Washington et Pékin avait pesé sur Wall Street en début de semaine. La Chine va demander la semaine prochaine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), l'autorisation de sanctionner les États-Unis, pour le non-respect par Washington d'une décision dans un différend concernant les droits de dumping américains, explique l'agence Reuters.

Cette requête de la Chine est susceptible d'entraîner des années de querelles juridiques à propos des sanctions éventuelles et de leur montant, estime l'agence. Le conflit en question remonte à 2013, portant sur des industries telles que la machinerie, l'électronique, les métaux et minerais, ou encore l'industrie légère. Ces produits représentent ensemble une valeur annuelle à l'export de 8,4 Mds$.

La Chine l'avait emporté en 2016 devant l'OMC, la décision ayant été confirmée en appel l'an dernier. Le cas concernait la méthode utilisée par le Département américain au commerce pour calculer le niveau du 'dumping' (exportations chinoises à des prix très inférieurs à ceux des produits concurrents fabriqués sur le marché américain). Pékin estime que le mode de calcul avait tendance à gonfler le niveau des prélèvements anti-dumping.

Dans ce contexte, le Président américain Donald Trump fait justement campagne pour réformer l'OMC, et a même promis le mois dernier de quitter l'Organisation si elle ne s'améliorait pas...

Trump poursuit son offensive contre la Chine sur le front commercial. Vendredi, il s'est dit prêt à appliquer des prélèvements douaniers additionnels sur la quasi-totalité des importations chinoises. Autrement dit, l'administration américaine en place menace de taxer 267 milliards de dollars de biens additionnels importés de Chine, alors que des prélèvements supplémentaires étaient déjà programmés sur 200 milliards de dollars de produits. Au total, ce sont donc plus de 500 Mds$ de produits importés de Chine qui seraient menacés. La Chine n'apprécie évidemment pas, promettant des représailles "inévitables", afin de "protéger résolument ses droits légitimes".

Apple a indiqué qu'une partie importante de ses produits, dont notamment l'Apple Watch, allait probablement être affectée par ces droits de douane infligés à la Chine. Les écouteurs AirPods, les casques Beats et l'enceinte HomePod, compteraient également parmi les produits touchés par les taxes additionnelles. Donald Trump s'est montré néanmoins inflexible samedi, proposant plutôt au géant technologique californien... de fabriquer ses produits aux États-Unis pour éviter les surtaxes...

Dans le même temps, les discussions commerciales se poursuivent entre les USA et l'Union européenne. Robert E. Lighthizer, représentant américain au commerce, a qualifié de constructive une réunion avec des responsables européens.

Indices contradictoires de l'inflation

D'après le rapport gouvernemental du jour aux Etats-Unis ce mercredi, l'indice des prix à la production du mois d'août 2018 s'est établi en retrait de 0,1% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de place de +0,2% et une variation nulle un mois auparavant. L'indice des prix à la production considéré hors alimentaire et énergie est également ressorti en baisse de 0,1%, contre +0,2% de consensus et +0,1% au mois de juillet.

Il s'agit donc plutôt d'une bonne nouvelle sur le front de l'inflation aux USA. Rappelons que les derniers chiffres de l'emploi avaient fait ressortir en fin de semaine dernière une vive progression du salaire horaire moyen (+0,4% en août en comparaison du mois antérieur et +2,9% en glissement annuel). Tout signal inflationniste constitue un prétexte supplémentaire pour que la Fed durcisse sa politique monétaire. La Banque centrale américaine doit donner un nouveau tour de vis monétaire le 26 septembre, qui porterait le taux des 'fed funds' entre 2% et 2,25%.

L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois de septembre 2018, qui mesure les anticipations d'inflation à un an du point de vue des entreprises, est ressorti néanmoins en progression à 2,2%, contre 2,1% un mois auparavant. L'indicateur ressort au plus haut depuis le mois d'avril.

Les prix du pétrole rebondissent

Sur le Nymex, le baril de brut WTI (contrat d'octobre) rebondit encore de 2,4% à 70,9$, alors que le baril de Brent avance de 1,2% à 80$... D'après le dernier rapport hebdomadaire dévoilé par le Département à l'Energie américain, les stocks commerciaux de brut, hors réserve stratégique, ont reculé de 5,3 millions de barils lors de la semaine close au 7 septembre, à 396,2 millions de barils. Le consensus tablait sur une baisse bien plus limitée, d'environ 1,3 million de barils. Les stocks d'essence ont eux progressé de 1,3 million de barils, alors que les stocks de produits distillés (gazole et fioul de chauffage) ont augmenté de 6,2 millions de barils.

Enfin, le 'Livre Beige' économique de la Fed, résumé des conditions régionales, sera publié dans la soirée, à 20 heures.

Tesla sous surveillance

Tesla (+2%) reste surveillé. Le titre a reperdu 2,1% hier soir après un bond de 8,5% lundi. La dernière mise au point d'Elon Musk, vendredi soir, concernant les activités du groupe et l'évolution du management, a rassuré. Le titre a consolidé toutefois hier suite à une note peu engageante de Nomura, dont l'analyste Romit Shah a dégradé son conseil d''achat' à 'neutre'.

Malgré l'amélioration des fondamentaux, le broker juge que Tesla a toujours besoin d'un meilleur management. Il s'inquiète en particulier de la forte présence médiatique d'Elon Musk, surtout sur le réseau social Twitter. Cette présence pourrait nuire à la marque Tesla, craint Nomura, qui ramène son objectif à 300$.

"Nous sommes sur le point d'enregistrer le trimestre le plus incroyable de notre histoire, en construisant et en livrant au moins deux fois plus de voitures que durant le trimestre précédent. Pendant un certain temps, il y aura beaucoup d'agitation et de bruit dans les médias. Ignorez-les. Les résultats sont ce qui compte et nous créons la croissance la plus époustouflante de l'histoire de l'industrie automobile. Même le Ford Model T, qui détenait le record mondial de la voiture à la croissance la plus rapide de l'histoire, n'a pas connu une croissance aussi rapide en termes de ventes ou de production que le Model 3", a pour sa part assuré vendredi soir Elon Musk, qui a également nommé le Français Jérôme Guillen, précédemment impliqué sur le projet de 'Semi', à la tête de la division automobile.

Plusieurs autres nominations ont été dévoilées à des fonctions de ressources humaines, recrutement et communication.

Débuts poussifs pour NIO à Wall Street

NIO débute la journée sous les 6$ à Wall Street, en baisse de 7% pour son introduction. Le concepteur chinois de véhicules électriques avait déjà 'pricé' son introduction à Wall Street en bas de fourchette des estimations initiales. Le prix d'introduction de NIO avait donc été fixé à 6,25$ par titre, contre une fourchette indicative allant de 6,25 à 8,25$ par action. L'opération valorise le Chinois à environ 6 milliards de dollars. Les cotations ont débuté ce jour sur le New York Stock Exchange sous le symbole 'NIO'.

La startup chinoise de l'automobile électrique lève un peu moins que prévu, récupérant environ 1 milliard de dollars. 160 millions de titres étaient proposés aux investisseurs. Les incontournables banques d'affaires Goldman Sachs et Morgan Stanley accompagnaient l'opération en tant que souscripteurs.

Le groupe, fondé en 2014 par l'entrepreneur chinois William Li et anciennement connu sous le nom de NextEV, bénéficie des soutiens des colosses technologiques chinois Tencent, Baidu et JD.com. Il livre son véhicule électrique 7 places ES8, concurrent du SUV Model X du Californien Tesla, depuis le mois de juin. Un second modèle, le SUV compact (5 places) ES6, doit être commercialisé au 1er semestre 2019. NIO a réalisé, sur les six premiers mois de l'année 2018, des revenus de 7 M$ pour une perte nette de 503 M$. A fin août, le Chinois avait livré environ 1.600 ES8, pour 15.778 réservations.

Apple et sa keynote attendus de pied ferme

Apple (-2%). La keynote de ce mercredi, qui se tiendra au siège californien du groupe à Cupertino, sera notamment l'occasion de présenter une nouvelle gamme d'iPhones. Selon la presse, Apple présentera trois nouveaux modèles de son smartphone, équipés d'écrans plus grands, de nouvelles couleurs, d'un appareil photo amélioré et d'un design proche de celui de l'iPhone X. Une nouvelle version de la montre connectée Apple Watch (la Series 4) devrait aussi être dévoilée.

UBS avait dopé hier son objectif de cours sur la valeur du groupe californien de Cupertino, de 215 à 250$. Le courtier évoquait le flux régulier de revenus hardware du groupe à la pomme provenant des iPhones. UBS pense que les revenus du segment services d'Apple pourraient grimper sur un rythme de 20% en glissement annuel, sur les deux prochaines années... UBS estime que le modèle le moins onéreux des iPhones présentés ce soir débutera à 699$, alors que la version améliorée de l'iPhone X devrait être proposée à 969$ et la version à grand écran à 1.069$.

Altria et Philip Morris dopés... par la FDA !

Altria bondit de 7% à Wall Street ce mercredi, Philip Morris International de 4% et British American Tobacco de 6%. Les valeurs du compartiment font un tabac, alors que la Food and Drug Administration américaine considère une interdiction pure et simple des e-cigarettes parfumées ! Scott Gottlieb, commissaire de la FDA, s'inquiète de l'usage observé chez les jeunes. Autrement dit, la FDA craint que les cigarettes électroniques ne créent pour eux une voie vers l'addiction. Un tel phénomène doit cesser, juge Scott Gottlieb, qui assure que la FDA ne peut tolérer qu'une génération entière de jeunes devienne accro à la nicotine, sous prétexte de permettre aux adultes d'accéder à ces produits.

Ainsi, la FDA a adressé aux fabricants de e-cigarettes des lettres leur demandant de présenter sous 60 jours des plans visant à réduire l'usage fait par les adolescents de ces produits. Dans le cas contraire, menace l'autorité américaine de santé, les produits pourraient donc être retirés du marché. En outre, la FDA entend enquêter sur les pratiques marketing et commerciales des compagnies du secteur, ainsi que sur celles des magasins en ligne revendant aux mineurs ces marchandises. L'autorité américaine a déjà adressé des centaines d'avertissements et d'amendes à des détaillants ayant revendu de tels produits aux mineurs...

Prudential Financial (stable). John Strangfeld, le directeur général (chief executive) de l'établissement financier, va quitter ses fonctions de CEO le 30 novembre 2018. Il sera remplacé par l'actuel responsable opérationnel de la division internationale, Charles Lowrey. John Strangfeld poursuivra en tant que président exécutif jusqu'en avril 2019, le temps d'assurer une transition dans la douceur. Lowrey deviendra alors président du conseil et directeur général.

WellCare Health Plans (-2%). Le groupe va rejoindre l'indice large S&P500 avant l'ouverture de Wall Street lundi prochain, 17 septembre 2018. Le groupe américain d'assurance médicale va remplacer XL Group, dont l'acquisition par le Français AXA est en voie de finalisation.

Boeing (+1%), le colosse aéronautique américain, a livré 48 de ses Boeing 737 au mois d'août 2018, contre un total de 29 au mois de juillet. Il s'agit d'un relatif soulagement, alors que les livraisons totales de 737 au mois de juillet s'affichaient au plus bas de plusieurs années.

Verizon (+1%), géant américain des télécommunications, va lancer un service 5G de nouvelle génération en octobre dans plusieurs villes aux Etats-Unis. Indianapolis, Los Angeles, Sacramento et Houston, bénéficieront de ces plans.

Nielsen Holdings (+3%). Le groupe, connu pour ses mesures d'audience TV et média, étend sa revue stratégique. Désormais, une cession de la totalité du groupe pourrait être considérée. Elliott Management, l'investisseur activiste qui fait pression sur Nielsen holdings, devrait être ravi.

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