Cotation du 15/07/2019 à 23h11 Dow Jones Industrial +0,10% 27 359,16
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Wall Street : hésitations face aux incertitudes commerciales

Wall Street : hésitations face aux incertitudes commerciales
Wall Street : hésitations face aux incertitudes commerciales

(Boursier.com) — Les cotations ont repris avec prudence, mardi, à la Bourse de New York, après un week-end de trois jours pour cause de Memorial Day, lundi. Les investisseurs continuent d'opter pour des placements moins risqués, à commencer par les obligations, entraînant un nouveau recul des taux d'intérêts. L'action Fiat Chrysler Automobiles bondit de plus de 7% en séance, après son offre de rapprochement avec le groupe français Renault. Par ailleurs, la confiance des consommateurs américains est restée au beau fixe en mai, selon le Conference Board, malgré les incertitudes concernant l'issue de la guerre commerciale.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones était presque stable (-0,01%) à 25.584 points, de même que l'indice large S&P 500 (-0,02%) à 2.825 pts, tandis que le Nasdaq composite gagnait 0,30% à 7.659 pts.

La semaine dernière, les indices américains avaient inscrit la 5ème semaine de baisse d'affilée pour le Dow Jones, la 4ème pour le Nasdaq, et la 3ème baisse pour le S&P 500. Sur 5 séances, le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq avaient lâché respectivement 0,7%, 1,1% et 2,3%. Depuis 4 semaines (26 avril), le Dow Jones a perdu 3,6%, le S&P 500 a cédé 3,8% et le Nasdaq a chuté de près de 6%, à mesure que l'aversion du risque augmentait, en lien avec l'escalade des tensions commerciales qui fait craindre pour la croissance économique.

Sur le marché des changes, le dollar se renforçait mardi soir, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) progressant de 0,34% à 97,94 points, alors que l'euro cédait 0,26% à 1,1166$ en soirée. La livre sterling cédait 0,14% 1,2661$, après l'arrivée en tête des élections européennes du parti du Brexit de Nigel Farage, dimanche, qui relance les craintes d'un Brexit dur.

Les obligations souveraines américaines étaient encore recherchées comme refuge, ce qui a maintenu les taux à leur plus bas niveau depuis plusieurs années. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, chutait de 5 points de base 2,27%, au plus bas depuis septembre 2017, alors qu'il avait dépassé les 3,1% en octobre dernier.

En Europe en revanche, les investisseurs ont fui la dette italienne, dont les taux ont bondi après le regain de tension entre Bruxelles et le gouvernement italien depuis les élections européennes de dimanche. Le taux italien à 10 ans a grimpé jusqu'à 2,73% en séance, avant de refluer à 2,68% en clôture. Il a bondi de 12 pdb depuis vendredi.

Les cours du pétrole poursuivaient leur rebond, mardi, le contrat à terme de juillet sur le brut léger américain WTI avançant de 1,28% à 59,38$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance juillet prenait 0,26% à 70,29$.

Les Etats-Unis ne sont "pas prêts" à signer avec la Chine, affirme Trump

Dans le dossier des négociations commerciales, Donald Trump, en visite au Japon, a encore soufflé le chaud et le froid. Il a d'une part assuré lundi que "dans quelques temps, la Chine et les Etats-Unis vont conclure un accord commercial formidable et nous attendons ce moment avec enthousiasme". Mais il a ensuite rétro-pédalé en déclarant que les Etats-Unis ne sont "pas prêts" à conclure un accord commercial avec la Chine.

"Je pense qu'ils souhaiteraient probablement avoir conclu l'accord qu'ils avaient sur la table avant d'essayer de le renégocier", a ainsi déclaré Donald Trump lundi lors d'une conférence de presse conjointe à Tokyo avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe. "Ils aimeraient parvenir à un accord. Nous ne sommes pas prêts à conclure cet accord", a ajouté le président américain.

La menace de nouvelles taxes

Donald Trump a indiqué dans la foulée que les droits de douane américains sur les produits chinois "pourraient augmenter très, très substantiellement, très facilement ". Le 10 mai dernier, les Etats-Unis ont porté de 10% à 25% les taxes d'importation sur 200 milliards de dollars de biens chinois importés. L'administration Trump a aussi placé le groupe chinois Huawei sur liste noire, et a entamé la procédure en vue de taxer à 25% la totalité des marchandises en provenance de Chine, soit 300 Mds$ supplémentaires...

Si cette menace se confirmait, cela aurait des conséquences importantes sur les prix de nombreux produits de grande consommation aux Etats-Unis, comme les vêtements, les chaussures, les smartphones et les jouets, dont une grande partie est produite en Chine. De nombreux chefs d'entreprises, notamment dans le secteur des équipements sportifs (Nike, Adidas, Columbia Sportswear...) se sont publiquement inquiétés des effets négatifs potentiels sur la consommation et la croissance de telles taxes.

La confiance des ménages reste au beau fixe pour l'instant

En attendant, les consommateurs américains ne semblent pas encore affectés par ces craintes, si l'on en croit le dernier indice de confiance mesuré par le Conference Board. Cet indice a bondi à 134,1 en mai, son plus haut niveau depuis novembre 2018. Le sous-indice des conditions économiques actuelles est même au plus haut depuis 18 ans !

Ces données sont encourageantes pour la consommation des ménages, qui représente plus des deux tiers de la croissance du PIB aux Etats-Unis. Les ménages profitent d'un taux de chômage au plus bas depuis environ 50 ans, de hausses de salaires ainsi que de taux d'emprunts immobiliers au plus bas. Pour l'instant, les taxes d'importation ne se sont pas encore traduites par des hausses de prix pour les consommateurs.

VALEURS A SUIVRE

Le secteur automobile s'agite après l'annonce du projet de rapprochement entre Renault (+0,8% à Paris) et Fiat Chrysler Automobile (+7,6%). Le ministre de l'Economie français, Bruno Le Maire, a posé quatre conditions à un feu vert du gouvernement français à une fusion entre Fiat Chrysler et Renault, dont la préservation des sites industriels français et le maintien de l'alliance avec Nissan. Il demande également que le nouveau groupe s'approvisionne en batteries auprès du futur consortium européen en cours de création afin de ne plus dépendre des fournisseurs chinois et coréens.

General Electric (-0,2%). Le groupe américain a annoncé un plan de suppression d'un millier d'emplois en France, principalement dans sa branche turbines à gaz implantée dans le Territoire de Belfort. La division turbine à Gaz perdrait 792 emplois sur 1.800 à Belfort et Bourogne, tandis que 252 postes seraient supprimés dans les services administratifs hérités des activités énergie d'Alstom rachetées il y a trois ans par General Electric, a indiqué à Reuters un délégué central de la CGT. Le site de Chonas-l'Amballan, en Isère, qui usine des pièces pour turbines à gaz et emploie 30 salariés serait vendu.

Les annonces ont été faites aux organisations syndicales lors d'un comité économique et social qualifié "d'informel", en amont d'un comité européen prévu à la mi-juin, préalable à l'ouverture des négociations sur un plan de sauvegarde de l'emploi.

Global Payments (-2,81%) va racheter Total System Services (+5%) dans le cadre d'une opération évaluée à 21,5 milliards de dollars... Jeff Sloan, directeur général de Global Payments, dirigera la nouvelle société, valorisée près de 40 Mds$. Troy Woods, directeur général de Total System, en deviendra le président. La société fusionnée sera détenue à 52% par les actionnaires de Global Payments, le solde étant entre les mains de ceux de Total System. L'accord entre Global Payments, spécialisé dans le traitement des transactions financière, et Total System Services marquerait ainsi le dernier d'une longue série dans l'industrie. Fiserv a annoncé en janvier son intention de racheter First Data, spécialisée dans la gestion des terminaux de paiements et des transactions financières, dans le cadre d'une transaction estimée à 22 Mds$. En mars, la fintech Fidelity National Information Services a fait état de la reprise de Worldpay pour environ 35 Mds$.
La consolidation intervient alors que des sociétés financières établies sont de plus en plus concurrencées par de nouveaux acteurs, comme Square et PayPal, qui offrent des services axés sur la technologie...

Apple (stable). Les ventes mondiales de smartphones ont baissé de 2,7% au T1 2019 selon le cabinet Gartner. Samsung reste numéro un mondial, avec une part de marché de 19,2%, devant Huawei (15,7%), suivi d'Apple avec une part de marché de 11,9%, contre 14,1% il y a un an.

Nasdaq Inc. (+0,9%). Le groupe a jeté officiellement l'éponge dans son bras de fer avec Euronext (-0,2% à Paris) pour le rachat d'Oslo Bors.

Alphabet (+0,8%) La maison mère de Google a annoncé qu'elle allait investir environ 600 millions d'euros dans un nouveau centre de données à Hamina, en Finlande.

Activision Blizzard (+2,9%). Goldman Sachs a relevé sa recommandation sur le titre de l'éditeur de jeux vidéo de "neutre" à "acheter" en l'intégrant dans sa liste de valeurs de référence.

Gilead Sciences (-3,9%) Goldman Sachs a ramené sa recommandation de "neutre" à "vendre" et son objectif de cours de 70 à 60 dollars.

Weibo (-0,8%) JP Morgan a ramené de "surpondérer" à "neutre" sa recommandation sur le site de microblogging chinois. Le broker se montre prudent sur les perspectives de croissance.

Alibaba (-0,48%) envisage de lever jusqu'à 20 milliards de dollars via une deuxième cotation à Hong Kong, rapporte l'agence Reuters. Après une IPO record à Wall Street il y a 5 ans, Alibaba plancherait ainsi sur une cotation secondaire. Selon 'Reuters', qui cite trois sources, le géant chinois du e-commerce travaille avec divers conseillers financiers et envisage de déposer une demande à Hong Kong dès le second semestre. Une deuxième cotation permettrait au groupe asiatique de diversifier ses canaux de financement et d'accroître ses liquidités.
Depuis son introduction à Wall Street, Alibaba a presque doublé de taille pour devenir la plus grande société chinoise cotée en Bourse, avec une valeur de marché de plus de 400 milliards de dollars...

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