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Wall Street : hésitations après des signes contradictoires sur le commerce

Wall Street : hésitations après des signes contradictoires sur le commerce
Wall Street : hésitations après des signes contradictoires sur le commerce
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York évolue en ordre dispersé vendredi, le président américain Donald Trump s'étant opposé à une levée des droits de douanes sur les produits chinois, que Pékin affirmait jeudi avoir négociée dans le cadre de l'accord dit de "Phase 1". Pour autant, Donald Trump continue de croire en la signature d'un accord, qui sera selon lui signé sur le sol américain. Le dollar continue de progresser, les taux souverains se stabilisent et le pétrole avance sur la semaine, tablant sur un accord commercial malgré les aléas des négociations. L'annonce d'une amélioration de la confiance des ménages américains en octobre a aussi rassuré les marchés sur l'état de l'économie américaine.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones cède 0,19% à 27.622 points, tandis que l'indice large S&P 500 recule de 0,04% à 3.084 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, avance de 0,13% à 8.445 pts, inscrivant ainsi un nouveau record en séance.

Du côté des valeurs, Walt Disney bondit de 2,8% après avoir publié des comptes meilleurs que prévu au 3e trimestre, juste avant le lancement de son service de vidéo en streaming.

Des négociations commerciales en bonne voie, mais...

Après les récents records des indices boursiers, les investisseurs ont été pris de doutes après des propos de Donald Trump concernant les négociations commerciales. Il s'est dit opposé à une suppression totale des tarifs douaniers supplémentaires imposés depuis mars 2018 sur des centaines de milliards de dollars de biens chinois, contredisant des affirmations du gouvernement chinois.
Interrogé sur la levée progressive de la totalité des droits de douane supplémentaires annoncée par Pékin jeudi, Donald Trump a déclaré: "Je ne le ferai pas".

Le président américain s'est toutefois placé dans l'optique d'un accord, qui sera selon lui signé aux Etats-Unis, peut-être dans l'Iowa, entre lui-même et son homologue chinois Xi Jinping. "Nous étudions plusieurs lieux", a indiqué Donald Trump depuis la Maison Blanche. "Cela pourrait même être dans l'Iowa", un Etat rural américain où Xi Jinping a séjourné en 1985 pour étudier l'agriculture, a-t-il ajouté.

De son côté, Larry Kudlow, le principal conseiller économique de Donald Trump, a indiqué depuis la Maison Blanche que les négociations ont "fait énormément de progrès, mais ne sont pas bouclées". Il a précisé que "nous sommes au-delà de notre situation du printemps dernier". A l'époque, Donald Trump avait interrompu des négociations qui semblaient en passe d'aboutir, accusant les Chinois d'être revenus sur leur parole.

Le moral des consommateurs américains au plus haut depuis 4 mois

A ce stade, la question de l'ampleur du démantèlement des barrières douanières mises en place depuis 16 mois entre les Etats-Unis et la Chine, reste donc en suspens. Jeudi, le porte-parole du ministère chinois au Commerce, Gao Feng, avait donné beaucoup d'espoir en affirmant que l'accord de "Phase 1" prévoyait que les deux parties lèvent les droits de douane existants dans des proportions comparables et simultanément.

Sur le plan macro-économique, les indicateurs américains publiés ce jour sont plutôt de bonne facture. L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan est ressorti légèrement meilleur que prévu, à 95,7 contre 95 de consensus, pour atteindre un plus haut depuis 4 mois. Il était de 95,5 à la fin du mois d'octobre (lecture révisée initialement estimée à 96). L'indice de confiance s'améliore donc très légèrement avec les espoirs économiques et commerciaux.

"Bien que les consommateurs soient devenus un peu plus prudents,ils ne voient aucune raison d'engager des restrictions (de consommation) susceptibles de provoquer une récession", a résumé Richard Curtin, le chef économiste en charge de cette enquête bimensuelle.

Par ailleurs, les stocks de grossistes ont reculé de 0,4% en septembre sur un mois, contre -0,3% de consensus de marché et +0,1% pour la lecture révisée du mois d'août 2019, d'après le rapport gouvernemental du jour.

Semaine haussière pour le pétrole et le dollar, l'or en berne

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, a poursuivi son ascension vendredi, progressant de 0,23% à 98,37 points, ce qui porte sa progression à 1,3% sur la semaine. L'euro recule en revanche de 0,25% vendredi, à 1,1021$. Du côté des obligations, le rendement du T-Bond à 10 ans gagne 1 point de base à 1,93%. Ce taux était tombé à 1,53% il y a un mois, dans la crainte d'une récession, qui semble désormais s'éloigner après une 3e baisse des taux de la Fed le 30 octobre, et grâce à la détente dans la guerre commerciale entre Washington et Pékin.

Le pétrole est proche de l'équilibre vendredi, dans l'espoir qu'un accord commercial permettra de relancer la croissance mondiale, et donc la demande de brut. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) cède 0,04% à 57,13$ sur le Nymex (contrat à terme de décembre), tandis que le Brent de la mer du Nord gagne 0,13% à 62,37$ (contrat à terme de janvier). Sur la semaine, le WTI a regagné environ 1,5%.

L'or poursuit sa correction, pâtissant du regain d'optimisme sur le front commercial et sur les marchés d'actions : le cours de l'once de métal jaune perd 0,18% à 1.463,80$ pour le contrat à terme de décembre sur le Comex,et il est en passe de perdre plus de 3% sur le semaine.

VALEURS A SUIVRE

Walt Disney (+2,8%) a publié jeudi soir des résultats financiers meilleurs que prévu pour le 3ème trimestre 2019 et détaillé son offre de vidéo en streaming Disney+, qui sera lancée dès le 12 novembre aux Etats-Unis avant d'arriver en France le 31 mars 2020. Le bénéfice net du géant américain des loisirs a reculé sur un an, mais est ressorti un peu supérieur au consensus, grâce au succès du film "Le Roi Lion" et de ses parcs à thèmes. Les profits ont ainsi atteint 1,05 milliard de dollars, soit 1,07$ par action en données ajustées, contre 2,32 Mds$ (1,48$ ajusté par action) un an plus tôt.

Le chiffre d'affaires a bondi de 34% à 19,1 Mds$ contre 14,3 Mds$ au 3ème trimestre 2018. Ces chiffres sont supérieurs aux attentes de analystes pour le bénéfice et globalement en ligne pour les ventes. Le consensus du cabinet Factset tablait ainsi sur un bpa de 94 cents par action et des ventes de 19,2 Mds$. Le directeur général de Disney, Bob Iger a commenté ces résultats en affirmant que le groupe a "consacré les dernières années à transformer complètement Walt Disney pour concentrer ses ressources et sa grande créativité en vue d'offrir directement aux consommateurs une expérience extraordinaire. Nous nous réjouissons du lancement de Disney+ le 12 novembre", a-t-il ajouté.

TiVo (-4%) a publié une perte pour le troisième trimestre, mais il a dépassé les attentes en matière de revenus.

Le géant chinois du commerce électronique Alibaba (+0,44%) a relancé son projet d'introduction à la Bourse de Hong Kong malgré les troubles sociaux actuels, qui l'avaient amené à reporter l'opération en septembre. Le géant chinois du commerce en ligne prévoit de lever jusqu'à 15 milliards de dollars américains lors de sa cotation à Hong Kong, a affirmé vendredi l'agence de presse financière 'Bloomberg'. Il s'agirait de la plus grosse introduction en Bourse depuis 2010 dans la métropole du sud de la Chine, en proie à une forte agitation politique depuis cinq mois.

Dropbox (-6%) a battu le consensus de revenus et de profits pour le trimestre clos, profitant d'abonnements accrus. Les revenus ont totalisé 428 millions de dollars, en progression de 19%, contre 423 M$ de consensus. La perte nette s'est néanmoins creusée à 17 millions de dollars et 4 cents par titre, contre 6 millions de dollars un an plus tôt. Sur une base ajustée, le bpa est ressorti à 13 cents contre 11 cents de consensus.

GoPro (+10%) flambe. La perte du troisième trimestre est ressortie moins lourde que prévu. Les revenus ont dépassé les attentes avec une demande supérieure aux prévisions des produits 'Hero'. Les revenus chutent de moitié à 131 millions de dollars, mais le consensus était encore plus faible à 126 millions. La perte nette ressort à 75 millions de dollars, 51 cents par titre, alors que la perte ajustée par action s'élève à 42 cents contre 48 cents de consensus.

News Corp (-1,3%) a annoncé pour son premier trimestre fiscal 2020 des revenus de 2,34 milliards en déclin de 7% avec l'impact des devises. La perte nette est ressortie à 211 millions de dollars, contre un profit de 128 millions de dollars un an avant. L'Ebitda des segments a décliné à 221 M$ contre 358 M$.

Activision Blizzard (-0,5%) fléchit sur la cote américaine. Les comptes du troisième trimestre de l'éditeur de jeux vidéo ont dépassé les attentes, mais la guidance de court terme ressort prudente en termes de revenus sur le trimestre entamé. Le groupe a dévoilé hier soir un bénéfice net trimestriel de 204 millions de dollars et 27 cents par titre, contre 260 millions de dollars un an avant. Le bpa ajusté a représenté 38 cents contre 23 cents de consensus. Les revenus ont été de 1,28 Md$, contre 1,51 Md$ un an avant.

Take-Two Interactive (+0,4%) a également publié des comptes trimestriels solides assortis d'une guidance prudente. Sur une base ajustée, les revenus du trimestre clos fin septembre ont représenté 951 millions contre 926 millions de consensus. Le bénéfice net trimestriel est ressorti à 72 millions et 63 cents par titre, contre 25 millions un an avant.

Booking Holdings (+2,2%). L'ex-Priceline a affiché au troisième trimestre un profit de 1,95 milliard de dollars, 45,54$ par titre, ainsi que des revenus de 5,04 milliards de dollars à comparer aux 4,85 milliards de l'an dernier. Le bénéfice ajusté par action s'est établi à 45,36$, contre 37,78$ un an plus tôt et 44,5$ de consensus. Les ventes étaient attendues à 5,1 Mds$. Le titre avait décroché hier suite aux mauvais chiffres des rivaux TripAdvisor et Expedia.

Gap (-7%) dévisse à Wall Street après un abaissement de guidance et sur l'annonce du départ du directeur général. Ainsi, le CEO de l'enseigne de prêt-à-porter, Art Peck, quitte Gap dans un contexte de vive érosion de l'activité. Il abandonne également ses fonctions au conseil d'administration.Robert J. Fisher, président non-exécutif et membre de la famille fondatrice, prendra l'intérim de la direction générale. Le détaillant de San Francisco table désormais, pour son troisième trimestre achevé le 2 novembre, sur un bénéfice ajusté par action allant de 34 à 36 cents, contre 55 attendu par le consensus.

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