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Wall Street hésitant, en manque de catalyseur

Wall Street hésitant, en manque de catalyseur
Wall Street hésitant, en manque de catalyseur
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York termine la semaine sur une note hésitante, les investisseurs s'interrogeant sur les risques d'une correction boursière sur fond de début de "tapering" des banques centrales américaine et européenne avant la fin de l'année en cours. L'annonce d'une forte hausse des prix à la production en août aux Etats-Unis a entretenu les attentes de réduction des achats d'actifs de la Fed. Les taux souverains se sont tendus des deux côtés de l'Atlantique, tandis que le pétrole a rebondi et que l'or a rechuté.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones cède 0,16% à 34.820 points, tandis que l'indice large S&P 500 recule de 0,08% à 4.489 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, est stable à 15.248 pts. Rappelons que le DJIA et le S&P 500 viennent d'enchaîner 4 séances consécutives de recul, face à la montée des incertitudes ("tapering", variant delta, blocages au Congrès US...), une première depuis juin.

Le cours du pétrole brut léger américain WTI rebondit de 2,3% à 69,72$ le baril (contrat à terme d'octobre). L'or a rechuté de 0,4% pour finir la semaine à 1.792,10$ l'once (contrat à terme de décembre), et affiche une chute de 2,3% sur la semaine. L'indice du dollar gagne 0,12% face à un panier de devises, et l'euro cède 0,1% à 1,1814$ face au billet vert, au lendemain des annonces de la BCE. Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans remonte de 4 points de base à 1,34%, et celui du Bund allemand à 10 ans a repris 3 pb à -0,33%.

Le bitcoin repart en baisse de 2,6% en soirée autour de 45.619$ sur plateforme Bitfinex. Les cryptomonnaies ont vécu une semaine très heurtée depuis que le bitcoin est devenu mardi une monnaie légale au Salvador, une première mondiale.

+8,3% pour les prix à la production en août aux USA !

La publication, vendredi, de l'indice américain des prix à la production, a renforcé les spéculations sur la réduction de la voilure de la Fed, qui pourrait donner des précisions sur ses projets de "tapering" les 22 septembre à l'issue de sa prochaine réunion. Les prix à la production ont ainsi bondi de 0,7% en août sur un mois, contre 0,6% de consensus. Par rapport à août 2020, ils ont grimpé de 8,3%, un record ! Hors alimentaire et énergie, le 'PPI' américain augmente encore de 0,6%, contre 0,5% de consensus (+7,3% en comparaison de l'an dernier).

Jeudi en Europe, la BCE a annoncé un léger fléchissement de ses achats d'actifs, qualifié de "recalibrage" plutôt que de "tapering", signalant une approche très prudente dans le retrait progressif de son soutien. La banque centrale européenne a revu en hausse ses prévisions de croissance et d'inflation pour 2021, tout en estiment que la poussée inflationniste actuelle serait passagère, liée à la sortie de la crise du Covid.

Risque de correction accru par les fortes valorisations

Les hésitations des marchés se reflètent dans les dernières notes des grandes banques à leurs clients investisseurs... Ainsi, après Morgan Stanley, Citigroup et Credit Suisse en début de semaine, les stratégistes actions de Deutsche Bank ont publié vendredi à leur tour une note prudente, évoquant le risque de correction sur les marchés d'actions aux Etats-Unis. DB souligne la forte valorisation actuelle, avec un PER de l'ordre de 21 fois les profits attendus sur les 12 prochains mois sur le S&P 500. Les stratégistes des grandes banques listent une série de facteurs de risque présents à l'orée de l'automne, alors que les mois de septembre et octobre sont historiquement parfois chahutés en Bourse.

Cette année, la perspective d'une réduction du soutien monétaire de la Fed pèse sur les marchés, tandis que le variant delta du coronavirus contribue à ralentir la croissance depuis l'été. Les grands projets de relance du président Biden s'enlisent au Congrès, alors qu'approche aussi une échéance budgétaire importante, nécessitant de relever le plafond de la dette pour éviter un "shutdown" autour de la fin octobre. Sans compter la crainte d'une crise systémique en Chine en cas de débâcle financière du géant immobilier surendetté Evergrande, et les tensions commerciales et politiques lancinantes entre les Etats-Unis et la Chine.

Conversation téléphonique entre Joe Biden et Xi Jinping

A ce sujet, les marchés ont cependant été soulagés d'apprendre que Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping s'étaient parlés au téléphone jeudi soir. Ce n'était que leur deuxième conversation depuis l'entrée en fonction du président américain , et la première conversation depuis 7 mois...

Selon la Maison blanche, Joe Biden a évoqué la nécessité d'éviter que la compétition entre les deux pays ne dégénère en conflit. Les deux dirigeants ont eu une "discussion stratégique", notamment sur "des sujets où nos intérêts convergent et d'autres où nos intérêts, valeurs et attentes divergent". De leur côté, les médias chinois ont évoqué une conversation... "profonde" et "franche".

Les analystes doutent cependant que des progrès aient été réalisés sur les questions clés, qu'elles soient commerciales ou liées au changement climatique, aux droits de l'homme ou à la transparence sur les origines du Covid-19. Selon les médias d'Etat chinois, Xi a imputé la responsabilité des tensions à Washington, mais a également exprimé l'espoir que les deux pays puissent travailler ensemble et accroître les communications au niveau d'un groupe de travail. Les perspectives d'un sommet Biden-Xi en face-à-face, en marge du G20 à Rome le mois prochain, restent incertaines, alors même que des groupes d'entreprises demandent aux deux dirigeants de lever les barrières commerciales. Les relations bilatérales ont continué à se dégrader après la présidence de Trump, notamment autour de la démocratie à Hong Kong, de Taïwan, des droits de l'homme, du commerce et de la technologie.

La Fed fait durer le suspense sur le calendrier du "tapering"

Sur le front monétaire, les multiples interventions publique de responsables de la Fed continuent d'attiser le suspense sur le calendrier et l'ampleur du futur "tapering". Parmi les dernières déclarations en date, celles de Raphael Bostic, le patron de la Fed de d'Atlanta, d'ordinaire partisan du 'tapering' express, mais qui a un peu adouci son discours jeudi soir. Non moins de six présidents régionaux de la Fed ainsi que la gouverneure Michelle Bowman se sont exprimés jeudi.

Leurs interventions n'ont pas fait sensiblement bouger le consensus des économistes, qui veut que la banque centrale américaine commence à réduire ses achats d'actifs obligataires, actuellement logés à 120 milliards de dollars mensuels, d'ici à la fin de l'année ou en tout début d'année prochaine. La décision concrète ne devrait cependant pas être annoncé à la réunion de septembre, mais à celle de novembre.

Le Livre Beige de la Fed, publié mercredi et qui servira de base pour la prochaine réunion, a souligné que la croissance économique a ralenti aux Etats-Unis cet été pour revenir à un rythme "modéré" en raison du variant delta du coronavirus. En parallèle, la Fed a noté que la hausse des prix et des salaires s'est poursuivie, sur fond de pénuries de composants et de main d'oeuvre. La banque centrale a ainsi estimé que l'inflation était désormais "stable à un niveau élevé"...

VALEURS A SUIVRE

Kroger (-8%) a publié avant bourse ce jour à Wall Street ses derniers comptes trimestriels. Le bénéfice net du second trimestre est ressorti à 467 millions de dollars soit 61 cents par titre, contre 819 millions de dollars et 1,03$ par action un an avant. Le bénéfice ajusté par action a été de 80 cents, contre 64 cents de consensus FactSet. Les revenus ont totalisé 31,7 milliards, contre 30,5 milliards un an plus tôt et 30,6 milliards de consensus. Les ventes digitales ont plus que doublé. Les ventes à comparable hors essence ont baissé de 0,6%, contre -3,2% de consensus. Le groupe rehausse sa guidance annuelle de bénéfice ajusté par action.

Apple (-2,5%) ne devrait probablement pas développer son Apple Car avec un groupe automobile. Des sources du secteur ont déclaré à Business Korea que les discussions avec les producteurs ne s'étaient pas bien passées et qu'en conséquence, Apple sous-traiterait probablement la production de la voiture comme il le fait avec ses téléphones, mais pas son développement, que le groupe à la pomme effectuerait lui-même. L'article indique que la voiture sera probablement autonome et qu'elle arrivera sans doute sur le marché au plus tôt en 2025. StreetAccount note que les efforts d'Apple dans les véhicules autonomes ont déjà été signalés et que DigiTimes a rapporté plus tôt ce mois-ci qu'Apple préparait la production en série de l'Apple Car d'ici 2024.

Le quotidien taïwanais DigiTimes rapportait ainsi que la rumeur voudrait qu'Apple rende visite à des fournisseurs et constructeurs automobiles au Japon et en Corée du Sud. SK Group et LG Electronics étaient notamment nommés. En début d'année, la rumeur suggérait que Kia pourrait commencer à fabriquer des voitures Apple en 2024.

Apple, en procès aux USA avec l'éditeur de Fortnite, Epic Games, à propos des conditions d'utilisation de l'App Store, a rejeté la demande de l'éditeur de restaurer son compte développeur en Corée du Sud en y intégrant un moyen de paiement alternatif. Le Parlement sud-coréen a pourtant validé la semaine dernière une loi obligeant les grands opérateurs de boutiques d'applications à autoriser des systèmes de paiement tiers.

Amazon (+0,16%) va comme attendu lancer dès le mois prochain ses propres télévisions aux Etats-Unis. Le groupe de Jeff Bezos a annoncé hier une toute nouvelle gamme d'appareils Fire TV avec les premiers téléviseurs intelligents 'construits par Amazon', les téléviseurs intelligents Amazon Fire TV Omni Series et 4-Series, et le tout nouveau Fire TV Stick 4K Max. La Fire TV Omni Series sera disponible en 43" (409,99$), 50" (509,99$) et 55" (559,99$). La Fire TV Omni avec Dolby Vision sera disponible en 65" (829,99$) et 75" (1.099,99$). La Fire TV 4 sera disponible en 43" (369,99$), 50" (469,99$) et 55" (519,99$). Tous les téléviseurs seront disponibles le mois prochain aux États-Unis, exclusivement sur Amazon et Best Buy. Le Fire TV Stick 4K Max sera disponible aux États-Unis pour 54,99$.

Selon Business Insider, l'Américain collabore sur ce sujet avec le Chinois TCL, qui concevra et fabriquera le produit pour le compte d'Amazon. Ce dernier ajoutera donc sa marque et son software. Une conception interne ultérieure serait programmée.

American Outdoor (-0,46%). Le groupe a confirmé une guidance annuelle jugée décevante. Le fabricant américain de produits de sports de plein air et de loisirs anticipe des ventes annuelles en hausse de près de 4% à 287,5 millions de dollars, pour un bénéfice ajusté par action de 2,14$.

Alphabet (-1,6%). Selon l'agence Reuters, la pénurie de composants a poussé Google et le conglomérat indien Reliance Industries à reporter le lancement du smartphone à bas prix que les deux groupes développent ensemble et qui devait sortir aujourd'hui en Inde.

Uber (-0,6%), DoorDash (+2,3%) et Grubhub ont lancé des poursuites contre la ville de New York concernant une nouvelle règlementation limitant de manière permanente leurs commissions aux restaurants, indique le Wall Street Journal. Les groupes de livraison cherchent à obtenir une injonction contre l'application de cette règle, ainsi que des dommages.

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