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Wall Street hésitant, doutes sur la reprise économique

Wall Street hésitant, doutes sur la reprise économique
Wall Street hésitant, doutes sur la reprise économique
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine hésite avant bourse ce vendredi, le DJIA demeurant quasiment stable, contre une hausse de 0,2% du S&P500 et un gain de 0,5% sur le Nasdaq. Le baril de brut WTI abandonne 0,7% sur le Nymex à 40,7$. L'once d'or prend 0,4% à 1.957$. L'indice dollar recule de 0,1% face à un panier de devises de référence.

Les doutes persistent sur la vigueur et l'ampleur de la reprise économique, alors que les banques centrales ont adopté un discours prudent ces derniers jours... Le secteur bancaire pourrait souffrir ce jour, alors que la Fed décidera d'ici la fin du mois si elle continue de plafonner les dividendes et les rachats d'actions des banques. La Réserve fédérale américaine présentera avant la fin de l'année les résultats de nouveaux tests de résistance intégrant l'impact de la pandémie.

La balance des comptes courants aux Etats-Unis pour le second trimestre 2020 est ressortie déficitaire de 170,5 milliards de dollars, contre -111,5 milliards de dollars pour la lecture révisée du trimestre antérieur. Le consensus était de 159 milliards de déficit sur le trimestre clos.

L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan pour le mois de septembre sera communiqué à 16 heures (consensus 75). L'indice des indicateurs avancés américains du mois d'août 2020 sera annoncé à la même heure (consensus +1,3% en comparaison du mois antérieur). James Bullard et Raphael Bostic de la Fed s'exprimeront par ailleurs dans la journée.

Cette séance est également la journée dite des 'Quatre Sorcières', où les options et les contrats à terme sur les indices et les actions arrivent à échéance simultanément. Une certaine volatilité pourrait donc être de rigueur.

Le bilan de la pandémie ne cesse de gonfler. Le nombre de cas confirmés dans le monde depuis l'émergence du virus dépasse désormais les 30 millions, à 30,2 millions selon l'Université Johns Hopkins, dont 6,68 millions aux USA, 5,21 millions en Inde et 4,46 millions environ au Brésil. La Russie dénombre 1,08 million de cas depuis l'apparition du virus. Le nombre de morts dans le monde s'élève à 946.710, dont 197.655 aux Etats-Unis, 134.935 au Brésil et 84.372 en Inde.

L'Inde a recensé encore 96.424 nouveaux cas confirmés de contamination durant les vingt-quatre dernières heures, portant le total à 5,2 millions de cas. Depuis début août, l'Inde recense quotidiennement le plus grand nombre de nouveaux cas dans le monde. 1.174 décès supplémentaires ont été rapportés en 24 heures pour un total de 84.372 morts.

Le Brésil a enregistré 36.303 nouveaux cas et 829 décès supplémentaires en 24 heures selon les données gouvernementales.

La Chine a recensé 32 nouveaux cas au cours des vingt-quatre dernières heures, qui concernent une fois encore "des personnes venues de l'étranger". Officiellement, 85.255 cas de contamination ont été confirmés au total en Chine continentale depuis l'émergence du virus. L'épidémie de coronavirus a fait (officiellement) 4.634 décès dans le pays. Aucun nouveau décès n'a été signalé ce jour.

La France a enregistré pour sa part hier un nombre quotidien record de nouveaux cas d'infection à 10.593 cas, alors qu'au Royaume-Uni, le ministre de la Santé a souligné l'accélération des admissions à l'hôpital, qui doublent tous les 8 jours... Paris et Londres ont ainsi annoncé un durcissement des mesures de prévention.

La bourse de New York a fini en baisse hier, au lendemain d'un discours prudent du patron de la Fed au sujet de la solidité de la reprise économique en cours, après le choc récessionniste du printemps provoqué par la pandémie de coronavirus. Les valeurs technologiques ont subi des dégagements, au cours d'une séance volatile, à l'approche de la journée des "Quatre Sorcières", vendredi, lorsque les contrats à terme et les option sur indices et actions arriveront simultanément à échéance.

A la clôture, les trois indices ont toutefois réduit leurs pertes par rapport à leurs plus bas de la séance : l'indice Dow Jones a cédé 0,47% à 27.901 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,84% à 3.357 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et "biotechs", a chuté de 1,27% à 10.910 pts.

Depuis le début 2020, le Nasdaq gagne encore 21,6%, tandis que le DJIA recule de 2,2% et que le S&P 500 progresse de 3,9%.

Du côté de valeurs, les grandes "technos" ont piqué du nez jeudi, à l'instar d'Apple (-1,6%), Alphabet (-1,66%), Facebook (-3,3%) et Microsoft (-1%). Certains grosses valeurs industrielles en revanche profitent d'achats à bon compte, dont le fabricant d'engins de chantier Caterpillar (+2%) et le conglomérat 3M (+1,7%).

Mercredi soir, la Fed a un peu déçu les investisseurs, en n'évoquant pas du tout la possibilité d'un renforcement de ses mesures de soutien à l'économie américaine. La banque centrale américaine a maintenu comme prévu ses taux directeurs proches de zéro, et s'est engagée à les y conserver jusqu'à la fin 2023, en estimant que l'inflation ne devrait pas remonter jusqu'à son objectif de 2% avant cette date.

La Fed a aussi révisé à la hausse ses prévisions économiques pour 2020, en estimant que la récession sera moins profonde que prévu aux Etats-Unis, avec une chute de 3,7% du PIB attendu, contre -6,5% prévu en juin, lors de ses dernières projections macro-économiques. Le taux de chômage est attendu à 7,6% fin 2020, contre 9,3% prévu il y a trois mois.

Cependant, lors de sa conférence de presse, Jerome Powell, le président de la Fed, a jeté un froid en se montrant prudent sur la reprise en cours. Certes, celle-ci s'est déroulée "plus vite que ce qui était généralement prévu", mais "le chemin devant nous demeure hautement incertain", a-t-il martelé. "Les perspectives économiques sont hautement incertaines et dépendront en grande partie de notre capacité à maîtriser le virus", a-t-il poursuivi.

M. Powell a aussi réitéré son appel aux partis politiques pour qu'ils s'accordent sur un nouveau plan de soutien budgétaire à l'économie américaine dans le cadre de la lutte contre la Covid-19... "La réponse en matière de politique budgétaire (un plan de 2.200 milliards de dollars en mars : ndlr) a eu un effet vraiment positif, mais il en faudra probablement davantage" pour surmonter la crise actuelle, a estimé le banquier central.

Le nouveau plan de soutien budgétaire est pour l'instant bloqué au Congrés, notamment par des Sénateurs républicains, qui refusent de laisser filer trop loin le déficit public. Mercredi, Donald Trump s'est dit prêt à faire des compromis avec les Démocrates tout en appelant les Républicains du Sénat à parvenir à un accord dans une semaine à dix jours... Aucune avancée concrète n'était cependant en vue jeudi soir sur cette question.

Cette réunion de la Fed était dernière avant l'élection présidentielle du 3 novembre, mais aussi la première depuis l'adoption en août par la Fed d'une nouvelle doctrine sur l'inflation, qui passe désormais au second plan par rapport à un autre mandat de l'institution, à savoir le retour au plein emploi. La Fed est ainsi prête à tolérer des passages temporaires au-dessus des 2% d'inflation si elle estime que le marché de l'emploi va en bénéficier. Un débat qui n'est pas d'une actualité brûlante, la hausse des prix étant pour l'instant bien en dessous des 2% aux Etats-Unis.

Les valeurs

Oracle. Le Chinois ByteDance, maison-mère du réseau social TikTok, envisagerait désormais une introduction en bourse de TikTok Global, société qui doit voir le jour aux Etats-Unis pour y gérer les activités de l'application. Cette éventuelle IPO serait conditionnée à l'approbation de sa proposition d'accord avec le Californien Oracle par Washington, a appris Reuters de sources bien renseignées.

ByteDance doit rapidement boucler un accord afin de rassurer la Maison blanche et de la convaincre de ne pas interdire TikTok aux Etats-Unis, comme Trump en a fait la menace. L'interdiction pourrait être mise à exécution dès la semaine prochaine. Le mois dernier, le président américain a ordonné à ByteDance de céder ces activités de TikTok aux USA du fait de craintes sur la sécurité des données personnelles des utilisateurs - au nombre de 100 millions aux Etats-Unis.

Trump demeure opposé à l'hypothèse que ByteDance reste majoritaire dans l'actionnariat de TikTok, ce qui est pourtant envisagé par l'accord entre le Chinois et Oracle. Selon Reuters, les Etats-Unis et ByteDance sont convenus d'une liste de conditions sur des aspects d'un accord, mais Trump n'a pas donné son aval. Les principaux investisseurs américains de ByteDance, Oracle et peut-être Walmart, détiendraient plus de 60% des opérations de TikTok aux Etats-Unis, d'après une source de l'agence au fait des négociations. La future société s'appellerait donc TikTok Global et serait composée majoritairement de directeurs américains.

Oracle... Le Département américain au Commerce a confirmé par ailleurs l'interdiction attendue des transactions commerciales avec les applications sociales WeChat... et TikTok, qui interviendrait dimanche.

Tesla rebondit avant bourse à Wall Street, aidé par un duo de brokers. Wedbush et Piper Sandler ont ainsi rehaussé leurs objectifs de cours à respectivement 475 et 515 dollars sur la valeur du constructeur californien de voitures électriques. Le groupe d'Elon Musk tient par ailleurs son 'Battery Day' la semaine prochaine, ce qui pourrait engendrer quelques spéculations.

Apple, le géant californien de Cupertino, va ouvrir le 23 septembre sa première boutique en ligne en Inde, l'inauguration intervenant juste avant la période des principaux jours fériés du pays, période cruciale de l'année en termes de ventes pour le secteur de la distribution. Notons par ailleurs que l'Inde est désormais le second pays le plus touché par la pandémie derrière les USA avec 5,2 millions de cas.

Eastman Kodak remonte fort en bourse suite au résultat d'une enquête indépendante montrant l'innocence de sa direction face à des accusations de délit d'initié. Hier, le titre avait flambé de 25,7%. Il prend encore 4% avant bourse ce jour.

UPS, géant de la livraison, propose des packages de départ à ses employés sur fond de réduction des dépenses. Les départs seraient programmés en deux phases, fin 2020 puis mi-2021, croit savoir le Wall Street Journal.

Salesforce.com, nouveau membre de l'indice Dow Jones, tient la forme. Son directeur général Marc Benioff a annoncé sur Twitter que le groupe allait créer 12.000 emplois l'année prochaine, dont 4.000 dans les six prochains mois. Salesforce avait rappelons-le dopé fin août ses prévisions financières, le groupe comptant parmi les 'bénéficiaires' des confinements et de la transition digitale.

Unity Software. Cet éditeur software qui adresse le secteur du jeu vidéo fait ses premiers pas à Wall Street ce vendredi, après avoir levé 1,3 milliard de dollars au terme d'une offre publique de vente dont il a fixé le prix à 52 dollars par action - au-dessus du haut de la fourchette indicative qui allait de 44 à 48 dollars et avait déjà été revue en hausse.

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