Cotation du 14/02/2020 à 23h06 Dow Jones Industrial -0,09% 29 398,08
  • DJIND - US2605661048

Wall Street hésitant, avant les trimestriels et l'accord commercial

Wall Street hésitant, avant les trimestriels et l'accord commercial
Wall Street hésitant, avant les trimestriels et l'accord commercial
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine consolide sur ses sommets ce mardi. Le S&P500 régresse de 0,07% à 3.286 pts, tandis que le DJIA prend 0,23% à 28.974 pts. Le Nasdaq fléchit de 0,16% à 9.259 pts, à la veille de la signature de l'accord commercial sino-américain de phase 1, et alors que débute la saison des publications trimestrielles des entreprises. Certains éléments de l'accord commercial ont filtré, comme l'engagement supposé de la Chine d'acheter pour 200 Mds$ de marchandises américaines sur une période de deux ans, dont environ 40 Mds$ de produits agricoles. Le doute persiste toutefois concernant la phase 2, qui devrait aborder des sujets plus délicats et faire ainsi l'objet de négociations laborieuses. En attendant, la Chine a publié une balance commerciale de décembre marquée par un excédent réduit de 8% vis-à-vis des USA.

Sur le marché des changes, l'indice dollar avance de 0,1% à 97,5. Du côté des matières premières, le baril de brut WTI gagne 0,2% à 58,2$ sur le Nymex, tandis que le Brent avance de 0,6% à 64,5$ le baril.

L'indice des prix à la consommation aux Etats-Unis pour le mois de décembre 2019 est ressorti en croissance de 0,2% en comparaison du mois antérieur contre un consensus de +0,3%. Le 'CPI' américain a grimpé de 2,3% en glissement annuel. Hors alimentaire et énergie, éléments volatils, le CPI a augmenté de +0,1% par rapport au mois antérieur et de +2,3% en comparaison de l'an dernier (consensus respectifs de +0,2% et +2,3%).

La semaine a commencé en hausse hier lundi, les investisseurs saluant par anticipation la signature mercredi à Washington, de l'accord commercial de phase 1 entre les Etats-Unis et la Chine. La saison des résultats d'entreprises pour le 4ème trimestre 2019 est aussi sur le point de démarrer avec les comptes des grandes banques US attendus cette semaine. Les analystes financiers prévoient un léger recul des profits du S&P500 par rapport à la même période de 2018, mais ils anticipent ensuite un net redressement en 2020. Le Nasdaq et le S&P ont fini sur de nouveaux sommets historiques. Le pétrole et l'or ont poursuivi leur correction, sur fond de retour au calme sur le front géopolitique.

A la clôture hier, l'indice Dow Jones a avancé de 0,29% à 28.907 points, frôlant son dernier record (28.956 pts le 9 janvier). L'indice large S&P 500 a progressé de 0,70% à 3.288 pts, et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a gagné 1,04% à 9.273 pts, inscrivant tous deux de nouveaux records.

Les investisseurs attendent avec intérêt la signature de l'accord commercial de Phase 1 entre les États-Unis et la Chine, qui met fin à plus de 18 mois de guerre commerciale entre les deux plus grandes économies mondiales. Le vice-Premier ministre chinois Liu He, principal négociateur commercial de Pékin, s'est rendu hier lundi à Washington à la tête d'une délégation chinoise en vue de signer le texte.

La cérémonie de signature est prévue demain, mercredi 15 janvier, à la Maison Blanche, et l'accord sera rendu public dans son intégralité lors de la signature. "Le document entier sera rendu public mercredi", a ainsi déclaré le conseiller économique de la Maison Blanche Larry Kudlow lors d'un échange avec les journalistes. "Il y aura une merveilleuse cérémonie", a-t-il ajouté, évoquant un dîner la veille de la signature et un déjeuner le jour même.

L'accord de phase 1 prévoit un démantèlement partiel des barrières douanières érigées par les deux pays en échange de l'achat par Pékin de milliards de dollars de biens américains supplémentaires. Quant à la phase 2, elle pourrait n'être conclue qu'après l'élection américaine de novembre prochain, même si les négociations devraient démarrer dès la signature de la phase 1. "Nous allons entamer tout de suite les négociations sur la phase 2, ça prendra du temps", a indiqué Donald Trump la semaine dernière.

En outre, les marchés ont apprécié des informations selon lesquelles les Etats-Unis vont cesser de la considérer comme un Etat manipulateur de devises, après les avoir mis sur cette liste en août dernier. Selon des sources citées par l'agence de presse 'Bloomberg', le département américain du Trésor doit annoncer ce retrait dans un rapport semestriel à paraître prochainement.

La saison des publications trimestrielles débute par ailleurs cette semaine outre-Atlantique, les valeurs financières étant à l'honneur. Delta Air Lines, JP Morgan Chase, Citigroup et Wells Fargo annoncent ce mardi. Alcoa, Bank of America, BB&T, BlackRock, U.S. Bancorp, PNC Financial Services, UnitedHealth et Goldman Sachs seront de la partie demain mercredi. Morgan Stanley, Charles Schwab, CSX, Bank of New York Mellon et SunTrust suivront jeudi. Schlumberger, State Street, First Horizon et Fastenal publieront vendredi.

Selon les analystes sondés par Bloomberg, les profits du S&P 500 devraient reculer en moyenne de 1,6% au 4ème trimestre par rapport à la même période de 2018, avant de rebondir de 3,2% au 1er trimestre 2020, et de 9,2% pour l'ensemble de 2020.

Les valeurs

Citigroup (+2%) a dévoilé un bénéfice trimestriel en croissance de 15% avec la hausse des revenus de cartes de crédit et de trading. Le bénéfice net trimestriel est ressorti à 4,98 milliards de dollars soit 2,15$ par titre, contre 4,31 milliards de dollars et 1,64$ par titre un an plus tôt. Le consensus était de 1,81$ de bpa. Les revenus se sont appréciés de 7% à 18,38 milliards de dollars, contre 17,9 milliards de consensus. Les revenus de banque de consommation ont augmenté de 5% à 8,46 milliards de dollars, contre 8,9 Mds$ de consensus, mais ceux relatifs à la clientèle institutionnelle ont grimpé de 12% à 9,47 milliards de dollars contre 8,8 Mds$ de consensus.

Wells Fargo (-4%) a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal un bénéfice net applicable aux actionnaires ordinaires de 2,55 milliards de dollars soit 60 cents par action, contre 5,71 milliards de dollars et 1,21$ par titre un an plus tôt. Sur ce trimestre clos fin décembre 2019, le consensus était de 1,12$ de bpa mais n'est pas immédiatement comparable. La banque de San Francisco, désormais dirigée par Charles Scharf, qui tente de redorer son blason, a réalisé sur le trimestre clos des revenus totalisant 19,9 milliards de dollars, contre 21 milliards de dollars un an auparavant et 20,1 milliards de dollars de consensus de marché. "Wells Fargo est une superbe et importante franchise qui a fait de sérieuses erreurs, et mon mandat consiste à mettre en oeuvre les changements fondamentaux nécessaires afin de regagner la pleine confiance et le respect de l'ensemble des parties prenantes", a indiqué le CEO du groupe.

JP Morgan Chase (+2%), le géant bancaire new-yorkais, a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal un bénéfice net de 8,52 milliards de dollars soit 2,57$ par action, contre 7,07 milliards et 1,98$ par titre un an plus tôt. Le consensus de bénéfice par action, logé à 2,35$, est donc aisément dépassé, le groupe bénéficiant sur la période de solides activités consommateurs et d'une relative stabilisation économique. Les revenus trimestriels se sont quant à eux établis à 28,3 milliards de dollars, contre 26,1 milliards de dollars un an auparavant et 27,7 milliards de dollars de consensus de marché. Les revenus de banque corporate et d'investissement ont tiré par ailleurs la croissance, en vive augmentation de 31% en glissement annuel à 9,47 milliards de dollars, alors que le consensus était à peine supérieur à 8 Mds$ sur la période close. Jamie Dimon, directeur général de l'établissement, se réjouit également de la robustesse des activités consommateurs et de leur "forte position".

Delta Air Lines (+3%) grimpe, après avoir dévoilé des résultats supérieurs aux attentes des analystes au quatrième trimestre. La compagnie basée à Atlanta a enregistré sur les trois mois clos fin décembre un bénéfice net de 1,1 milliard de dollars pour des revenus opérationnels de 11,44 Mds$ contre 10,74 Mds$ un an plus tôt. Le bpa ajusté ressort à 1,7$ contre 1,3$ de consensus. La recette unitaire ajustée, mesure très suivie dans le secteur, a progressé de 2,4% sur la période alors que les coûts unitaires, hors carburant, ont augmenté de 4,4%, en ligne avec la guidance de la société. Le transporteur, qui n'opère pas le 737 MAX de Boeing, a notamment bénéficié d'une forte demande domestique ainsi que du repli des prix du carburant.

Delta, avec 204 millions de passagers en 2019, a généré 4,2 millions de dollars de flux de trésorerie disponibles sur l'année 2019, un chiffre qu'elle prévoit de reproduire cette année, ce qui lui permettra d'investir davantage dans de nouvelles technologies pour améliorer l'expérience passagers. La recette unitaire ajustée est attendue en hausse de 0 à 2% sur le trimestre en cours, pour des coûts unitaires, hors carburant, qui devraient croître de 2 à 3%. Sur l'ensemble de l'exercice 2020, le management table toujours sur un bpa compris entre 6,75$ et 7,75$ là où le consensus est positionné à 7,17$.

Visa (stable), le géant américain des cartes de paiement, a annoncé lundi après la clôture de Wall Street avoir conclu un accord pour acquérir la société fintech Plaid pour 5,3 milliards de dollars. Plaid, basée à San Francisco, a développé une technologie qui permet à des applications telles qu'Acorns et Venmo de se connecter avec les comptes en banque des consommateurs, afin de leur offrir des services mobiles de paiement, d'investissement et de gestion de budget. La transaction sera financée en numéraire, ainsi que via "une émission de dette qui interviendra au moment approprié", a précisé Visa. L'accord est soumis à des conditions de réalisation, notamment des autorisations réglementaires, a précisé Visa, qui espère finaliser l'opération dans 3 à 6 mois. L'accord n'"aura aucun incidence sur le programme de rachat d'actions annoncé précédemment par Visa ni sur sa politique de dividende", a précisé le groupe.

Tesla (+2%) gagne encore du terrain, pour une capitalisation boursière de plus de 96 milliards de dollars. Jefferies vient en effet de relever son objectif de cours de 400 à 600$ sur la valeur. Le broker pense qu'il serait une erreur de sortir du dossier sur des critères de valorisation, compte tenu du fait que la compagnie d'Elon Musk devrait probablement devenir rentable cette année. La firme Oppenheimer avait dopé hier son objectif de cours sur Tesla à 612$...

Boston Scientific (-8%) décroche après son avertissement sur les ventes. L'équipementier médical américain estime, sur une base préliminaire, que ses revenus du quatrième trimestre ont augmenté de 13,4% à 2,9 milliards de dollars, alors que le consensus des analystes de la place se situait à 2,93 milliards. En revanche, le bénéfice ajusté par action est toujours anticipé entre 42 et 45 cents, contre 44 cents de consensus de place.

©2020,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com