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Wall Street hésitant, après la BCE et les 'stats'

Wall Street hésitant, après la BCE et les 'stats'
Wall Street hésitant, après la BCE et les 'stats'
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine hésite avant bourse ce jeudi, après deux jours de rebond. Le DJIA rend 0,1% et le S&P 500 s'affiche marginalement dans le rouge. Le Nasdaq grappille 0,1%. Le baril de brut WTI se stabilise sur les 70$, alors que l'once d'or évolue à 1.805$. L'indice dollar affiche peu d'évolution face à un panier de devises. Le bitcoin remonte encore de 2% sur 24 heures sur les 32.000$, avec le soutien d'Elon Musk.

Selon le Département américain au Travail ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires nouvelles au chômage pour la semaine close au 17 juillet se sont inscrites au nombre de 419.000, contre 350.000 de consensus de marché et 368.000 pour la semaine antérieure, ce qui traduit une augmentation de 51.000.

L'indice d'activité nationale de la Fed de Chicago, qui vient lui aussi d'être révélé, s'est établi à 0,09 en juin, contre 0,3 de consensus et 0,26 pour la lecture révisée du mois antérieur. La précédente lecture du mois de mai était de 0,29.

Les reventes de logements existants du mois de juin seront publiées à 16 heures par la National Association of Realtors (consensus au rythme de 5,9 millions d'unités). L'indice des indicateurs avancés du Conference Board pour le mois de juin sera révélé à la même heure (consensus +1% en comparaison du mois antérieur). Enfin, l'indice manufacturier régional de la Fed de Kansas City pour le mois de juillet sera communiqué à 17 heures.

La journée est aussi marquée, en Europe, par la réunion monétaire de la BCE. La Banque centrale européenne vient de publier son communiqué monétaire et de maintenir comme attendu à -0,5% son taux de dépôt. La BCE laisse ses taux et achats d'actifs inchangés pour l'heure. Elle révise sa forward guidance concernant les taux. La BCE a pris cette décision afin de rappeler son engagement à maintenir une politique accommodante pour atteindre son objectif d'inflation. Ces mesures pourraient aboutir à ce que l'inflation dépasse légèrement l'objectif pendant une période "transitoire". Les achats nets au titre du PEPP, quant à eux, se poursuivront au rythme de 20 milliards d'euros mensuels.

Lagarde explique que les perspectives d'inflation sont bien en-deça de l'objectif et que la modification de la forward guidance vient rappeler l'engagement à une politique accommodante. La reprise serait sur les rails, selon la patronne de la BCE, qui nuance tout de même le propos en soulignant que le variant Delta constitue une source de préoccupation de plus en plus importante. Selon la dirigeante, la hausse de l'inflation devrait être temporaire, et il s'agit de maintenir des conditions de financement favorables. Les perspectives d'inflation à moyen-terme demeurent modérées. L'activité économique devrait revenir à son niveau d'avant crise d'ici au premier trimestre 2022, mais l'inflation devrait progresser dans les mois à venir. Pour Lagarde, la hausse de l'inflation est imputable aux prix de l'énergie et à des effets de base. Les facteurs temporaires devraient s'estomper d'ici début 2022... Lagarde précise encore que la balance des risques est largement équilibrée. Il n'y a en outre pas eu de discussion sur le PEPP, pas encore sujet à débat, alors que la zone euro traverse toujours une période de crise.

Le président de la Fed, Jerome Powell, disposerait pour sa part d'un large soutien en vue d'une reconduction à la tête de la banque centrale. L'agence Bloomberg, citant des personnes familières de la question, indique que bon nombre de conseillers majeurs de la Maison blanche seraient donc favorables à un nouveau mandat de Powell, la décision étant attendue plus tard dans l'année. Janet Yellen, ex-patronne de la Fed et actuelle Secrétaire au Trésor, aurait fait état de bonnes relations avec Powell et serait satisfaite de sa gestion de la politique monétaire durant la pandémie. Néanmoins, l'administration Biden reste ouverte et réfléchirait à la manière d'imposer son empreinte à la banque centrale par des choix personnels. La situation de Powell serait donc bien plus confortable que sous la présidence de Donald Trump, mais un nouveau mandat, probable, n'en serait pour autant pas assuré.

Le mandat de Randal Quarles en tant que vice-président pour la supervision, poste de régulation important, expirera par ailleurs en octobre. Celui de Richard Clarida en tant que gouverneur de la Fed se termine en janvier. D'autres évolutions pourraient donc permettre à l'administration Biden de placer ses pions sans toucher au poste de président. Powell, Quarles et Clarida ont été nommés par Trump. Quarles a laissé entendre qu'il pourrait rester pour un nouveau mandat. Les personnes familières des discussions au sein de la Maison blanche, citées par Bloomberg, ont demandé à ne pas être identifiées, les échanges étant privés. Les responsables de la Maison blanche n'ont pas encore discuté avec Joe Biden d'une potentielle reconduction de Powell ou d'un éventuel remplacement, ont précisé deux sources. Aucune décision n'est attendue avant septembre au plus tôt.

Sur le front sanitaire, les inquiétudes concernant les variants et en particulier la propagation du variant Delta du Covid-19 ont lourdement pesé sur les bourses mondiales en début de semaine, mais semblent s'estomper progressivement. Une étude publiée dans le New England Journal of Medicine a montré que deux doses de vaccin Pfizer / BioNTech ou AstraZeneca étaient presque aussi efficaces contre le variant Delta que contre le variant Alpha (le variant anglais). Deux doses de Pfizer seraient efficaces à 88% dans la prévention des maladies symptomatiques provoquées par le Delta, tandis que deux vaccins AstraZeneca seraient efficaces à 67%. L'efficacité est réduite à 36% avec une dose de Pfizer et à environ 30% avec une injection d'AstraZeneca. Des études continuent de montrer une forte protection des vaccins contre les hospitalisations, même en ce qui concerne les variants. Le Wall Street Journal a expliqué comment, plutôt que de réinstituer des règles et des restrictions, les autorités américaines cherchaient plutôt à freiner la propagation en augmentant des taux de vaccination stagnants. Une pression est aussi signalée pour une approbation complète plus rapide des vaccins, ce qui pourrait aider à convaincre les sceptiques et permettre aux employeurs d'exiger plus facilement des vaccins...

Notons tout de même que le vaccin contre le Covid-19 de Johnson & Johnson serait moins efficace contre les variants Delta et Lambda, selon une étude postée sur bioRxiv et citée plus tôt cette semaine par le New York Times. Selon l'article, "le vaccin est bien moins efficace contre les variants Delta et Lambda que contre le virus initial". Ainsi, l'article suggère que ceux qui ont reçu le vaccin de J&J pourraient avoir besoin d'une seconde dose. Les auteurs de l'étude suggèrent que la seconde dose en question pourrait être une dose Pfizer / BioNTech ou une dose Moderna. Le New York Times indique que les conclusions de l'étude, qui n'a pas été revue par des pairs, entrent en contradiction avec des études plus petites publiées par J&J plus tôt ce mois...

Les opérateurs jouent par ailleurs toujours la perspective d'un nouveau stimulus fiscal, les négociateurs espérant la finalisation d'un package bipartisan sur les infrastructures dans les jours prochains (selon le Washington Post et le Wall Street Journal), malgré l'échec du vote procédural de la Fed au Sénat.

Biden a enfin repoussé les craintes concernant l'inflation, mais estime que les salaires devront augmenter si les compagnies veulent résoudre leurs problèmes de recrutement.

Dans l'actualité des entreprises, American Airlines, Alaska Air, Southwest Airlines, Abbott Laboratories, AT&T, Biogen, Blackstone, Celanese, Marsh & McLennan, Newmont Mining, Intel, Union Pacific, DR Horton, Nucor, Dow Inc., Robert Half, Snap Inc. et Twitter, comptent parmi les nombreuses annonces du jour.

Les valeurs

Texas Instruments, géant des semi-conducteurs pour téléphonie mobile, a annoncé pour le trimestre clos un bénéfice ajusté par action de 2,05$ à rapprocher d'un consensus de 1,82$. Un an auparavant, le bpa se situait à 1,48$. Les revenus trimestriels se sont établis à 4,58 milliards de dollars, dépassant d'environ 5% le consensus, contre 3,24 milliards de dollars sur la période correspondante de l'an dernier. Néanmoins, TI a fourni une guidance de revenus sur le trimestre entamé qui a déçu certains opérateurs, laissant craindre un bond de la demande de courte durée. Le groupe envisage des revenus allant de 4,4 à 4,76 milliards de dollars sur le trimestre de septembre. Le bpa est attendu entre 1,87 et 2,13$. Le consensus était de 4,59 milliards de recettes et 1,97$ de bénéfice par action. Le groupe de Dallas n'a donc pas convaincu les marchés du caractère soutenable de la demande, le titre cédant du terrain hier soir après les annonces à Wall Street.

Seagate, le concepteur californien de disques durs, a annoncé hier soir, après la clôture de Wall Street, des comptes trimestriels supérieurs aux attentes de marché. Pour son quatrième trimestre fiscal 2021, le groupe a dégagé un bénéfice ajusté par action de 2$, dépassant de 7% le consensus, ce qui traduit une croissance de près de 70% des profits en glissement annuel et de 35% en séquentiel. Le groupe prévoyait un bpa ajusté de 1,85$, plus ou moins 15 cents. Les revenus non-GAAP ont été de 3,03 milliards de dollars sur le trimestre, en croissance de 20% en comparaison de l'an dernier et de 10% séquentiellement, en comparaison du trimestre antérieur. Le management tablait sur des revenus de 2,95 milliards de dollars en milieu de fourchette. Le groupe dépasse par ailleurs de près de 2% le consensus de revenus. Sur l'ensemble de l'exercice, Seagate a ainsi réalisé un bpa ajusté de 5,64$ et des revenus de 10,68 milliards.

Tesla, le leader californien de l'automobile électrique, va sans doute recommencer à accepter les paiements en bitcoin pour ses véhicules, a laissé entendre son patron Elon Musk à l'occasion d'une conférence. Le constructeur automobile avait annoncé en mai l'abandon des paiements en bitcoin, après les avoir précédemment acceptés et avoir investi 1,5 milliard de dollars en trésorerie sur le BTC. Tesla avait ensuite choqué les fans de cryptomonnaies en cédant une partie de son investissement en bitcoin. Musk a indiqué par ailleurs qu'il détenait des cryptomonnaies, et notamment du BTC, de l'ethereum et bien entendu du dogecoin. Les commentaires et revirements fréquents du milliardaire font valser les cours de 'cryptos'. Le bitcoin, qui avait sombré plus tôt dans la semaine sous les 30.000$, revient à l'approche des 32.000$ sur CoinMarketCap. Musk conditionne le retour des paiements en BTC à une moindre consommation énergétique...

American Airlines, le transporteur aérien américain, a renoué avec les bénéfices au second trimestre avec la reprise du trafic et de la demande. Le groupe a ainsi dégagé un bénéfice net de 19 millions de dollars et 3 cents par titre, contre une perte de 2,07 milliards de dollars et 4,82$ par titre sur la période correspondante de l'an dernier. Les revenus du second trimestre ont totalisé 7,5 milliards de dollars, en progression de 87% séquentiellement, en comparaison du premier trimestre 2021. Hors exceptionnels, le résultat trimestriel est tout de même encore dans le rouge de 1,1 milliard de dollars et 1,69$ par action. Le consensus était de 2,41$ de perte ajustée par action pour 7,14 milliards de revenus. La compagnie a terminé le trimestre avec 21,3 milliards de dollars de liquidités disponibles, un record.

Southwest Airlines a publié pour son second trimestre fiscal un bénéfice net de 348 millions de dollars et 57 cents par action, à comparer à une perte de 915 millions de dollars et 1,63$ par titre un an auparavant. Les résultats ont été soutenus par le Payroll Support Program (724 millions de dollars d'impact positif), programme fédéral américain d'aide sectorielle. En dehors de cet élément, la perte ajustée par action a représenté 35 cents sur le trimestre clos. Les revenus opérationnels du second trimestre ont décliné de 32% par rapport au second trimestre... 2019, à 4 milliards de dollars. Le groupe a généré sur le trimestre un free cash flow de 1,9 milliard. Le transporteur aérien américain termine le trimestre avec 17,9 milliards de liquidités, pour 11,4 milliards de dettes.

AT&T, l'opérateur télécom américain, a dépassé les attentes de bénéfices sur le trimestre clos, le groupe ayant limité au maximum les désabonnements dans le wireless. Le groupe a bénéficié par ailleurs de l'essor de la 5G. AT&T en profite pour rehausser ses estimations annuelles de revenus et de bpa ajusté. Sur le trimestre clos, les nouveaux abonnés mensuels payants de téléphonie ont été au nombre de 789.000, quasiment le triple du consensus ! WarnerMedia, unité média, a récupéré 2,8 millions d'abonnés US à HBO et HBO Max. Les revenus totaux du groupe ont augmenté de 7,6% à 44 milliards de dollars, contre un consensus de 42,7 milliards. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires ordinaires a été de 1,5 milliard de dollars et 21 cents par titre, contre 1,2 milliard un an plus tôt. AT&T table maintenant sur une croissance des revenus de 2 à 3% et un bpa ajusté en progression de 1 à 5%. Le groupe a enfin relevé son objectif d'abonnés à HBO Max entre 70 et 73 millions pour la fin de l'année.

Abbott Laboratories a plus que doublé son bénéfice au second trimestre. Le laboratoire a également affiché une croissance des revenus supérieure aux attentes. Le groupe a profité de la solidité de l'activité de diagnostic et d'une reprise sur le segment des appareils médicaux. Les ventes de diagnostics se sont envolées de 63% à 3,25 milliards de dollars, dont 1,3 milliard de dollars sur les tests covid. Hors tests covid, le groupe a réalisé une croissance de plus de 11% sur une base organique en comparaison des niveaux pré-pandémiques. La croissance des ventes trimestrielles totales a été de 39,5% en glissement annuel (+35% en organique), à 10,2 milliards. Le bénéfice net a représenté 1,19 milliard de dollars et 66 cents par titre, contre 537 millions de dollars un an avant. Le bpa ajusté a été de 1,17$, en croissance de 105%. Le consensus était de 1,02$ de bpa ajusté et 9,7 milliards de recettes. Abbott maintient sa guidance de bpa ajusté annuel entre 4,3 et 4,5$.

Biogen, le géant biotechnologique américain, a dépassé les attentes de profits sur le trimestre clos et a déjà dégagé 2 millions de dollars de ventes sur son traitement d'Alzheimer. Le groupe défend ce traitement, estimant que l'approbation était basée sur des données étendues. Il anticipe des revenus modestes d'Aduhelm cette année. Biogen rehausse ses anticipations globales de revenus sur l'année entre 10,65 et 10,85 milliards de dollars, contre une fourchette antérieure allant de 10,45 à 10,75 milliards. Le bénéfice net trimestriel a été de 449 millions de dollars et 2,99$ par action sur la période close fin juin, contre 1,54 milliard de dollars et 9,59$ par titre un an avant.

Domino's Pizza a battu le consensus de revenus sur le trimestre clos, avec le marché américain. Les revenus totaux ont été de 1,03 milliard de dollars, contre 920 millions un an avant et 972 millions de consensus. Sur une base ajustée, le groupe de restauration rapide a dégagé un bpa de 3,12$ à comparer à un consensus de 2,87$.

Dow Inc, le groupe américain de chimie, a retrouvé les profits sur le trimestre et battu le consensus de revenus, aidé par la progression des prix. Le groupe livre par ailleurs une très solide guidance de revenus, tablant sur un niveau allant de 13,75 à 14,25 milliards de dollars pour le troisième trimestre, contre 12,6 milliards de consensus. Sur le trimestre écoulé, le bénéfice net attribuable aux actionnaires a été de 1,9 milliard soit 2,51$ par titre, contre 991 millions un trimestre plus tôt. Le bpa opérationnel ajusté a été de 2,72$, contre 2,45$ de consensus. Les ventes ont été de 13,89 milliards, contre 13,1 Mds$ de consensus.

DR Horton, le promoteur immobilier américain, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal 2021 un bpa dilué en croissance de 78% à 3,06$. Le bénéfice net part du groupe a été de 1,1 milliard de dollars, en hausse de 77%. Les revenus consolidés se sont appréciés de 35% à 7,3 milliards de dollars. Le groupe a bénéficié de prix record, mais prévient prudemment de contraintes de capacités, ce qui occasionne quelques prises de bénéfices en bourse.

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