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Wall Street : hausse prudente, le plan de relance se fait attendre

Wall Street : hausse prudente, le plan de relance se fait attendre
Wall Street : hausse prudente, le plan de relance se fait attendre
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street poursuit sa progression mardi, quoique plus prudemment que la veille, alors que le président de la Fed, Jerome Powell, a exhorté les autorités politiques à adopter un nouveau programme de soutien budgétaire à l'économie américaine. Alors que les cas de coronavirus continuent d'augmenter, notamment à New York, les marchés s'inquiètent d'un ralentissement de la reprise économique sans ce plan de relance. Sur le plan politique, Donald Trump a retrouvé le bureau ovale depuis lundi soir, et s'est dit en forme, appelant les Américains à "ne pas avoir peur" du coronavirus.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones gagne 0,39% à 28.255 points, tandis que l'indice large S&P 500 gagne 0,29% à 3.418 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, avance de 0,13%, à 11.347 pts.

Lundi soir, la Bourse américaine avait salué l'amélioration de l'état de santé du président Trump, qui avait regagné la Maison Blanche après la clôture des marchés : +1,68% pour le DJIA, +1,8% pour le S&P 500 et +2,3% pour le Nasdaq.

Toutefois, les marchés s'inquiètent encore davantage de la santé de l'économie américaine, que de celle du président. Pour les experts financiers, la priorité est de parvenir rapidement à un nouveau de soutien de l'économie, qui puisse être voté par le Congrès avant les élections du 3 novembre (présidentielle, mais aussi renouvellement de 100% de la Chambre et d'un tiers du Sénat).

Powell appelle le Congrès US à "faire trop" plutôt que "trop peu"

Mardi, le patron de la Fed Jerome Powell a insisté sur ce point, dans un discours devant l'assemblée de la NABE (National Association for Business Economics), réunie virtuellement. La reprise de l'économie américaine est "loin d'être achevée", a-t-il mis en garde, et la dynamique risque de s'inverser "si le coronavirus n'est pas maîtrisé et si la croissance n'est pas soutenue", a-t-il déclaré.

Si Jerome Powell laisse entendre que la banque centrale reste prête à accroître son soutien monétaire, dans l'immédiat, il a surtout mis la pression sur le Congrès, estimant que les risques de faire trop de soutien budgétaire (crainte exprimée par les Républicains) sont moins importants que ceux d'en faire trop peu...

"Trop peu de soutien mènerait à une reprise faible, créant des difficultés inutiles pour les ménages et les entreprises. Avec le temps, les insolvabilités des ménages et les faillites des entreprises iraient croissantes, affectant la capacité productive de l'économie, et pesant sur la hausse des revenus. En revanche, les risques d'en faire trop semblent, à ce stade, moins importants. Même si les mesures politiques se révèlent finalement plus importantes que nécessaire, elles ne seront pas prises en vain. La reprise sera plus forte et plus rapide".

Un accord bipartisan possible en milieu de semaine ?

A Washington, les négociations devaient reprendre ce mardi entre la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi et le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, qui se sont entretenus presque tous les jours depuis 8 jours, sans parvenir encore à un accord.

Durant le week-end, depuis l'hôpital militaire de Bethesda près de Washington, Donald Trump avait estimé important qu'un accord bipartisan soit conclu. Selon le 'Washington Post', des responsables de la Maison blanche ont exprimé en privé leur confiance dans la conclusion d'un accord en milieu de semaine. Cependant, il reste à ce stade des désaccords significatifs sur certaines questions importantes, comme les prestations de chômage, ainsi que les financements d'Etat et locaux, les tests et le traçage du Covid-19.

Les élus démocrates ont proposé fin septembre un plan de soutien de 2.200 milliards de dollars, du même montant que celui adopté en mars dernier, mais qui est désormais arrivé à son terme, poussant de nombreuses entreprises, notamment les compagnies aériennes, à envisager de dizaines de milliers de suppressions d'emplois. Les Républicains et la Maison Blanche envisagent de leur côté un "package" moins généreux et plus ciblée, d'un montant de 1.600 Mds$.

Une reprise en "V" exclue en zone euro, où le Covid repart à la hausse

Concernant la zone euro, où la reprise économique patine face à une résurgence de la pandémie de coronavirus, Christine Lagarde, la président de la BCE, s'est montrée mardi prudente sur la reprise, qualifiée d'inégale et d'incertaine... L'économie de la zone euro ne devrait ainsi retrouver son niveau antérieur au Covid qu'à la fin de l'année 2022, selon Mme Lagarde, et cette prévision est faite en tablant sur la mise au point d'un vaccin opérationnel à partir de la mi-2021. Pour l'heure, la patronne de la BCE (qui s'exprimait lors d'une conférence virtuelle organisée par le Wall Street Journal) anticipe une reprise mouvementée plutôt qu'en "V".

"Nous craignons désormais que les mesures de confinement qui doivent être prises par les autorités aient un impact sur cette reprise, et donc, au lieu de la reprise en V que nous attendons et espérons tous, nous craignons que la deuxième branche du V soit un peu plus tremblante", a résumé Christine Lagarde.

VALEURS A SUIVRE

Paychex (+0,9%) a publié ses derniers comptes trimestriels avant bourse ce jour à Wall Street, tandis que Levi Strauss enfilera ses jeans après la clôture des marchés américains.

Paychex, acteur phare du marché des services de gestion des ressources humaines, a annoncé pour son premier trimestre fiscal des profits et revenus en retrait, mais supérieurs aux attentes. La guidance annuelle du groupe ressort par ailleurs solide, Paychex évoquant une reprise plus rapide qu'escompté.

Dollar Tree (+1%), détaillant discount américain, va recruter plus de 25.000 personnes pour ses magasins et centres de distribution pendant les fêtes.

Macy's (+0,2%). La chaîne US de grands magasins va investir dans le groupe suédois de paiements en ligne Klarna, qui compte déjà BlackRock et... le rappeur Snoop Dogg comme investisseurs. Macy's entend ainsi fournir à sa clientèle le service 'buy now, pay later' permettant d'acheter des produits sans les payer immédiatement.

Southwest Airlines (+1,5%) a quant à lui demandé aux syndicats d'accepter des baisses de salaire pour éviter des licenciements ou du chômage partiel jusqu'en 2021, du fait bien évidemment des conséquences économiques de la crise sanitaire.

Pfizer (-0,2%). L'Agence européenne des médicaments (EMA) a initié l'examen accéléré du vaccin contre le Covid-19 développé par l'Américain et son partenaire allemand BioNTech.

Gilead Sciences (-1%). Les autorités britanniques ont annoncé que son antiviral, remdesivir, allait être administré en priorité aux cas graves de covid, face à une demande forte pour ce traitement.

AT&T (+1,3%). Sa filiale Warner Bros a reporté la sortie des films 'Dune' et 'The Batman'.

Chevron (+1,6%) procède à l'évacuation du personnel de ses plateformes situées dans le Golfe du Mexique et à la fermeture des installations avant le passage redouté de l'ouragan Delta.

Apple (-1%), le colosse californien de Cupertino, a arrêté selon Bloomberg de vendre les écouteurs et haut-parleurs sans fil à ses concurrents, dont Sonos, Bose et Logitech. Un tel mouvement signalerait l'intention du groupe de Tim Cook de lancer prochainement de nouveaux produits audio...

Plus généralement, les géants américains de la 'tech' Apple, Alphabet (-0,3%) et autres Amazon (-,3%) sont sous surveillance ce jour, alors que le rapport antitrust de la Chambre des représentants sur ces leaders technologiques contient un "appel à peine voilé à leur démantèlement", si l'on en croit le parlementaire républicain Ken Buck, dans un projet de réponse dont Reuters a eu connaissance.

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