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Wall Street : gueule de bois, le Nasdaq s'effondre

Wall Street : gueule de bois, le Nasdaq s'effondre
Wall Street : gueule de bois, le Nasdaq s'effondre
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Marche arrière toute à Wall Street ! Au lendemain d'une vive progression des trois grands indices après les annonces de la Fed, qui a relevé comme attendu son taux directeur d'un demi-point et va commencer à réduire son bilan à partir de juin, la bourse américaine retombe lourdement. Le Dow Jones perd 2,55% à 33.192 points, tandis que l'indice large S&P 500 cède 3,05% à 4.169 pts. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, trébuche lui de 4,15% à 12.423 pts.

Si le ton plus 'dovish' que prévu de Jerome Powell lors de la conférence de presse suivant l'annonce de la Réserve fédérale a initialement été salué, il n'en reste pas moins que les craintes inflationnistes et de ralentissement économique sur fond de guerre en Ukraine, de crise sanitaire en Chine et de politiques monétaires moins accommodantes sont loin d'avoir disparu. En attendant les chiffres mensuels du travail demain, les dernières données sur le marché de l'emploi ne sont également guère reluisantes. Les opérateurs ont en effet pris connaissance d'une hausse surprise des inscriptions hebdomadaires au chômage la semaine passée, d'une très forte baisse de la productivité et ce alors que les dernières données de l'emploi privé dévoilées hier par ADP étaient plutôt moroses.

Le Département américain au Travail a annoncé ce jeudi, pour la semaine close au 30 avril, que les inscriptions au chômage ont atteint 200.000, en hausse de 19.000 par rapport à la semaine antérieure. Le consensus était positionné à 180.000. La moyenne à quatre semaines s'établit à 188.000, en hausse de 8.000. Enfin, le nombre de chômeurs indemnisés sur la semaine close le 16 avril atteint 1,384 million, en baisse de 19.000 sur sept jours (1,400 million de consensus), au plus bas depuis janvier 1970.

Les chiffres de la productivité (non agricole) pour le premier trimestre ont donc par ailleurs fait ressortir une forte baisse de cette dernière de 7,5%, contre -5,4% de consensus. La productivité n'avait plus autant diminué depuis 1947 ! Les coûts unitaires du travail se sont eux envolés de 11,6% (du jamais vu depuis 1982), contre +9,9% attendus après une hausse de 0,9% au trimestre précédent.

Pour ne rien arranger, si les résultats trimestriels sont dans l'ensemble solides à Wall Street, les prévisions de plusieurs entreprises ont clairement déçu ces derniers jours, à l'image de celles d'eBay dans le e-commerce.

Sur les marchés obligataires, les rendements se tendent à nouveau fortement. Le taux du T-Bond à 10 ans bondit de 10,8 points de base à 3,042%, au plus haut depuis décembre 2018. Le taux du T-Bond à 2 ans, plus sensible à la politique monétaire, grimpe pour sa part de 5,6 pb à 2,699%.

Sans grande évolution avant la Fed, perché près de ses plus hauts niveaux depuis 20 ans, le dollar a nettement reflué après les annonces de la Banque, les investisseurs, qui avaient "acheté la rumeur" ces derniers temps, se mettant à "vendre la nouvelle". Mais le billet vert repart déjà de l'avant ce jeudi. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de devises de référence, grimpe de 0,9% à 103,8 points. De son côté, l'euro reperd 0,65% à 1,0549$.

L'or remonte de 0,5% à 1.890$ l'once pour le contrat à terme de juin sur le Comex. Du côté des cryptos, le bitcoin retombe de 0,5% sur 24h, autour de 38.710$ sur Coindesk.

Enfin, les cours pétroliers continuent à grimper après que la Commission européenne eut proposé un embargo total sur le pétrole russe dans le cadre d'un sixième train de sanctions du bloc contre la Russie en raison de l'offensive lancée en Ukraine. Le baril de brut léger américain WTI (contrat à terme de juin) avance de 1,5% à 109,5$ sur le Nymex, tandis que le Brent de la mer du Nord grimpe de 1,8% à 112,1$ pour le contrat de juillet.

Par ailleurs, et sans surprise, l'OPEP et ses alliés viennent de se mettre d'accord sur une petite augmentation mensuelle de leur production de brut. Le cartel a validé une hausse 'standard' de 432.000 barils par jour en juin. Un volume limité dans le contexte actuel mais dont beaucoup d'analystes doutent qu'il soit atteint alors que la plupart des membres sont confrontés à des contraintes de capacité. "La montée en puissance constante de l'offre de l'Opep depuis la mi-2021 semble s'essouffler", a déclaré Bill Farren-Price, directeur d'Enverus Intelligence Research. "Avec l'augmentation du risque d'approvisionnement à mesure que les sanctions russes prennent de l'ampleur, la capacité de l'organisation à stabiliser les prix du pétrole s'évapore".

VALEURS A SUIVRE

* Booking bondit de 5%. Le site d'hébergements a fait état d'un bénéfice supérieur aux attentes des analystes au premier trimestre et a dit s'attendre à une saison estivale soutenue, en particulier en Europe.

* Twitter (+3,6%). Elon Musk a obtenu un financement supplémentaire de 7,14 milliards de dollars auprès d'un groupe d'investisseurs comprenant notamment le cofondateur d'Oracle, Larry Ellison, pour financer son acquisition de Twitter, montre un document que s'est procuré Reuters. Parmi les investisseurs participant à cette opération, on retrouve également Binance, Brookfield Asset Management, Fidelity Management & Research et Qatar Holding. Par ailleurs, Twitter a reçu un accueil glacial mercredi soir lors de la présentation d'un plan à des annonceurs dans le cadre d'un événement organisé à New York, ont rapporté trois dirigeants d'agences publicitaires, les projets du réseau social étant incertains depuis l'annonce de son rachat.

* eBay chute de 7,7%, plombé par une guidance décevante. Au deuxième trimestre, la place de marché américaine, anticipe un chiffre d'affaires compris entre 2,35 et 2,40 milliards de dollars contre 2,54 Mds$ anticipés par les analystes. Ses prévisions pour l'ensemble de l'année sont également ressorties inférieures aux estimations du marché. Le bpa ajusté des trois mois clos fin juin est par ailleurs attendu entre 87 et 91 cents contre un consensus de 1,02$.

Après avoir profité de la crise sanitaire, les détaillants en ligne voient leur croissance ralentir avec le retour des consommateurs dans les magasins alors que l'inflation obstinément élevée commence à saper le moral des ménages. Au cours des trois premiers mois de l'année, le volume brut de marchandises - un chiffre très suivi dans l'industrie du commerce électronique - a chuté de 20% à 19,4 milliards de dollars. Les acheteurs actifs sur eBay ont diminué de 13% à 142 millions au cours du trimestre. Le bpa ajusté a atteint 1,05$ (1,04$ attendu) pour des revenus en repli de 6% à 2,48 milliards de dollars (2,46 Mds$ de consensus).

* Chesapeake Energy (-2,2%). La société d'investissement Kimmeridge a annoncé mercredi avoir pris une participation de 1,5% au capital de Chesapeake Energy et avoir entamé des discussions avec la direction du groupe afin de doper son cours de Bourse.

* Berkshire Hathaway (-1,8%). Warren Buffett augmente son pari sur le groupe pétrolier américain. La société du gourou de Wall Street a racheté 5,9 millions d'actions supplémentaires d'Occidental Petroleum pour environ 336 millions de dollars, portant sa participation dans la société à 15,2%, montre un avis boursier publié mercredi soir. Les actions ont été achetées les 2 et 3 mai à un prix unitaire compris entre 56$ et 58,37$. Occidental, titre le plus performant sur le S&P 500 au premier trimestre, a vu ses actions flamber avec la hausse des prix du pétrole et les rachats de titres de W.Buffett.

* Metlife (-0,4%). La compagnie d'assurance a publié mercredi un bénéfice meilleur que prévu au titre du premier trimestre à la faveur d'une hausse des primes et des commissions.

* AT&T (-0,1%), Verizon Communications (-0,5%), Comcast (-1,1%). Les fournisseurs d'accès internet haut débit aux Etats-Unis ont renoncé mercredi soir à contester la loi californienne sur la neutralité de l'internet qui leur interdit de bloquer ou de réguler le trafic selon les usages.

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