Cotation du 11/06/2021 à 23h16 Dow Jones Industrial +0,04% 34 479,60
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Wall Street : grosse déprime après l'accélération de l'inflation US

Wall Street : grosse déprime après l'accélération de l'inflation US
Wall Street : grosse déprime après l'accélération de l'inflation US
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La correction boursière se poursuit de plus belle, mercredi à Wall Street, après la publication d'une hausse de 4,2% des prix à la consommation aux Etats-Unis en avril par rapport à avril 2020, le chiffre le plus élevé depuis 13 ans. Les taux d'intérêts se sont encore tendus après cette annonce, tandis que le dollar a rebondi et que le vice-président de la Fed Richard Clarida s'est dit "surpris" de l'ampleur de la hausse des prix, qu'il juge néanmoins temporaire... Le pétrole reste bien orienté, au dessus des 66$ pour le baril de brut WTI.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones perd 1,46% à 33.767 points, tandis que l'indice large S&P 500 cède 1,79% à 4.077 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, abandonne 2,40% à 13.068 points. Le Nasdaq a désormais perdu 7,5% par rapport à son précédent record du 26 avril, à 14.138 pts.

Plus tôt dans la journée, les marchés asiatiques ont fait du yo-yo : -1,6% pour l'indice Nikkei à Tokyo, -4,1% à Taiwan, mais +0,6% pour le Shanghai composite. L'Europe a en revanche bien résisté, avec une stabilité de l'EuroStoxx 50 (+0,03%), une hausse de 0,19% du CAC 40 et une hausse de 0,8% pour le Footsie 100.

A Wall Street, dix des onze indices sectoriels du S&P 500 sont en berne, mercredi soir, à l'exception de l'énergie (+1,6%). Les plus fortes baisses sont affichées par les biens de consommation discrétionnaires (-2,5%), les technologiques (-2%) et les services de communication (-2%), des secteurs de croissance qui évoluaient ces derniers mois à des sommets jugés excessifs par de nombreux analystes.

Le Dow Jones est plombé notamment par les chutes de Home Depot (-3%), Honeywell (-3,3%), Microsoft (-2,9%) et Apple (-2,4%). La firme a la pomme a perdu plus de 14% de sa valeur par rapport à son dernier record du 26 janvier, à plus de 143$. L'indice SOX de Philadelphie, qui reflète l'évolution du secteur des semi-conducteurs replonge de 3,6% et perd plus de 13% par rapport à ses récents sommets.

Clarida "surpris" par l'inflation, mais reste persuadé de son caractère temporaire

Les chiffres de l'inflation en avril aux Etats-Unis ont donc réservé de mauvaises surprises, avec une envolée de 0,8% sur un mois, et de 4,2% sur un an, alors que les analystes tablaient sur des hausses respectives de 0,2% et de 3,6%. Même hors énergie et alimentation, les prix ont grimpé de 0,9% sur un mois et de 3% sur un an, bien au-dessus des attentes du consensus (+0,3% et +2,6%) et de l'objectif de 2% de la Réserve fédérale américaine.

Cette dernière a laissé entendre ces dernières semaines qu'elle était prête à tolérer un dépassement temporaire de son objectif, jugeant que la hausse des prix serait un phénomène transitoire, lié à la sortie de la crise du coronavirus (effet de base avec 2020, pénuries et problèmes de chaîne logistique, hausse des cours des matières premières...)

Le vice-président de la Fed, Richard Clarida, s'est cependant dit "surpris" par ces chiffres, tout en disant s'attendre à ce que cette inflation retourne à la normale autour de 2% en 2022-2023. Il a répété que les pressions inflationnistes seraient temporaires, ajoutant que dans le cas contraire, la Fed disposerait d'outils pour réagir.

Les taux et le dollar grimpent après l'inflation

L'inflation devrait augmenter encore quelque peu avant de s'apaiser plus tard dans l'année, pense M. Clarida, selon lequel l'économie américaine et en particulier le marché du travail restent très éloignés des objectifs. La banque centrale américaine reste donc déterminée à utiliser tous ses outils pour soutenir l'économie aussi longtemps que nécessaire. Ainsi, Richard Clarida a aussi réaffirmé qu'une réduction des achats d'actifs de la Fed ("tapering") n'est pas d'actualité.

De nombreux autres membres de la Fed se sont exprimés dans le même sens, ces derniers jours, à l'exception de Robert Kaplan (Fed de Dallas) qui aimerait discuter dès aujourd'hui d'un "tapering".

Les marchés obligataires ont réagi mercredi par une brusque tension sur les taux après l'annonce des chiffres de l'inflation. Le rendement du T-Bond américain à 10 ans pointait en soirée à 1,67% (+5 points de base) et le taux du "30 ans" remontait à 2,39% contre 2,35% lundi soir.

Du côté des changes, l'indice du dollar rebondissait de 0,63% à 90,70 points face à un panier de devises de référence, après être tombé la veille à son plus bas niveau depuis la fin février. L'euro cédait mercredi soir 0,55% face au billet vert, à 1,2081$ dans les échanges interbancaires à New York.

Le pétrole WTI grimpe au-dessus de 66$

Les cours du pétrole brut sont orientés en nette hausse, et les prix de l'essence ont bondi au-dessus de 3$ le gallon à la pompe pour la première fois depuis plus de 6 ans, suite à la cyberattaque contre le réseau de Colonial pipeline, qui a désorganisé la distribution de carburants, entraînant des pénuries dans certaines stations de service.

Le baril de brut léger américain WTI bondit en soirée de 1,7% à 66,38$ sur le Nymex pour le contrat à terme de juin, tandis que le Brent avance de 1,6% à 69,65$ (contrat de juillet). La hausse s'est produite malgré l'annonce d'une baisse moins importante que prévu des stocks hebdomadaires de brut aux Etats-Unis. D'après le Département à l'Energie, les stocks domestiques de pétrole pour la semaine close le 7 mai ont reculé de 0,4 million de barils à 484,7 mb, contre une baisse de 2,1 mbj attendue par le consensus.

Par ailleurs, dans son dernier rapport mensuel, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a estimé que les stocks mondiaux de brut accumulés pendant la crise du Covid étaient presque revenus à la normale, et a prévu que la demande mondiale de brut aura presque retrouvé ses niveaux d'avant-crise d'ici à la fin de l'année, ce qui a soutenu les cours. Les deux variétés de brut ont gagné plus de 30% depuis le début de l'année, les investisseurs anticipant une accélération de la demande au second semestre 2021 à mesure que les effets de la pandémie de coronavirus s'estomperont.

Enfin, sur le marché des "cryptos", le bitcoin perd 2,8% sur 24h, revenu autour de 55.000$ sur la plateforme Bitfinex, alors que l'Ether avance de 2,3% à 4.150$, proche de ses niveaux records.

VALEURS A SUIVRE

Amazon (-2,6%). Le Tribunal de l'Union européenne a annulé une décision de la Commission européenne demandant au géant américain du e-commerce de rembourser 250 millions d'euros d'arriérés d'impôts au Luxembourg. La deuxième juridiction de l'Union européenne estime que l'exécutif européen n'a pas démontré qu'Amazon avait bénéficié d'un avantage indu dans son accord fiscal avec le Grand-duché.

Electronic Arts (-1,6%), géant américain du jeu vidéo, a fait état hier soir d'un objectif de chiffre d'affaires ajusté supérieur aux attentes pour l'exercice, avec la demande pour 'FIFA 21' et 'Apex Legends' et malgré l'assouplissement des restrictions sanitaires. EA a publié pour l'exercice 2021 un net bookings de 6,19 milliards de dollars en croissance de 15% et supérieur de 600 millions de dollars aux attentes initiales.

Gap (-5,8%) reprend le versement d'un dividende et les rachats d'actions propres.

Chesapeake Energy (+0,16%) a dévoilé un bénéfice trimestriel de 295 millions de dollars et le versement d'un dividende. Il s'agit des premiers résultats du groupe depuis sa sortie de faillite en février.

Pfizer (+0,9%) soumet des données à l'Agence britannique du médicament (MHRA) sur l'efficacité de son vaccin anti-covid, développé avec son partenaire allemand BioNTech (-4,1%), pour les adolescents âgés de 12 à 15 ans. Les CDC américains vont se réunir ce jour pour discuter des recommandations concernant l'usage du vaccin chez les 12-15 ans.

Wendy's (-2,2%), la chaîne américaine de restauration rapide, a relevé ses prévisions financières annuelles de profits ce mercredi. Le groupe mise donc sur la réouverture de l'économie et la levée des restrictions, ainsi que sur ses nouveaux menus breakfast.

Lemonade (-16%), l'assureur en ligne US, chute à Wall Street, le groupe ayant publié une guidance de revenus plus faible qu'attendu pour le trimestre entamé. En outre, la perte du premier trimestre est ressortie plus lourde que prévu.

FuboTV (+9,4%), service américain de vidéo à la demande par abonnement proposant surtout des événements sportifs en direct, mais aussi des actualités et séries, a publié le meilleur premier trimestre de son histoire et fait état d'une croissance des abonnements plus importante qu'attendu. Les revenus publicitaires et les recettes totales ont également dépassé les attentes.

Hertz Global Holdings bondit de plus de 53% après l'annonce d'un accord sur un plan de 6 milliards de dollars destiné à faire sortir le loueur de voitures du Chapitre 11 sur les faillites. Les fonds Knighthead Capital Management, Certares Opportunities et Apollo Capital Management ont accepté de recapitaliser Hertz, qui réalisera aussi une augmentation de capital de 1,6 Md$ réservée à ses actionnaires actuels.

Il s'agit d'une bonne nouvelle pour le groupe, ainsi que pour les investisseurs particuliers actifs sur le réseau social Reddit. Ils ont été nombreux à parier l'an dernier sur un sauvetage de Hertz, qui paraissait alors avoir très peu de chances de survivre à la crise du coronavirus, qui a laminé le marché de la location automobile.

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