Cotation du 10/07/2020 à 23h09 Dow Jones Industrial +1,44% 26 075,30
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Wall Street grimpe, sur sa lancée

Wall Street grimpe, sur sa lancée
Wall Street grimpe, sur sa lancée
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine grimpe encore avant bourse ce mercredi, le S&P500 s'accordant 1,2% et le Nasdaq 0,3%, contre une progression de 1,5% sur le DJIA. Le baril de brut WTI consolide de 1,4% sous les 34$ sur le Nymex. L'once d'or repasse sous les 1.700$, en retrait de 1%.

La progression se confirme donc sur les marchés, qui misent sur un succès des déconfinements et une reprise rapide de l'économie après une crise ans précédent. Les investisseurs ignorent les éléments adverses, et notamment le risque toujours présent de deuxième vague épidémique ou les tensions entre Washington et Pékin. Les opérateurs préfèrent donc saluer la réouverture progressive de l'économie mondiale, qui pourrait permettre un redémarrage.

Par ailleurs, la Commission Européenne entend mobiliser 750 milliards d'euros pour un plan de relance post-pandémie. 500 milliards seraient ainsi dégagés sous forme d'aides non remboursables, alors que 250 milliards le seraient sous forme de prêts.

Sur le front économique ce jour outre-Atlantique, l'indice manufacturier de la Fed de Richmond pour le mois de mai sera communiqué à 16 heures et portera encore les stigmates de la crise sanitaire et économique (consensus -39). L'indice de confiance des investisseurs mesuré par State Street sera également annoncé ce jour. Dans la soirée, à 20 heures, sera publié le Livre Beige de la Fed, résumé des conditions économiques régionales.

Le président américain Donald Trump a indiqué qu'il allait engager dans la semaine une action contre la Chine du fait de sa volonté d'imposer une loi de sécurité nationale à Hong Kong. Le leader américain n'a toutefois pas détaillé son propos. Interrogé à la Maison blanche, il a juste précisé que les USA étaient "en train de faire quelque chose". "Vous trouverez cela intéressant. Mais je n'en parlerai pas aujourd'hui", a ajouté Trump. "Vous en entendrez parler avant la fin de la semaine", a glissé le président américain, évoquant "quelque chose de fort". En effet, Trump ne voit pas comment Hong Kong pourrait demeurer un centre financier si la Chine "prenait le contrôle".

Le projet chinois de loi sur la sécurité pour Hong Kong prévoit, selon Reuters, une transposition rapide des règles sécuritaires nationales dans la Loi fondamentale, faisant office de Constitution pour le territoire semi-autonome, pour lutter contre les activités sécessionnistes, subversives et terroristes ainsi que contre les ingérences étrangères.

Très remonté, Trump a aussi accusé hier le réseau social Twitter d'interférer dans l'élection présidentielle de novembre aux Etats-Unis. Twitter a incité en effet ses utilisateurs à vérifier la justesse d'un double message du président concernant le vote par correspondance. Le réseau social média a prévenu que les faits énoncés par Donald Trump sur le vote par correspondance n'étaient pas avérés et réfutés par ses services de fact-checking. Un point d'exclamation bleu placé sous le message de Trump conseillait ainsi aux lecteurs d'obtenir les faits sur le vote par correspondance. Sur... Twitter, Donald Trump a reproché ensuite à la firme de "réprimer complètement" la liberté d'expression. "En tant que président, je ne laisserai pas faire cela", a lancé le locataire de la Maison blanche, accusant le réseau social d'interférer dans l'élection présidentielle de 2020 et de se baser sur les informations de journaux qualifiées de fake news. Trump avait auparavant indiqué dans un double message sur Twitter que le recours au vote par correspondance donnerait lieu à des bulletins à coup sûr "frauduleux" et entraînerait des "élections truquées"...

La Bourse de New York a rouvert en nette hausse, hier mardi, après un week-end de trois jours, les investisseurs s'enthousiasmant pour les signes d'un redémarrage de l'économie mondiale face à la pandémie de coronavirus, qui s'essouffle désormais dans de nombreux pays. Les espoirs de trouver un vaccin qui mettrait définitivement fin à cette crise soutiennent aussi le goût du risque. Le regain de tensions géopolitiques entre les Etats-Unis et la Chine demeure pour l'instant en arrière-plan dans les esprits des opérateurs.

A la clôture, l'indice Dow Jones a bondi de 2,17% à 24.995 points, grâce au rebond de titres qui avaient été massacrés ces dernières semaines, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 1,23% à 2.991 pts. A noter que le DJIA n'est pas parvenu à clôturer au-dessus des 25.000 pts, ni le S&P 500 au-dessus des 3.000 points, des seuils pourtant franchis longuement en séance.

Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a gagné plus modestement 0,17% à 9.340 pts après avoir surperformé les autres indices ces dernières semaines. La semaine dernière, les trois indices américains avaient progressé de 3,3% pour le DJIA, de 3,2% pour le S&P 500 et de 3,4% pour le Nasdaq. Les marchés US étaient fermé lundi pour Memorial Day.

Neuf des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont fini dans le vert mardi, dont les financières (+5%), les industrielles (+4,2%), et l'énergie (+3%), tandis qu'en bas de l'échelle, les valeurs de la santé (-0,2%) et les technologiques (-0,1%) ont consolidé après leur récent "rally".

L'optimisme ambiant repose sur la réouverture progressive des économies mondiales, que ce soit aux Etats-Unis, en Europe et en Chine, alors que la vague de Covid-19 semble désormais se dégonfler, malgré la persistance de foyers épidémiques locaux.

Le président américain Donald Trump s'est chaudement félicité via Twitter de la hausse de la Bourse. "La Bourse en FORTE hausse, le DOW franchit les 25.000. Le S&P 500 sur les 3.000. Les États devraient ouvrir dès que possible. La Transition vers la Grandeur a commencé, plus tôt que prévu. Il y aura des hauts et des bas, mais l'année prochaine sera l'une des meilleures de tous les temps!", a-t-il commenté.

De son côté, le patron de la Réserve fédérale de Saint-Louis, James Bullard, a estimé mardi que le taux de chômage pourrait retomber sous le seuil des 10% aux Etats-Unis dès la fin de l'année 2020, après avoir atteint un pic lié aux mesures de confinement prises pour juguler la pandémie de coronavirus.

Dans un entretien mardi avec la chaîne 'Fox Business Network', Bullard a souligné que les économistes attendaient une chute historique de 40% du PIB en rythme annuel au 2e trimestre aux Etats-Unis. Mais il a estimé qu'"après le pire trimestre de l'histoire, le 3e trimestre sera très probablement le meilleur trimestre de tous les temps du point de vue de la croissance".

Alors que les Etats américains réduisent progressivement leurs mesures de restriction, de nombreux autres pays redémarrent leurs économies après des semaines de paralysie. L'état d'urgence a été levé au Japon, donnant le coup d'envoi du redémarrage économique. Les bars et restaurants devraient rouvrir en France le 2 juin, et les commerces non essentiels pourront rouvrir au Royaume-Uni à compter du 15 juin. Selon les médias allemands, Berlin compte pour sa part assouplir les mesures de distanciation plus tôt que prévu et désire lever dès mi-juin les restrictions de déplacement visant 31 pays en Europe.

Les banques centrales et les gouvernements continuent par ailleurs de soutenir les économies à travers le monde. Au Japon, le Premier ministre Shinzo Abe a présenté mardi un nouveau plan de soutien de 100.000 Mds de yens (environ 930 Mds$), qui intègre notamment la distribution de 100.000 yens (925$) à chaque Japonais, afin de relancer la consommation. En Chine, la banque centrale a de son côté promis d'augmenter son soutien et de mener des efforts accrus pour abaisser les taux d'intérêts.

Pour l'instant, les espoirs d'une reprise économique et d'un reflux de la pandémie de Covid-19 l'ont emporté sur les risques d'une nouvelle guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, qui tomberait au plus mauvais moment pour l'économie mondiale très affaiblie par l'épidémie.

Sur le plan sanitaire, les marchés financiers ont apprécié les dernières annonces de groupes pharmaceutiques travaillant sur des vaccins et des traitements du coronavirus. La biotech américaine Novavax (+4,4%) a lancé un essai clinique de Phase 1 sur un vaccin contre la Covid-19, qui pourrait produire des résultats dès juillet. Moderna (-16,3%) avait annoncé la semaine dernière avoir de son côté achevé la Phase 1 et entamer la Phase 2, en vue de commencer la Phase 3 en juillet. Plus de 100 sociétés travaillent dans le monde à la recherche d'un vaccin, qui pourrait dans le meilleur des cas être commercialisé fin 2020 ou début 2021.

Le géant pharmaceutique américain Merck & Co (+1,17%) s'active également dans la Covid-19, en annonçant l'achat du spécialiste autrichien de vaccins Themis Bioscience pour un montant non dévoilé. Merck va aussi collaborer avec l'IAVI sur un autre vaccin potentiel contre le coronavirus, et dévoile un partenariat avec Ridgeback Biotherapeutics pour le développement d'un traitement oral antiviral expérimental contre le coronavirus.

Selon l'Université Johns Hopkins, l'épidémie du nouveau coronavirus a contaminé 5,6 millions de personnes dans le monde dont 1,68 million aux USA, 391 milliers au Brésil et 371 milliers en Russie. Le virus a fait presque 99.000 morts aux Etats-Unis, le triste cap des 100.000 devant donc être très probablement franchi cette semaine. La pandémie a causé plus de 37.000 décès au Royaume-Uni et près de 33.000 en Italie... Donald Trump relève toutefois ce jour que les USA ont passé les 15 millions de tests, un record au niveau mondial, afin de "rouvrir de manière sûre".

Dans l'actualité des entreprises à Wall Street ce jour, on suivra les trimestriels d'Autodesk, de Toll Brothers ou encore de HP Inc.

Les valeurs

Twitter perd du terrain, Donald Trump envisageant de réglementer ou fermer les réseaux sociaux, furieux contre le réseau social média qui a donc incité ses utilisateurs à vérifier la justesse d'un double message du président concernant le vote par correspondance.

"Les Républicains ont le sentiment que les plateformes de réseaux sociaux censurent totalement les voix conservatrices. Nous allons les réglementer sévèrement, ou les fermer, pour ne pas permettre qu'une telle chose se produise...", a lancé Trump.

Tuesday Morning, détaillant discount américain, a annoncé son placement sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites.

Tesla, le groupe californien d'Elon Musk, abaisse de 6% le prix de vente de ses voitures en Amérique du Nord, afin de relancer la demande.

Amazon, le géant du e-commerce, est selon le Wall Street Journal en discussions avancées pour racheter la start-up de véhicules autonomes Zoox pour un peu moins de 3,2 milliards de dollars.

Alphabet. L'autorité indienne de concurrence enquête sur des allégations selon lesquelles la maison mère de Google abuserait de sa position dominante pour promouvoir son application de paiement par téléphone portable, a appris Reuters de cinq sources proches du dossier.

Walt Disney présente ce jour un plan de réouverture progressive de ses parcs à thème de Floride aux autorités locales.

Boeing doit annoncer cette semaine des suppressions de postes aux États-Unis après avoir révélé le mois dernier qu'il entendait licencier 10% de ses 160.000 employés dans le monde.

Apple va rouvrir environ 100 magasins aux Etats-Unis, a indiqué la firme californienne à la pomme, qui avait fermé ses magasins dans le monde entier face à la pandémie.

Regeneron. Sanofi a accepté de vendre 11,8 millions d'actions ordinaires Regeneron par voie d'offre publique, au prix de 515 dollars l'action. Conformément à ce qui a été annoncé précédemment, Regeneron procédera au rachat de 9,8 millions de ses actions ordinaires pour un montant de 5 milliards de dollars auprès de Sanofi, au prix de l'offre moins le rabais de souscription.

Ralph Lauren a publié pour son quatrième trimestre une perte nette de 249 millions de dollars soit 3,38$ par titre, contre un profit net de 32 M$ un an avant. La perte ajustée par action a représenté 68 cents, contre un consensus de 26 cents. Les revenus ont chuté à 1,27 Md$, contre 1,51 Md$ un an plus tôt et 1,26 Md$ de consensus.

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