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Wall Street grimpe, soutenu par le Mexique et les fusions

Wall Street grimpe, soutenu par le Mexique et les fusions
Wall Street grimpe, soutenu par le Mexique et les fusions
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine, stimulée la semaine dernière par les espoirs de baisse des taux de la Fed, profite ce lundi d'une actualité des fusions et acquisitions dominée par le rapprochement Raytheon / United Tech et le rachat de Tableau Software par Salesforce, ainsi que de l'accord commercial annoncé entre les Etats-Unis et le Mexique.

Le S&P500 s'adjuge désormais 0,76% à 2.895 pts, alors que le Nasdaq flambe de 1,61% à 7.866 pts. Le DJIA grimpe de 0,68% à 26.161 pts. Sur le marché des changes, l'indice dollar avance de 0,3% à 96,9. Du côté des matières premières, le baril de brut WTI prend 0,4% à 54,2$.

Chiffres plus positifs de l'emploi

Selon le Département américain au travail, ce lundi, les ouvertures de postes pour le mois d'avril 2019 se sont chiffrées à 7,449 millions, contre un consensus de 7,4 millions et un niveau révisé à 7,474 millions pour le mois de mars.

Il s'agit donc d'une nouvelle un peu plus favorable concernant le marché américain du travail, après des créations de postes non-agricoles pour le mois de mai 2019 annoncées vendredi à seulement 75.000, contre un consensus de place de 180.000. Le taux de chômage était resté stable en mai à 3,6%, contre 3,7% de consensus. Le taux de participation à la force de travail (62,8%) et le ratio emploi sur population (60,6%) étaient ressortis inchangés en mai. Les créations de postes du mois de mars 2019 avaient été révisées en baisse, de 189.000 à 153.000. Les créations du mois d'avril avaient été ajustées également à la baisse à 224.000, contre 263.000.

Accord salué avec le Mexique

Le président américain Donald Trump a affirmé hier que la Maison blanche allait dévoiler en temps utiles les détails de l'accord scellé avec le Mexique sur la question des frontières et de l'immigration illégale. "Nous avons entièrement signé et documenté une autre partie très importante du deal Immigration et Sécurité avec le Mexique, que les USA demandaient d'obtenir depuis de nombreuses années. Elle sera révélée dans un futur pas si distant et demandera un vote du corps Législatif mexicain!", a indiqué Trump. "Nous n'anticipons pas de problème avec le vote, mais, si pour une quelconque raison, l'approbation ne venait pas, les Tarifs seraient restaurés!"

Trump réagissait ainsi aux informations de presse selon lesquelles le Mexique n'aurait en fait pas pris d'engagement tangible pour contrôler l'immigration. "Désormais nous avons pleinement confiance, surtout après avoir parlé à leur président hier", a insisté Trump, cité par Reuters. "Il va être très coopératif et il va faire le travail", a asséné encore le dirigeant américain. "Nous sommes tombés d'accord sur certaines choses qui n'ont pas été mentionnées dans la presse hier", a glissé Trump, un brin mystérieux... L'accord supposé a quoi qu'il en soit permis vendredi, après trois jours de pourparlers, de lever l'épée de Damoclès des droits de douane sur les importations mexicaines.

Dans le même temps, les négociations sino-américaines sont quant à elles au point mort, ce qui ne semble pas perturber outre mesure les marchés financiers. Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a affirmé hier que l'administration Trump pourrait revenir sur les restrictions imposées au colosse chinois des équipements télécoms Huawei en cas de progrès dans les discussions avec Pékin. "Si nous progressons sur le commerce, il sera peut-être prêt à faire certaines choses concernant Huawei s'il obtient certaines garanties de la Chine à ce sujet", a affirmé Mnuchin sur CNBC à propos du Président Trump. Le secrétaire au Trésor a cependant souligné également les questions de sécurité nationale.

Une rencontre Trump / Xi toujours d'actualité ?

Mnuchin assure que les Etats-Unis veulent toujours trouver un accord commercial avec la Chine... Trump est plus agressif, puisque sur CNBC, il juge qu'il trouvera un accord avec la Chine avec l'aide des tarifs douaniers qui 'dévasteraient' actuellement le pays. Le leader de la Maison blanche s'attend toujours à rencontrer Xi Jinping, son homologue chinois, à la fin du mois, lors du G20 d'Osaka au Japon.

Les fusions viennent soutenir les marchés

La journée est également marquée par l'annonce de la plus importante fusion de l'histoire du secteur de la défense aux Etats-Unis.

Raytheon (+2%) et United Technologies vont ainsi se rapprocher dans le cadre d'une fusion entre égaux. L'entité combinée, qui portera le nom de Raytheon Technologies Corporation, afficherait des revenus globaux estimés à environ 74 Mds$. Elle ne comprendra pas les activités de climatisation Carrier et la division ascenseurs Otis d'United que le groupe s'est déjà engagé à vendre.

United Technologies (-2%) fournit principalement des équipements électroniques aux constructeurs aéronautiques civils tandis que Raytheon fournit au gouvernement américain des équipements destinés aux avions militaires ainsi que des systèmes de missiles. Raytheon, qui est notamment le fabricant des missiles Tomahawk et Patriot, a bénéficié de la hausse des budgets militaires impulsée par le président américain Donald Trump. Cet accord avec United Technologies lui permettra ainsi de se diversifier dans le civil et d'être ainsi moins subordonné aux aléas de la commande publique. Inversement, United pourra réduire son exposition à l'aéronautique civile, qui pourrait pâtir des tensions commerciales internationales actuelles et de la montée du protectionnisme.

Selon les termes de l'accord, qui a été approuvé à l'unanimité par les conseils d'administration des deux sociétés, les actionnaires de Raytheon recevront 2,3348 actions de la société combinée pour chaque action Raytheon détenue. A l'issue de la fusion, les actionnaires d'United Technologies détiendront environ 57% du nouveau groupe, le solde étant entre les mains de ceux de Raytheon. La fusion devrait être finalisée au cours du premier semestre 2020. La société issue du regroupement prévoit de retourner entre 18 et 20 milliards de dollars de capital aux actionnaires au cours des 36 premiers mois suivant la réalisation de la fusion. En outre, d'ici à la quatrième année suivant la clôture de l'opération, la nouvelle entité entrevoit de réaliser des synergies de coûts annuelles brutes de plus d'un milliard de dollars. Greg Hayes, PDG de United Technologies, sera dans un premier temps directeur général de Raytheon Technologies avant de devenir, au bout de deux ans, PDG de l'entreprise.

Microsoft (+2%), le géant informatique de Redmond, a levé le voile lors de l'E3 de Los Angeles sur la nouvelle génération de console Xbox ('Project Scarlett'), attendue l'année prochaine. La console devrait être quatre fois plus puissante que la Xbox One X et sera dotée d'une puce AMD (Advanced Micro Devices), indique l'agence Reuters. La console affichera jusqu'à 120 images par seconde et sera équipée d'un disque SSD permettant d'accélérer les temps de chargement. Elle sera lancée avec 14 nouveaux titres. Microsoft précise également que son service de jeu en streaming 'Project xCloud' devrait être proposé en test en octobre... Le Japonais Sony avait déjà annoncé ses projets pour la 'PlayStation 5' de nouvelle génération, attendue en principe fin 2020. Google (Alphabet) enregistre pour sa part des précommandes pour son service en streaming Stadia attendu en novembre.

Salesforce.com (-5%), géant du CRM, a annoncé l'acquisition programmée de la plateforme analytique Tableau Software, l'opération s'effectuant sur la base d'une valeur d'entreprise de 15,7 milliards de dollars dette comprise. Il s'agit d'une opération entièrement libellée en actions, qui constitue la plus importante opération de croissance externe de Salesforce.

Tableau (+35% !), basé à Seattle, compte plus de 86.000 clients, dont Netflix ou Verizon. Dans le cadre du deal, les actionnaires de Tableau recevront 1,103 titre Salesforce pour chaque action, ce qui matérialise une prime de 42% sur la clôture de vendredi. La finalisation est attendue au troisième trimestre. L'équipe de direction de Tableau menée par Adam Selipsky restera en place. Le groupe de San Francisco Salesforce estime que le deal ajoutera jusqu'à 400 M$ aux revenus 2020, tout en impactant le profit ajusté de 37 à 39 cents par titre. Le bpa ajusté 2020 est maintenant attendu entre 2,51 et 2,53$, largement inférieur au consensus antérieur.

Spark Therapeutics (-9%). Les choses se compliquent en revanche pour Spark, qui trébuche en bourse, Roche ayant prolongé jusqu'au 31 juillet son offre d'acquisition de 4,3 milliards de dollars sur l'Américain, spécialiste de la thérapie génique, du fait d'un examen plus long que prévu du dossier par les autorités de concurrence.

Kraft Heinz (+5%) annonce la clôture de l'enquête interne faisant suite à des anomalies comptables imputables à des salariés de la division 'achats'. Le groupe publiera au plus tard fin juillet ses comptes du premier trimestre.

Fiat Chrysler Automobiles (+2%). Selon plusieurs sources proches du dossier citées par Reuters, Renault et Fiat Chrysler Automobiles chercheraient les moyens de relancer leur projet de fusion. Dans le même temps, Renault a indiqué son intention de bloquer la réforme de gouvernance de Nissan, s'il n'obtient pas de meilleure représentation dans les comités du conseil du groupe japonais.

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