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Wall Street grimpe, ignorant l'incertitude entourant le Brexit

Wall Street grimpe, ignorant l'incertitude entourant le Brexit
Wall Street grimpe, ignorant l'incertitude entourant le Brexit
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street, déjà imperturbable hier soir, prend le chemin de la hausse ce mercredi malgré l'incertitude entourant les conditions du Brexit. La cote américaine affiche donc manifestement beaucoup de recul face aux évolutions au Royaume-Uni. Il faut dire que le scénario du pire, celui d'un 'Brexit dur', n'est pas actuellement privilégié. Les opérateurs américains sont par ailleurs plus préoccupés par l'évolution des négociations commerciales entre Washington et Pékin, qui demeure la question cruciale de ce mois de mars outre-Atlantique. Enfin, les statistiques du jour, confirmant une croissance économique modeste accompagnée d'une faible inflation aux USA, confortent les marchés dans l'anticipation d'une pause monétaire.

Le DJIA prend actuellement 0,66% à 25.724 pts, alors que le S&P500 avance de 0,83% à 2.815 pts. Le Nasdaq s'accorde 0,89% à 7.658 pts.

Sur le marché des changes, l'indice dollar, qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de devises, se stabilise à 96,7.

Les prix du pétrole grimpent

Du côté des matières premières, le baril de brut WTI grimpe de 1,8% à 57,9$ sur le Nymex, alors que le baril de Brent de la mer du Nord avance de 1% à 67,3$.

D'après le Département américain à l'énergie ce mercredi, les stocks pétroliers de brut hors réserve stratégique pour la semaine close au 8 mars 2019 sont ressortis en recul de 3,9 millions de barils en comparaison de la semaine antérieure, contre un consensus de +2,7 millions de barils, et après un gain de +7,1 millions de barils pour la semaine antérieure. Les stocks d'essence se sont tassés quant à eux de 4,6 millions de barils, alors que les stocks de produits distillés ont augmenté de 0,4 million de barils.

Inflation contenue

L'indice des prix à la production aux Etats-Unis pour le mois de février 2019 est ressorti en augmentation de 0,1% en comparaison du mois antérieur, contre +0,2% de consensus de place et -0,1% pour la lecture antérieure. Hors alimentaire et énergie cette fois, l'indice des prix à la production du mois de février est également ressorti en hausse de 0,1%, alors que les économistes de la place anticipaient en moyenne un gain de +0,2%. Enfin, hors alimentation, énergie et services commerciaux, l'indice des prix à la production a affiché un gain similaire de 0,1% par rapport au mois de janvier 2019, contre +0,2% de consensus. En glissement annuel, par rapport au mois de février 2018, le PPI progresse de 1,9% (+2,5% hors alimentaire et énergie ; +2,3% hors alimentaire, énergie et services commerciaux).

L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois de mars 2019, publié ce mercredi, est ressorti à +1,9%. Il est donc stable en comparaison du mois antérieur. Cet indice mesure les anticipations d'inflation à un an du point de vue des firmes.

Commandes de biens durables en repli hors transport

Les chiffres des commandes de biens durables aux Etats-Unis sont ressortis contrastés. Ainsi, pour le mois de janvier 2019, les commandes nouvelles de biens durables ont augmenté de 0,4% en comparaison du mois antérieur, contre -0,6% de consensus de place et +1,3% pour la lecture révisée (en légère hausse) du mois antérieur. Hors transport cette fois, les commandes se sont en revanche tassées de 0,1% en janvier 2019, par rapport au mois précédent, contre un consensus de +0,1% et après une progression de 0,3% un mois auparavant.

Dépenses de construction en progression

Les dépenses de construction aux États-Unis pour le mois de janvier 2019 sont ressorties en vive augmentation de 1,3% en comparaison du mois antérieur, contre +0,3% de consensus et -0,8% pour la lecture révisée (en baisse) du mois antérieur. En glissement annuel, les dépenses de construction du mois de janvier se sont établies en augmentation de 0,3%.

Rendement du '10 ans' au plus bas de l'année

Sur le marché obligataire, le rendement du '10 ans' américain retombe au plus bas de l'année 2019. Les faibles chiffres de l'inflation militent en effet pour une grande patience de la Fed sur le plan monétaire, à l'approche de la prochaine réunion FOMC qui se tiendra la semaine prochaine (les 19 et 20 mars). Le rendement du 10 ans sur les bons du Trésor américain ressortent à 2,6% désormais, au plus bas depuis début janvier.

Brexit en question

Le Royaume-Uni se retrouve quant à lui une fois de plus au bord du chaos, à 17 jours de la date théorique du Brexit, fixée au 29 mars prochain... Mardi soir, le parlement britannique a en effet rejeté pour la seconde fois en deux mois l'accord négocié de haute lutte entre Theresa May et l'Union européenne. La Première ministre britannique a réagi mardi soir en disant "regretter profondément" la décision prise par les parlementaires, assurant une nouvelle fois qu'elle était convaincue que cet accord est le meilleur possible.

Le projet d'accord a recueilli 242 voix en sa faveur et 391 voix contre, malgré des amendements de dernière minute apportés lundi soir afin de rassurer les élus sur le "backstop" (clause de sauvegarde) concernant l'avenir de la frontière irlandaise.

Le texte ayant été une nouvelle fois rejeté, un autre vote interviendra dès ce mercredi pour que le parlement accepte ou non l'hypothèse d'un Brexit "dur", sans accord. Les sondages prévoient qu'une majorité de députés refuse ce "hard Brexit", en raison du trop grand risque de chaos économique outre-Manche. Un troisième vote sera alors organisé demain jeudi pour savoir si Londres va demander à l'Union européenne un délai supplémentaire, d'une "durée limitée", au-delà de la date-butoir du 29 mars, afin de parvenir enfin à un compromis sur les modalités du divorce...

Les valeurs

Spotify (stable), le service suédois de musique en streaming, désormais coté à Wall Street, vient de porter plainte contre le géant de Cupertino Apple auprès des autorités de concurrence européennes. Le groupe de Stockholm accuse le colosse californien d'un abus de position dominante qui favoriserait son propre service Apple Music. Spotify juge donc que le magasin en ligne d'Apple (App Store) restreindrait les choix des consommateurs en limitant l'accès à la concurrence dans la musique en streaming. Le Suédois a donc porté plainte hier auprès de la Commission européenne,

Spotify reproche à Apple de prélever une redevance de 30% sur les fournisseurs de contenus pour chaque abonnement souscrit sur l'App Store, explique Reuters. L'agence cite l'avocat de Spotify, Horacio Gutierrez, selon lequel le leader de la musique en ligne avait été contraint d'utiliser un tel système de facturation en 2014, puis d'augmenter le prix du service premium de 9,99 à 12,99 euros - alors qu'Apple Music avait été lancé à 9,99 euros. Spotify avait par la suite abandonné l'utilisation du système IAP ('in-app purchase') d'Apple. Les clients de Spotify ne pouvaient alors faire évoluer leur abonnement qu'indirectement, par exemple sur un ordinateur portable. Spotify affirme que les rèles de l'App Store impliquent qu'il ne peut promouvoir ses contenus ou fournir des informations commerciales. Ces restrictions n'existent pas sur Android... Apple aurait par ailleurs refusé de laisser Spotify lancer une application sur son Apple Watch.

Apple (+1%). Dans un tout autre registre, concernant également le dossier du géant de Cupertino, notons que les ventes de smartphones en Chine ont chuté de pratiquement 20% en février 2019, en glissement annuel, à 14,5 millions d'unités. Il s'agit du plus faible niveau depuis le début de l'année 2013, à en croire l'Académie chinoise des technologies de l'information et de la communication.

Express (-5%) trébuche à Wall Street. Le détaillant de mode américain, basé à Columbus, Ohio, a fait état pour son quatrième trimestre de ventes décevantes, affichant un recul de 6% de l'activité à périmètre comparable. La perte nette trimestrielle se chiffre à 1 M$ et 2 cents par titre, contre 27 M$ de profit un an avant. Le bpa ajusté s'est élevé à 19 cents, contre 33 cents un an avant et 15 cents de consensus. L'enseigne de prêt-à-porter a vu son chiffre d'affaires reculer de 10% à 628 millions de dollars, inférieur au consensus. Elle table sur une baisse de 9 à 11% à comparable sur le trimestre en cours.

Rite Aid (+5%), chaîne américaine de distribution pharmaceutique, a annoncé le remplacement attendu de son directeur général John Standley, ainsi que la suppression de 400 postes, 20% des fonctions corporate. Le groupe évoque un plan de 'transition managériale'. Une charge de restructuration de 38 M$ est programmée, alors que les économies annuelles sont anticipées à environ 55 M$.

Boeing (stable) tente de se stabiliser ce jour, après deux séances de chute à Wall Street suite au crash d'Ethiopian Airlines. Pourtant, le mouvement de défiance se confirme à l'égard du géant aéronautique américain et de son dernier moyen-courrier. Les 737 Max sont maintenant interdits de vol dans l'espace aérien européen et dans plusieurs pays asiatiques. Les compagnies et pays sont nombreux à avoir choisi par précaution d'immobiliser le modèle d'appareil... Selon le patron d'Ethiopian, interrogé par la BBC, Boeing devrait même prendre l'initiative d'immobiliser l'ensemble de ses 737 Max 8 le temps d'établir leur aptitude au vol... Notons enfin que les Etats-Unis affirment quant à eux ne pas avoir de raison de clouer au sol les appareils de Boeing.

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