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Wall Street grimpe, BCE et commerce en renfort

Wall Street grimpe, BCE et commerce en renfort
Wall Street grimpe, BCE et commerce en renfort
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine est attendue en hausse, au sommet après les annonces de la BCE, au lendemain d'une séance de progression alimentée par les espoirs monétaires et commerciaux. Le S&P500 et le Nasdaq sont orientés respectivement sur des gains de 0,3% et 0,5% en pré-séance. L'indice dollar reprend 0,3% à 99. Sur le Nymex, le baril de brut WTI poursuit sa correction et abandonne 2% à 54,6$.

Donald Trump, toujours très réactif sur le réseau social média Twitter, vient de livrer quelques commentaires suite aux annonces de la BCE. "La Banque centrale européenne, agissant rapidement, a Réduit les Taux de 10 Points de Base. Ils essaient, et réussissent, à déprécier l'Euro face au TRÈS fort Dollar, affectant les exportations américaines... Et la Fed reste assise, et reste assise, et reste assise. Ils sont payés pour emprunter de l'argent, alors que nous payons des intérêts!", s'insurge Trump.

La Banque centrale européenne a il est vrai sorti l'artillerie lourde. Comme anticipé, la BCE vient de dévoiler un paquet de mesures destinées à soutenir l'économie et relancer l'inflation : baisse du taux de dépôt et reprise du QE sont notamment au programme. Le Conseil des gouverneurs de BCE a décidé de réduire de 10 points de base son taux de dépôt, à -0,5%. Le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement et celui de la facilité de prêt marginal restent en revanche inchangés à 0,00% et 0,25%. Le Conseil des gouverneurs s'attend maintenant à ce que les taux directeurs de la BCE restent à leur niveau actuel ou à un niveau inférieur jusqu'à ce que les perspectives en matière d'inflation convergent fortement vers un niveau suffisamment proche, mais inférieur, à 2%, dans son horizon de projection, et que cette convergence se reflète de manière constante dans la dynamique sous-jacente de l'inflation. Les achats nets d'actifs seront relancés dans le cadre du programme de rachat d'actifs (APP) à un rythme mensuel de 20 milliards d'euros à compter du 1er novembre. Le Conseil des gouverneurs s'attend à ce qu'ils se prolongent aussi longtemps que nécessaire pour renforcer l'effet accommodant de ses taux directeurs et qu'ils prennent fin peu avant que la BCE ne commence à relever ses taux directeurs.

Afin de soutenir la transmission de la politique monétaire par les banques, un système à deux niveaux de rémunération des réserves sera mis en place (tiering), dans lequel une partie des liquidités excédentaires détenues par les banques sera exonérée du taux négatif de la facilité de dépôt.

Mario Draghi affirme que trois éléments ont motivé les décisions du jour : un ralentissement prolongé de l'économie, la persistance de risques à la baisse dans le commerce mondial, et la révision à la baisse des projections en matière d'inflation. La majorité du Conseil était d'accord pour dire que les perspectives s'étaient détériorées. Le dirigeant note par ailleurs que s'il y avait des diversités de points de vue concernant le QE, le consensus était trop large pour qu'un vote ait lieu. Il affirme également avoir "la marge de manoeuvre nécessaire pour continuer longtemps le QE sans soulever la question des limites". Le dirigeant remet également une couche sur les politiques budgétaire et fiscale attendues de la part des gouvernement européens : "il y a eu unanimité au sein du Conseil pour dire que la politique fiscale doit devenir l'instrument principal..."

Enfin, interrogé sur les attaques de Trump sur Twitter, le patron de l'Institution précise avoir "un mandat. Nous recherchons la stabilité des prix et nous ne visons pas de taux de change. Point final".

La situation semble par ailleurs se détendre sur le front commercial, entre les Etats-Unis et la Chine. Donald Trump a annoncé ainsi hier soir sur Twitter qu'à la demande du vice-Premier ministre et négociateur en chef chinois Liu He, et du fait de la célébration du 70ème anniversaire de la république populaire de Chine le 1er octobre, les USA avaient accepté, "par un geste de bonne volonté", de déplacer la date d'application des tarifs douaniers majorés de 25 à 30% sur 250 milliards de dollars d'importations provenant de Chine du 1er au 15 octobre.

A l'instant sur Twitter, le président américain ajoute "qu'il est attendu que la Chine achète de grandes quantités de nos produits agricoles"...

La Chine avait précédemment contribué à détendre l'atmosphère sur les marchés mondiaux en annonçant hier mercredi qu'elle exonérerait un certain nombre de produits américains des nouveaux droits de douane majorés. Pékin a ainsi publié une liste couvrent seize catégories de produits allant des pesticides aux lubrifiants en passant par certains produits pharmaceutiques. Ces exemptions seront valables à partir du 17 septembre pour une durée d'un an.

Après un début de semaine en ordre dispersé, Wall Street a repris le chemin de la hausse hier mercredi, sous l'effet d'un rebond des valeurs technologiques, à commencer par Apple (+3,2%), qui a franchi les 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Par ailleurs, les attentes de baisses de taux se renforcent vis-à-vis de la Fed, une nouvelle fois attaquée par Donald Trump, qui a exigé des taux ramenés à zéro, voire négatifs... Le pétrole a baissé encore, le limogeage de John Bolton comme conseiller à la sécurité nationale préfigurant selon les marchés une position plus conciliante des Etats-Unis envers l'Iran. Hier soir, le DJIA a gagné 0,85% à 27.137 points. L'indice large S&P 500 a progressé de 0,72% à 3.000 pts et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, a bondi de 1,06% à 8.169 pts.

Aux Etats-Unis, où la Fed se réunira la semaine prochaine, les 17 et 18 septembre, Donald Trump a lancé hier mercredi une nouvelle offensive pour forcer la banque centrale à baisser fortement ses taux directeurs. "La Réserve Fédérale devrait ramener nos taux d'intérêt à ZÉRO ou moins, et nous devrions ensuite commencer à refinancer notre dette", a ainsi tweeté le président américain. Soulignant une nouvelle fois la faiblesse de l'inflation, il a fustigé "la naïveté de Jay Powell et de la Réserve Fédérale qui ne nous permet pas de faire ce que d'autres pays font déjà. L'opportunité d'une vie que nous ratons à cause de 'crétins'", a-t-il conclu...

Pour l'instant, les marchés financiers ont intégré deux ou trois baisses de taux des "fed funds" d'ici à la fin de l'année, ce qui le ramènerait entre 1,25% et 1,50% (contre 2% à 2,25% actuellement) ou bien entre 1,50 et 1,75% (fourchette la plus probable à 47,1% au 11 décembre selon FedWatch). L'outil Fedwatch du CME Group indique une probabilité de 88,8% pour une baisse d'un quart de point le 18 septembre, ce qui ferait revenir le taux des 'fed funds' entre 1,75% et 2%. La probabilité d'un statu quo à cette date est de 11,2%.

Vendredi dernier, le président de la Fed, Jerome Powell, avait indiqué que la banque centrale ne prévoyait pas de récession aux Etats-Unis, mais que l'économie américaine faisait face à des risques baissiers "significatifs". Il a assuré que la Fed continuera à agir de manière appropriée pour soutenir la croissance de l'économie américaine, et a répété que les banquiers centraux ne tenaient aucun compte de la politique pour déterminer la politique monétaire.

L'indice des prix à la consommation aux États-Unis pour le mois d'août 2019 est ressorti en hausse de 0,1% en comparaison du mois antérieur, en ligne avec les attentes de marché, après un gain de +0,3% sur le mois de juillet. Hors alimentaire et énergie, le CPI a grimpé de 0,3% par rapport au mois précédent, contre +0,2% de consensus et +0,3% un mois plus tôt. En glissement annuel, l'indice des prix à la consommation grimpe de 1,7% (+2,4% hors alimentaire et énergie).

Les inscriptions hebdomadaires au chômage aux USA pour la semaine close au 7 septembre, qui viennent également d'être publiées, se sont établies au nombre de 204.000, contre 215.000 de consensus et 219.000 pour la semaine antérieure.

Enfin, les chiffres du budget américain du mois d'août seront dévoilés à 20h (consensus -173 milliards de dollars de déficit).

Dans l'actualité des entreprises, Oracle a surpris hier soir. Le groupe a publié un chiffre d'affaires inférieur au consensus au premier trimestre fiscal. En outre, l'éditeur de logiciels de gestion d'entreprises a annoncé que son directeur général (CEO) Mark Hurd allait prendre un congé pour des raisons de santé. Les ventes trimestrielles du groupe ont atteint 9,22 milliards de dollars, un chiffre un peu en-deça du consensus de 9,29 Mds$ compilé par IBES/Refinitiv. Le bénéfice par action ajusté est ressorti conforme au consensus, à 81 cents, mais il l'avait battu les sept trimestres précédents. Ces chiffres sèment donc un doute sur la capacité du groupe à s'imposer sur le segment du cloud computing, qui apporte désormais la majorité de son chiffre d'affaires.

"Nous avons travaillé dur tous ensemble pour boucler le premier trimestre et j'ai décidé de passer du temps à me préoccuper de ma santé", a expliqué Mark Hurd dans un communiqué. "A ma demande, le conseil d'administration m'a accordé un congé pour raisons médicales", a-t-il ajouté. La co-CEO Safra Catz et le fondateur d'Oracle Larry Ellison, actuellement responsable des technologies, assumeront les responsabilités de Mark Hurd durant son congé maladie.

Broadcom publie ses comptes trimestriels après bourse à Wall Street ce soir.

Kroger a annoncé avant bourse. La chaîne américaine de distribution a publié pour son second trimestre un bénéfice net de 297 millions de dollars soit 37 cents par action, contre 508 millions un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 44 cents, contre 41 cents de consensus. Les revenus ont totalisé 28,2 milliards de dollars, contre 28 Mds$ un an avant et 28,4 Mds$ de consensus. Le groupe vise toujours une croissance à comparable de 2-2,25%, pour un bpa ajusté 2019 de 2,15-2,25$.

Spotify, le service suédois de streaming musical désormais coté à Wall Street, a racheté la plateforme musicale SoundBetter. Le montant de l'opération n'est toutefois pas précisé. SoundBetter, créé il y a sept ans, met en relation les utilisateurs avec des musiciens, des ingénieurs du son, des paroliers ou encore des producteurs. La plateforme estime compter plus de 180.000 artistes et professionnels au sein de son réseau.

Alphabet. Google va verser 500 millions d'euros d'amende dans le cadre d'un accord soldant un dossier de fraude fiscale ouvert il y a quatre ans de cela par le Parquet national financier en France. Google France et Google Ireland consentiront le paiement, dans le cadre d'une convention judiciaire d'intérêt public signée le 3 septembre. Les négociations secrètes auraient duré quatre mois entre le parquet et les représentants du moteur de recherche, croit savoir Reuters. Google versera également 465 ME, montant correspondant à un rattrapage d'impôts. Au total, le groupe devra donc s'acquitter d'une somme de près d'un milliard.

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