Cotation du 10/08/2020 à 17h20 Dow Jones Industrial +0,79% 27 650,66
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Wall Street grimpe avant le verdict de la Fed

Wall Street grimpe avant le verdict de la Fed
Wall Street grimpe avant le verdict de la Fed
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine se redresse ce mercredi, au lendemain d'une séance délicate. Le S&P500 prend 0,79% à 3.244 pts et le Nasdaq 1,08% à 10.515 pts, alors que le DJIA s'accorde 0,29% à 26.457 pts en attendant les annonces de la Fed - qui tient depuis hier sa réunion de politique monétaire.

Le baril de brut WTI avance de 0,6% sur le Nymex à 41,3$. L'once d'or progresse de 0,2% à 1.949$.

Les cours du pétrole restent bien orientés après l'annonce d'une chute des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine passée. D'après le Département à l'Energie, les stocks domestiques de pétrole pour la semaine close au 24 juillet ont chuté de 10,6 millions de barils à 526 mb, contre un consensus de +0,5 million de barils. Les réserves d'essence ont augmenté de 0,7 million de barils (contre une baisse de 2 mb anticipée par le marché), alors que les stocks de produits distillés ont progressé de 0,5 mb par rapport à la précédente semaine, contre une augmentation de 1 mb attendue par le marché.

La balance du commerce international de biens pour le mois de juin 2020 est ressortie déficitaire de 70,6 milliards de dollars, contre un consensus de -74,3 milliards de dollars et niveau révisé à -75,3 milliards pour le mois antérieur. Les exports ont décliné de 24%, alors que les imports ont reculé de 17%.

La National Association of Realtors américaine a fait état ce mercredi d'une forte progression de 16,6% des promesses de ventes de logements aux Etats-Unis pour le mois de juin 2020, en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de marché de +5,2% et après une croissance de 44% un mois plus tôt. L'indice du mois de juin ressort ainsi à 116,1, poursuivant sa forte reprise, après des chutes de 21% et 22%, respectivement, en mars et avril.

La Réserve fédérale américaine annoncera quant à elle sa décision monétaire à 20 heures ce soir, et son président Jerome Powell s'exprimera à 20h30 lors de la traditionnelle conférence de presse. Les opérateurs n'attendent pas d'annonce majeure à cette occasion, mais la banque centrale américaine pourrait donner quelques indications sur de futures mesures attendues en septembre ou durant le quatrième trimestre. La Fed devrait rester prudente et très accommodante, compte tenu en particulier des risques de "deuxième vague" épidémique.

Il faut dire, en effet, que la pandémie ne faiblit guère aux Etats-Unis, et montre des signes inquiétants dans d'autres pays tels que le Mexique ou encore la Chine, qui vient de comptabiliser un record quotidien de nouveaux cas depuis trois mois.

Les opérateurs espèrent aussi de nouvelles mesures de soutien à l'économie. La majorité républicaine au Sénat a présenté en début de semaine sa version d'un plan de soutien de 1.000 milliards de dollars à l'économie face à l'épidémie, mais cette proposition se heurte pour l'heure à l'opposition des démocrates, qui jugent le plan insuffisant, et même de certains républicains, qui l'estiment au contraire trop coûteux.

En attendant, la Réserve fédérale a annoncé hier mardi la prolongation de plusieurs de ses facilités de crédits jusqu'à la fin de l'année, du fait de l'impact durable du nouveau coronavirus. La décision s'applique aux programmes arrivant à échéance autour du 30 septembre. Cette prolongation de trois mois facilitera la planification par les participants potentiels aux programmes et assurera leur continuité pour aider l'économie à se redresser. La Fed indique que ces prolongations concernent notamment le dispositif de prêts aux petites et moyennes entreprises 'Main Street Lending Program'.

La propagation rapide du nouveau coronavirus à l'échelle mondiale se confirme, alors que les laboratoires s'activent dans le même temps pour trouver un vaccin ou un traitement. Selon l'Université Johns Hopkins, qui fait référence sur le sujet, 16,784 millions de cas ont désormais été confirmés dans le monde depuis le début de l'épidémie, le virus ayant fait 661.349 décès officiels. Les États-Unis sont le pays le plus touché, avec 4,364 millions de cas recensés et 149.407 morts. Le Brésil compte 2,48 millions de cas et 88.539 décès. L'Inde recense 1,53 million de cas confirmés et 34.193 morts. Le Royaume-Uni dénombre 45.963 morts et le Mexique 44.876...

Plus de la moitié des habitants des bidonvilles de Bombay auraient par ailleurs été contaminés par le nouveau coronavirus, selon une étude relayée par Reuters, qui pourrait signifier cependant que la grande métropole indienne atteindrait bientôt l'immunité de groupe. D'après une étude menée par la municipalité de Bombay, le centre de réflexion Niti Aayog et l'Institut Tata de recherche fondamentale sur un échantillon de 7.000 personnes, 57% des habitants des bidonvilles de Bombay présenteraient des anticorps contre le coronavirus. L'Etat de Maharashtra, celui de Bombay, est le plus touché en Inde avec près de 400.000 cas.

Les valeurs

Kodak poursuit son incroyable envolée ce mercredi sur le Nyse, s'offrant un gain monumental de... près de 300% vers les 30$. Hier déjà, le titre avait connu un rallye phénoménal de plus de 200% à Wall Street. Le groupe a obtenu 765 millions de dollars de prêt d'International Development Finance Corp. pour concevoir des ingrédients de traitements. Pour l'heure, le groupe conçoit des produits d'impression et des matériaux avancés et produits chimiques. Kodak va donc concevoir des ingrédients pour traitements génériques, y compris pour l'hydroxychloroquine, si chère à Donald Trump en tant que traitement du nouveau coronavirus. Il n'en fallait pas plus pour provoquer sur le dossier une vertigineuse flambée boursière. Jim Continenza, le directeur général de Kodak, confirme au WSJ que le gouvernement américain entend ainsi se défaire de sa dépendance aux traitements provenant de Chine ou d'Inde...

Boeing (-4%) dévoile des résultats fortement impactés par la crise du Covid-19 et l'interdiction de voler du 737 MAX. L'avionneur américain a essuyé une perte nette de 2,4 milliards de dollars ou 4,2$ par action contre un déficit de 2,9 Mds$ ou 5,21$ par titre un an plus tôt. Le bpa ajusté ressort à 4,79$ pour des revenus en recul de 25% à 11,8 Mds$. Le consensus tablait sur une perte de 2,57$ et des recettes de 12,95 Mds$. Le groupe a brûlé 5,5 Mds$ de cash sur le trimestre. Boeing va réduire sa production de 787 à 6 unités par mois l'an prochain et espère livrer son premier 777X en 2022, comme le laissaient penser les dernières rumeurs. Le taux de production combiné du 777/777X sera progressivement réduit à 2 par mois en 2021, signe, la aussi, de la faible demande actuelle pour les gros porteurs. Boeing a d'ailleurs livré seulement 20 appareils sur le trimestre.

Malgré la mauvaise passe actuelle, Boeing peut encore s'appuyer sur un carnet de commandes total de 409 milliards de dollars, dont plus de 4.500 avions commerciaux.

Starbucks (+4%), la chaîne américaine de cafés, entend renouer avec la rentabilité ce trimestre, après un recul moins important que prévu de son chiffre d'affaires au troisième trimestre de son exercice 2020 décalé. Le titre est attendu en vive hausse à Wall Street. Sur le trimestre clos en juin, la perte ajustée est ressortie à 46 cents par titre, contre un consensus de -59 cents et un profit de 78 cents un an auparavant, à la même époque. Les revenus, durement affectés par la crise sanitaire, ont chuté de 38% à 4,2 milliards de dollars, alors que le consensus de marché se situait pour sa part à 4,05 milliards de dollars. Sur le trimestre entamé, le bpa est anticipé entre 18 et 33 cents, alors que le recul des ventes devrait se limiter à 12% à comparable...

General Motors (-3%), le géant automobile de Detroit, a publié pour le second trimestre un déficit moins lourd que prévu. La perte ajustée trimestrielle s'est établie ainsi à 758 millions de dollars et 50 cents par titre, contre un bénéfice ajusté de 2,4 milliards de dollars soit 1,64$ par titre un an plus tôt. Le consensus était d'environ 2$ par titre de perte ajustée sur la trimestre clos. Les revenus se sont effondrés quant à eux de 53% en glissement annuel à 16,8 milliards de dollars, contre un consensus de 16,2 milliards de dollars. L'impact financier de la pandémie a été brutal, le free cash flow trimestriel des activités automobiles étant ressorti négatif de... 9 milliards de dollars.

AMD (+13%) bondit à Wall Street. Les analystes saluent les résultats du rival d'Intel, qui a dépassé les attentes au second trimestre et table sur un second semestre dynamique. Sur le trimestre clos, le concepteur de processeurs a réalisé un bénéfice par action de 18 cents et des revenus en croissance de 26% à 1,94 milliard de dollars. Le consensus était de 16 cents de bpa ajusté pour 1,86 milliard de recettes. Lisa Su, CEO du groupe, se montre confiante malgré l'incertitude économique et table sur une croissance des revenus annuels de 32%, alors que la guidance antérieure était voisine de 25%. Pour le troisième trimestre, AMD anticipe des revenus allant de 2,45 à 2,65 milliards, contre 2,32 Mds$ de consensus.

eBay (-2%), le géant américain du e-commerce, qui vient de conclure un accord de cession de ses annonces classées pour 9 milliards de dollars, a dévoilé hier soir des résultats financiers contrastés. Le groupe a par ailleurs relevé ses estimations avec l'impact de la pandémie, mais le marché doute, comme en témoigne le repli du titre avant bourse ce jour à Wall Street. eBay a rehaussé pourtant ses prévisions de profits et de ventes pour l'année. Le leader des enchères en ligne a dévoilé pour le second trimestre un niveau de 'volume brut de marchandises', valeur de tous les biens vendus sur ses plateformes, en croissance de 26% à 27,1 milliards de dollars avec la pandémie. Le groupe a récupéré en outre 8 millions de nouveaux acheteurs actifs, portant le total à 182 millions en fin de trimestre. Le consensus était cependant de 184 millions.

Les revenus trimestriels ont augmenté de 18% à 2,87 milliards de dollars, contre 2,8 milliards de consensus. Le bénéfice ajusté par action a représenté 1,08$, contre un consensus de 1,06$. Le groupe de San Jose, Californie, anticipe pour l'exercice un bénéfice annuel allant de 3,47 à 3,59$, contre 3,5$ de consensus. Les revenus sont attendus jusqu'à 10,75 milliards de dollars, contre 10,4 milliards de consensus de marché et 9,76 milliards pour l'anticipation antérieure.

Visa (-1%) a dépassé les attentes de bénéfices pour le trimestre clos, malgré les difficultés des activités de tourisme. L'émetteur de cartes de crédit reste affecté par la pandémie, mais il parvient a réaliser des revenus trimestriels conformes ou presque au consensus de place, à 4,84 milliards de dollars, pour un bénéfice érodé de 23% à 2,37 milliards de dollars et 1,07$ par action. Un an plus tôt, à la même époque, le bénéfice net était situé à 3,1 milliards de dollars, 1,37$ par titre. Les revenus ont régressé quant à eux de 17% en glissement annuel. Les comptes marquent la première régression des revenus et profits ajustés du groupe depuis son introduction en bourse de 2008 à Wall Street.

General Electric (-5%) a publié pour son second trimestre une perte creusée à 2,18 milliards de dollars, 26 cents par titre (contre 61 M$ et 1 cent par action un an avant), mais sa consommation de cash s'améliore. De plus, les revenus trimestriels ainsi que le free cash flow ont dépassé les attentes de marché. Les opérations industrielles ont consommé 2,1 Mds$ de cash, alors que le groupe envisageait auparavant des sorties de trésorerie de 3,5 à 4,5 Mds$. Les revenus totaux du groupe ont reculé de 24% à 17,75 milliards de dollars, alors que les analystes anticipaient un niveau de 17,1 milliards.

Larry Culp, le CEO du groupe industriel américain, anticipe par ailleurs un free cash flow industriel positif l'année prochaine. GE a aussi expliqué ce mercredi qu'il allait lancer un programme de pleine monétisation de sa participation dans le groupe de services pétroliers Baker Hughes. Les parts de GE dans cette activité devraient donc être cédées sur les trois prochaines années. GE détient actuellement 377,4 millions de titres.

Spotify (-1%), plateforme suédoise de musique en ligne cotée à Wall Street, a déclaré que la demande s'était redressée après la faiblesse liée au coronavirus au début du deuxième trimestre et que le nombre d'abonnés payants était supérieur aux prévisions. Les revenus trimestriels sont toutefois inférieurs aux attentes avec la baisse des revenus publicitaires. Le groupe de streaming a affiché un nombre d'utilisateurs actifs mensuels en croissance de 29%, mais sa perte a atteint 1,91 euro par titre et ses revenus ont donc raté le consensus.

Anthem (+5%), l'assureur-santé américain, a dévoilé un profit trimestriel supérieur au consensus de marché. Le management souligne l'adaptation du modèle en cette période incertaine.

L Brands (+34% !) table sur une baisse un peu plus contenue que prévu des revenus trimestriels, grâce à une demande accrue pour ses produits de soins. Le groupe annonce par ailleurs des efforts de baisse des dépenses, comprenant une réduction de 15% des effectifs, visant des économies de 400 millions de dollars par an. Le titre flambe à Wall Street.

Amgen (-3%), le colosse des biotechnologies, a annoncé hier soir une progression de 6% de son chiffre d'affaires au titre du deuxième trimestre, avec les ventes de nouveaux traitements. Le bénéfice net trimestriel est ressorti à 1,8 milliard de dollars et 3,05$ par action, contre 2,18 milliards de dollars et 3,57$ par titre un an plus tôt. Les prévisions de ventes demeurent inchangées.

Mondelez (+2%), groupe alimentaire américain, renforce son dividende trimestriel de 11%, bénéficiant de la forte demande pour ses snacks et chocolats en Amérique du Nord, demande qui a compensé la baisse des ventes des autres activités.

FedEx (+2%). Le syndicat représentant les pilotes du groupe a appelé le géant de la livraison à suspendre ses opérations à Hong Kong, certains membres ayant été soumis à des conditions extrêmement difficiles dans le cadre d'une quarantaine mise en place par le gouvernement du territoire autonome face au coronavirus.

AMC (-4%) et le studio Universal Pictures (Comcast) ont conclu un accord réduisant le délai entre la sortie des films au cinéma et la vente sur les plateformes numériques à trois semaines, contre 90 jours auparavant.

Gilead Sciences (-1%). L'Union européenne a annoncé mercredi l'acquisition d'une quantité limitée de l'antiviral remdesivir, potentiel traitement du Covid-19 du groupe pharmaceutique, pour répondre aux besoins à court terme des patients.

Tesla (+2%). Elon Musk affirme que son groupe est susceptible de fournir des licences de logiciels et des batteries électriques à d'autres constructeurs automobiles afin d'accélérer la transition énergétique.

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