Cotation du 23/10/2020 à 22h20 Dow Jones Industrial -0,10% 28 335,57
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Wall Street fléchit, la reprise économique reste fragile

Wall Street fléchit, la reprise économique reste fragile
Wall Street fléchit, la reprise économique reste fragile
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York recule jeudi au lendemain d'une réunion de la Fed, dont le patron s'est montré prudent au sujet de la solidité de la reprise économique en cours, après le choc récessionniste du printemps provoqué par la pandémie de coronavirus. Les valeurs technologiques ont repris leur correction, tandis que la séance est volatile à l'approche de la journée des "Quatre Sorcières", vendredi, lorsque les contrats à terme et les option sur indices et actions arriveront simultanément à échéance.

A deux heures de la clôture, les trois indices ont cependant rebondi par rapport à leurs plus bas de la séance : l'indice Dow Jones cède 0,72% à 27.831 points, tandis que l'indice large S&P 500 recule de 1,18% à 3.345 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et "biotechs", chute de 1,58% à 10.876 pts.

Du côté de valeurs, les grandes "technos" piquent du nez, à l'instar d'Apple (-1,8%), Alphabet (-2,5%), Facebook (-3,6%) et Microsoft (-3,6%). Certains grosses valeurs industrielles en revanche profitent d'achats à bon compte, dont le fabricant d'engins de chantier Caterpillar (+2%) et le conglomérat 3M (+1,7%).

Jerome Powell déçoit les marchés par sa vision prudente

Mercredi soir, la Fed a un peu déçu les investisseurs, en n'évoquant pas du tout la possibilité d'un renforcement de ses mesures de soutien à l'économie américaine. La banque centrale américaine a maintenu comme prévu ses taux directeurs proches de zéro, et s'est engagée à les y conserver jusqu'à la fin 2023, en estimant que l'inflation ne devrait pas remonter jusqu'à son objectif de 2% avant cette date.

La Fed a aussi révisé à la hausse ses prévisions économiques pour 2020, en estimant que la récession sera moins profonde que prévu aux Etats-Unis, avec une chute de 3,7% du PIB attendu, contre -6,5% prévu en juin, lors de ses dernières projections macro-économiques. Le taux de chômage est attendu à 7,6% fin 2020, contre 9,3% prévu il y a trois mois.

Cependant, lors de sa conférence de presse, Jerome Powell, le président de la Fed, a jeté un froid en se montrant prudent sur la reprise en cours. Certes, celle-ci s'est déroulée "plus vite que ce qui était généralement prévu", mais "le chemin devant nous demeure hautement incertain", a-t-il martelé. "Les perspectives économiques sont hautement incertaines et dépendront en grande partie de notre capacité à maîtriser le virus", a-t-il poursuivi.

Le nouveau plan de soutien budgétaire se fait attendre

M. Powell a aussi réitéré son appel aux partis politiques pour qu'ils s'accordent sur un nouveau plan de soutien budgétaire à l'économie américaine dans le cadre de la lutte contre la Covid-19... "La réponse en matière de politique budgétaire (un plan de 2.200 milliards de dollars en mars : ndlr) a eu un effet vraiment positif, mais il en faudra probablement davantage" pour surmonter la crise actuelle, a estimé le banquier central.

Le nouveau plan de soutien budgétaire est pour l'instant bloqué au Congrés, notamment par des Sénateurs républicains, qui refusent de laisser filer trop loin le déficit public. Mercredi, Donald Trump s'est dit prêt à faire des compromis avec les Démocrates tout en appelant les Républicains du Sénat à parvenir à un accord dans une semaine à dix jours... Aucune avancée concrète n'était cependant en vue jeudi soir sur cette question.

Cette réunion de la Fed était dernière avant l'élection présidentielle du 3 novembre, mais aussi la première depuis l'adoption en août par la Fed d'une nouvelle doctrine sur l'inflation, qui passe désormais au second plan par rapport à un autre mandat de l'institution, à savoir le retour au plein emploi. La Fed est ainsi prête à tolérer des passages temporaires au-dessus des 2% d'inflation si elle estime que le marché de l'emploi va en bénéficier. Un débat qui n'est pas d'une actualité brûlante, la hausse des prix étant pour l'instant bien en dessous des 2% aux Etats-Unis.

Indicateurs macro-économiques mitigés

Les indicateurs macro-économiques publiés jeudi aux Etats-Unis ont montré que la reprise se poursuit, mais à un rythme qui semble désormais plus modéré. Ainsi, les inscriptions nouvelles au chômage pour la semaine close au 12 septembre sont ressorties supérieures aux attentes, à 860.000, contre 850.000 de consensus et après 893.000 une semaine avant.

Les chiffres du logement ont eux aussi manqué le consensus. Les mises en chantier du mois d'août sont ressorties à 1,416 million, contre un consensus de 1,486 million. Les permis de construire se sont élevés à 1,47 million, contre 1,53 million de consensus de marché.

L'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie est ressorti à +15, très proche du consensus, contre 17,2 un mois auparavant. Demain vendredi, les opérateurs pourront suivre aux Etats-Unis la balance des comptes courants, l'indice du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan, ainsi que l'indice des indicateurs avancés du Conference Board.

Le pétrole poursuit son rebond grâce à l'Opep+

Malgré les incertitudes économiques, les cours du pétrole rebondissent pour la 3e séance consécutive, soutenus par les pays de l'Opep et leurs alliés. Le groupe Opep+ va ainsi demander à ses membres de prolonger de trois mois, de la fin septembre à la fin décembre, ses engagements en matière de réduction de production afin de soutenir les cours. Le baril de brut léger américain (WTI) grimpe de 2,4% à 41,12$ (après un gain de près de 8% les 2 jours précédents), pour le contrat à terme d'octobre sur le Nymex. Le Brent d'échéance novembre prend encore 2,9% jeudi, à 43,46$.

L'ouragan Sally qui frappe le Golfe du Mexique, et la publication mercredi d'une baisse surprise des stocks hebdomadaires de pétrole aux Etats-Unis a aussi contribué au rebond du brut ces dernières 48h.

L'or a corrigé en revanche, après un gain de près de 2% en 7 séances. Le contrat à terme de décembre sur le Comex a cédé jeudi 1,1% pour revenir à 1.949,90$ l'once.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar cède 0,18% à 93,05 points jeudi soir, tandis que l'euro remonte de 0,14% à 1,1831$ (+0,02%). Le rendement de l'obligation d'Etat américaine (T-Bond) à 10 ans cède 1 point de base à 0,68% au lendemain de la réunion de la Fed, qui a confirmé mercredi sa politique monétaire de soutien à l'emploi et l'économie américaine. Ce taux évoluait encore à 1,9% en début d'année, avant la crise du coronavirus qui a entraîné une brutale récession économique.

VALEURS A SUIVRE

Snowflake (-10,6%) corrige quelque peu après ses débuts fracassants de la veille (+111% pour sa première séance de cotation). L'éditeur de logiciels 'cloud' "pèse" désormais près de 60 milliards de dollars en Bourse.

Tiffany (-0,75%) n'en démord pas et désire toujours conclure la transaction avec LVMH selon les termes et le calendrier précédemment fixés. L'Américain dénonce les "efforts flagrants" du Français pour éviter de payer le montant convenu pour son acquisition. Tiffany demande au tribunal du Delaware d'organiser un procès dans un calendrier permettant un verdict avant le 24 novembre, date limite de finalisation de l'accord.

Moderna (-2,4%). Le groupe a fait part de résultats encourageants d'une étude sur un candidat-vaccin contre le nouveau coronavirus.

Oracle (-0,7%). Trump exclut que le Chinois ByteDance, maison-mère de TikTok, conserve la majorité du capital des activités américaines du réseau social de partage de vidéos. Cette position complique l'accord de partenariat en vue avec le Californien Oracle.

General Motors (+0,2%). L'agence Reuters évoque des délais dans la vente de son usine indienne au Chinois Great Wall Motor, du fait de tensions entre Inde et Chine.

Metlife (+2,7%) a annoncé l'acquisition de Versant Health pour 1,68 milliard de dollars auprès d'un groupe d'investisseurs mené par Centerbridge Partners et FFL.

Chevron (-0,27%). Le producteur américain de gaz naturel EQT a soumis une offre de 750 millions de dollars sur des actifs de Chevron dans les Appalaches et dans un gazoduc, selon les sources de Reuters.

Boeing (+0,2%). Southwest Airlines (-2,9%) va vérifier les données de poids de 130 appareils 737-800.

Apple (-1,8%). Jefferies a rehaussé son objectif sur la valeur à 135 dollars et perçoit de bonnes perspectives pour l'iPhone aux Etats-Unis, en Europe et en Chine avec la 5G... Tesla rend plus de 2%, alors que Goldman Sachs a confirmé son avis 'neutre'.

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