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Wall Street fléchit, la prudence domine

Wall Street fléchit, la prudence domine
Wall Street fléchit, la prudence domine
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La prudence l'emporte encore sur la cote américaine, avant bourse ce mercredi. Le DJIA et le S&P 500 cèdent 0,1%. Le Nasdaq recule dans des proportions comparables. Le baril de brut WTI prend 1,3% sur le Nymex à 69,2$. L'once d'or grappille 0,1% vers les 1.800$. L'indice dollar avance de 0,1% face à un panier de devises. Le bitcoin chute de près de 9% vers les 46.500$.

Les données de conjoncture sont de retour à Wall Street ce mercredi, après quatre jours de pause de ce point de vue. Le rapport JOLTS du Département au Travail concernant les ouvertures de postes du mois de juillet seront communiquées à 16 heures (consensus de près de 10 millions), ce qui pourrait contrebalancer un peu le piètre rapport sur l'emploi de vendredi. Le Livre Beige économique de la Fed, résumé des conditions par région, sera pour sa part dévoilé à 20 heures. Enfin, les chiffres du crédit à la consommation pour le mois de juillet seront connus à 21 heures (consensus +29 milliards de dollars selon FactSet).

Les amateurs de politique monétaire seront également servis, avec des interventions de John Williams, patron de la Fed de New York, et de Robert Kaplan, dirigeant de l'antenne de Dallas, qui donneront peut-être quelques indices supplémentaires sur le timing du tapering.

Ailleurs dans le monde ce jour, le PIB japonais final du deuxième trimestre a dépassé les attentes, en progression sur un rythme annuel de 1,9% ajusté des variations saisonnières, en comparaison du trimestre antérieur, et de 7,6% en comparaison de l'an dernier. L'indice du sentiment des observateurs économiques au Japon a décroché en revanche à 34,7, contre 46 de consensus. Les chiffres de l'emploi privé en France ont dépassé le consensus (+1,4% au deuxième trimestre), alors que le déficit de la balance commerciale s'est creusé plus que prévu à 7 milliards d'euros en juillet. Les ventes de détail en Italie ont décliné de manière inattendue de 0,4% en juillet.

75% des Américains adultes ont reçu au moins une injection de vaccin anti-covid-19, s'est félicitée la Maison blanche. L'épidémie est toutefois encore très présente, et les USA rapportent près de 252.000 cas de Covid-29 chez des enfants sur la semaine close le 2 septembre, un record depuis le début de cette crise sanitaire. 1 Américain sur 500 est mort du virus depuis le début de la pandémie - plus de 650.000 personnes contre 4,5 millions à l'échelle mondiale selon l'Université Johns Hopkins. La proportion des Américains de plus de 12 ans pleinement vaccinés (deux doses) est de seulement 62,3%. De plus, les USA font face à une nouvelle flambée de l'épidémie avec les variants et en particulier le Delta. Les cas pédiatriques, qui avaient décliné au début de l'été, augmenteraient désormais de manière exponentielle, d'après l'American Academy of Pediatrics et la Children's Hospital Association. Le niveau hebdomadaire des cas pédiatriques est pratiquement... 300 fois plus élevé qu'en juin ! Les cas recensés la semaine dernière chez les enfants représentent 27% de l'ensemble des cas rapportés de covid.

Le président de la Fed de Saint-Louis, James Bullard (membre non-votant de la Fed), a déclaré au Financial Times que la banque centrale américaine devrait se hâter de mener son plan de réduction du programme de rachat d'actifs obligataires, ce malgré un ralentissement brutal de la croissance de l'emploi aux États-Unis le mois dernier. Selon lui, le tapering "démarrera cette année et se terminera au cours du premier semestre de l'année prochaine". Commentant les données sur l'emploi plus faibles que prévu, Bullard a rejeté les inquiétudes selon lesquelles la reprise du marché du travail vacillait. Il note plutôt que la croissance de l'emploi est toujours en moyenne d'environ 500.000 par mois cette année. Il admet que les préoccupations liées au variant Delta ont un impact, mais souligne que d'autres problèmes du côté de l'offre - y compris des allocations de chômage améliorées (qui ont expiré cette semaine) - empêchaient également les gens de retourner sur le marché du travail. Une augmentation de l'épargne personnelle et des chèques de relance signifie que les gens peuvent se permettre de faire attention aux emplois qu'ils acceptent, résume Bullard, qui voit le taux de chômage tomber en dessous de 5% d'ici la fin de l'année.

Les opérateurs ne semblent pour l'heure pas considérer non plus que les créations de postes US très inférieures aux attentes du mois d'août (235.000 contre 750.000 de consensus) modifient réellement l'agenda de la Fed. Un 'tapering' est donc toujours anticipé sous peu, peut-être avant la fin de l'année. Une annonce officielle pourrait avoir lieu dès la réunion FOMC de novembre, en vue d'un lancement en décembre. La BCE se réunit pour sa part jeudi et pourrait également annoncer son intention de réduire ses achats d'actifs obligataires.

Suite à la faiblesse du rapport sur l'emploi d'août, les experts ont jugé peu probable que ce manquement modifie le calendrier de réduction des achats d'actifs de la Fed. Après le rapport, Goldman Sachs et Bank of America ont tous deux laissé leurs attentes de réduction des achats obligataires inchangées, prévoyant une annonce officielle en novembre. Le consensus semble toujours pencher en faveur d'allusions explicites à une diminution des achats d'actifs lors de la réunion du FOMC de septembre, suivies d'une annonce formelle en novembre. La Fed pourrait alors commencer à réduire les achats d'actifs en décembre à un rythme de 15 milliards de dollars par mois. Cependant, des doutes demeurent concernant l'engagement de la Fed à un cadre cible d'inflation moyenne flexible, avec un scepticisme croissant quant à la capacité des banques centrales à dénouer de manière significative les mesures de relance déclenchées en réponse à la pandémie.

Les médias et acteurs financiers examineront cette semaine la décision politique de la BCE. Le consensus du marché est que la Banque centrale européenne réduise le niveau de ses achats mensuels d'obligations de 80 milliards d'euros à environ 50-60 milliards d'euros, indique Bloomberg. La flambée de l'inflation à 3% en août a accru la pression sur la BCE pour qu'elle réduise les paramètres de relance d'urgence, mais l'augmentation des infections au covid avant les mois d'hiver pourrait encore inciter la BCE à attendre décembre. Si la BCE réduisait le rythme de ses achats d'actifs, elle devrait néanmoins souligner qu'elle dispose encore de la flexibilité nécessaire pour augmenter ultérieurement à nouveau ses achats et que tout ralentissement ne constituerait pas un 'tapering' au sens propre. Le plan de QE d'urgence (PEPP) de la BCE doit se poursuivre jusqu'en mars.

Selon les résultats d'une enquête Reuters, la BCE devrait annoncer une réduction de ses rachats d'actifs au titre du Programme d'urgence face à la pandémie (PEPP) à partir du quatrième trimestre, mais maintenir ses autres programmes au moins jusqu'en 2024. Avec la reprise économique dans la zone euro et une inflation au plus haut de dix ans, la BCE devancerait donc la Fed à l'issue de sa réunion du 9 septembre en dévoilant une diminution de ses achats de titres. Près de 60% des économistes interrogés par Reuters sont de cet avis. Les autres estiment que la BCE maintiendrait plutôt ses achats au rythme actuel. Selon la médiane des estimations des experts consultés par Reuters, les rachats seraient ramenés à 70 milliards d'euros mensuels dans le cadre du PEPP. Concernant l'échéance de mars, plus de 70% des spécialistes sondés par Reuters jugent qu'il faudrait plutôt plus de 2 ans à la BCE pour arrêter totalement ses achats. La moitié des spécialistes ont même évalué que le processus prendrait cinq ans. Certains estiment même que le processus ne s'arrêtera pas... Les achats dans le cadre du programme d'achats d'actifs APP vieux de six ans sont quant à eux de 20 milliards d'euros par mois.

La BCE devrait par ailleurs maintenir le statu quo sur ses taux directeurs jusqu'à la fin de l'année 2023 au moins, celui des opérations principales de refinancement restant à zéro et celui de la facilité de dépôt à -0,5%, malgré des prévisions de croissance robustes pour 2021 et 2022...

La BCE publiera également ses dernières projections macroéconomiques cette semaine, la plupart des économistes anticipant une révision à la hausse de ses perspectives de croissance et d'inflation. L'inflation devrait, selon l'enquête Reuters, s'établir à 2,1% en moyenne cette année et ralentir à 1,6% en 2022. Elle pourrait culminer à 3% au quatrième trimestre...

Dans l'actualité des entreprises à Wall Street ce mercredi, Lululemon Athletica et GameStop annoncent après bourse leurs derniers résultats financiers trimestriels. Korn Ferry publie avant bourse.

Les valeurs

JP Morgan prévoit d'acquérir une participation majoritaire de près de 75% dans l'activité de paiements du constructeur automobile allemand Volkswagen. La division passerait alors sous le contrôle de l'activité de paiements wholesale de la banque américaine. L'établissement new-yorkais estime que ce deal l'aidera à étendre ses capacités de paiement digital et lui permettra d'entrer pour la première fois sur le marché automobile. Les deux compagnies prévoient de développer ensuite la plateforme de Volkswagen pour couvrir des marchés hors automobile, afin de "répondre aux attentes évolutives des clients dans l'espace automobile et au-delà". Les termes financiers de cet accord n'ont pas été révélés.

PayPal, le géant fintech américain, a annoncé l'acquisition du Japonais Paidy, qui offre une plateforme 'buy now, pay later' de paiement différé en Asie. L'opération est chiffrée à environ 2,7 milliards de dollars, 300 milliards de yens. Le deal, qui renforcera la présence locale de l'Américain, devrait être finalisé au cours du quatrième trimestre 2021, sous réserve des autorisations usuelles. Les dirigeants de Paidy, et notamment son PDG Riku Sugie et son fondateur et président exécutif Russel Cummer, resteront en place. Le deal est structuré essentiellement en cash. Le Japon est le troisième marché mondial du e-commerce.

Coinbase reculait hier soir de 4,2% à Wall Street, victime de la correction généralisée sur les cryptomonnaies, mais aussi des menaces de la SEC. La Securities and Exchange Commission, gendarme américain des marchés financiers, a ainsi indiqué qu'elle pourrait bien poursuivre Coinbase Global si la plateforme d'échange de 'cryptos' poursuit ses plans de lancement d'un programme permettant aux utilisateurs d'empocher des intérêts en prêtant des actifs digitaux.

Bumble trébuche avant bourse à Wall Street. L'opérateur de site de dating a annoncé que des actionnaires menés par le Blackstone Group allaient vendre au moins 15 millions de ses titres, ce qui représente environ 12% du capital.

McAfee consolide avant bourse sur des motifs comparables. Ainsi, les investisseurs existants vont céder 20 millions de titres du concepteur de logiciels antivirus, représentant 12% du tour de table.

NIO, le 'Tesla chinois', concepteur de véhicules électriques coté à Wall Street, prévoit de vendre jusqu'à 2 milliards de dollars d'ADS (American depositary shares) pour financer sa rapide expansion. La nouvelle pourrait peser sur les cours aujourd'hui, sur la place américaine.

Tesla bénéficie en revanche de bonnes nouvelles concernant son activité de production chinoise. Ainsi, le groupe d'Elon Musk a écoulé 44.264 véhicules fabriqués en Chine en août, contre 32.968 au mois de juillet et 33.155 en juin. La plupart de ces voitures sont destinées à l'Europe.

Citrix. Selon le bien renseigné Wall Street Journal, le fonds activiste Elliott Management s'est constitué une participation d'un montant voisin d'un milliard de dollars au capital du groupe software.

American Airlines. Le syndicat des pilotes du groupe a lancé un appel à la grève dans les semaines à venir dans ses principaux hubs, afin de protester en particulier contre les conditions de travail.

Boeing. Le conseil d'administration pourra être visé par une plainte des actionnaires après les deux crashs subis par des 737 MAX qui ont fait près de 350 morts, a indiqué la justice du Delaware.

ICU Medical, firme californienne de technologie médicale, a scellé un accord avec le britannique Smiths Group pour lui racheter ses activités d'équipements médicaux pour un montant de 2,4 milliards de dollars.

Kadmon bondit de 73% avant bourse à Wall Street. Sanofi a conclu un accord de fusion définitif avec Kadmon, une entreprise biopharmaceutique spécialisée dans la recherche, le développement et la commercialisation de médicaments qui changent la vie des patients présentant des besoins médicaux non satisfaits importants. Les détenteurs d'actions ordinaires de Kadmon recevront la somme de 9,50 dollars par action, soit une transaction en numéraire valorisée approximativement à 1,9 milliard de dollars.

BlackRock. La filiale chinoise du gestionnaire d'actifs a créé son premier fonds commun de placement en Chine, baptisé BlackRock China New Horizon Mixed Securities Investment Fund, après avoir levé 6,68 milliards de yuans auprès de plus de 111.000 investisseurs dans le cadre d'une opération lancée le 30 août.

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