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Wall Street fléchit, Apple pèse, le plan de soutien US tarde

Wall Street fléchit, Apple pèse, le plan de soutien US tarde
Wall Street fléchit, Apple pèse, le plan de soutien US tarde
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après 4 séances de hausse, les actions américaines marquent le pas mardi, alors que les négociations en vue d'un nouveau plan de soutien à l'économie US patinent. Les cours des banques reculent après des résultats trimestriels pourtant meilleurs que prévu de Citigroup (-3,9%) et de JP Morgan (-1,6%), qui n'ont cependant pas rassuré les marchés sur l'avenir du secteur et sur la reprise économique, dans un environnement encore très marqué par la pandémie de coronavirus.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones cède 0,50% à 28.692 points, tandis que l'indice large S&P 500 lâche 0,66% à 3.510 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, fléchit de 0,30% à 11.840 pts.

Du côté de valeurs, Apple pèse sur la cote avec un recul de 3% (après un bond de 6,1% lundi). La firme à la pomme a présenté ce mardi soir 4 nouveaux modèles d'iPhone 12, ainsi qu'une enceinte connectée miniature (HomePod Mini). Amazon cède 0,16%, alors que son opération de promotions en ligne, la "Prime Day", a démarré ce mardi pour deux jours. Delta Air Lines chute de 2% après avoir annoncé le report d'une commande d'avions de 5 milliards de dollars. Johnson & Johnson perd 2,2% après avoir dû suspendre l'essai de phase 3 de son candidat vaccin contre le Covid-19, un patient étant tombé gravement malade.

Un plan de relance qui joue l'Arlésienne

Après avoir progressé ces dernières semaines dans l'espoir d'un accord bipartisan pour un nouveau plan de soutien de l'économie face à la pandémie, les marchés commencent à douter d'une issue favorable avant les élections américaines du 3 novembre, c'est-à-dire dans 3 semaines jour pour jour.

Mardi, la présidente de la Chambre des représentants, la Démocrate Nancy Pelosi, a exhorté l'administration Trump a revoir sa copie après que la Maison Blanche a proposé le week-end dernier un plan de 1.800 milliard de dollars, qui semblait pourtant s'approcher du plan démocrate portant sur un "package" de 2.200 Mds$. Quant au Sénat, son président républicain, Mitch McConnell, a quant à lui proposé une enveloppe minimaliste... Il s'est contenté de proposer de soumettre au vote la semaine prochaine un texte portant uniquement sur le financement du chômage technique ("Paycheck Protection Program") dans les PME. Le projet a été rejeté par les Démocrates, mais aussi par le président Trump, qui a tweeté mardi matin : "Voyez grand ou rentrez chez vous!!" ("Go big or go home!!") On semble donc encore loin d'un compromis susceptible d'être voté par les deux chambres et validé par le président Trump.

Joe Biden toujours en avance dans les sondages nationaux

En attendant, Donald Trump (qui n'est plus positif au Covid-19) est reparti en campagne électorale avec une énergie décuplée. Il a prévu de tenir 4 meetings de campagne cette semaine, dont le premier lundi soir à Sanford, en Floride, a été l'occasion pour lui d'assurer qu'il se sentait "puissant" et "immunisé" contre le coronavirus. "J'en ai désormais terminé. Ils disent que je suis immunisé. Je me sens si puissant", a notamment déclaré le président.

Donald Trump reste amplement devancé, de 10 à 12 points dans les sondages nationaux, par son rival démocrate Joe Biden. Mais compte-tenu du mode de scrutin indirect de l'élection présidentielle américaine, les prévisions des sondages nationaux ne se traduisent pas forcément de la même manière en termes de grands électeurs dans chacun des 50 Etats américains. Le match entre les deux candidats à la Maison Blanche conserve donc son suspense, et Donald Trump reste d'autant plus confiant qu'en 2016, il était également en retard dans les sondages sur Hillary Clinton..

Tensions autour de Taiwan, le Brexit dans l'impasse

Les investisseurs ont aussi été rendus prudents mardi par un regain des tensions entre Washington et Pékin au sujet de ventes d'armes américaines à Taïwan. Selon l'agence 'Reuters', la Maison Blanche a avancé sur les ventes de trois armes de pointe à Taiwan, en envoyant ces derniers jours au Congrès US une notification de ces contrats pour approbation. Ces démarches interviennent quelques jours après que Pékin a organisé le 10 octobre des manoeuvres militaires de grande ampleur, sur terre, mer et dans les airs, le long de ses côtes, face à Taiwan, agitant le spectre d'un futur débarquement sur cette île dont la Chine ne reconnaît pas l'indépendance.

Autre sujet de préoccupation pour les marchés, les négociations du Brexit semblent dans l'impasse, à deux jours de la date butoir du 15 octobre fixée par le Royaume-Uni pour un parvenir à un accord, faute de quoi Boris Johnson se dit prêt à un Brexit "dur", sans accord.

Sur le front économique ce jour, l'indice des prix à la consommation aux Etats-Unis pour le mois de septembre 2020 est ressorti en augmentation de 0,2% en comparaison du mois antérieur, en ligne avec le consensus. Hors alimentation et énergie, le CPI a également progressé de 0,2% par rapport au mois d'août, ce qui ressort ici encore en ligne avec les attentes. En glissement annuel, par rapport à septembre 2019, le CPI a progressé de 1,4% (+1,7% hors alimentaire et énergie).

Le pétrole rebondit, l'or corrige de près de 2%

L'indice des prix à la production sera révélé mercredi, avec l'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta. Jeudi, le programme économique sera bien plus étoffé, avec les inscriptions hebdomadaires au chômage, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie, l'indice Empire State de la Fed de New York, les prix à l'import et à l'export, ainsi que le rapport hebdomadaire du Département à l'Energie sur les stocks pétroliers domestiques américains. La semaine se terminera vendredi sur les ventes de détail, la production industrielle US, les stocks des entreprises et l'indice du sentiment des consommateurs américains.

Le pétrole rebondit mardi, le contrat de novembre sur le baril de brut léger américain (WTI) reprenant 2,1% à 40,27$ sur le Nymex, après une chute de 2,9% lundi. Le contrat sur le Brent pour livraison en décembre regagne 1,7% à 42,43$ après -2,6% lundi. La semaine dernière, les deux variétés de pétrole avaient progressé de plus de 9% sur la semaine (+9,6% pour le WTI, +9,1% pour le Brent), profitant des espoirs de plan de relance aux Etats-Unis.

L'or pique du nez mardi, abandonnant 1,8% pour revenir sous 1.900$ l'once, à 1.893,80$ pour le contrat à terme de décembre sur le Comex. Le métal jaune avait gagné 1% la semaine dernière, ce qui avait porté son avancée à 26% depuis le début de l'année, grâce aux incertitudes économiques et à la crise sanitaire.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises) regagne 0,54% à 93,56 points, tandis que l'euro cède 0,66% à 1,1736$. Sur le marché obligataire américain, le rendement de l'obligation d'Etat (T-Bond) à 10 ans perd 5 points de base à 0,73%.

VALEURS A SUIVRE

Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, la saison des publications financières trimestrielles du troisième trimestre a débuté. Delta Air, Johnson & Johnson, Fastenal, Citigroup, JP Morgan et BlackRock ont annoncé ce mardi. Goldman Sachs, UnitedHealth, Wells Fargo, US Bancorp, Bank of America et Alcoa publieront mercredi. Jeudi, Morgan Stanley, BB&T et Walgreens Boots Alliance seront de la partie. Enfin, Schlumberger, VF Corp., State Street, Bank of New York Mellon et JB Hunt annoncent vendredi.

Apple (-3%) a présenté mardi soir ses nouveaux iPhone 12 pour la 5G, une gamme de 4 appareils couvrant un large éventail de prix. Ainsi, en entrée de gamme, un "iPhone 12 Mini" est doté d'un écran de 5,4 pouces, suivi d'un modèle de 6,1 pouces et de deux modèles "Pro" : une version à 6,1 pouces à partir de 999$ et une version très haut de gamme "Pro Max" avec un écran de 6,7", vendue à partir de 1.099$. Selon le journal japonais 'Nikkei', les fournisseurs d'Apple s'activeraient et augmenteraient leur production afin de s'assurer que les iPhone 5G soient rapidement dans les magasins.

Amazon (-0,1%) a lancé mardi son opération Prime Day pour 2 jours, avec comme toujours des promotions généreuses. Selon eMarketer, le Prime Day pourrait voir le groupe de Jeff Bezos afficher une croissance de... 43% de ses ventes mondiales, avec de nouvelles signatures d'abonnés et des achats conséquents des consommateurs. Le Prime Day avait été décalé par le groupe du fait de la pandémie de coronavirus. Il a d'ordinaire lieu mi-juillet, avant la rentrée des classes. Il s'agit d'un événement de deux jours, le cinquième du genre pour le colosse du e-commerce. eMarketer estime qu'il pourrait permettre au groupe de réaliser près de 10 milliards de dollars de ventes, contre 6,93 milliards un an avant. La firme prévoit que le nombre US d'abonnés Prime atteigne 142,5 millions en 2020, en croissance de près de 15%, ce qui représenterait près de la moitié de la population américaine !

Walt Disney (+3%), le géant américain du divertissement, a annoncé hier lundi une réorganisation de ses activités médias et divertissement en vue d'accélérer la croissance de sa plateforme Disney+ de streaming vidéo. Les studios, le divertissement général et les sports seront séparés de la distribution et de la commercialisation, intégrées au sein d'une unité globale. Ainsi, développement et production de programmes seront distincts de la distribution, ce qui permettra au groupe de mieux répondre aux attentes du marché. Les studios, le divertissement général et les sports seront regroupés dans une division, la distribution et la vente dans une entité séparée. Les équipes créatives développeront et produiront des programmes pour le streaming et les plateformes traditionnelles. La distribution décidera de la répartition des contenus.

La décision intervient alors que l'investisseur activiste Daniel Loeb a appelé le groupe à renoncer à son dividende et à doubler ses investissements dans les contenus de streaming. Disney+ a été lancé en novembre et a dépassé son objectif avec plus de 100 millions d'abonnés en streaming dans le monde à Disney+, Hulu et ESPN+. En comparaison, Netflix (+0,9%) affiche 193 millions d'abonnés, cette base ayant été constituée en 13 ans. Bob Chapek, directeur général de Disney depuis février, a affirmé l'intention du groupe de renforcer ses investissements dans les contenus. En séparant la gestion des contenus de la distribution, le groupe entend se rendre plus efficace et agile, en phase avec les attentes des consommateurs et leurs préférences.

Johnson & Johnson (-2,2%) a suspendu les essais cliniques de son vaccin contre le Covid-19, une maladie non expliquée ayant frappé un participant. Cette maladie est en cours d'analyse. Le groupe a indiqué que ce genre de "pause" était normal lors d'essais majeurs pouvant inclure des dizaines de milliers de personnes... Les bénéfices trimestriels du groupe ressortent supérieurs aux attentes, et J&J se permet de relever sa guidance financière 2020. Pour le troisième trimestre, le groupe a dégagé un bénéfice de 5,9 milliards de dollars et 2,20$ par titre sur une base ajustée, contre 5,7 milliards un an avant. Le consensus FactSet était de 1,98$ de bpa. Les revenus ont totalisé 21,1 milliards de dollars, contre 20,7 milliards un an plus tôt et 20,2 Mds$ de consensus.

Boeing (-2%). L'Organisation mondiale du commerce a autorisé l'Union européenne à imposer de nouveaux droits de douane sur quatre milliards de dollars de produits américains en représailles aux subventions accordées à Boeing. Il s'agit d'un litige vieux de 16 ans entre les deux constructeurs aéronautiques. La décision des médiateurs de l'OMC avait été retardée par la pandémie, et fait suite au feu vert donné en octobre dernier par l'organisation aux Etats-Unis pour appliquer des taxes douanières sur 7,5 milliards de dollars d'importations en provenance de l'UE en raison de subventions accordées à Airbus.

JPMorgan Chase (-1,6%), leader bancaire américain par les actifs, a annoncé pour son troisième trimestre des revenus ajustés de 29,9 milliards de dollars, contre 28,4 milliards de consensus. Le bénéfice ajusté par action a représenté 2,92$ contre 2,26$ de consensus de marché. Ainsi, la banque américaine a largement battu le consensus malgré la pandémie. Le bénéfice net a totalisé 9,4 milliards de dollars et les réserves de crédit ont été maintenues face à un environnement économique incertain. Les revenus bancaires ont augmenté de 6% à 3,7 milliards, alors que ceux de banque d'investissement se sont améliorés de 12% à 2,1 Mds$. Les recettes de services marchés et securities se sont envolés de 29% à 7,8 Mds$. Les revenus de marchés ont augmenté de 30% à 6,6 milliards.

Citigroup (-3,9%). Le bénéfice net trimestriel de la banque new-yorkaise a régressé de 34% à 3,23 milliards de dollars, soit 1,40$ par titre, contre 92 cents de consensus. Rappelons que ce bpa était de 1,05$ au premier trimestre et 50 cents pour le second trimestre. Les revenus de l'unité consommateurs ont reculé de 13% à 7,17 milliards de dollars. Le trading obligataire a généré des revenus de 3,8 milliards en augmentation de 18%. Le trading actions a dégagé des recettes de 875 millions de dollars en hausse de 15% en glissement annuel.

Fastenal (-5%) a publié pour son troisième trimestre clos fin septembre 2020 des revenus de 1,41 milliard de dollars, en croissance de 2,5% en glissement annuel, ainsi qu'une marge brute en léger retrait de 1,6% à 641 millions de dollars. Le bénéfice net s'est amélioré de 4% à 222 millions de dollars, 38 cents par titre. Ainsi, le bénéfice trimestriel ressort conforme aux attentes de marché, alors que les ventes sont très légèrement inférieures aux attentes du consensus.

Delta Air Lines (-2%) a rapporté pour son troisième trimestre des revenus opérationnels de 3,1 milliards de dollars, en ligne avec le consensus, mais une perte par action de 3,30$ sur une base ajustée, à rapprocher d'un consensus de 2,97$. La perte ajustée avant imposition s'est élevée à 2,6 milliards de dollars. La perte nette ajustée a représenté quant à elle 2,09 milliards de dollars, contre 1,87 milliard de consensus. Les revenus ajustés trimestriels ont totalisé 2,6 Mds$, contre 1,47 Md$ un trimestre plus tôt.

Tesla (+1%) réduit de 3.000$ les prix de ses Model S aux Etats-Unis, et baisse également ses prix en Chine. Le groupe d'Elon Musk, qui avait annoncé plus tôt ce mois un record de livraisons pour le second trimestre, a abaissé ainsi de 3 à 4% les prix de deux versions du Model S aux USA. Le modèle long range passe donc à 71.990$ contre 74.990$ aux Etats-Unis, alors que la version 'performance' est proposée désormais à 91.990$, contre 94.990$. Le prix d'entrée du Model S en Chine est quant à lui réduit de 3%. Il y a quelques jours, Tesla avait déjà abaissé le prix de départ de son Model 3 en Chine de 8% à 249.900 yuans (36.800$ environ).

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