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Wall Street flambe, "lumière au bout du tunnel" ?

Wall Street flambe, "lumière au bout du tunnel" ?
Wall Street flambe, 'lumière au bout du tunnel' ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street rebondit puissamment ce lundi. Le S&P500 avance ainsi de 4,55% à 2.601 pts et le Dow Jones de 4,65% à 22.031 pts, tandis que le Nasdaq grimpe de 4,6% à 7.714 pts. Les investisseurs jouent manifestement une rapide sortie de la crise sanitaire et économique actuelle. Ce rebond et cet optimisme sont toutefois à prendre avec des pincettes, alors que les États-Unis abordent une semaine cruciale dans leur lutte contre l'épidémie et que les foyers se multiplient à l'international. Le virus a déjà fait plus de 70.000 victimes dans le monde. Parmi les points positifs, la situation semble se stabiliser en Europe, notamment en Italie, en Espagne ou en France, même si rien n'est encore joué loin de là.

En France, le nombre de morts en milieu hospitalier du fait du coronavirus a encore reculé entre samedi et dimanche, à 357 contre 441 samedi et 588 vendredi. En Allemagne, le nombre de nouveaux cas a baissé pour le quatrième jour consécutif. La réunion de l'Eurogroupe demain soir doit mener à la mise en place de mécanismes de soutien des Etats dans une phase de reconstruction. Le Financial Times confirme les intentions de certains pays d'Europe d'assouplir les restrictions ou confinements, ce que les marchés estiment positif d'un point de vue économique... Au Royaume-Uni, plus de 400 décès supplémentaires ont été recensés en 24 heures, alors que le Premier ministre Boris Johnson est hospitalisé.

Le Japon envisage de déclarer l'état d'urgence pour une durée d'un mois à Tokyo et dans six autres préfectures. Le Premier ministre Shinzo Abe a annoncé un plan de 108.000 milliards de yens pour combattre les effets de la crise. D'après un document consulté par Reuters, le gouvernement japonais considère cette épidémie comme la plus grande crise à laquelle l'économie mondiale est confrontée depuis la Seconde Guerre mondiale. Plus de 4.500 cas confirmés ont été enregistrés au Japon, dont 104 mortels.

Selon un bilan dressé par Reuters, le Covid-19 a tué 9.573 personnes aux Etats-Unis et 336.000 personnes ont été contaminées. Le pays est le plus touché par la pandémie qui est née en Chine au mois de décembre dernier... Dans l'Etat de New York, le nombre de nouveaux décès a diminué dimanche pour la première fois en l'espace d'une semaine. Mais il reste à un niveau extrêmement élevé : près de 600 morts en l'espace de 24 heures pour 7.300 nouvelles contaminations avérées... "Pour la plupart des Américains, cette semaine sera la plus dure et la plus triste, très franchement", a prévenu le médecin-général Jerome Adams, plus haute autorité médicale de l'armée américaine dimanche. "Ce sera notre Pearl Harbor, notre 11-Septembre, mais cela ne se produira pas à un endroit particulier mais partout dans le pays et je veux que l'Amérique le comprenne", a-t-il dit sur Fox News.

Le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, a déclaré dimanche que les nouvelles hospitalisations avaient diminué de moitié au cours des dernières 24 heures, tout en disant ignorer si le bilan avait enfin atteint son pic.

Donald Trump se montre mobilisateur ce jour sur Twitter, percevant une "lumière au bout du tunnel" et estimant les Etats-Unis "forts".

La volatilité reste extrême sur le marché pétrolier. Après avoir perdu jusqu’à 11% en début de journée, le baril de brut léger américain "limite" ses pertes à environ 6% sous les 27$ actuellement sur le Nymex alors que l'Arabie saoudite et la Russie seraient "très, très proches" d'un accord sur une réduction de leur production de pétrole. Le président du Fonds souverain russe a déclaré à ‘CNBC’ : "je pense que le marché tout entier comprend que cet accord est important et qu'il amènera beaucoup de stabilité, une stabilité tellement importante pour le marché, et nous en sommes très proches". "Je pense que la Russie, l'Arabie Saoudite, les États-Unis et d'autres pays doivent intervenir pour stabiliser les marchés et apporter de la stabilité dans un monde qui est sur le point de connaître probablement la plus grande récession de tous les temps", a ajouté Kirill Dmitriev.

Une ‘bonne nouvelle’ alors que la réunion d’urgence prévue entre les membres de l'Opep+ et d'autres grands producteurs, prévue ce lundi, a été reportée à jeudi. L'absence de la participation des États-Unis, désormais premier producteur mondial d’or noir, serait en effet toujours mal perçue par plusieurs pays et pourrait constituer une pierre d'achoppement. Bien qu'il ait initialement appelé à un accord, le président Donald Trump a décrit samedi l'OPEP comme un cartel et a menacé d'imposer des droits de douane sur le pétrole étranger pour protéger l'industrie énergétique américaine.

Jeudi, Donald Trump avait provoqué une flambée historique du brut (le Brent a pris jusqu'à 47% en séance !) en tweetant qu'il s'attendait à ce que la Russie et l'Arabie Saoudite réduisent leur production d'environ 10 millions de barils : "Je viens de parler à mon ami MBS d'Arabie saoudite, qui s'est entretenu avec le président russe Poutine et je m'attends à ce qu'ils réduisent (leur production) d'environ 10 millions de barils, voire beaucoup plus, ce qui serait formidable pour le secteur pétrolier et gazier!".

L'objectif des négociations porterait ainsi sur une réduction de la production d'environ 10 millions de barils par jour, soit près de 10% de la production mondiale. Néanmoins, certains experts à l’image de l’Agence internationale de l'énergie estiment que cette baisse historique, si elle venait à être confirmée, ne serait pas suffisante compte tenu de la chute de la demande.

La Bourse de New York a fini la semaine en baisse, vendredi, après l'annonce de la destruction de plus de 700.000 emplois aux Etats-Unis en mars, en raison des mesures de restriction prises pour faire face au coronavirus Covid-19. Ce chiffre est d'autant plus inquiétant qu'il est sous-estimé, les données de mars ayant été arrêtées au 12 mars, avant la déclaration de l'état d'urgence sanitaire aux Etats-Unis. Le pétrole a encore bondi de plus de 10% dans l'espoir d'une baisse de la production de l'Opep+ après l'intervention de Donald Trump dans ce dossier.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 1,69% à 21.052 points, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 1,51% à 2.488 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a glissé de 1,53% à 7.373 pts. Les chiffres de l'emploi en mars publiés vendredi, qui portent sur un mois glissant arrêté au 12 mars, montrent que l'économie américaine a détruit 701.000 emplois, mettant ainsi fin à une série de 113 mois de créations d'emploi, soit 9 ans et 5 mois, un record... Le taux de chômage a bondi de 3,5% en février à 4,4% en mars.

Les analystes soulignent que ces chiffres ne montrent qu'une partie des dégâts infligés par le coronavirus au tissu économique américain, les pertes d'emplois s'étant brutalement accélérées après le 13 mars, date à laquelle Donald Trump a décrété l'"urgence nationale" face à la pandémie de Covid-19.

Les données hebdomadaires portant sur les deux semaines s'achevant le 28 mars ont ainsi fait état de 10 millions de demandes nouvelles d'inscriptions au chômage, un record absolu qui témoigne de la violence du choc infligé par le Covid-19. Les économistes estiment que le taux de chômage devrait rapidement dépasser les 10% pour passer à 15%, voire davantage d'ici à juin...

Les valeurs

Apple (+5%) a annoncé dimanche avoir mis au point un masque de protection à destination des soignants. En plastique transparent, il couvre la totalité du visage, est entièrement réglable et doit pouvoir se monter en moins de deux minutes. Ce nouvel outil a été mis au point par des "concepteurs de produits, des équipes d'ingénierie et d'emballage, et fournisseurs" du groupe, explique Tim Cook dans un tweet.

Les premiers colis ont été livrés à un hôpital de Santa Clara, en Californie, la semaine dernière. Apple prévoit d'expédier plus d'un million de masques cette semaine et un autre million chaque semaine suivante. Les Etats-Unis doivent être le premier pays à en profiter, mais Apple prévoit d'étendre rapidement la livraison de ces "boucliers" dans d'autre pays. Le groupe a fermé ses 458 de ses magasins de vente au détail en dehors de la Chine pour freiner la Pandémie Covid-19 et exige de ses ingénieurs et concepteurs de travailler à la maison.

3M (+3%) et une demi-douzaine d'autres sociétés plus petites, ne produisent actuellement qu'environ 50 millions de masques N95 par mois aux Etats-Unis, alors que les seuls personnels soignants ont besoin de 300 millions de ces équipements chaque mois, selon le Wall Street Journal, alors que les autorités américaines envisageant de préconiser le port d'un masque à l'ensemble de la population. Trump a vivement critiqué 3M, principal producteur américain de masques, en l'accusant de vendre en priorité ses masques N95 (l'équivalent des FFP2 en Europe) à des pays étrangers plutôt que de fournir les hôpitaux américains.

Tesla (+6%) profite d'une recommandation de Jefferies, qui a rehaussé son conseil de 'conserver' à 'acheter' mais ajusté son objectif de 800 à 650 dollars.

Amazon (+2%), le géant du commerce en ligne, échangerait avec les firmes Abbott Labs et Thermo Fisher, qui conçoivent des tests de détection du coronavirus, afin de dépister son personnel et de réduire le risque d'infection dans ses entrepôts. Reuters cite à ce propos des documents internes que l'agence a pu consulter.

Berkshire Hathaway (+2%), firme de Warren Buffett, a annoncé avoir cédé 18% de sa participation dans Delta Air Lines et 4% de ses parts dans Southwest Airlines. American Airlines a allégé pour un mois le nombre de vols au départ et à destination de New York. Boeing prolonge pour sa part jusqu'à nouvel ordre la suspension de sa production dans la région de Seattle...

JP Morgan (+5%). Son patron Jamie Dimon n'exclut pas de suspendre le dividende de la banque face à la crise actuelle. Dimon table sur des résultats en baisse sensible en 2020. En revanche, Citigroup, Morgan Stanley et Goldman Sachs, qui doivent soumettre leurs prévisions de fonds propres à la Fed dans le cadre des tests de résistance, affichent leur volonté de continuer à distribuer des dividendes et mettent en avant la qualité de leurs bilans, selon le Financial Times.

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