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Wall Street flambe avec la consommation, Powell reste prudent

Wall Street flambe avec la consommation, Powell reste prudent
Wall Street flambe avec la consommation, Powell reste prudent
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine progresse très nettement ce mardi, soutenue par la Fed et les espoirs de reprise 'en V'. Le S&P500 avance de 2,13% à 3.132 pts et le Nasdaq de 1,74% à 9.895 pts, alors que le DJIA prend 2,21% à 26.332 pts. Le baril de brut WTI se redresse de 4% à 38,6$ sur le Nymex. L'once d'or grappille 0,1% à 1.728$. Il faut dire qu'alors que la Fed démarre ses achats de crédit sur le marché secondaire, Washington étudie pour sa part un plan massif dédié aux infrastructures pour stimuler la première économie mondiale. L'expansion de l'épidémie de coronavirus dans certaines régions du globe semble ignorée, alors que les opérateurs se montrent optimistes quant à la capacité de Pékin à contenir un nouveau foyer. Enfin, les chiffres de la consommation américaine ce jour ressortent étonnamment solides.

La Réserve fédérale va commencer ce mardi à acheter sur le marché secondaire des obligations d'entreprises, afin de les aider à surmonter la crise actuelle. Aujourd'hui, les marchés surveillent par ailleurs l'audition du président de la Fed Jerome Powell, qui intervient devant la Commission bancaire du Sénat américain. Powell confirme sa récente prudence, et juge qu'une pleine 'recovery' de la récession est improbable tant que la question sanitaire ne sera pas réglée et que les Américains n'auront plus peur de contracter le virus. Le leader de la Fed ne se laisse donc pas impressionner par les statistiques récentes. Il juge qu'une incertitude significative subsiste concernant le timing et la force de la reprise économique. Powell estime que les USA seront confrontés à des dommages significatifs de long terme du fait de la pandémie, et malgré les signaux récents d'amélioration. Les petites entreprises seraient d'ailleurs "à risque", selon Powell, qui souligne que la Fed "sert la nation entière"...

La tendance positive des marchés s'explique par ailleurs par des spéculations sur un potentiel plan de relance, après une information de Bloomberg prêtant à l'administration Trump un projet de programme d'investissement dans les infrastructure de près de 1.000 milliards de dollars.

Le scénario de la reprise économique en V prend forme aux Etats-Unis. Après les incroyables chiffres de l'emploi américain récemment publiés au titre du mois de mai, les opérateurs prennent aujourd'hui connaissance de chiffres tout aussi ébouriffants de la consommation. Ainsi, les ventes de détail aux USA pour le mois de mai 2020 ont flambé de 17,7% en comparaison du mois précédent, contre un consensus de place de +7,5%, et après un recul révisé à -14,7% pour le mois d'avril.

Les ventes de détail du mois de mai hors automobile ont augmenté de 12,4% par rapport au mois antérieur, contre +5,2% de consensus et -15,2% au mois d'avril. Hors automobile et essence, les ventes se sont appréciées également de 12,4% en mai, contre +4% de consensus chez les économistes de la place.

La production industrielle américaine a progressé de 1,4% au mois de mai 2020, en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de place de +2,9% et après une chute à deux chiffres un mois avant. La production manufacturière du mois de mai a grimpé de 3,8%, contre +3,6% de consensus. Le taux d'utilisation des capacités de production s'est établi à 64,8%, contre 66,7% de consensus.

L'indice du marché immobilier américain de la National Association of Home Builders (NAHB) pour le mois de juin 2020 est ressorti en très forte progression à 58, contre un consensus de seulement 44 et un niveau de 37 un mois plus tôt.

Les stocks des entreprises américaines pour le mois d'avril 2020, qui viennent également d'être publiés, ont reculé de 1,3% en comparaison du mois antérieur, contre -0,5% de consensus et -0,2% un mois auparavant.

A l'heure où certains dirigeants pensent résolument avoir maîtrisé le nouveau coronavirus, la mise en perspective au niveau mondial fait toujours frémir. Ainsi, selon l'Université Johns Hopkins, qui fait référence sur le sujet, le cap des 8 millions de cas confirmés de Covid-19 a été franchi à l'échelle mondiale, avec 8,056 millions de cas d'infections décelés depuis le début de l'épidémie, dont 2,114 millions aux USA, 888.271 au Brésil, 544.725 en Russie ou encore 343.091 en Inde.

La pandémie a tué 437.412 personnes dans le monde, le nombre de victimes dépassant les 116.000 aux Etats-Unis, contre 43.959 au Brésil et 41.821 au Royaume-Uni.

Alors que l'épidémie semble ralentir en Europe, sa diffusion en Amérique Latine et aux USA, ainsi que son retour en Chine, inquiètent. La situation à Pékin serait même "extrêmement grave", à en croire la mairie de la capitale chinoise, avec plus d'une centaine de contaminations en cinq jours selon les données officielles. La ville s'engage ainsi à des mesures très stricte, tandis que l'Organisation mondiale de la santé a indiqué qu'elle suivait de près l'évolution de la situation locale, n'excluant pas l'envoi de nouveaux experts.

Quarante nouveaux cas ont été signalés en Chine continentale contre 49 la veille, d'après la Commission nationale de la Santé. Vingt-sept cas concernent donc Pékin. Le nombre de cas en Chine continentale atteint 83.221 depuis le début de l'épidémie, selon la commission, qui n'a toutefois pas fait état de nouveaux décès, laissant le nombre de décès à 4.634.

Au niveau mondial, selon un décompte Reuters, environ 25% des cas, soit 2 millions de contaminations, ont été rapportées aux Etats-Unis, mais le nombre de cas progresse rapidement en Amérique latine qui représente maintenant 21% du nombre total de cas décelés...

Après avoir perdu entre 2% et 3% en début de séance, la Bourse américaine a terminé en hausse, lundi soir, malgré les inquiétudes concernant une hausse du nombre de cas de Covid-19 aux Etats-Unis et en Chine. Le rebond boursier a été initié par une annonce de la Réserve fédérale, qui a décidé d'acheter de la dette obligataire d'entreprises dans le cadre de ses mesures de soutien face à la crise du Covid-19.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,62% à 25.763 points, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 0,83% à 3.066 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a avancé de 1,43% à 9.726 pts.

La semaine dernière, le DJIA avait cédé 5,5%, le S&P 500 avait perdu 4,7% et le Nasdaq avait fléchi de 2,3% (leur 1e semaine de baisse après 3 semaines de forte hausse), dans la crainte d'une seconde vague de coronavirus, et à la suite de déclarations prudentes de la Fed sur la reprise économique.

La Fed a donc annoncé dans la soirée de lundi son intention de commencer à racheter des obligations d'entreprises, dans le cadre de la batterie de mesures annoncées le 23 mars mars dernier pour faire face à la récession provoquée par la crise sanitaire. Jusqu'à présent, la Banque centrale américaine avait uniquement acheté des obligations privées de façon indirecte, via des fonds indiciels (ETF).

Cette décision permettra à la Fed de mieux cibler son soutien aux différents secteurs et entreprises frappés par le Covid-19. Elle intervient moins d'une semaine après la dernière réunion de la Fed qui s'est montrée inquiète d'une reprise économique lente. Elle s'est dite prête à maintenir ses taux directeurs proches de zéro au moins jusqu'à la fin 2022, et s'est engaée à continuer à utiliser toute la gamme de ses outils pour sortir l'économie américaine de l'ornière où l'a précipitée la pandémie.

Après un vif rebond de 40% par rapport à leurs plus bas du mois de mars, les Bourses mondiales font une pause depuis début juin, observant d'un côté les indicateurs économiques qui se redressent et d'autre part, les indicateurs sanitaires qui ont montré depuis la fin mai des signes de dégradation aux Etats-Unis, mais aussi, depuis ce week-end, en Chine.

Aux Etats-Unis, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a assuré que même en cas de seconde vague de Covid-19, l'administration Trump n'envisageait pas de mesures de confinement aussi strictes qu'en mars dernier, qui avaient mis l'économie à l'arrêt pendant plusieurs semaines.

Vendredi, le CDC (centre pour le contrôle et la prévention des maladies) avait au contraire averti qu'il faudrait recourir à nouveau à des mesures de confinement semblables à celle de mars dernier si le nombre de cas se mettait à augmenter fortement outre-Atlantique.

Les investisseurs espèrent néanmoins que l'économie continuera de se redresser pendant l'été, et qu'un vaccin sera mis au point à l'automne. Pendant le week-end, le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca a estimé être en mesure de livrer les premières doses de vaccin dès le mois d'octobre si les essais cliniques en cours sont couronnés de succès. Le PDG d'AstraZeneca Pascal Soriot a ainsi assuré dimanche sur 'BFMTV' qu'il "aura les résultats des tests (liés au vaccin contre le coronavirus) au mois de septembre et pourra livrer à partir du mois d'octobre". Samedi, un accord a été passé entre le groupe pharmaceutique et l'Union européenne pour fournir 400 millions de doses à l'UE.

AstraZenaca a aussi passé des accord avec d'autres pays pour la fourniture du potentiel vaccin, dont les Etats-Unis, qui ont apporté en mai un financement de 1 milliard de dollars au groupe pharmaceutique. De nombreux autres laboratoires dans le monde (dont la biotech américaine Moderna) testent des vaccins, avec pour objectif une commercialisation à l'automne ou au plus tard début 2021... Par ailleurs, selon l'étude britannique Recovery, un stéroïde, le dexamethasone, réduirait d'un tiers la mortalité chez les patients les plus atteints par le virus.

Les valeurs

Apple (+2%). La Commission européenne ouvre deux enquêtes sur le système de paiement Apple Pay et la boutique en ligne App Store d'Apple, estimant que les pratiques du groupe californien à la pomme pourraient enfreindre les règles en matière de concurrence de l'Union européenne. La Commission examinera deux restrictions imposées par Apple dans ses accords avec les entreprises désirant distribuer des applications aux utilisateurs d'appareils Apple. Il s'agit de l'utilisation obligatoire du système d'achat intégré propriétaire IAP d'Apple pour la distribution de contenu numérique payant, et des restrictions de la capacité des développeurs à informer les utilisateurs d'autres possibilités d'achat.

Oracle (+3%), le géant des logiciels d'entreprises, publiera après bourse ce soir à Wall Street ses résultats du quatrième trimestre de son exercice fiscal décalé. Le consensus de marché sur cette période trimestrielle allant de mars à mai 2020 est de 1,16$ de bénéfice ajusté par action pour 10,67 milliards de dollars de facturations.

Lennar (+1%) a annoncé un bénéfice trimestriel et des estimations annuelles supérieurs aux attentes, grâce au rebond des ventes de maisons avec la reprise progressive de l'activité. Le constructeur américain a dévoilé pour le second trimestre fiscal un bénéfice de 1,65$, contre 1,30$ un an plus tôt. Les revenus se sont établis à 5,3 milliards de dollars, en retrait de 5% en glissement annuel. Le consensus était de 1,24$ de bpa et 5,2 Mds$ de recettes. Les livraisons sont ressorties stables à 12.672 unités, alors que les commandes nouvelles ont baissé de 10%.

Royalty Pharma, fonds d'investissement dans le secteur médical, a annoncé que son introduction en bourse lui avait permis de lever 2,18 milliards de dollars. Il s'agit ainsi de la deuxième plus importante IPO jamais réalisée dans le secteur pharmaceutique. Les premières cotations interviendront ce mardi.

Tiffany (+1%), le joaillier new-yorkais, a obtenu de nouvelles autorisations réglementaires en vue de son acquisition par le géant français LVMH, et dit s'attendre à boucler le rapprochement en milieu d'année.

Eli Lilly (+13%), le laboratoire d'Indianapolis, gagne du terrain à Wall Street ce jour, le groupe ayant fait état de résultats positifs d'une étude de phase III sur son traitement contre le cancer du sein Verzenio.

T-Mobile (-3%). La Commission fédérale américaine des communications (FCC) a lancé une investigation sur une panne de réseau ayant touché des clients de l'opérateur aux Etats-Unis. SoftBank souhaiterait pour sa part vendre jusqu'à deux tiers de sa participation de 24% dans T-Mobile US au début de la semaine prochaine. Selon 'CNBC', cette opération devrait rapporter au moins 20 milliards de dollars au géant japonais, à la recherche d'argent frais. Il n'est en revanche toujours pas clair si la société mère de T-Mobile, Deutsche Telekom, achètera des actions, précise CNBC. Deutsche Telekom détient actuellement plus de 40% de T-Mobile.

Chesapeake Energy (-15%) va très probablement se placer sous la protection de la loi sur les faillites dans le courant de la semaine en raison de l'effondrement récent du marché pétrolier, indique l'agence Reuters, citant trois sources proches.

iQIYI (+26%). Le Chinois Tencent entendrait devenir le premier actionnaire du spécialiste local de la vidéo à la demande, et aurait approché Baidu dans le but de lui acheter des parts, ont affirmé deux sources à Reuters.

McDonald's (+2%) se reprend après des mois d'avril et mai catastrophiques en termes de ventes. Sur le mois d'avril, le groupe a connu une chute de 19,2% de ses ventes US à comparable. Le déclin se chiffre encore à 5,1% en mai, avec 99% des points de vente actifs. Au niveau mondial, les ventes à comparable à ce stade du trimestre, à fin mai, ont baissé de 29,8% avec 95% des points de vente actifs dans le monde au 15 juin. Désormais, la situation s'améliore, la quasi totalité des points de vente étant ouverts aux USA.

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