Cotation du 26/02/2021 à 23h04 Dow Jones Industrial -1,50% 30 932,37
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Wall Street : fin de semaine incertaine

Wall Street : fin de semaine incertaine
Wall Street : fin de semaine incertaine
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine hésite ce vendredi, le DJIA reculant marginalement de 0,03% à 31.421 pts, contre un gain de 0,11% sur le S&P 500 à 3.921 pts et un repli de 0,06% du Nasdaq à 14.015 pts. Le baril de brut WTI prend 0,4% sur le Nymex à 58,5$. L'once d'or décline de 0,5% à 1.818$, alors que l'argent se stabilise vers les 27$. L'indice dollar gagne 0,2% face à un panier de devises de référence. Enfin, le Bitcoin fléchit de 1,6% sur 24 heures sur les 47.000$ au terme d'une semaine agitée, alors que les opérateurs misent désormais sur une plus large adoption de la principale cryptomonnaie.

L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains mesuré par l'Université du Michigan pour le mois de février 2021 est ressorti à 76,2, contre un consensus de marché de 80,9 et un niveau de 79 pour la lecture finale de janvier.

John Williams et Mary Daly de la Fed s'exprimeront dans la journée, alors que le président de la banque centrale américaine, 'Jay' Powell, a déjà rassuré cette semaine concernant la poursuite de la politique monétaire ultra-accommodante.

Ailleurs dans le monde, le PIB britannique du quatrième trimestre a affiché un gain de 1%, après une progression révisée de 16% sur le trimestre antérieur. Néanmoins, le PIB annuel 2020 a plongé de pratiquement 10% avec la crise sanitaire, un record historique. La balance commerciale locale s'est établie déficitaire à -14,3 milliards de livres en décembre.

Les marchés demeurent quant à eux hésitants, après les records de Wall Street, sur des craintes liées aux valorisations actuelles. Dans le même temps, les traders sociaux des WallStreetBets n'ont quant à eux pas les mêmes préoccupations, et poursuivent leurs 'raids' haussiers avec plus ou moins de réussite contre les fonds vendeurs à découvert. Hier soir, le secteur du cannabis, l'une des dernières cibles en date, est retombé aussi brutalement qu'il était monté sur la cote américaine.

Parmi les éléments positifs, la politique monétaire va donc rester généreuse, alors que l'administration Biden va aussi soutenir par son vaste plan budgétaire une économie qui tente de se redresser. Les inquiétudes sanitaires persistent quant à elles malgré le déploiement des vaccins, possibles en pharmacie aux USA. La question des variants reste épineuse, AstraZeneca a admis qu'il faudrait 6 à 9 mois avant de pouvoir produire en masse les vaccins contre ces variants. L'Allemagne a pour sa part décidé de fermer les frontières avec la République tchèque et le Tyrol du fait des nouveaux variants.

Biden a annoncé que les Etats-Unis avaient finalisé des accords pour acquérir 100 millions de doses additionnelles du vaccin de Pfizer / BioNTech contre le nouveau coronavirus, ainsi que 100 millions de doses de plus de celui de Moderna.

A propos du projet de plan de relance aux Etats-Unis, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi a indiqué que la proposition d'un salaire horaire minimum de 15$ allait se retrouver dans la version finale du projet de package de stimulus discuté par la Chambre. Le CBO, Bureau du budget du Congrès américain, a jugé que cette mesure pourrait coûter 1,4 million d'emplois, mais qu'elle permettrait d'augmenter 27 millions d'Américains soit plus de 10% de la population active, et de sortir 900.000 personnes de la pauvreté.

L'Union européenne se tient prête quant à elle à travailler avec l'administration Biden afin de régler les conflits commerciaux. La nouvelle administration américaine y sera peut-être sensible, elle qui veut tourner la page Trump. Selon le Financial Times, elle doit d'ailleurs réétudier la proposition de l'ex-président de bannir WeChat aux Etats-Unis.

Dans l'actualité des entreprises, c'est surtout Disney qui a retenu l'attention hier soir à Wall Street avec des chiffres d'abonnements à Disney+ supérieurs aux attentes. Le titre perd un peu de terrain sur ses sommets ce jour.

La valse-hésitation s'est poursuivie à Wall Street pour la 3e séance consécutive, hier jeudi, dans l'attente d'avancées concrètes du plan de soutien de Joe Biden, en négociation au Congrès américain. Par ailleurs, Joe Biden a parlé pour la première fois à son homologue chinois Xi Jinping au téléphone, un entretien qui ne semble pas avoir apaisé les tensions entre les deux puissances mondiales. Enfin, le marché de l'emploi américain continue de se redresser modestement, mais le président de la Fed, Jerome Powell, a prévenu qu'il faudra sans doute "des années" pour retrouver le plein emploi.

A l'issue d'une séance fluctuante, les actions ont fini en légère hausse, et le Nasdaq comme le S&P 500 ont signé des nouveaux records. Le Dow Jones a cédé un petit 0,02% à 31.430 points, au lendemain d'un record absolu, tandis que l'indice large S&P 500 a gagné 0,17% à 3.916 pts, un nouveau record, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a avancé de 0,38% à 14.025 pts, là aussi un nouveau sommet.

Les marchés se sont un peu inquiétés en entendant les dernières déclarations de Joe Biden au sujet de la Chine, après son premier entretien, mercredi soir, avec son homologue chinois Xi Jinping. Le président américain a lancé un avertissement selon lequel "si l'on ne s'active pas, ils vont manger notre repas". Biden, qui recevait dans la journée à la Maison blanche un groupe bipartite de sénateurs américains pour une réunion sur les infrastructures, leur a déclaré que les Etats-Unis devaient élever le niveau pour faire face au défi représenté par la Chine. "Ils investissent des milliards de dollars pour s'occuper d'un éventail de questions liées aux transports, à l'environnement et plein d'autres choses. Nous devons nous mettre au niveau", a déclaré le président américain.

Il a aussi annoncé la création d'un groupe de travail au Pentagone chargé d'élaborer une stratégie militaire face à Pékin. Lors de son entretien avec Xi Jinping, Joe Biden a notamment exprimé son inquiétude sur la situation à Hong Kong et le sort réservé à la minorité musulmane ouïghoure. Selon les médias d'Etat chinois, Xi a invité son homologue américain à se tenir à l'écart de questions qui relèvent de "la souveraineté de la Chine et de son intégrité territoriale".

Concernant les relations commerciales, un haut responsable de l'administration, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, a par ailleurs réaffirmé mercredi que les taxes douanières sur les produits chinois mises en place sous la présidence Trump restaient pour l'heure en place, dans l'attente d'un réexamen global de la stratégie commerciale américaine.

Les valeurs

Walt Disney (-1%) a publié jeudi soir des résultats meilleurs que prévu pour le 4e trimestre 2020, et a fait état d'une forte hausse du nombre des abonnés payants à ses services de streaming, dont Disney+, qui comptaient au total plus de 146 millions d'abonnés à la fin décembre. Parti de très loin en 2019 dans la vidéo en streaming, Walt Disney confirme qu'il rattrape rapidement le leader du secteur et principal rival Netflix, qui revendique 200 millions d'abonnés dans le monde. A lui seul, le service Disney+, lancé en novembre 2019, comptait 94,9 millions d'abonnés fin 2020, contre 26,5 en décembre 2020. ESPN+ affiche 12,1 millions d'abonnés (+83% en un an) et Hulu 35,4 millions (+30%).

A l'occasion d'une journée investisseurs, mercredi, la direction de Disney avait revu à la hausse ses objectifs, affirmant viser 300 à 350 millions d'abonnés à ses services de streaming d'ici à 2024.

Au 4e trimestre 2020, le chiffre d'affaires a reculé de 22% à 16,25 milliards de dollars, et le groupe a affiché un profit surprise de 17 millions de dollars (32 cents par action en données ajustées). Ces chiffres sont supérieurs aux attentes (consensus 15,9 Mds$ de revenus pour une perte nette ajustée de 34 cents par action). La branche Médias et distribution de divertissements, qui comprend Disney+, a rapporté 12,66 Mds$ au 4e trimestre (-5%) sur fond de pandémie de coronavirus. La division Parcs à thèmes et autres produits a été bien plus affectée par la crise, avec un plongeon de 53% de ses revenus à 3,6 Mds$, alors que les parcs sont encore fermés ou partiellement ouverts, et que les croisières sont au point mort.

Expedia (-2%), le voyagiste en ligne américain, a raté le consensus de place pour le trimestre clos, victime de la pandémie. Le groupe a annoncé une nouvelle forte baisse de ses revenus avec les restrictions sanitaires. Les ventes ont chuté de 67% à 920 millions de dollars, alors qu'elles étaient attendues supérieures à 1 milliard. Les réservations brutes se sont établies à 7,6 milliards de dollars, en retrait de 67% ici encore. Le groupe de Seattle a par ailleurs dévoilé un Ebitda ajusté trimestriel en pertes de 160 millions de dollars, alors que le consensus était de -56 millions. La perte ajustée par action s'est établie à 2,64$, plus lourde que prévu (consensus -2,06$).

Qualcomm (+1%). Le nouveau directeur général du géant américain des 'puces' estime que les sanctions contre Huawei pourraient aider à atténuer la pénurie mondiale. Biden entend pour sa part prendre des mesures agressives afin de résoudre ce problème.

Moody's (+1%), leader américain de la mesure du risque, a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal un bénéfice inférieur aux attentes, accompagné toutefois de revenus meilleurs que prévu et d'une solide guidance. Pour le trimestre clos, le bénéfice net est ressorti à 314 millions de dollars soit 1,66$ par titre, contre 359 millions de dollars un an avant. Hors éléments, le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 1,91$ (-5%), contre un consensus FactSet de 1,95$. Les revenus se sont améliorés de 4,6% à 1,29 milliard de dollars. MIS a dégagé des revenus de 735 millions, en hausse de 2%, alors que Moody's Analytics a progressé de 8% à 555 millions. Pour l'exercice 2021, Moody's envisage un bénéfice ajusté par action allant de 10,3 à 10,7$, contre 10,34$ de consensus FactSet. La croissance de l'activité est attendue voisine de 5%.

Newell Brands (-7%), l'acteur américain du marché des produits de consommation, connu pour ses marques Sharpie, Papermate ou Rubbermaid, a dépassé les attentes de profits sur le quatrième trimestre fiscal, mais offre dans le même temps une guidance prudente. Le bénéfice net trimestriel est ressorti à 127 millions de dollars et 30 cents par action, contre 794 millions un an avant. Le bénéfice ajusté a représenté 56 cents par titre, contre 48 cents de consensus FactSet. Les revenus ont augmenté de 2,5% à 2,69 milliards de dollars, contre 2,61 milliards de consensus. Le bénéfice ajusté par action 2021 est anticipé entre 1,55 et 1,65$, contre 1,70$ de consensus.

Dominion (stable), le groupe énergétique américain, a publié pour son quatrième trimestre fiscal un bénéfice net GAAP de 82 cents par titre, ainsi qu'un bpa opérationnel de 81 cents. Pour l'exercice, le bpa net est toutefois en pertes à hauteur de 57 cents par titre, alors que le bpa opérationnel ressort positif de 3,54$. Le groupe initie une guidance opérationnelle de bpa allant de 3,7$ à 4$ pour l'exercice 2021.

CureVac (+4%). L'Agence européenne du médicament a commencé l'examen des données en continu du candidat vaccin contre le covid de la firme biotechnologique allemande (cotée à Wall Street), afin d'en accélérer l'approbation.

Tesla (-2%). L'autorité fédérale du secteur automobile en Allemagne (KBA) demande le rappel de 12.300 véhicules Model X produits en 2015 et 2016, du fait de problèmes concernant les moulages de carrosseries.

PayPal (+3%) a mis les choses au clair, suite aux annonces d'autres firmes telles que Tesla. Le groupe n'a pas l'intention d'investir dans des cryptomonnaies telles que le Bitcoin. C'est du moins ce qu'affirme le directeur financier du groupe, interrogé par CNBC.

American Airlines, United Airlines et Southwest réagissent peu à Wall Street, alors que la Commission des services financiers de la Chambre US des représentants a inclus dans le plan de relance de 1.900 milliards de dollars de l'administration Biden un programme d'aide de 14 milliards destiné au financement des salaires pour les compagnies aériennes.

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