Cotation du 30/10/2020 à 22h18 Dow Jones Industrial -0,59% 26 501,60
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Wall Street : fin de semaine alourdie par les doutes sur la reprise

Wall Street : fin de semaine alourdie par les doutes sur la reprise
Wall Street : fin de semaine alourdie par les doutes sur la reprise
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après une tentative de rebond en début de séance, Wall Street s'est orienté vendredi en baisse pour la 3e séance consécutive, plombé par les valeurs technologiques, qui poursuivent leur correction. Le climat reste alourdi par les craintes sur l'évolution de la situation sanitaire, et les inquiétudes pour la reprise économique, qui montre des signes d'essoufflement. La nervosité est entretenue par la "Journée des 4 Sorcières", avec l'arrivée a échéance, ce vendredi soir, des contrats à terme et des options sur les actions et les indices américains.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones cède 1,18% à 27.571 points, tandis que l'indice large S&P 500 recule de 1,48% à 3.307 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et "biotechs", chute de 1,8% à 10.713 pts. Les trois indices américains s'orientent vers leur troisième semaine consécutive de baisse, plombés par la correction des valeurs technologiques après leur flambée de l'été.

Du côté de valeurs, les grandes "technos" piquent du nez, à l'instar d'Apple (-3,1%), Alphabet (-2,9%), Facebook (-0,8%), Amazon (-2,4%), Nvidia (-2,8%%) ou encore Microsoft (-2,2%). Dix des 11 indices sectoriels du S&P 500 évoluent dans le rouge, à l'exception des financières, qui progressent très légèrement (+0,3%).

La reprise perd de l'élan aux Etats-Unis...

Sur le plan macro-économique, la publication de l'indice des indicateurs avancés du Conference Board, très attendu par les marchés, est ressorti mitigé. Cet indice, utilisé par les économistes pour anticiper l'évolution de l'activité dans les trois à six prochains mois, a progressé de 1,2% en août, mais ce rythme de reprise a ralenti par rapport aux 2% affichés en juillet et aux 3% de juin... Il semble donc que le rebond plus vif qu'attendu de l'économie américaine observé cet été soit en train de s'essouffler à l'automne...

L'indice du Conference Board est calculé à partir de dix statistiques économiques, comprenant notamment les commandes dans l'industrie, les demandes hebdomadaires d'allocation chômage, l'évolution de l'indice S&P500, la confiance des ménages, ou encore l'écart de taux entre celui à dix ans et celui au jour le jour.

... Mais la confiance des consommateurs tient bon

Malgré les doutes sur la reprise, la confiance des consommateurs américains reste solide en septembre, selon le très suivi indicateur de l'Université du Michigan. Celui-ci s'est affiché à 78,9 points par rapport à 74,1 points en août. Le consensus tablait sur un chiffre inférieur à 76 pour cet indice, qui traduit la façon dont les consommateurs perçoivent leurs finances personnelles et leur situation actuelle.

Par ailleurs, la balance des comptes courants aux Etats-Unis pour le second trimestre 2020 est ressortie déficitaire de 170,5 milliards de dollars, contre -111,5 milliards de dollars pour la lecture révisée du trimestre antérieur. Le consensus était de 159 milliards de déficit sur le trimestre clos.

La Fed appelle l'exécutif à s'accorder sur un nouveau plan de relance

Mercredi, le président de la Réserve fédérale américaine Jerome Powell, avait mis en garde contre une excès d'optimisme sur la reprise économique, même si celle-ci a été "plus vite que ce qui était généralement prévu" pendant l'été. Toutefois, "le chemin devant nous demeure hautement incertain", a prévenu le patron de la Fed.

"Les perspectives économiques sont hautement incertaines et dépendront en grande partie de notre capacité à maîtriser le virus", a-t-il poursuivi. Il s'est toutefois gardé de dire que la Fed pourrait encore augmenter le montant de ses achats massifs d'actifs mis en place depuis le mois mars, ce qui a quelque peu déçu les investisseurs.

La Fed a maintenu comme prévu ses taux directeurs proches de zéro, mercredi, et s'est engagée à les conserver ainsi jusqu'à la fin 2023, en estimant que l'inflation ne devrait pas remonter jusqu'à son objectif de 2% avant cette date.

Le patron de la Fed en a profité pour renouveler son appel aux partis politiques pour qu'ils s'accordent sur un nouveau plan de soutien budgétaire à l'économie américaine dans le cadre de la lutte contre la Covid-19... La Maison Blanche et le Congrès sont toujours dans l'impasse concernant ce nouveau plan, alors que de nombreuses aides aux particuliers et aux entreprises, mises en place en mars dernier, ont désormais pris fin, ce qui pourrait peser sur le marché de l'emploi et freiner la reprise économique.

Le pétrole marque le pas, l'or repart en hausse

Le rebond du pétrole a pris fin vendredi, au lendemain d'une réunion du groupe Opep+ qui s'est engagé à prolonger de trois mois, de la fin septembre à la fin décembre, ses engagements en matière de réduction de production afin de soutenir les cours. Le baril de brut léger américain (WTI) cède vendredi 0,1% à 40,92% (contrat à terme d'octobre sur le Nymex), mais il a tout de même regagné près de 10% depuis le début de la semaine. Le Brent d'échéance novembre cède vendredi 0,6% à 43,03$.

L'or repart de l'avant après avoir corrigé de 1,1% la veille. Le contrat à terme de décembre sur le Comex regagne vendredi 0,85% à 1.966,40$ l'once.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar fléchit de 0,12% à 92,86 points jeudi soir, tandis que l'euro remonte de 0,1% à 1,1856$. Le rendement de l'obligation d'Etat américaine (T-Bond) à 10 ans est stable à 0,68%. Ce taux évoluait encore à 1,9% en début d'année, avant la crise du coronavirus qui a entraîné une brutale récession économique et des mesures d'exceptionnelles de la part de la Réserve fédérale qui a ramené ses taux directeurs proches de zéro.

Donald Trump veut un vaccin anti-Covid avant l'élection du 3 novembre

Sur le plan sanitaire, les investisseurs attendent toujours des percées décisives en vue de la mise au point d'un vaccin contre le coronavirus... En pleine campagne électorale, le président américain Doanld Trump a promis à ses électeurs qu'un vaccin serait disponible avant l'élection du 3 novembre... Une échéance qui paraît optimiste, voire irréalisable pour la plupart des experts américains.

En attendant, le bilan de la pandémie continue de gonfler : le nombre de cas confirmés dépasse désormais les 30 millions, à 30,2 millions selon l'Université Johns Hopkins, dont 6,68 millions aux Etats-Unis, 5,21 millions en Inde et 4,46 millions environ au Brésil. Le nombre de morts dans le monde s'élève à 946.963, dont 197.696 aux Etats-Unis, 134.935 au Brésil et 84.372 en Inde. Plusieurs pays, dont Israël ont annoncé ces derniers jours un reconfinement de tout ou partie de leur population face à la hausse du nombre de contaminations.

VALEURS A SUIVRE

Oracle (-0,7%). Le Chinois ByteDance, maison-mère du réseau social TikTok, envisagerait désormais une introduction en bourse de TikTok Global, société qui doit voir le jour aux Etats-Unis pour y gérer les activités de l'application. Cette éventuelle IPO serait conditionnée à l'approbation de sa proposition d'accord avec le Californien Oracle par Washington, a appris Reuters de sources bien renseignées.

ByteDance doit rapidement boucler un accord afin de rassurer la Maison blanche et de la convaincre de ne pas interdire TikTok aux Etats-Unis, comme Trump en a fait la menace. L'interdiction pourrait être mise à exécution dès la semaine prochaine. Le mois dernier, le président américain a ordonné à ByteDance de céder ces activités de TikTok aux USA du fait de craintes sur la sécurité des données personnelles des utilisateurs - au nombre de 100 millions aux Etats-Unis.

Trump demeure opposé à l'hypothèse que ByteDance reste majoritaire dans l'actionnariat de TikTok, ce qui est pourtant envisagé par l'accord entre le Chinois et Oracle. Selon Reuters, les Etats-Unis et ByteDance sont convenus d'une liste de conditions sur des aspects d'un accord, mais Trump n'a pas donné son aval. Les principaux investisseurs américains de ByteDance, Oracle et peut-être Walmart, détiendraient plus de 60% des opérations de TikTok aux Etats-Unis, d'après une source de l'agence au fait des négociations. La future société s'appellerait donc TikTok Global et serait composée majoritairement de directeurs américains.

Oracle... Le Département américain au Commerce a confirmé par ailleurs l'interdiction attendue des transactions commerciales avec les applications sociales WeChat... et TikTok, qui interviendrait dimanche.

Tesla (-2,7%) s'est retourné à la baisse, malgré deux notes de brokers, Wedbush et Piper Sandler, qui ont rehaussé leurs objectifs de cours à respectivement 475$ et 515$ sur la valeur du constructeur californien de voitures électriques. Le groupe d'Elon Musk tient par ailleurs son 'Battery Day' la semaine prochaine, ce qui pourrait engendrer quelques spéculations.

Apple (-3%), le géant californien de Cupertino, va ouvrir le 23 septembre sa première boutique en ligne en Inde, l'inauguration intervenant juste avant la période des principaux jours fériés du pays, période cruciale de l'année en termes de ventes pour le secteur de la distribution. Notons par ailleurs que l'Inde est désormais le second pays le plus touché par la pandémie derrière les USA avec 5,2 millions de cas.

Eastman Kodak (+7%) remonte fort en bourse suite au résultat d'une enquête indépendante montrant l'innocence de sa direction face à des accusations de délit d'initié. Hier, le titre avait flambé de 25,7%. Il prend encore 4% ce jour.

UPS (+0,6%), géant de la livraison, propose des packages de départ à ses employés sur fond de réduction des dépenses. Les départs seraient programmés en deux phases, fin 2020 puis mi-2021, croit savoir le Wall Street Journal.

Salesforce.com (-1,6%), nouveau membre de l'indice Dow Jones, perd du terrain. Son directeur général Marc Benioff a annoncé sur Twitter que le groupe allait créer 12.000 emplois l'année prochaine, dont 4.000 dans les six prochains mois. Salesforce avait rappelons-le dopé fin août ses prévisions financières, le groupe comptant parmi les 'bénéficiaires' des confinements et de la transition digitale.

Unity Software bondit de plus de 30% pour son premier jour de cotation, à plus de 68$.Cet éditeur de logiciels destinés au secteur du jeu vidéo a levé 1,3 milliard de dollars à l'occasion de cette introduction en Bourse. Le prix d'introduction a été fixé à 52$, au-dessus du haut de la fourchette indicative (44$ à 48$), qui avait déjà été revue en hausse.

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