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Wall Street fébrile, la baisse des taux n'est pas assurée

Wall Street fébrile, la baisse des taux n'est pas assurée
Wall Street fébrile, la baisse des taux n'est pas assurée
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street fléchit avant bourse, DJIA, S&P500 et Nasdaq étant solidairement attendus en repli de 0,2%, alors que débute ce jour la réunion monétaire de la Fed. La probabilité d'un statu quo n'est plus exclue demain, et représente même une probabilité non négligeable de plus d'un tiers selon FedWatch ! Voilà qui ne devrait donc pas calmer Donald Trump à l'approche du verdict.

Les opérateurs suivront par ailleurs ce jour à Wall Street les chiffres de la production industrielle du mois d'août 2019 (15h15 - consensus +0,2% en comparaison du mois antérieur, +0,1% pour la production manufacturière et 77,6% pour l'utilisation des capacités), ainsi que l'indice du marché immobilier de la NAHB - National Association of Home Builders pour le mois de septembre (16h - consensus 66).

Trump a une fois encore taclé la Fed hier lundi sur Twitter, avant la décision monétaire de la Banque centrale américaine. "Les prix à la production en Chine ont reculé de la manière la plus importante en trois ans du fait de la grande dévaluation de la monnaie chinoise, accompagnée d'un stimulus monétaire. La Réserve Fédérale ne regarde pas? Est-ce que la Fed va un jour entrer dans le jeu? Le Dollar est plus fort que JAMAIS! Vraiment mauvais pour les exportations. Pas d'inflation... Les Taux d'Intérêt les plus Élevés. Les Etats-Unis, à cause de la Réserve Fédérale, payent un Taux d'Intérêt BIEN PLUS élevé que les autres pays concurrents. Ils ne peuvent pas savoir à quel point ils sont chanceux que Jay Powell & la Fed n'y comprennent rien. Et maintenant, en plus de tout cela, le coup du Pétrole. Grosse Chute des Taux d'Intérêt. Stimulus!", réclame donc Trump, qui avait précédemment traité de "crétins" les banquiers centraux américains.

Sur Twitter mercredi, Trump s'était déjà défoulé de bon coeur sur la Fed. "La Réserve Fédérale devrait ramener nos taux d'intérêt à ZÉRO ou moins, et nous devrions ensuite commencer à refinancer notre dette. LES DÉPENSES D'INTÉRÊT POURRAIENT ÊTRE LARGEMENT RÉDUITES, tout en en allongeant dans le même temps l'échéance de manière substantielle. Nous avons la meilleure devise, la puissance et le bilan financier. Les USA devraient toujours payer le taux le plus bas. Pas d'inflation! C'est simplement la naïveté de Jay Powell et de la Réserve Fédérale qui ne nous permet pas de faire ce que d'autres pays font déjà. L'opportunité d'une vie que nous ratons à cause de 'crétins'", avait tempêté Trump, qui ne réclamait jusqu'à présent qu'une baisse des taux... d'un point entier et une reprise du QE.

Selon l'outil FedWatch du CME Group ce mardi, la probabilité d'une baisse des taux d'un quart de point le 18 septembre, à l'issue de la réunion monétaire de la Fed, se situe actuellement à 65,8% (taux réduit dans une fourchette de 1,75-2%), alors que la probabilité d'un statu quo ressort à 34,2%. Les chances d'un statu quo sont grandement remontées ces derniers jours, malgré les incertitudes économiques et géopolitiques grandissantes.

Du côté des matières premières ce jour, les cours du brut consolident leur énorme rebond de la veille. Le brut WTI et le Brent reperdent donc 1,3%. Les marchés pétroliers ont bondi lundi, après les attaques de drones contre deux installations pétrolières-clés en Arabie saoudite, perpétrées samedi. Ces attaques, revendiquées par les rebelles chiites Houthis du Yémen, allié de l'Iran, ont entraîné la chute de moitié de la production pétrolière de l'Arabie saoudite, amputant la production mondiale de 5,7 millions de barils par jour, soit environ 5,7%... En réaction, le cours du brut léger américain WTI a flambé lundi de 14,7% à 62,9$ le baril (contrat d'octobre) sur le Nymex, tandis que le Brent de la mer du Nord bondissait de 14,1% à 68,7$ (contrat de novembre) au moment de la clôture du Nymex. Les cours ont retrouvé leurs niveaux du mois de mai dernier, avant leur dégringolade liée à la crainte d'une faiblesse de la demande mondiale sur fond de guerre commerciale.

Aramco fera le point ce jour concernant la restauration de la production et des exports. Selon des sources proches de Riyad, les réparations pourraient durer plusieurs semaines, ce qui risque de perturber les livraisons pétrolières mondiales et de faire grimper les prix des carburants à la pompe. En attendant, les stocks pétroliers mondiaux sont suffisamment fournis pour éviter une pénurie, selon les experts. Aux Etats-Unis notamment, le président Donald Trump a immédiatement autorisé les autorités à puiser dans les réserves pétrolières stratégiques américaines, qui s'élèvent à 416,1 millions de barils. Selon les données du cabinet JODI, citées dans une note publiée lundi par Morgan Stanley, l'Arabie saoudite elle-même dispose d'environ 188 millions de barils de pétrole en réserve, ce qui au rythme de 5,7 millions de barils par jour couvre environ 33 jours", la consommation mondiale totale de pétrole s'élevant à environ 100 millions de barils par jour. "De plus, Aramco avait la capacité d'augmenter sa production pétrolière d'environ 2 millions de barils par jour avant les attaques, et une partie pourrait très bien encore être intacte", ajoutent les analystes de Morgan Stanley.

Les observateurs redoutent cependant une escalade des tensions politiques, voire un conflit militaire dans la région, qui pourrait gravement nuire à l'approvisionnement mondial. Or, si les cours du pétrole flambaient durablement, cela contribuerait à aggraver le ralentissement économique mondial. Etats-Unis et Arabie saoudite accusent l'Iran d'avoir commandité l'attaque coordonnée de drones, revendiquée par les chiites Houthis du Yémen, alliés de l'Iran. Le porte-parole de la coalition américano-saoudienne dans la guerre au Yémen, a ainsi affirmé lundi soir que les drones utilisés ont été fabriqués en Iran. Le colonel saoudien Turki al-Maliki a indiqué que "l'enquête se poursuit et toutes les indications montrent que les armes utilisées sont iraniennes". Le ministre américain de la Défense Mark Esper s'est lui aussi montré menaçant, lundi soir, en affirmant que les Etats-Unis vont "défendre l'ordre international", qui est "sapé par l'Iran" après "l'attaque sans précédent" contre des installations pétrolières en Arabie saoudite. Auparavant, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo avait déjà estimé qu'il n'y avait aucune preuve que cette "attaque sans précédent contre l'approvisionnement énergétique mondial" soit venue du Yémen, Washington accusant l'Iran d'en être à l'origine... Téhéran a jugé ces accusations "insensées" et "incompréhensibles".

Les valeurs

Dans l'actualité des entreprises ce jour à Wall Street, le fournisseur de logiciels Adobe et le géant des services de transport et fret FedEx publieront leurs comptes après la clôture des marchés ce soir. Chewy, groupe de e-commerce actif dans la vente en ligne de produits alimentaires pour animaux domestiques, annoncera également après la clôture ses derniers chiffres.

Corning corrige avant bourse à Wall Street, le groupe ayant réduit hier soir ses prévisions de revenus. La firme américaine spécialisée dans la fabrication de verre et de céramique table maintenant sur une baisse de plus de 10% sur le seul secteur des télécommunications optiques. Un repli de moins de 5% était auparavant envisagé.

Boeing a rehaussé ce jour son estimation relative à la demande d'avions en Chine pour les vingt prochaines années. 8.090 unités sont maintenant attendues sur la période !

Apple. La procédure d'appel est en cours, concernant la condamnation antérieure de la firme californienne de Cupertino à payer 13 milliards d'euros d'arriérés d'impôts à l'Irlande. Les avocats du groupe à la pomme, cités par Reuters, ont estimé lors d'une audience au Tribunal de l'Union européenne que cette condamnation "défiait la réalité et le bon sens".

The We Company, propriétaire de WeWork, a reporté son introduction en bourse à Wall Street, alors qu'il préparait cette IPO pour ce mois. La réponse timorée des investisseurs explique ce revirement. La startup américaine de mise à disposition de locaux et de services de coworking devait débuter ses roadshows cette semaine.

Le Japonais Softbank, qui avait accepté un investissement de plus de 10 Mds$ dans The We Company sur une valorisation bien plus élevée que celle que les marchés semblent prêts à accorder, grince des dents. Bloomberg fait état d'une valorisation potentielle de 15 Mds$ pour l'ensemble lorsque le deal sera mené à bien.

Anheuser-Busch InBev, le colosse brassicole belgo-brésilien, devrait en revanche relancer le processus d'introduction en bourse de ses opérations asiatiques. D'après le bien renseigné Wall Street Journal, cette opération potentielle, qui aurait le mérite de supprimer un foyer de dette, pourrait permettre de lever jusqu'à 4,84 milliards de dollars (pour une valorisation de près de 51 Mds$).

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