Cotation du 12/08/2020 à 19h42 Dow Jones Industrial +0,83% 27 915,52
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Wall Street : espoirs de traitement en soutien

Wall Street : espoirs de traitement en soutien
Wall Street : espoirs de traitement en soutien
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street résiste encore à la pression sanitaire ce vendredi soir sur des informations encourageantes concernant un traitement potentiel de Gilead Sciences contre le coronavirus... Selon le laboratoire américain, son antiviral expérimental 'remdesivir' montrerait une "amélioration significative" de l'état de santé de patients atteints du Covid-19. Aidé par cette annonce, l'indice Dow Jones avance actuellement de 0,73% à 25.895 points, tandis que l'indice large S&P 500 prend 0,40% à 3.165 pts. Le Nasdaq Composite, qui évolue sur ses plus hauts historiques, reste stable à 10.546 pts.

Malgré ces espoirs, les signes de recrudescence des cas de contamination dans certains Etats du Sud et de l'Ouest des Etats-Unis sont tels que certains observateurs n'imaginent clairement plus possible une reprise en 'V'. Et ce alors que la saison des trimestriels vient tout juste de débuter... Les sociétés du S&P 500 devraient afficher la plus forte baisse de leurs bénéfices depuis la crise financière de 2008, selon les données IBES de Refinitiv.
Le coronavirus a désormais fait plus de 133.200 morts aux Etats-Unis pour plus de 3,11 millions de cas, selon le décompte de l'Université américaine Johns Hopkins, qui fait référence.

ECO ET DEVISES

Sur le front macroéconomique, l'indice américain des prix à la production a reculé de 0,2% en juin, contre +0,4% de consensus de place et +0,4% rapporté un mois avant. Hors alimentaire et énergie, l'indice PPI affiche une baisse de 0,3% par rapport au mois de mai, contre un consensus positionné à +0,1%. En glissement annuel, l'indice recule de 0,8% (+0,1% hors alimentaire et énergie).

Le baril de pétrole, qui reculait de plus de 2% ce matin, affiche une progression d'environ 1%, tant pour le WTI que pour le Brent. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a revu à la hausse ses prévisions de demande de brut pour 2020, à 92,1 millions de barils par jour (+400.000 bpj) mais a averti que la propagation de la pandémie de COVID-19 présentait un risque pour les perspectives. "Alors que le marché du pétrole a sans aucun doute fait des progrès ... le nombre important, et dans certains pays, l'accélération des cas de COVID-19 est un rappel inquiétant que la pandémie n'est pas sous contrôle et que le risque pour nos perspectives de marché est presque certainement baissier".
Sur les devises, l'euro campe sur les 1,13/$ entre banques.

LES VALEURS

* Carnival grimpe de 9% à 16$ après le point sur son activité. Le croisiériste continue à réduire ses coûts et ses capacités via la vente de navires alors que les réservations pour 2021 sont bien orientées. Le groupe, qui anticipe une perte nette et ajustée au second semestre, s'attend à brûler environ 650 M$ par mois sur la période. Sur les trois mois clos fin mai, la firme basée à Miami a réalisé des revenus légèrement meilleurs qu'anticipé alors que son déficit ajusté par action s'est révélé moins important qu'estimé par les analystes.

* Netflix n'en finit plus de battre des records à Wall Street, en hausse de 6% ce vendredi à 536$. Parmi les derniers avis de brokers, Goldman Sachs vise désormais un cours de 670$, contre 540$ auparavant, alors que les résultats du groupe, attendus dans une semaine, le vendredi 17 juillet, ressortiront sans doute nettement au-dessus des attentes de la place...
Rappelons que la plateforme avait profité du confinement pour recruter 16 millions de nouveaux abonnés dans le monde au 1er trimestre 2020, un record ici aussi ! Avec exactement 15,77 millions de nouveaux abonnés payants accumulés en 3 mois, Netflix avait largement dépassé ses propres prévisions (+7 millions d'abonnés) et ceux des analystes qui tablaient sur 8,2 millions d'abonnés en plus... Le précédent record datait du 1er trimestre 2019, avec 9,6 millions de nouveaux abonnés.
L'action Netflix a gagné 60% depuis le début de l'année, profitant de l'effet coronavirus, qui a incité les téléspectateurs confinés à s'abonner largement aux services du groupe...
Dans les comptes, le bénéfice net du groupe a atteint 709 millions de dollars au 1er trimestre (1,57$ par action), multiplié par plus de 2 par rapport aux 344 M$ (0,76$ par action) affichés un an plus tôt. Les ventes ont grimpé à 5,77 milliards de dollars, contre 4,52 Mds$ au 1er trimestre 2019 (+27,6%).
Le consensus des analystes établi par le cabinet FactSet attendait un bénéfice par action un peu supérieur, de 1,64$, et des revenus de 5,75 Mds$.

Malgré le bond spectaculaire des nouveaux abonnés, certains analystes s'interrogent sur la capacité de Netflix à continuer à satisfaire ses abonnés par de nouveaux contenus (séries, films, documentaires) dans un environnement difficile et très concurrentiel (Amazon Prime Video, Apple TV+ et Disney+ notamment), d'autant que de nombreux tournages ont été retardés par la pandémie internationale, même si les autres activités post-tournage (effets spéciaux...) et la post-production ont pu se poursuivre en télétravail...

* Gilead Sciences avance de 2% après la publication de nouvelles données montrant l'efficacité du remdesivir, un antiviral expérimental, contre le COVID-19. La firme américaine indique que les données de l'étude de phase III montrent une réduction de 62% des taux de mortalité des patients atteints du Covid-19 soignés avec le remdesivir comparée aux soins standards. Plus tôt ce vendredi, les autorités sanitaires australiennes ont approuvé l'utilisation du remdesivir comme première option de traitement pour les patients souffrant des formes les plus graves du coronavirus.

* Boeing (+1,4%). Emirates ne croit pas que le 777X de Boeing volera l'an prochain, comme prévu jusqu'ici. Le principal client du nouvel appareil du géant américain ne s'attend pas à recevoir d'avions avant 2022. Les livraisons du gros-porteur, qui a volé pour la première fois en janvier, seront probablement retardées par l'arrêt des usines de Boeing au plus fort de la pandémie de coronavirus, ainsi que par un long processus de certification, a déclaré à 'Bloomberg', Adel Al Redha, le directeur de l'exploitation d'Emirates.
Boeing envisagerait lui-même de retarder l'introduction du 777X, selon les sources de l'agence. Outre la crise, l'avion fait également l'objet d'une surveillance accrue de la part de l'administration fédérale américaine de l'aviation et d'autres organismes de réglementation suite aux deux crashs du 737 MAX. "Je ne pense pas qu'ils seront en mesure de livrer l'avion en 2021", a déclaré Al Redha. "Nous allons nous engager avec Boeing pour obtenir plus de visibilité. Je pense que 2022 est une hypothèse plus sûre à retenir". "Nous continuons à exécuter notre solide programme d'essais pour le 777-9, qui a commencé ses essais en vol en janvier", a réagi Boeing dans un communiqué. "Nous restons satisfaits des progrès que nous faisons et de l'avion".
Le transporteur du Golfe étudie par ailleurs la possibilité d'échanger une partie de ses 115 777X en commande (plus d'un tiers du carnet de commandes total de l'appareil) contre des 787 Dreamliner plus petits, qui pourraient être mieux adaptés à la demande future. "Nous allons discuter avec Boeing à ce sujet, et nous regardons ce que nous pouvons faire avec le 787", a déclaré Al Redha. "Nous sommes dans une discussion fluide et en plein réexamen de ce genre de choses. Il faut réexaminer, repenser, renégocier".

* Uber Technologies (-0,6%), alors que le groupe a confirmé avoir conclu un accord pour acquérir l'application de livraison de nourriture Postmates Inc pour 2,65 milliards de dollars. L'opération sera soumise à l'approbation des autorités de tutelle et permettra à Uber de contrôler environ 30% du marché américain de la livraison de denrées alimentaires, en deuxième position derrière DoorDash, qui détient 45% du gâteau... L'opération se fera entièrement en actions. Uber offre ici aux actionnaires une prime d'environ 10% sur la dernière valorisation de Postmates qui s'élevait à 2,4 Milliards de dollars. Selon le DG d'Uber, Dara Khosrowshahi, cette acquisition permettra à Uber Eats de livrer non seulement des repas, mais aussi des produits d'épicerie, de soins personnels ou encore des articles de mode. Uber s'attend à que l'accord permette à sa division Uber Eats de devenir rentable, grâce notamment des synergies d'économies de coûts de quelque 200 M$ sur 2 ans.
Selon de précédents échos, Uber avait par le passé tenté une offre pour la reprise de GrubHub, autre service de livraison à la demande, un peu plus tôt dans l'année, mais le "deal" avait échoué... Un revers qui aurait incité Uber à se rapprocher de Postmates.

* Amazon est stable à 3.180$ ce vendredi, alors que le broker Citigroup a relevé son cours cible à 3.550$, contre 2.700$ auparavant. Le groupe avait vu ses revenus bondir au 1er trimestre 2020 grâce à la crise du Covid-19 qui a "boosté" le commerce en ligne. Les bénéfices avaient en revanche reculé de 30% sur la période, et le groupe a prévenu qu'il devrait même tomber dans le rouge au 2e trimestre, en raison de la rapide hausse de ses coûts liée à la pandémie.
Pas de quoi décourager Wall Street où le titre gagne... 72% depuis le début de l'année, soutenu par l'envolée du commerce en ligne, de la vidéo en streaming ou encore du 'cloud computing', aidé par l'effet confinement et la ruée sur le télétravail !

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