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Wall Street : encore un peu de vert, avant la Fed

Wall Street : encore un peu de vert, avant la Fed
Wall Street : encore un peu de vert, avant la Fed
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après les nouveaux sommets inscrits hier par le Nasdaq, la cote américaine demeure plutôt bien orientée ce mercredi soir à trois heures de la clôture. Les opérateurs se montrent donc confiants avant le verdict de la Fed ce soir. Sauf surprise, la Réserve Fédérale devrait annoncer une nouvelle hausse de son taux directeurs. Les investisseurs prendront par ailleurs connaissance des nouvelles prévisions économiques de la Fed et suivront avec attention la conférence de Jerome Powell. Le DJIA grappille 0,04% à 25.332 pts, le Nasdaq monte de 0,36% à 7.731 pts et le S&P500 progresse de 0,12% à 2.790 pts.

La réunion monétaire de la Fed se tient depuis hier aux Etats-Unis. Le communiqué monétaire (FOMC) de la Banque centrale américaine sera publié à 20 heures ce soir. Les prévisions économiques de la Fed seront dévoilées à la même heure. Jerome Powell, nouvel homme fort de la Banque, livrera ses remarques à 20h30 à l'occasion d'une conférence de presse. Une hausse des taux d'un quart de point, la seconde de l'année, est pressentie ce soir (probabilité de 96,3% selon l'outil FedWatch du CME Group, contre 3,7% de probabilité pour un statu quo). Le taux des fonds fédéraux serait alors porté entre 1,75 et 2%.

L'indicateur des prix américains à la production pour le mois de mai 2018 est ressorti en vive progression de 0,5% en comparaison du mois antérieur, contre +0,3% de consensus de place et +0,1% pour le mois antérieur. Hors alimentaire et énergie cette fois, le 'PPI' s'est affiché en hausse de 0,3% par rapport au mois précédent, contre +0,2% de consensus et +0,2% en avril 2018. Enfin, hors alimentaire, énergie et services commerciaux, le PPI ne ressort toutefois plus qu'en augmentation de 0,1%. En comparaison du mois de mai 2017, le PPI grimpe de 3,1% (+2,4% hors alimentaire et énergie).

L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois de juin, qui mesure les prévisions d'inflation à un an du point de vue des entreprises, est ressorti à +2,1%, contre +2% pour la lecture antérieure.

Le rapport hebdomadaire du Département américain à l'énergie concernant les stocks pétroliers domestiques, pour la semaine close au 8 juin, fait ressortir quant à lui un recul de 4,1 millions de barils sur les stocks de brut (consensus -1,4 million de barils pour ces stocks hors réserve stratégique), une baisse de 2,3 millions de barils pour l'essence et un déclin de 2,1 MB sur les stocks de produits distillés.

LES VALEURS

AT&T (-5%). La fin du suspense a sonné pour la mégafusion entre le géant américain des télécoms, AT&T, et celui des médias, Time Warner (+3%) ! Vingt mois après l'annonce du rapprochement, un juge fédéral a annoncé mardi, après la clôture de la Bourse de New York, qu'il autorisait, sans conditions, cette opération de 85 milliards de dollars ! AT&T s'est félicité dans un communiqué de la décision de justice et a fait savoir qu'il comptait boucler la fusion d'ici au 20 juin. Le juge avait plusieurs options dans cette affaire: bloquer la fusion comme le demandait le département de la justice, l'autoriser sans conditions ou encore l'autoriser avec des conditions (cessions exigées...) Il a donc choisi l'option la plus favorable aux entreprises concernées, en prenant le contre pied du gouvernement et de Donald Trump, qui s'étaient opposés à l"opération...

AT&T, le premier câblo-opérateur américain et le deuxième opérateur mobile, avait lancé en octobre 2016 une offre de rachat de plus de 85 Mds$ sur Time Warner, propriétaire notamment de la chaîne 'HBO', des studios de cinéma Warner ou encore de la chaîne d'informations 'CNN'. L'objectif affiché de cette opération défensive est de contrer l'ascension rapide des nouveaux médias en streaming (Netflix, Google, Amazon...), qui laminent les marges des acteurs traditionnels de la TV par câble. Pendant sa campagne électorale, Donald Trump avait attaqué l'opération, en affirmant qu'elle n'était "pas bonne pour le pays". Le président avait estimé qu'une telle fusion réduirait la concurrence et conduirait à une hausse des prix pour les consommateurs. Ces arguments ont été repris par le département de Justice (DoJ) qui, fin 2017, a saisi un tribunal fédéral pour tenter de bloquer l'opération, la jugeant anti-concurrentielle. La décision que vient de prendre le juge fédéral en faveur de la fusion devrait avoir des répercussions sur l'avenir d'autres rapprochements en cours (Fox et Disney notamment) et pourrait influencer la politique antitrust aux Etats-Unis.

Tesla (stable) reprend son souffle. Le titre avait poursuivi son rebond hier soir, clôturant sur un gain de 3,2% à 343$ et se rapprochant même de ses sommets historiques. Le titre, qui avait pris pratiquement 10% mercredi dernier après l'assemblée générale du groupe, puis 4,6% avant-hier avec les plans de mise à jour software dans la conduite autonome, prenait encore de la hauteur hier. Elon Musk a fait savoir que le constructeur de voitures électriques allait supprimer environ 9% de ses effectifs pour les ramener à 37.000. Ces coupes "difficiles mais nécessaires" permettront d'améliorer la rentabilité sans pour autant mettre en danger la montée en puissance de la production du Model 3, a assuré Musk. Le courriel de Musk à ses employés ayant filtré hier, ce dernier l'a publié aussitôt sur le réseau social Twitter afin de rendre l'information transparente. "Comme précédemment annoncé, nous conduisons une restructuration organisationnelle complète sur l'ensemble de la compagnie. Tesla a grandi et évolué rapidement durant les dernières années, ce qui s'est traduit par des doublons sur certains postes et fonctions qui, alors qu'ils faisaient sens par le passé, sont aujourd'hui difficilement justifiables", a ainsi expliqué le dirigeant.

"Dans le cadre de cet effort, et compte tenu du besoin de réduire les coûts et de devenir rentable, nous avons pris la décision difficile de nous séparer d'environ 9% de nos collègues à l'échelle de la compagnie", ajoute Musk, selon lequel ces coupes n'affecteraient donc pas la capacité du groupe à atteindre ses objectifs de production sur le Model 3 dans les prochains mois. "Tesla n'ayant jamais fait de bénéfice annuel dans ses - près de - 15 ans d'existence, le profit n'est évidemment pas ce qui nous motive. Ce qui nous fait avancer est notre mission, qui consiste à accélérer la transition mondiale vers une énergie durable et propre, mais nous ne réaliserons jamais cette mission à moins de démontrer que nous pouvons être durablement rentables", résume Elon Musk. Le bond du titre hier s'expliquait sans doute également par une note de KeyBanc, qui voit des preuves d'une montée en puissance significative des volumes sur le Model 3...

Johnson & Johnson (+1%) vient d'accepter l'offre de la firme d'investissements Platinum Equity, annoncée le 16 mars dernier, relative à la vente de son activité LifeScan pour 2,1 Milliards de dollars. LifeScan, acteur sur le marché de l'auto-surveillance glycémique (contrôle du diabète), fabrique les produits de la marque OneTouch. La période d'acceptation de l'offre devait s'achever le 15 juin 2018. L'opération devrait être finalisée d'ici à la fin de l'année 2018.

H&R Block (-19%) a publié hier soir ses résultats du quatrième trimestre fiscal. Les bénéfices sont ressortis à 1,14 Md$ (5,42$ par action), contre 783 M$ (3,75$ par action) un an avant. Les revenus s'élèvent à 2,39 Mds$, contre 2,33 Mds$ un an plus tôt. Sur l'exercice, les revenus s'affichent à 3,16 Mds$ et le résultat net ressort à 613,1 M$ (2,91$ par action). Le titre s'effondre toutefois à Wall Street ce jour, le leader des services de préparation fiscale ayant délivré une guidance de marge d'Ebitda assez décevante pour 2019.

Stryker grimpe de 4%, alors que Boston Scientific chute de 6%. Le concepteur américain d'équipements médicaux Stryker vient en effet de démentir les rumeurs d'OPA sur son compatriote Boston Scientific. Le 'Wall Street Journal' affirmait pourtant lundi que Stryker avait fait une proposition dans ce sens à Boston Scientific, opération qui aurait pu créer un rival crédible face à Medtronic, qui pèse près de 120 Mds$.

Netflix grimpe de 2%, alors que Goldman Sachs, toujours à l'achat sur le dossier, a rehaussé, de 390 à 490$, son objectif de cours.

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