Cotation du 18/05/2022 à 22h56 Dow Jones Industrial -3,57% 31 490,07
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Wall Street : encore du rouge après l'emploi

Wall Street : encore du rouge après l'emploi
Wall Street : encore du rouge après l'emploi
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le léger rebond en pré-séance aura fait long feu à Wall Street. Les trois grands indices se replient à nouveau malgré un rapport mensuel de l'emploi plutôt positif, mais loin d'être parfait. Le Dow Jones recule de 0,57% à 32.811 points, après une baisse marquée de 3,1% jeudi, tandis que l'indice large S&P 500 perd 0,56% à 4.124 pts. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, abandonne 0,65% à 12.238 pts, après avoir chuté de 5% jeudi, sa pire séance depuis juin 2020.

Selon le Département américain au Travail, les créations de postes non-agricoles du mois d'avril sont ressorties au nombre de 428.000, contre un consensus de 380.000. Le taux de chômage est néanmoins resté stable à 3,6%, contre 3,5% anticipé. Les créations de postes des deux mois précédents ont par ailleurs été revues en légère baisse. Les créations de postes dans le privé ont atteint 406.000 en avril, contre 385.000 attendus. L'emploi manufacturier a de son côté généré 55.000 postes. Autre bonne surprise, le salaire horaire moyen a augmenté de 0,3% sur un mois, contre +0,4% attendu et +0,5% un mois plus tôt. Il affiche une hausse de 5,5% en glissement annuel après une augmentation de 5,6% en mars, en ligne avec les attentes. Plus négatif, le taux de participation à la force de travail a reculé de 0,2 point par rapport à mars, à 62,2%.

Si les investisseurs avaient, dans un premier temps, été rassurés mercredi par les déclarations du président de la Fed, Jerome Powell, écartant la perspective de futures hausses de taux de 75 points de base, les inquiétudes sont rapidement revenues hanter les salles de marché jeudi : comment la Banque centrale américaine va-t-elle parvenir à juguler l'inflation galopante sans mettre à mal la croissance de l'économie, déjà fragilisée par la guerre en Ukraine et les restrictions sanitaires en Chine. Confrontée au même environnement, la Banque d'Angleterre, qui doit en plus faire face aux conséquences du Brexit, a admis hier que l'économie britannique devrait se contracter en 2023, ce qui ne l'empêchera pas de continuer à remonter ses taux...

Dans ce contexte de forte aversion au risque, l'indice VIX de la volatilité, surnommé "l'indice de la peur", a fortement rebondi hier et prend encore plus de 8% autour de 33,9 pts, très au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours (21).

Sur les marchés obligataires, les rendements grimpent encore. Le taux du T-Bond à 10 ans progresse de 5,6 points de base à 3,093%, au plus haut niveau depuis décembre 2018. Le taux du T-Bond à 2 ans, plus sensible à la politique monétaire, recule en revanche de 2,2 pb à 2,68%.

Le billet vert souffle un peu mais reste proche de ses plus hauts niveaux depuis 20 ans face à un panier de devises de référence. L'indice du dollar cède actuellement 0,25% à 103,5 points. De son côté, l'euro remonte de 0,2% à 1,056$.

L'or remonte de 0,4% à 1.885$ l'once pour le contrat à terme de juin sur le Comex. Du côté des cryptos, le bitcoin chute de 6,5% sur 24h, autour de 35.855$ sur Coindesk.

Enfin, les cours pétroliers gagnent encore du terrain, les préoccupations concernant l'offre avec un éventuel embargo européen sur les importations russes l'emportant pour le moment sur les incertitudes liées à la croissance économique mondiale. Le baril de brut léger américain WTI (contrat à terme de juin) avance de 1,2% à 109,5$ sur le Nymex, tandis que le Brent de la mer du Nord grimpe de 1,1% à 112,2$ pour le contrat de juillet.

VALEURS A SUIVRE

* Conocophillips (+3%) a publié jeudi soir un bénéfice trimestriel multiplié par cinq et supérieur aux attentes de Wall Street dans un contexte de flambée des prix de l'énergie.

* Tesla (+0,7%) souhaite un retour à la normale au plus vite en Chine. Le constructeur automobile compterait ainsi mettre en place deux équipes de travail dans son usine de Shanghaï à compter du 16 mai, selon une note interne consultée par Reuters. Un changement qui lui permettrait de ramener sa production au niveau d'avant le confinement de la ville. Selon les calculs de l'agence, ce rythme de travail permettrait en effet au groupe américain de porter sa production hebdomadaire locale à 16.900 véhicules.

L'usine, qui fabrique les Model 3 et Model Y de Tesla, a rouvert le 19 avril après une fermeture de 22 jours, la plus longue depuis l'ouverture du site fin 2019. La perturbation de l'usine de Tesla à Shanghai a été l'une des conséquences les plus médiatisées des mesures prises par la Chine pour contrôler la plus grande vague de Covid-19 dans le pays, qui ont également pesé sur la consommation locale.

* Twitter (-1%). Elon Musk devrait devenir le directeur général par intérim de Twitter après la finalisation du rachat du réseau social pour 44 milliards de dollars.

* Under Armour perd un quart de sa capitalisation, plombé par des résultats décevants. Le fabricant de vêtements de sport a essuyé une perte ajustée par action de 1 cent au premier trimestre, contre un bpa de 6 cents attendu par le marché. Under Armour a également publié des perspectives plus faibles que prévu, impacté par la hausse des coûts et des perturbations de la chaîne d'approvisionnement.

* Shopify chute de 10%. Le groupe a publié une lourde perte de 1,5 milliard de dollars américains au premier trimestre contre un profit de 1,3 Md$ un an plus tôt, ainsi que des ventes décevantes. Le titre a désormais perdu environ les deux-tiers de sa valeur depuis le début de l'année. Sur une base ajustée, Shopify a réalisé un bénéfice de 20 cents US par action, par rapport à 2,01$ au premier trimestre 2021, et alors que les analystes tablaient sur un bénéfice par action de 68 cents. Les revenus du 1er trimestre ont totalisé 1,2 Md$ (en hausse de 22% sur un an), mais le consensus était logé un peu plus haut, à 1,25 Md$, selon Refinitiv.

Shopify fournit aux particuliers et aux entreprises une place de marché pour créer et animer leur propre magasin en ligne, qui sont hébergés en échange d'une redevance mensuelle. Ces services, très demandés pendant la crise du coronavirus, ont nettement ralenti depuis que la situation sanitaire s'est améliorée. Les marchés n'ont pas non plus été convaincus par l'annonce, jeudi, du rachat pour 2,1 Mds$ en numéraire et en actions de la plateforme logistique américaine Deliverr, qui livre plus d'un million de colis par mois. Shopify, qui a investi des milliards de dollars dans la construction d'entrepôts, espère avec cette acquisition coûteuse réaliser son projet de livrer en 48 heures, dans l'espoir de surpasser ses concurrents, au premier rang desquels se situe le géant Amazon.

* Peloton Interactive trébuche de 10% alors que le fabricant d'équipements sportifs étudierait la cession de 15% à 20% de son capital afin de renforcer ses finances. Selon le Wall Street Journal et 'Bloomberg', qui citent des sources proches du dossier, la firme new-yorkaise a déjà contacté des investisseurs potentiels. L'espoir serait de trouver une grande entreprise ou une société de capital-investissement qui puisse aider le groupe à développer son activité. Grand bénéficiaire de la crise sanitaire lorsque les gens étaient coincés chez eux, Peloton peine à maintenir son élan.

Le groupe a évincé son DG et d'autres hauts dirigeants en février, mais l'action continue de baisser. John Foley, co-fondateur de Peloton et démis de ses fonctions lors du récent remaniement, reste président exécutif et fait partie d'un groupe qui contrôle l'entreprise avec des actions à droit de vote élevé. Une situation qui limite le pouvoir d'importants actionnaires et qui risque de refroidir certains investisseurs.

* Virgin Galactic (-10%) a repoussé le lancement commercial de son service de vols spatiaux au premier trimestre 2023 en raison de problèmes de main d'oeuvre et d'approvisionnements. Le groupe a par ailleurs accusé une perte nette de 93,1 millions de dollars sur le trimestre clos en mars contre une perte de 129,7 M$ il y a un an.

* Nike abandonne 5% dans le sillage d'Adidas, qui a revu à la baisse vendredi ses prévisions pour cette année en raison du confinement en Chine. La publication sans relier d'Under Armour pèse également.

* Air Lease (-3,9%). La société américaine spécialisée dans la location d'avions a fait état jeudi d'une forte demande pour les appareils moyen-courriers de Boeing et d'Airbus sur fond de reprise des voyages mais elle a mis en garde contre d'éventuels problèmes de production en raison des tensions sur les chaînes mondiales d'approvisionnement.

* American Airlines (-3,1%), Carnival, Marriott International seront à suivre. Plusieurs compagnies aériennes et groupes spécialisés dans le voyage et le tourisme ont exhorté jeudi la Maison blanche à mettre fin aux tests de dépistage du COVID-19 exigés pour les voyageurs étrangers vaccinés se rendant aux Etats-Unis.

* Shake Shack (-2,5%). Si la chaîne de restauration rapide a dévoilé des comptes supérieurs aux attentes au premier trimestre, ses prévisions ont déçu. Confrontée à la hausse des coûts du boeuf, du poulet et d'autres produits de base, la société table sur des revenus compris entre 233,8 et 239,5 M$ au deuxième trimestre, contre un consensus de 242,6 M$.

* Block (-2,8%). L'ex-Square, société de services de paiement créée par Jack Dorsey, le fondateur de Twitter, a dévoilé un bénéfice trimestriel supérieur aux attentes.

* Doordash (-2%) a relevé jeudi soir sa prévision brute de commandes et d'abonnements pour l'ensemble de l'année après un chiffre d'affaires trimestriel meilleur que prévu.

* Boeing (-1,7%) va transférer son siège social de Chicago, dans l'Illinois, à Arlington, en Virginie, une région qui abrite le Pentagone et est située près de la capitale fédérale américaine. Cette décision, attendue depuis longtemps, placera l'un des plus grands sous-traitants de la Défense américaine près du gouvernement fédéral. L'avionneur a précisé qu'il établirait son siège social sur un campus près de Washington DC qui abrite déjà ses opérations de défense et de lobbying. Boeing prévoit également d'établir un centre de recherche et de technologie qui se penche sur des questions telles que la cybersécurité, l'autonomie et les sciences quantiques - tous des domaines d'intérêt pour le Pentagone. Boeing a été basé à Seattle pendant la majeure partie de son histoire avant de déménager à Chicago quelques années après sa fusion avec McDonnell Douglas en 1997.

Boeing n'a pas précisé combien d'emplois seraient délocalisés ni s'il vendrait le bâtiment de son futur ex-siège de Chicago, où plus grand monde ne travaille. L'entreprise a simplement indiqué qu'elle avait l'intention de maintenir "une présence significative" dans la ville, tout en reconnaissant que "moins d'espace de bureau sera nécessaire pour les employés qui continueront d'y être basés". "Nous sommes ravis de construire sur nos fondations ici en Virginie du Nord. La région est stratégique pour notre siège social mondial étant donné sa proximité avec nos clients et nos parties prenantes, et son accès à des ingénieurs et des talents techniques de classe mondiale", a déclaré le patron de Boeing, Dave Calhoun.

* Johnson & Johnson (-0,7%). La Food and Drug Administration, l'autorité sanitaire aux Etats-Unis, a annoncé jeudi restreindre l'usage du vaccin contre le COVID-19 du laboratoire chez les adultes en raison d'un risque de thrombose.

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