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Wall Street en vive hausse avec Trump, le pétrole flambe

Wall Street en vive hausse avec Trump, le pétrole flambe
Wall Street en vive hausse avec Trump, le pétrole flambe
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après une timide hausse hier soir (+0,1% sur le DJIA et +0,4% sur le Nasdaq) avec la remontée du pétrole et les valeurs 'technologiques', Wall Street s'affirme en vive hausse ce mercredi. Le rebond prend donc forme, malgré la persistance des conflits commerciaux entre les USA et leurs principaux partenaires. Le président américain Donald Trump assouplit en effet ses projets concernant le contrôle des investissements chinois dans les technologies américaines. Cette relative bonne nouvelle, qui traduit quoi qu'il en soit une approche plus raisonnée, permet aux indices boursiers de se reprendre. La flambée des prix du pétrole soutient également les marchés.

Le DJIA remonte de 1,03% désormais à 24.534 pts, alors que le Nasdaq avance de 0,45% à 7.596 pts. Le S&P500 s'adjuge 0,76% à 2.744 pts.

Sur le Nymex, le baril de brut bondit encore de 3% ce jour en direction des 73$ (contrat d'août), après son brusque sursaut de la veille. D'après le dernier rapport hebdomadaire dévoilé par le Département à l'Energie américain, les stocks commerciaux de brut, hors réserve stratégique, ont chuté de 9,9 millions de barils sur la semaine close au 22 juin, à 416,6 millions de barils. Le consensus tablait sur une baisse de 2,5 millions de barils. Il s'agit de la plus forte baisse depuis septembre 2016 !

Les stocks d'essence ont eux progressé de 1,2 million de barils, alors que les stocks de produits distillés (gazole et fioul de chauffage) sont restés stables.

Un responsable du département d'Etat américain avait mis le feu aux poudres plus tôt cette semaine en indiquant que tous les pays achetant du brut à Téhéran devaient stopper complètement leurs importations d'ici au 4 novembre, s'ils voulaient éviter les sanctions américaines rétablies après le retrait de Washington de l'accord sur le nucléaire iranien. Les États-Unis semblent ainsi faire monter la pression en s'adressant aussi aux pays asiatiques comme la Chine et l'Inde, qui avaient obtenu des exemptions de sanctions par le passé.

Même si l'Opep et ses alliés, dont la Russie, ont décidé le 22 juin de relever leur production d'un million de barils par jour, le marché pourrait connaître des tensions cet été sous l'effet de la baisse de l'offre iranienne, mais aussi vénézuélienne et libyenne.

Sur Twitter, Trump a poursuivi cette semaine son offensive, s'attaquant notamment à Harley et à ses plans de délocalisation. "Plus tôt cette année, Harley-Davidson avait annoncé qu'il allait déplacer la majeure partie de ses opérations de production de Kansas City vers la Thaïlande. C'était bien avant que les Tarifs douaniers ne soient annoncés. Ainsi, ils utilisent juste les Tarifs / la Guerre Commerciale comme une excuse. Cela montre à quel point le commerce est déséquilibré et injuste, mais nous résoudrons cela...", a promis Trump, qui menace le groupe de lourdes taxes.

Le Président américain a ajouté : "Nous amenons d'autres pays à réduire et éliminer les prélèvements et les barrières douanières qui ont été injustement mis en place pendant des années contre nos agriculteurs, travailleurs et compagnies. Nous ouvrons des marchés fermés et étendons notre empreinte. Ils doivent jouer le jeu ou ils devront payer des taxes!"

Trump a expliqué encore que les Etats-Unis finalisaient leur étude au sujet des prélèvements douaniers sur les voitures provenant de l'Union européenne. Selon lui, l'Europe a profité des USA depuis trop longtemps, et les choses devraient bientôt s'équilibrer ! Vendredi, Trump avait déjà menacé l'Europe de prélèvements de 20% sur toutes les voitures importées aux États-Unis et provenant de l'Union européenne. Les autorités européennes avaient répliqué, affirmant qu'elles n'auraient alors d'autre choix que de procéder à des représailles...

Peter Navarro, conseiller commercial du président Donald Trump, a confié de son côté que les restrictions redoutées sur les investissements chinois et internationaux (dans des technologies américaines) n'étaient pas imminentes.

Le climat reste toutefois tendu entre Washington et Pékin. Selon le 'Wall Street Journal', qui citait dimanche des personnes familières de la question, Trump entendait interdire à de nombreuses entreprises chinoises d'investir dans les technologies aux Etats-Unis. Plus précisément, les firmes dont plus de 25% du capital est détenu par des intérêts chinois n'auraient pu alors acquérir d'entreprises américaines aux technologies "industriellement significatives". Navarro avait cependant déjà laissé entendre que rien de tel n'était programmé à brève échéance.

L'approche semble en effet être tout autre pour l'heure, selon un communiqué de la Maison Blanche ce jour. Le Département américain au Trésor a donc recommandé à Trump d'utiliser la nouvelle législation de contrôle renforcé des transactions par le Comité des investissements étrangers aux Etats-Unis (CFIUS) pour vérifier qu'elles ne portent pas atteinte à la sécurité nationale. "Le CFIUS est capable de répondre de manière appropriée à différentes menaces - sur différentes technologies - posées par différentes entités de différents pays", a assuré un responsable cité par Reuters.

Trump a reçu un conseil comparable du Secrétaire au Commerce et de l'United States Trade Representative. L'administration Trump pourrait donc s'en tenir à un dispositif de surveillance législatif renforcé, afin d'éviter de voir des intérêts chinois mettre la main sur des technologies américaines clés. Il suffirait pour cela d'étendre le domaine d'intervention du panel, afin de faire face aux questions de sécurité nationale. Les restrictions envisagées seraient alors mises de côté pour le moment... Le président américain a demandé au Congrès de lui envoyer dès que possible le texte de loi renforçant le processus d'examen des projets d'investissement étrangers.

"Cette loi, la Loi sur la modernisation de l'examen des risques d'investissement étrangers (FIRRMA), renforcera notre capacité à protéger les États-Unis contre les menaces nouvelles et évolutives des investissements étrangers tout en préservant l'environnement d'investissement solide et ouvert auquel notre pays s'est engagé, et qui profite à notre économie et notre peuple", a affirmé Trump. "Après avoir examiné les versions actuelles de FIRRMA avec mon équipe de conseillers et après en avoir discuté avec de nombreux membres du Congrès, j'ai conclu qu'une telle législation fournirait des outils supplémentaires pour combattre les pratiques d'investissement prédatrices qui menacent notre leadership technologique critique, la sécurité nationale et la prospérité économique future. Par conséquent, lors de la promulgation de la législation FIRRMA, je demanderai à mon administration de la mettre en oeuvre rapidement et de la faire appliquer rigoureusement afin de répondre aux préoccupations concernant les investissements dirigés par l'État dans les technologies critiques", a insisté le président américain ce jour !

La semaine dernière, le président Donald Trump avait rappelons-le demandé à l'United States Trade Representative d'identifier 200 Mds$ de biens chinois susceptibles de faire l'objet de taxes additionnelles de 10%.

De son côté, le président chinois Xi Jinping, cité par le 'Wall Street Journal', est resté menaçant, assurant que la Chine n'hésiterait pas à répliquer sur le plan commercial contre les USA. "En Occident, vous avez l'idée que si quelqu'un vous frappe sur la joue gauche, vous tendez l'autre joue", a dit Xi. "Dans notre culture, nous ripostons", a lancé le dirigeant, selon des commentaires livrés lors du Global CEO Council, et repris par le WSJ.

Xi Jinping a même prévenu son cabinet de se préparer à "une guerre commerciale à grande échelle", selon une note de recherche de la firme SGH Macro Advisors. Xi aurait fait ce commentaire lors d'une réunion du corps exécutif chinois sur la question des relations commerciales avec les Etats-Unis...

Les autorités chinoises seraient quasiment certaines de l'application des tarifs américains sur 34 Mds$ de produits provenant de Chine. Elles devraient par conséquent répliquer comme promis. En outre, la Banque populaire de Chine envisagerait de son côté de limiter ses achats de bons du Trésor US.

Sur le front économique aux États-Unis ce mercredi, les commandes de biens durables pour le mois de mai 2018 sont ressorties comme attendu en retrait de 0,6% en comparaison du mois antérieur. Néanmoins, elles baissent de 0,3% hors transport, alors que le consensus était de +0,5%.

La balance du commerce international de biens pour le mois de mai est ressortie déficitaire de 64,8 Mds$, contre un consensus de -68,8 Mds$ et une lecture révisée à -67,3 Mds$ pour le mois antérieur.

D'après la National Association of Realtors américaine ce mercredi, les promesses de ventes de logements aux États-Unis pour le mois de mai 2018 se sont affichées en recul de 0,5% en comparaison du mois antérieur, contre +0,6% de consensus de place et -1,3% pour le mois d'avril.

General Mills et Paychex ont publié leurs trimestriels avant bourse à Wall Street ce jour. Bed Bath & Beyond, Rite Aid et Pier 1 Imports annoncent après la clôture.

LES VALEURS

General Mills (+1%), groupe alimentaire américain, a annoncé pour le trimestre clos fin mai 2018 des comptes supérieurs aux attentes de marché. Le groupe aux céréales Cheerios et aux crèmes glacées Häagen-Dazs a profité de ses efforts de réduction des dépenses et d'amélioration du réseau. Le bénéfice net part du groupe s'est établi à 354 M$ soit 59 cents par titre, contre 409 M$ un an avant. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 79 cents, contre 72 cents de consensus. Les revenus ont progressé de 2% à 3,9 milliards de dollars. La marge brute trimestrielle se monte à plus de 36%, alors qu'elle était inférieure à 35% un au auparavant, sur le quatrième trimestre fiscal 2017.

Conagra Brands (-7%), groupe agroalimentaire US connu notamment pour ses marques Hunt et Marie Callender, a annoncé ce mercredi son intention d'acquérir son rival Pinnacle Foods (-4%) dans le cadre d'une opération en cash et actions d'un montant de 8,1 milliards de dollars. En tenant compte de la dette assumée, l'opération représente un montant de pratiquement 11 milliards de dollars. Conagra précise que les conditions financières correspondent à un prix par action Pinnacle de 68$. La proposition ne présente donc quasiment aucune prime sur les cours de clôture de Pinnacle affichés hier à Wall Street.

Les actionnaires de Pinnacle Foods, qui possède les marques Duncan Hines et Vlasic, recevraient 43,11$ en numéraire et 0,6494 action du nouvel ensemble, pour chaque titre actuellement détenu.

Paychex (-2%). Pour son quatrième trimestre fiscal 2018, clos fin mai, le groupe a réalisé des revenus totaux en croissance de 9% à 871 M$. Les revenus de l'exercice ont atteint 3,4 Mds$, en augmentation de 7%. Le bénéfice net trimestriel et le bpa dilué ont grimpé de 17% en glissement annuel, à respectivement 229 M$ et 63 cents par titre. Sur l'ensemble de l'exercice, le bénéfice s'est amélioré de 14% à 934 M$, alors que le bpa dilué a grimpé de 15% à 2,58$.

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