Cotation du 14/06/2019 à 23h14 Dow Jones Industrial -0,07% 26 089,61
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Wall Street : en progression avec le pétrole et les taux

Wall Street : en progression avec le pétrole et les taux
Wall Street : en progression avec le pétrole et les taux
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après deux séances de recul, la Bourse de New York est repartie en hausse jeudi, face à un regain de tensions géopolitiques dans le Golfe, qui a fait vivement rebondir les cours du pétrole. En l'absence de nouvelles informations en provenance des négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, les investisseurs ont reporté toutes leurs attentes sur un futur assouplissement de la Réserve fédérale, qui réunira son comité de politique monétaire la semaine prochaine.

A trois heures de la clôture, l'indice Dow Jones regagnait 0,39% à 26.105 pts, tandis que le S&P 500 progressait de 0,39% à 2.891 pts, et que le Nasdaq Composite montait de 0,58% à 7.838 pts.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) restait ferme jeudi, à 97,05 points (+0,05%) après une progression de 0,3% mercredi. L'euro reculait de son côté de 0,10% à 1,1276$, confirmant son retour sous le seuil de 1,13$.

Une première baisse des taux de la Fed en juillet ?

Sur le marché obligataire, les taux ont encore reculé dans l'anticipation de gestes de la Fed. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, a cédé 3 point de base à 2,09%, au plus bas depuis octobre 2016.

Selon l'outil FedWatch du CME Group, basé sur les contrats à terme sur les "fed funds", les marchés tablent désormais sur 2 à 3 baisses d'un quart de point du taux des "fed funds", actuellement fixé à 2,25%-2,50%. Le statu quo est encore attendu pour la prochaine réunion de la Fed, mardi et mercredi prochain (avec une probabilité de 72,5%), mais les marchés voient une première baisse lors de la réunion des 30 et 31 juillet. La probabilité est de 86% pour une baisse de taux le 31 juillet, dont 63,8% pour une baisse d'un quart de point à 2,00%-2,25% et de 22,2% pour un recul d'un demi-point pour revenir à 1,75%-2%.

Après des chiffres d'inflation très modestes en mai aux Etats-Unis, publiés mercredi (+0,1% sur un mois et +1,8% sur un an), les chiffre hebdomadaires de l'emploi ont eux aussi alimenté les spéculations d'une baisse de taux ce jeudi. Les inscriptions au chômage, publiées jeudi, sont ainsi ressorties plus élevées que prévu la semaine dernière à 222.000, sur un plus haut de cinq semaines, alors que le consensus tablait sur un niveau de 218.000.

Vendredi dernier, les chiffres de l'emploi en mai avaient eux aussi signalé un début de tassement du marché de l'emploi avec seulement 75.000 postes créés le mois dernier.

Le déficit budgétaire des Etats-Unis se creuse

Sur le plan budgétaire, le déficit des Etats-Unis s'est creusé en mai à un niveau record de 207,8 milliards de dollars, contre 147 Mds$ un an plus tôt, sous l'effet de la politique expansionniste de Donald Trump. Selon le rapport gouvernemental publié mercredi soir, les recettes ont légèrement augmenté (+7%), mais les dépenses ont vivement bondi (+21%), notamment dans le domaine militaire et social. Pour les huit premiers mois de l'exercice fiscal, le déficit s'est creusé de 39% à 738,6 Mds$.

Les hausses de droits de douane décidées depuis un an par Donald Trump n'ont pas permis d'inverser la tendance. En mai, Washington dit avoir encaissé 5 Mds$ de droits de douane, contre 3 Mds$ un an avant. Sur 8 mois, les recettes douanières ont tout de même grimpé de plus de 80% sur la période pour atteindre 45 Mds$.

Réunion à l'ONU après l'attaque de deux pétroliers dans le Golfe

Les cours du pétrole ont rebondi nettement jeudi après un plongeon d'environ 4% la veille. Le contrat à terme de juillet sur le brut léger américain WTI gagnait en soirée 2,13% à 52,23$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance août grimpait de 2% à 61,19$ à Londres. Malgré ce rebond, les cours du WTI flirtent toujours avec un marché baissier, caractérisé par une chute supérieure à 20% par rapport à ses sommets annuels d'avril dernier à plus de 66$.

A l'origine de la flambée du jour, se trouve des attaques présumées visant deux pétroliers dans le Golfe d'Oman, à l'entrée du Golfe persique, entre les côtes d'Oman et de l'Iran. Ce secteur où transite 30% du pétrole mondial transporté par mer est l'objet de fortes tensions depuis des mois sur fond de tiraillements entre les Etats-Unis et leur allié saoudien d'une part et l'Iran d'autre part.

Deux tankers, norvégien et japonais, ont été la cible d'avaries d'origine indéterminée. Le premier bâtiment, le Front Altair, a été "attaqué" et était en flammes, tandis que le second le Kokuka Courageous, un méthanier, aurait essuyé des tirs, mais sa cargaison de méthanol est intacte.

Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra ce jeudi, à la demande des Etats-Unis, une réunion d'urgence à huis clos sur ces attaques, ont indiqué des diplomates. Washington a renforcé depuis le mois dernier sa présence militaire dans le Golfe, et a accusé l'Iran d'être à l'origine d'autre incidents impliquant l'approvisionnement pétrolier au mois de mai.

Un "grand accord" ou "pas d'accord du tout" avec Pékin

Sur le front commercial, la situation reste pour l'instant dans l'impasse entre la Chine et les Etats-Unis. Donald Trump a prévenu mercredi qu'il entendait bloquer la signature d'un accord tant que la Chine n'aurait pas accepté les termes qui étaient initialement prévus dans le projet d'accord. "Nous allons soit signer un grand accord avec la Chine, soit ne pas signer d'accord du tout", a-t-il déclaré, ajoutant que c'est l'accord qui a déjà été discuté avec la Chine jusqu'à une date récente qui sera signé, et pas un autre.

On ignore encore si la rencontre prévue entre le président américain et son homologue chinois Xi Jinping aura bien lieu fin juin au Japon, en marge du sommet du G20. Mardi, Donald Trump a affirmé que si Xi Jinping refusait de le rencontrer, Washington taxerait 300 milliards de dollars de biens chinois supplémentaires, ce qui équivaudrait à taxer la totalité des importations chinoises.

Donald Trump a toutefois indiqué mercredi avoir "le sentiment" qu'il y aura un accord commercial avec la Chine. De son coté la Chine a annoncé jeudi de nouvelles mesures de relance de son économie. Le vice-Premier ministre chinois Liu He a demandé aux régulateurs de renforcer leur soutien à l'économie en fournissant les liquidités suffisantes. Liu a souligné que Pékin disposait de nombreux outils pour accompagner la relance. De son côté, le ministère au Commerce chinois n'en démord pas et souligne que la Chine ne cédera pas aux pressions des Etats-Unis.

VALEURS A SUIVRE

Le secteur énergétique soutient la cote (+1,3% pour l'indice S&P de l'Energie), après les incidents dans le Golfe qui font grimper les cours de l'or noir. Parmi les plus fortes hausses figurent les groupes pétroliers Chevron (+0,77%), ExxonMobil (+0,9%), ConocoPhillips (+1,3%), Devon Energy (+2,2%), Transocean (+1,9%) ou encore Halliburton (+3,1%).

Lululemon (+1,4%) a dévoilé des revenus trimestriels supérieurs aux attentes avec l'amélioration des ventes en boutique et en ligne. Le Canadien, qui conçoit des tenues de yoga et de sport, a dégagé sur le trimestre clos un bénéfice de 97 M$ soit 74 cents par titre, contre 75 M$ un an avant. Le groupe relève ses prévisions annuelles, tablant sur un bénéfice allant de 4,51 à 4,58$ par action.

Alibaba (stable), le colosse chinois du e-commerce, coté à Wall Street, a déposé par ailleurs une demande de cotation secondaire à la bourse de Hong Kong. L'opération pourrait intervenir au troisième trimestre, selon une source informée du dossier de l'agence Reuters.

Walt Disney (+4,4%). Morgan Stanley vient de relever ses prévisions de croissance des abonnements concernant le nouveau service de streaming Disney+, qui devrait être officiellement lancé avant la fin de l'année. Le service de vidéo à la demande marque l'entrée de Disney en concurrence frontale avec Netflix.

Walmart (-0,4%) a annoncé une refonte du groupe de commerce en ligne Jet.com, qu'il avait acquis pour 3,3 Mds$ il y a trois ans. Jet.com va être désormais totalement intégré à la filiale de e-commerce du géant de l'Arkansas.

Tyson Foods (+0,8%), groupe alimentaire américain, se lance dans les substituts à la viande avec de premiers produits vegan ou partiellement composés de protéines végétales. Tyson développera ces produits sous la marque Raised & Rooted. Beyond Meat (-2%), vedette du burger végétarien qui vient de connaître un incroyable succès boursier pour son introduction à Wall Street, consolide ce jour.

Facebook (+0,9%) perd du terrain en bourse, le Wall Street Journal rapportant que le réseau social californien aurait découvert des courriels reliant possiblement son fondateur Mark Zuckerberg à certaines pratiques douteuses concernant la vie privée des utilisateurs.

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